J'ai été plutôt charmée par la proposition de Sol Cesto ! De ce que j'en percevais, c'était une promesse d'un rogue-lite de petite taille à l'ambiance léchée qui ne capitaliserait pas sur une encyclopédie de synergies à apprendre et une cavalcade de True Final Last Bosses.
De ce point de vue, c'est plutôt réussi. En prenant mon temps, il m'aura fallu une petite dizaine d'heures pour venir à bout du jeu et voir à peu près tout ce qu'il peut proposer, mais j'avoue rester un peu sur ma faim. Peut-être que le contenu de Sol Cesto est en fin de compte un peu trop épuré. Le gros des mécaniques fait son apparition dès la première run et la méta-progression sécrète au compte-gouttes quelques objets et personnages qui ne changent pas ma vie.
On touche là au problème principal du jeu selon moi : sa redondance et le manque de variabilité au fil des parties. Les dents, objets qui sont censés apporter une panoplie d'interactions, sont peu nombreuses : pourquoi pas d'ailleurs. Hélas, beaucoup d'effets sont des doublons et l'on se retrouve organiquement à jouer le même build, qu'importe le personnage et qu'importe les conditions.
Pour un jeu qui mise autant sur le hasard et la prise de risque, j'avoue avoir trouvé l'expérience un peu trop sage à mon goût. On se retrouve fréquemment à savoir à partir de la salle 30 (sur + de 100) que tout est dans la poche, et peu de choses vont venir nous chahuter.
Quelques notes en vrac :
- J'aime énormément les dessins et l'enrobage général du jeu, qui n'est pas sans rappeler des puzzle games et PnC Amiga
- Les secrets disséminés apportent beaucoup à l'expérience : j'aurais presque préféré que la métaprogression en incorpore +
- Je trouve l'équilibrage parfois hasardeux, notamment au niveau de la monnaie
En somme j'avoue me demander si c'est vraiment sur un rogue-lite que l'équipe de Sol Cesto aurait dû travailler. Ce que j'ai adoré dans le jeu (l'ambiance, le développement de ses secrets, même la mécanique de base) aurait tout à fait pu fonctionner dans un cadre plus linéaire et aurait écourté l'aventure de quelques heures un peu pénibles. Je pense que le jeu regarde de front les vieux travers du genre, à savoir la nécessité de créer des boucles de rétroaction addictives (et néfastes à mon sens) et des gros chiffres, et choisit de faire un pas de côté. Malheureusement, ça ne me semble pas suffisant : Sol Cesto continue de jouer dans cette cour-là, et au lieu de se concentrer sur ce qui fait son charme, se perd en runs interminables et redondantes.