Plus de quinze ans après le succès phénoménal du premier volet en 2D, Team Meat — désormais mené par Tommy Refenes — s'associe au studio Sluggerfly pour propulser son célèbre cube de viande écorché dans une aventure en 3D. Fidèle à son héritage, le jeu conserve son scénario minimaliste et décalé, servi par des cinématiques soignées, où le héros doit une nouvelle fois braver mille dangers pour sauver sa bien-aimée. Si l'acronyme SMB rappelle inévitablement un certain plombier moustachu, l'expérience s'en éloigne radicalement pour se concentrer sur des niveaux courts, nerveux et une précision de mouvement millimétrée.
Le gameplay réussit le pari risqué de la 3D en conservant l'exigence chirurgicale qui a fait la renommée de la licence. Le joueur dispose d'une palette de mouvements complète (sauts, ruées aériennes, course sur les parois) pour naviguer dans des environnements isométriques où la moindre erreur est fatale. Pour pallier les difficultés inhérentes à la perspective, les développeurs ont intégré des aides précieuses, comme un indicateur visuel au sol pour les atterrissages. L'absence de points de contrôle au sein des niveaux transforme chaque réussite en un véritable sprint d'adrénaline, rendant le titre particulièrement addictif pour les amateurs de speedrun.
Le contenu est généreux pour les plus persévérants : chaque monde se conclut par un combat de boss épique et regorge de pansements à collectionner pour débloquer de nouveaux personnages. L'une des idées les plus brillantes réside dans la visualisation des échecs : les traces de sang laissées sur le décor au fil des tentatives permettent de cartographier ses erreurs en temps réel. Pour les véritables masochistes, le "Monde Sombre" propose un défi d'une difficulté impitoyable, exigeant une maîtrise totale des mécaniques pour espérer atteindre le 100 %.
En conclusion, Super Meat Boy 3D est une adaptation réussie qui ne trahit jamais l'ADN punitif de la série. Malgré quelques passages potentiellement injustes et une frustration omniprésente, le plaisir ressenti lors de chaque victoire compense largement les innombrables morts. C'est un titre qui exige autant de réflexes que de sang-froid, s'affirmant comme une expérience viscérale que l'on adore détester. À la fois hommage nostalgique et évolution moderne, il prouve que la formule "mourir et réessayer" fonctionne toujours aussi bien, même avec une dimension supplémentaire.