Sanitarium vous voit incarner un amnésique qui se réveille dans un hôpital psychiatrique, et qui se demande qui il peut bien être, et ce qu’il a bien pu faire pour atterrir là, d’autant qu’un feu semble s’être déclaré, et qu’il va devoir bouger ses petites fesses s’il veut rester en vie.
Le premier niveau sert d’introduction au gameplay, et de ce côté c’est plutôt classique : on pointe, on clique, on bavarde avec les quelques NPC qui peuplent les lieux. Pour progresser il nous faudra résoudre des énigmes : en ramassant tout ce qu’on peut et en épuisant les choix de dialogue pour en apprendre un maximum, afin d’utiliser les objets de notre inventaire de la manière adéquate. Le rythme est assez lent, avec un personnage qui ne peut que marcher, des NPC qui peuvent parfois parler assez lentement
L’ambiance du jeu est franchement excellente, dès les premières scènes, et est servie par des décors poisseux et une musique très réussie. Graphiquement c’est de la 2D iso un peu datée, mais suffisamment animée de-ci de-là pour paraître vivante. Par contre les thèmes abordés sont assez lourds, on est clairement pas là pour rigoler, mais ça fait sens au vu du déroulement du jeu.
Le jeu datant de 1998, chaque progrès du joueur se voit récompenser par une petite cinématique en images de synthèse, le genre de truc qui faisait rêver les joueurs à l’époque. Et ça tombe bien, je suis un vieux schnock nostalgique, et ça m’a bien plu de retrouver cette dynamique qui consiste à distribuer des petites récompenses en CGI comme autant de bonbons.
Mais la vraie force de Sanitarium, et la raison pour laquelle je suis sûr qu’il hante encore les souvenirs de ceux qui l’ont découvert à l’époque, c’est son surréalisme et sa richesse symbolique. En effet, le protagoniste va rapidement se retrouver embrigadé dans des aventures qui semblent sans queue ni tête au premier abord, mais qui vont peu à peu l’aider à raviver sa mémoire car elles abritent un sens caché que l’on va découvrir au fur et à mesure de nos pérégrinations. En plus c’est hyper inventif, et chaque nouveau chapitre voit arriver de nouvelles idées de mises en scène.
Et clairement le jeu est très prenant, avec son côté cryptique et son héros en perpétuelle interrogation. On est nous aussi submergé de questions, et on veut savoir le fin mot de l’histoire, et comprendre de quoi il retourne. On se rend bien compte de la porté symbolique de certaines choses, mais notre compréhension ne restera que très partielle pendant une bonne partie du jeu. Puis les pièces vont se mettre en place, on ira de révélation en révélation, jusqu’à un final très réussi, qui viendra réunir en une apothéose finale les différents thèmes du jeu, et vous apportera les réponses que vous cherchez.
Allez soyons honnête et mentionnons l’avant-dernier chapitre (chez les aztèques), qui m’a bien fait rager en me bloquant à répétition : il m’aura fallu quatre coups de soluce pour en voir le bout ! Et c’est d’autant plus dommage pour un jeu qui s’était montré jusque-là exemplaire au niveau du dosage de la difficulté des énigmes : on ne croule jamais sous les objets, et en se creusant les méninges on parvient toujours à progresser (sauf dans ce fameux village aztèque, donc).
Mais globalement le jeu est d’un très bon niveau, est très astucieux dans sa proposition, et je suis sûr qu’il me laissera un très bon souvenir également !
16/20
PS : La VF est pas la meilleure du monde, et la traduction est parfois un peu foireuse, ce qui peut gêner pour certaines énigmes.
PPS : Il y a une énigme musicale, et j’ai tellement pas d’oreille que j’ai du avoir recourt à une soluce. Mais j’ai du mal à blâmer le jeu, c’est quand même pas de sa faute si je suis incapable de dire si deux notes qui se suivent sont identiques ou pas...