J'ai beau avoir chopé les serviettes hygiéniques de ma mère & une tête de chat mort, j'ai clapsé au

Voilà le genre de phrases surréalistes prononcées pour décrire une partie de "Binding of Isaac".

Savante préparation à base de Roguelike, de Zelda et de diverses pièces d'intestins (non vidées), la dernière création d'Edmund McMillen est un monstre difforme que nous allons tenter de disséquer (mettez des masques, pour les odeurs et que les mouches ne vous rentre pas dans la bouche).


LES DIFFÉRENTS ORGANES DE LA BÊTE:

1. Coeur de ZELDA: Binding of Isaac reprend l'architecture et les mécanismes de Zelda, premier du nom sur NES : on retrouve le même principe de salles de la taille d'un écran, de bombes pour tuer les ennemis mais surtout pour détruire les murs cachant des passages secrets , des clefs à utiliser à bon escient et la fameuse barre de vie à base de petits coeurs.

McMillen a poussé la filiation jusqu'à reprendre quasi à l'identique l'interface du titre de 86 (en rajoutant juste une barre d'énergie pour les objets)


2. La carcasse d'un ROGUELIKE: le vrai nerf du jeu, les joueurs de Dungeon Desktop et autres tortures ludiques du genre la reconnaîtrons des les premières morts : c'est celle d'un roguelike! Une seule vie pour boucler le jeu, une difficulté à pleurer du sang compensée par des parties courtes et une montée en puissance exponentielle : on est loin du jeu d'aventure-action à Papa!

Cette montée en puissance est liée à la découverte d'objets, qui sont légion et représentent une grande partie du plaisir de jeu : chaque partie permet ainsi d'essayer de nouveau artefacts, qu'il s'agisse du soutien gorge de sa mère, d'un cintre à planter dans sa tête ou d'une boisson chocolatée à cracher! Chaque nouvel item modifie l'apparence de notre personnage qui se transforme petit à petit en monstre informe en parcourant les niveaux!

On est ainsi pris dans un cercle vicieux classique: s'aventurer toujours plus profond dans les pièces du donjon pour essayer de faire continuer à muter notre petit bout de chou en bravant monstres et pièges, même si on a déjà trouvé l'antre du Boss! Une formule antédiluvienne donc, mais parfaitement assaisonnée ici par le savoir faire du Game Designer!


3. des TRIPES et des BOYAUX en pagaille : The Binding of Isaac c'est aussi une ambiance. Malsaine et comique à la fois, on retrouve la passion des cicatrices et des pustules de McMillen mélangée avec religion (on rappelle que le BOSS final du jeu est la mère du protagoniste qui veut le sacrifier pour Dieu) et un certain penchant scatophile (les pièces du jeu sont juchées de moult étrons et un Boss a pour arme chimique son urine).

Le tout marche très bien et on est fasciné/révulsé par les objets et ennemis du jeu. Ces derniers ont d'ailleurs des comportement très variés, ce qui permet de ne jamais se lasser!

CONCLUSION DE LA DISSECTION:

Il y aurait encore moult éléments à expliquer pour rendre justice à ce jeu, mais la découverte étant un des éléments majeurs de son design, je préfère m'arrêter là.

The Binding of Isaac est un Roguelike croisé d'un jeu d'action/shoot à la difficulté extrême mais gratifiante! L'ambiance malsaine et comique sied parfaitement au genre et la replay value est quasi infinie grâce à la multitude d'objets peuplant des donjons générés aléatoirement (même si le jeu finira certainement par lasser).

Pourquoi alors "seulement 8"? Car le jeu laisse beaucoup de part au hasard (on peut faire des runs entiers en tombant que sur des objets inutiles, ce qui est la seule chose vraiment frustrante du titre) et qu'il se permet de ramer à certain moment (certainement du au fait qu'il soit en Flash, même si les lags ne sont pas trop gênant et finalement assez inhérent au "jeu de boulettes").

Dans tous les cas, il se doit d'être essayer et d'être fini au moins une fois, pour le rush d'adrénaline et de plaisir que procure le fait de tuer sa mère (une phrase sponsorisée par "Famille de France").
LeChevreuil
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le 30 sept. 2011

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LeChevreuil

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