Forcément, la claque que fut Silent Hill 2 m'a donnée envie de m'intéresser davantage à la série, notamment à son premier épisode. Et forcément, je vais être obligé de passer par l'étape comparaison tant il y a à dire entre Silent Hill 1 et 2, et ce, sur à peu près tous les points.
Le premier qui m'a frappé : les combats. Certes, on ne joue pas à un Silent Hill pour cela (ce serait triste quand même… pire, imaginez un Silent Hill centré sur l'action !… ce serait hilarant, faudrait vraiment être cons pour oser faire ça, vraiment…), mais là où dans le 2, on avait droit à une sorte d'autolock pour le corps-à-corps, ce qui facilitait grandement la tâche ; dans ce premier Silent Hill, on doit gérer nous-mêmes la visée, une absence qui ne fait que rajouter de la lenteur et de la frustration à des combats qui n'en avaient pas besoin. Maintenant, rajoutez des ennemis qui volent et/ou qui se déplacent beaucoup trop rapidement, avec sensiblement plus de PV, ainsi que des respawns bien plus réguliers, et vous saurez pourquoi j'ai passé l'intégralité de l'aventure Silent Hill en mode « Vincent Cassel Thé à la Menthe Ocean's 12 ». Certes, ça s'améliore un peu une fois le marteau débloqué, m'enfin, reste que les combats sont davantage source de frustration que de peur. Le pire, ça reste les boss, notamment la grosse mite. Pour le coup, c'est un grand NON, il n'y a même pas à discuter !
Le jeu exige de la précision de la part du joueur, mais pas uniquement au niveau des combats… au niveau de la moindre interaction en fait. Il m'est arrivé très souvent d'appuyer sur la touche d'action près d'un objet du décor et, voyant que rien ne se produisait, partir dans une autre direction, pensant, naïvement, que je ne pouvais interagir avec l'élément donné. Sauf que non : dans Silent Hill 1, quand on pense qu'on peut interagir avec un objet, il ne faut pas hésiter à insister : après quelques essais, par chance, peut-être que ça passera enfin. Encore une fois, on a là un défaut qui a été corrigé avec la suite, et ce, de manière très intelligente : James orientant la tête vers les objets avec lesquels il peut interagir quand on s'en approche.
Je comprends bien que ma critique peut paraître négative, mais sachez qu'elle est surtout la résultante du point de vue d'un joueur (vachement) aigri, qui est passé d'un excellent titre qui a surprenamment bien vieilli, à un autre, certes bon, mais qui lui est antérieur en plus d'avoir assez mal vieilli. Parce que, quitte à rentrer dans le positif maintenant, malgré tous les défauts mentionnables, ce Silent Hill arrive admirablement bien à placer toutes les bases de la saga : la ville iconique et son brouillard tout aussi iconique qui l'accompagne, son côté hub, la carte diégétique, la radio et la lampe-torche, le fait de tenter d'ouvrir chaque porte une à une (pas certains que ce soit une qualité, ça, par contre), l'ambiance sonore d'Akira Yamaoka (qui accompagne encore la série aujourd'hui)… mais plus que tout, c'est le travail de Takayoshi Sato sur les CGI qui m'a le plus bluffé dans ce premier épisode. Rien qu'imaginer un jeune homme de 22 ans, qui venait tout juste de finir ses études, sortir ce genre de dingueries, on n'est pas loin de la magie noire à ce niveau-là ! Sans ironie aucune, les CGI ont évoluées de telle façon qu'un certain côté « vallée dérangeante » s'est immiscée, avec le temps, à l'intérieur de celles-ci, renforçant le côté malsain de l'univers.
Justement, idem pour l'univers ainsi que les diverses inspirations de la série (Lovecraft, Lynch, Cronenberg, L'Échelle de Jacob…). Encore une fois, je ne cache pas le fait que le deuxième épisode m'a davantage marqué que le premier, ne serait-ce que, car il possède une dimension psychologique, personnelle, plus aboutie. Reste que ce premier épisode arrive à enchevêtrer de nombreuses pistes entre elles (trauma infantile, fanatisme religieux, occultisme, drogue…) tout en arrivant à garder un tout cohérent.
Bref, là où pour Silent Hill 2, je trouvais limite inutile de remaker le jeu tant il avait bien vieilli, pour Silent Hill premier du nom, c'est une autre paire de manches, et ça l'est encore plus quand on est passé par sa suite avant. Le titre n'est certes pas devenu obsolète pour autant, injouable, reste qu'il accuse un certain coup de vieux, qu'il est difficile de revenir à un jeu PS1 après être passé par un jeu PS2, et encore plus quand le jeu PS2 dont il est question est Silent Hill 2.
Tout ça pour dire que, plus qu'un remake de Silent Hill 2, j'aurais préféré un remake du premier ? Absolument, oui.