Oh, un orage ! Rick et Jennifer décident de se réfugier rapidement dans la maison la plus proche. Pas de bol : Les occupants de la maison sont du genre à ne pas prêter de sel au voisinage et à oublier de mettre des draps propres dans la chambre d'amis. Jennifer est ainsi enlevée par une cohue de monstres sortie des pires cauchemars de Laurent Gerra et le pauvre Rick éliminé...
Ouaip, c'est clair que l'ambiance champêtre de l'intro contraste un peu avec les aventures du Professeur Layton.
Mais Rick, qui devait probablement être un grand fan de Wayne Gretzky, est ressuscité par l'esprit d'un masque de hockey vengeur (un masque aztèque en vérité). La fête des voisins va pouvoir débuter.
Splatterhouse, sorti sur borne d'arcade en 1988 par Namco, est donc un beat them all à scrolling horizontal et à ambiance horrifique qui vous propose d'incarner un avatar proche de l'ami Jason Vorhees (ce qui a longtemps entretenu une certaine confusion chez les joueurs qui désignaient ce jeu comme une adaptation officieuse de la saga Vendredi 13 ).
Deux objectifs : avancer et massacrer. Avec un coup de pied bas ou sauté. Avec un stand gros poing (le personnage plutôt lent et massif transmet parfaitement la violence des impacts). Avec un tacle surpuissant qui rendrait envieux Franco Barresi.
Des coups qui ne seront pas de trop face à la meute cauchemardesque qui vous attend : sans déconner, le bestiaire du jeu, des chiens zombies aux chaises volantes, est un des plus barrés et glauques de l'histoire vidéo-ludique, avec une mention spéciale pour cette espèce de bébé-mollard qui avance en rampant et vous crache à la gueule une infâme bouillie verte.
Cette tâche dégueulasse mais ô combien jouissive (encore une fois, j'ai rarement vu un jeu où les impacts sur les adversaires sont aussi violents : les zombies sont réduits en miettes par vos poings, les monstres éclatés au mur à grands coups de barre de fer...) vous fera traverser l'intégralité du manoir pour vous mener jusqu'en enfer, qui selon les programmeurs de Namco, ressemble à la Picardie avec quelques friches en feu.
J'ai beaucoup de mal à rester objectif à propos de Splatterhouse, ne serait-ce que par respect pour les nombreuses pièces de dix balles que j'ai pu engouffrer dans la borne... L'ambiance pesante, la maniabilité au poil et les musiques "créées par les pensionnaires d'un asile de fous" ne parviennent pas à effacer la difficulté de l'ensemble et l'impression plutôt chiante de Die'N'Retry qui se dégage du jeu : le seul moyen de survivre aux pièges du manoir est de connaitre le jeu au millimètre prés... mais c'était le cas de nombreux jeux d'arcade de cette époque.
On peut cependant noter quelques innovations en dehors, évidemment, du contexte même du jeu : certains niveaux offrent plusieurs embranchements, le super-tacle évoqué plus haut qui fait office de coup caché et les boss (plutôt sympas et variés puisqu'on a pas souvent l'occasion d'affronter, par exemple, des meubles possédés...) qui n'hésitent pas à vous réserver quelques surprises, même lorsque vous les pensez battus...
Bref, un jeu à la fois totalement inscrit dans son époque et pourtant spécial de par le sujet qu'il aborde : à essayer sur Mame (la version PC-Engine souffre de nombreux manques) si vous souhaitez connaitre la sensation de savater un nécromancien pirate sur fond de musique disco.