Un boss rush avec une animation… assiale ?
Le dernier né de Shift Up, Stellar Blade, se présente comme un action-RPG aux combats nerveux et exigeants, largement inspirés des Souls et de Sekiro. Et s’il excelle sur cet aspect, le reste du jeu peine à suivre, notamment en matière de narration, de personnages et d’ambition thématique.
Un gameplay solide… et c’est tout ?
Impossible de nier que Stellar Blade brille par son système de combat. Les affrontements, notamment contre les boss, sont exigeants et récompensent une bonne lecture des patterns ennemis. Le jeu mise sur des esquives et parades précises, dans une approche très Sekiro-esque. En ce sens, il s’agit d’un boss rush efficace où le plaisir de jeu repose essentiellement sur ces confrontations.
Cependant, tout ce qui entoure ces combats semble anecdotique. L’exploration est sommaire, les quêtes secondaires insipides, et l’histoire peine à susciter un véritable intérêt. Le lore, qui aurait pu enrichir cet univers post-apocalyptique, est réduit à un simple prétexte, mal exploité et sans réelle profondeur.
Des personnages creux et un hommage raté à NieR
Si Stellar Blade revendique une influence de NieR: Automata, il en oublie l’essentiel : l’âme de son récit et de ses personnages. Là où Yoko Taro donnait une véritable raison d’être au design de 2B et Kaïné—faisant de leur apparence une réflexion sur la condition humaine et l’objectification—Stellar Blade ne propose rien de tel. Eve, l’héroïne, se réduit à un design racoleur qui frôle la caricature. Loin de toute introspection, le jeu joue la carte de la provocation sans chercher à justifier ses choix esthétiques autrement que par du fan service assumé.
Ironiquement, si l’histoire de Kaïné sortait aujourd’hui, une partie du public qui défend Stellar Blade la taxerait probablement de "woke"—preuve que l’héritage de NieR a été mal compris par certains.
Un buzz artificiel pour se démarquer
L’attention médiatique autour du jeu semble surtout reposer sur son esthétique controversée et non sur son gameplay. Shift Up, studio dirigé par un ancien développeur d’Infinity Nikki (un gacha basé sur la collection de tenues), sait pertinemment à quel public il s’adresse : les amateurs de waifus. Stellar Blade semble ainsi conçu autant pour générer des débats que pour se différencier de l’invasion de souls-like coréens qui se multiplient.
Une innovation… assiale ?
Si l’industrie du jeu vidéo a largement progressé en matière d’animations faciales, Stellar Blade, lui, innove ailleurs : dans l’animation assiale. Chaque mouvement de l’héroïne semble étudié pour maximiser l’attention sur certaines parties de son anatomie, au point d’en devenir comique. Yoko Taro, lui, aurait probablement transformé cela en une réflexion sur l’absurde et la nature humaine. Ici, cela ne sert qu’un seul objectif : le spectacle visuel pour un public cible bien défini.
Verdict : Un boss rush plaisant, mais rien d’autre
Si vous cherchez un jeu d’action nerveux et un bon boss rush, Stellar Blade saura vous satisfaire. Mais si vous espérez une histoire marquante, des personnages profonds ou un hommage réussi à NieR, passez votre chemin. Car sous ses apparences polies, il ne reste qu’une coquille vide, où l’animation assiale remplace toute véritable ambition narrative.