Alors c’est l’histoire d’un mec… En fait il ressemble un peu à un cosplay de Nicolas Dupont-Aignan. Et puis un jour, comme ça, y’a sa copine qui l’emmène faire une balade en foret. Là elle lui fait visiter une grotte liée à d’obscurs souvenirs d’enfance. Mais le truc ! C’est que ledit souterrain ben c’est devenu une base au top de la technologie avec pleins de vilains techno-militaires slash dissidents politiques. Donc comme par hasard la meuf elle se fait kidnapper. Du coup c’est le prétexte à de l’exploration et de l’action.
C’est en big 2009 que Shadow complex va se faire le chantre du Xbox live arcade. Mais aussi plus précisément d’un genre de niche : le metroidvania. On avait bien eu quelques soubresauts avec les Castlevania [notamment] sur consoles portables. Mais dans l’ensemble le genre tombait en désuétude (...ou semblait évoluer vers la pure 3D comme le montraient les Metroid Prime).
Bien qu’un peu oublié aujourd’hui lui aussi, Shadow complex à quand même eu son rôle de transmission du genre metroidvania dans la scène indé.
On a donc un jeu qui cumule des bonnes idées, des bons points dirons-nous, et une exécution un peu simpliste également.
Donc parmi les éléments intéressants on a :
-Une map entièrement modélisée en 3D. Ce qui nécessite quand même beaucoup de travail et de rigueur. Ça donne un jeu en 2,5D soit un scrolling de jeu 2D avec des décors et des modèles 3D. Et quelques mouvements de caméra par ci par là (par exemple un passage en chariot).
-Des mouvements assez fluides pour le perso principal. Il faut le voir se tourner et se retourner dans l’eau tout en tirant avec son fusil. C’est bien réalisé honnêtement.
-Un système original d’xp qui récompense l’exploration et octroie dès lors des bonus à notre personnage
-Pas mal de défi qui rappellerons avec délice Metroid fusion pour ses fans. Tel que finir le jeu avec tant de pourcent de complétion.
Maintenant que c’est dit, qu’est-ce que l’aspect simpliste évoqué précédemment. Eh bien cher lecteur on ne pourrait passer outre un scénario nanardesque dans son exécution. Pourtant dans les crédits de fin on a des remerciements à Orson Scott Card, l’auteur d’un classique de la littérature sf (excusez du peu) : la stratégie ender. En effet Shadow complex s’inscrit dans le cycle de roman Empire de cet auteur. Oui, mais pour autant l’exécution est clairement bas du front entre les perso sans relief et les situations imbéciles. Du genre : le héros est un citoyen lambda qui se révèle être surentraîné par un père agent spécial. Et qui va bien entendu dézinguer des centaines de militaires dissidents, eux-mêmes, surentraînés et suréquipés de la tête jusqu’aux pieds. Tout ça pour sauver sa copine.
qui est un agent de la NSA et oh révélation l’a manipulé car c’était l’homme de la situation, mais en fait elle l’aime quand même. Donc c’est assez grotesque en plus d’être tiré par les cheveux.
En outre le jeu se révèle rapide à parcourir. Peut être trop car tout va vite, très vite comme un blockbuster américain. Peu de place à l’exploration au final car elle accompagne souvent la ligne directrice tracée par le scénario. Pour autant c’est efficace : il y a des bonnes capacités que l’on débloque et qui octroient un sentiment de puissance et de liberté de mouvement bienvenue. À titre personnel j’ai aimé retrouvé les énigmes à base de course en supervitesse comme dans Super metroid et Metroid fusion. Ce qui est dommage, par ailleurs, c’est que toute la partie observation et recherche d’item cachés et gâchée par les icônes « ? » sur la map. Seul les objectifs peuvent être cachés.
Quand à la partie sonore, elle se contente du minimum. Pas vraiment d’ambiance. De rares fragments musicaux qui semblent un peu aléatoires au final. Et des bruitages qui vont à l’essentiel (bim, bam, boum, panpan quoi). Également des petites phrases imbéciles du héros (style one-liners) déclenchées par des trigger que l’on peut redéclencher plusieurs fois à la suite du coup(!). Les ennemis ne diront rien d’intelligent non plus.
Alors si on à un jeu efficace. On a aussi le sentiment qu’il se contente d’aller à l’essentiel sans rechercher plus. C’est dommage car la carte est agréable à parcourir. Il y a clairement eu du travail de la part des développeurs. La partie remaster remet au goût du jour graphiquement le jeu par ailleurs. Pour sa défense on pourra arguer qu’il est arrivé avant des relectures plus brillantes du metroidvania tel Hollow knight, et qu’il n’avait pas une telle ambition. Toujours est-il que Shadow complex a su maintenir la flamme du metroidvania, et qu’il reste parfaitement jouable en 2026.