GRIS est beau, je veux bien l'accepter. Que ce soit dans la flexibilité des animations ou dans la profondeur des décors, tout est parfait et pourrait faire rougir les plus grands noms du jeu vidéo 2D. Il serait presque possible de prendre en photo le jeu à n'importe quel instant et d'en tirer un fond d'écran somptueux.
Cependant... Voilà. GRIS est un jeu vidéo, et il en souffre. C'est même son plus grand défaut. Je ne suis pas passionnée par Journey, une des plus grandes influences du jeu, mais il avait pour qualité d'utiliser son support et de vivre à travers, notamment grâce au mode multijoueur. GRIS se contente de porter le médium vidéoludique comme un fardeau qui détruit le rythme de l'œuvre. Il est pénible de se déplacer quatre heures durant et de résoudre des énigmes sans grand intérêt toutes plus ou moins piquées à droite et à gauche dans la scène indépendante des 10 dernières années. La seule chose qui pousse à continuer, c'est de voir ce que le jeu tente de proposer visuellement et tout le reste est terriblement ennuyeux.
Je n'ai rien contre les expériences contemplatives, surtout quand le visuel proposé est quasiment parfait (la musique est par ailleurs bien couplée au reste, sans être extraordinaire). Toutefois, force est de constater que le résultat me laisse dubitative s'il implique de devoir laisser de côté le ludisme