Attention, ce n'est pas dans mes habitudes mais je m'apprête a balancer une unpopular opinion : Sonic Forces est mon Sonic préféré. Voilà, c'est dit. Oui je sais, c'est surprenant, mais attendez la suite, j'explique. Je n'ai jamais été un grand adepte du hérisson bleu. Je n'ai jamais compris cette obsession pour la vitesse, à mon sens parfaitement incompatible avec la précision exigée dans un jeu de plateformes digne de ce nom. Dans les jeux Sonic précédents, j'ai toujours trouvé que le flow potentiellement engendré par la vitesse était constamment brisé par les actions annexe, l'exploration et le combat par exemple, et à plus forte raison dans un open world. Il suffit de relancer quelques instants Sonic Adventure pour s'en rendre compte.
Et justement, dans Sonic Forces, rien de tout ça. Pour une fois on assume : on fonce tout le droit et on a pas le choix. Ce qui est perçu par l'intégralité de la critique comme un défaut est pour moi une qualité. Le contrôle est minimal, certes, mais les niveaux sont tellement spectaculaires que ce n'est pas bien grave. Car si il y a bien une qualité sur laquelle Sonic Forces ne peut pas être pris en défaut, c'est bien la démesure de sa mise en scène : ca va ultra vite, ça pète de partout, ça te balance des boss gigantesques à tour de bras, et tout ce que l'on a à faire c'est esquiver, sauter, ou envoyer un grappin de temps à autre tout en maintenant le stick gauche en avant en permanence. Oui, c'est limité, mais on s'en fout, pour une fois Sonic est cohérent avec son ambition originale.
Alors évidemment, le jeu n'est pas bien long. Il est aussi très facile, peut être trop, car très clairement orienté vers un public assez jeune (carton total sur mon fils). Il est aussi clairement influencé par le jeu mobile, avec du loot à foison à la fin de chaque mission, des récompenses quotidiennes et une personnalisation poussée de l'avatar du joueur, particulièrement laid par ailleurs. Mais moi j'ai kiffé, un peu honteusement mais sans déplaisir du début à la fin, en partageant avec mon fils qui plus est. Et mine de rien, dans cette saga hétéroclite qu'est Sonic, c'est une des rares fois ou je lui ai fait plaisir à lui sans me faire violence à moi.