Immersion et gameplay : ces deux éléments se trouvent fusionnés dans tous les chefs d’oeuvres vidéoludiques, de Tetris à Zelda : Breath of the Wild, en passant par Megaman 2, Another World, A Link to the Past, ProGear, Final Fantasy 6, Chrono Trigger, Super Ghouls n'Ghosts, Wonder Boy Dragon's Trap, et d’autres sans doute que j’oublie ; le titre que voici ne fait pas exception.
Ici la solitude méditative des phases d’exploration (il s'agit plus ici d'un grand dongeon que d'un open world à la Breath of the Wild -où les objectifs peuvent être atteints par différents itinéraires-) le dispute à l’intensité des scènes d’action, dans une quête apparemment vaine (il y a quand même une princesse à ressuciter !) ; à l’image de la vie elle-même, mais sans la déception ni l’ennui.
On aura certes en y jouant, parfois l’envie pressante de tout détruire pour calmer ses nerfs ; mais ce serait une grave erreur d’y céder avant la réconciliation finale, promise et dûe.
A noter qu'il existe un remake de ce jeu sur PS4, qui le ringardise en quelque sorte graphiquement parlant, renforçant encore le pouvoir immersif du jeu en dehors des phases de confrontation (où cela réduit la frayeur -et donc la difficulté-, en l'occurrence un peu artificielle il est vrai), où vous serez parfois amenés à vous dresser sur le sofa comme un joueur en VR qui oublierait le casque qu'il a sur la tête...
On n'attend d'ailleurs plus que la version en réalité virtuelle pour "mourir heureux", comme disait un célèbre commentateur au regard perçant (et à la langue bien pendue ; une sorte de chimère mi-chien, mi-oiseau qui pourrait faire office de colosse nonobstant la taille), mais "le plus tard possible", pour mieux en profiter...
Enfin voici quelque rubriques à l'ancienne :
JOUABILITE : c'est sur ce point qu'il y a discussion : certes on a parfois (souvent ?) l'impression de devoir appuyer deux fois sur un bouton pour que s'enclenche l'action correspondante (faire galoper sa monture ou planter sa lame dans un colosse, typiquement), mais cela participe tant à l'immersion qu'on se demande si ce n'est pas fait exprès !
GRAPHISMES : la mise à niveau était, disons, nécessaire ; elle est plutôt spectaculaire (on a parfois l'impression de voir des paysages de Caspar David Friedrich)... Sauf quand les statues de colosse explosent !
DUREE DE VIE : sans doute le mode "difficile" ne mérite-il pas vraiment son nom ; mais peut-on dire honnêtement qu'un jeu est facile quand on meurt plusieurs fois même en prenant "toute les précautions" ?
MUSIQUE : superbement épique. En revanche ça manque de bruitages dans les environnements naturels.
PS : qu'on ne s'y trompe guère : le véritable héro de cette histoire en dehors du monde n'est pas le pourfendeur hystérique qu'incarne le joueur mais bien son fidèle destrier nommé Agro ou Avro (je ne sais pas -ce qui montre assez le mérite du canasson de supporter un tel maître-) !