Je retrouve dans les jeux vidéos ce que j’aime dans les romans : la découverte d’un univers, l’attachement aux personnages, le plaisir de suivre une histoire et cette sensation particulière de quitter, pendant quelques heures mon quotidien.


Le jeu vidéo propose cependant une expérience différente, puisqu’il nous invite à la parcourir un univers, à l’explorer et parfois même à en déterminer le rythme. Avec Stray, développé par BlueTwelve Studio, j’ai découvert une histoire à la fois simple, immersive et profondément touchante…


Dans ce petit jeu indépendant, nous incarnons un chat roux séparé de sa meute après une chute dans une mystérieuse cité souterraine. Pour retrouver son chemin vers la surface, il doit explorer un environnement inconnu, peuplé de robots et marqué par les vestiges d’une civilisation disparue.


Le choix de nous faire jouer un chat pourrait sembler anecdotique ou simplement amusant, c’est pourtant là que réside toute l’originalité du jeu. Notre manière d’observer le monde change immédiatement. Les rues paraissent plus grandes, les obstacles plus imposants et les passages accessibles ne sont pas toujours ceux auxquels nous penserions en tant qu’humains.


La cité souterraine mêle bâtiments délabrés, enseignes lumineuses, câbles électriques, néons colorés et végétation abandonnée. Le décor possède une véritable identité cyberpunk, mais il ne repose pas uniquement sur son esthétique. Chaque ruelle, chaque appartement et chaque scène raconte quelque chose.


Des traces de vie humaine subsistent un peu partout : des livres, des photographies, des vêtements, des commerces désertés… Autant de fragments qui nous poussent à nous interroger sur ce qui c’est passé. Le jeu ne livre pas immédiatement toutes ses réponses. Il préfère laisser son univers parler à travers ses décors et les souvenirs que l’on peut retrouver au fil de l’exploration.


Cette narration renforce la dimension mélancolique de l’aventure. La ville est magnifique, mais elle semble prisonnière de son passé. Elle est plongée dans l’obscurité et ses habitants rêvent d’un monde extérieur qu’ils ne connaissent parfois qu’à travers quelques images. La cité est habitée par des robots, pourtant, derrière leurs visages métalliques et leurs écrans lumineux, ils apparaissent rapidement comme les personnages les plus humains de l’histoire. Ils portent des vêtements, tiennent des commerces, écoutent de la musique, se réunissent dans des bars et décorent leurs logements. Certains sont résignés, d’autres curieux ou révoltés. Plusieurs rêvent de découvrir la surface et de retrouver la lumière.


Le jeu réussit à rendre ces personnages touchants sans multiplier les longues scènes de dialogue. Quelques phrases, une attitude ou un environnement suffisent souvent pour comprendre leur personnalité. Cette sobriété permet à l’émotion de s’installer progressivement.


Le gameplay de Stray reste relativement simple. L’expérience alterne exploration, énigmes environnementales, phases d’infiltration et quelques moments plus dynamiques. Cette accessibilité permet de profiter pleinement de l’atmosphère et de la narration. Le jeu ne cherche pas à proposer des mécaniques complexes ou des combats particulièrement exigeants. Il privilégie la découverte, l’observation et l’immersion. Sa durée de vie est également assez courte. Quelques heures peuvent suffire pour atteindre la fin. J’aurais volontiers passé davantage de temps dans cet univers.


Sa superbe direction artistique, son atmosphère immersive, son concept original et sa narration délicate en font une expérience à part. Il parle de solitude, de mémoire, d’amitié et d’espoir sans jamais devenir trop démonstratif.


J’y ai retrouvé ce que j’aime dans certaines lectures : un univers dans lequel on entre avec curiosité et que l’on quitte avec un peu de mélancolie. À la différence d’un roman, cependant, je n’ai pas seulement suivi le personnage, j’ai avancé avec lui, j’ai observé le monde à sa hauteur et j’ai cherché, pas après pas, un chemin vers la lumière.


Une belle aventure, idéale pour celles et ceux qui aiment les jeux d’ambiance… et les chats. 🐈


https://julitlesmots.com/2026/07/16/jeu-video-stray-de-annapurna-interactive/


Ju-lit-les-mots
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Créée

le 23 juil. 2026

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