Ah, quand même : un enfant qui s'évade, de la vaisselle brisée. Moui, si on veut. Mais dans les faits, Smash Hit n'a rien à voir avec Gone Home ou Dear Esther. C'est plutôt un rail shooter à la direction artistique minimaliste, un peu dans l'esprit de Rez mais en plus éthéré, de surcroit parfaitement bien pensé et équilibré.
Comme dans tout rail shooter qui se respecte, le joueur ne contrôle pas sa trajectoire. Comme le jeu est totalement dénué d'ennemi, il ne reste donc qu'à éviter toute collision avec l'environnement en détruisant les obstacles qui se dressent au milieu du chemin à l'aide de billes métalliques, dans un grand fracas jouissif de verre brisé. Mais ces billes sont en nombre limité, et leur épuisement provoque un game over. Contrairement à la plupart de ses congénères, le level design de Smash Hit est donc à l'opposé de la frénésie habituelle du genre : chaque tir doit être pensé, anticipé, murement réfléchi, sous peine de très vite se retrouver à court. Cette anticipation est d'autant plus difficile que les niveaux sont généré semi-procéduralement, et qu'il est donc compliqué d'apprendre les patterns par coeur.
C'est donc un voyage onirique tout en maitrise que propose le jeu. Son ambiance zen soignée et sa bande son atmosphérique très réussie ne doivent toutefois pas faire oublier qu'il sera particulièrement ardu d'en venir à bout. Heureusement, un fast replay associé à des sauvegardes relativement fréquentes et à une difficulté très progressive rendent l'expérience vraiment agréable. Au global, Smash Hit est un "jeu des WC" parfait, le genre d'application qu'on lance quelques minutes pour se détendre mais qui tient vraiment bien la route même à long terme. Un excellent rapport qualité / durée de vie / prix.