Difficile à décrire, clivant, SOTC est une expérience onirique minimaliste qui vous parlera intimement ou ne vous parlera pas du tout.
Ayant pour ma part fait la version originale en 2010, j'avais adoré malgré quelques errements d'ergonomie. Le remaster est absolument superbe : textures embellies, paysages magnifiés, envoûtement mis au goût du jour. La maniabilité est actualisée, mais cela ne change rien à l'expérience, il reste la possibilité d'utiliser celle d'origine.
Quête initiatique et de rédemption, Ueda nous emporte avec un objectif simple : affronter 16 colosses, dans des environnements vides mais constituant de véritables peintures romantiques. Tout y éveille en moi la peinture flamande du XIXème siècle : lumières cassées, montagnes effilées, mer blafarde... La narration est presque exclusivement environnementale. Je suis resté parfois bouche bée, quelques longues secondes, devant un paysage. Oui, même en 2025. C'est pour moi le plus beau jeu à ce jour dans ce registre.
Chaque affrontement est exténuant, grandiose et à la fois douloureux, simple dans sa résolution et violent dans ses conséquences. La maniabilité est en résonance avec le fond du jeu : simple, mais lourde et pleine de ressenti. Chaque appui sur une touche de la manette est lourde.
Petit bémol pour les deux derniers colosses : presque impossibles pour moi sans solution, alors que le reste du jeu se découvre par de la simple logique et de l'observation.
Joué sur PS plus, acheté en physique dans la foulée. Pour moi un incontournable. Je recommande Jusant en plus moderne, digne héritier de ce Shadow of the colossus.