Entre cathédrales décadentes et boss spectaculaires, un metroidvania gothique sublimé par un pixel art somptueux et des combats exigeants.
Certains jeux reprennent les codes d’un genre et d'autres les embrassent avec une ferveur presque religieuse ! Dès les premiers instants, le joueur est happé par une atmosphère gothique suffocante, un monde en ruine où la chair et la foi semblent se confondre dans une lente agonie.
Mais ce qui rend l’expérience encore plus touchante, c’est son origine : le jeu a été développé par une équipe passionnée, soutenue par une campagne sur Kickstarter. On sent, dans chaque pixel, l’enthousiasme d’une équipe de fans du genre, désireuse de rendre hommage à ses inspirations. Et le pari est largement réussi !
Déclaration d’amour au gothique
Les influences sont claires, assumées, revendiquées. On pense immédiatement à l’esthétique oppressante de Bloodborne, à l’élégance architecturale de Castlevania: Symphony of the Night, et bien sûr à la ferveur mystique et macabre de Blasphemous. Mais The Last Faith ne se contente pas d’imiter : il synthétise.
Le pixel art est tout simplement somptueux ! Chaque environnement est travaillé avec un soin presque obsessionnel. Cathédrales décrépites, ruelles noyées dans l’ombre, laboratoires grotesques où la science flirte avec l’abomination : tout respire la cohérence et la vision artistique forte.
Les ennemis, en particulier, impressionnent. Leur design oscille entre l’horreur organique et la noblesse déchue. Ce ne sont pas de simples obstacles mécaniques : ce sont des incarnations vivantes du mal qui ronge ce monde. Le travail d’animation est remarquable, donnant aux créatures une présence presque dérangeante. On ressent une véritable intention derrière chaque silhouette, chaque mouvement.
Pour qui apprécie une direction artistique singulière et audacieuse ce titre est un festin visuel !
Quand la foi se fait lame
Sous ses atours gothiques se cache un système de jeu solide et exigeant. Les combats demandent rigueur et observation. Les ennemis punissent l’impatience mais récompensent l’apprentissage.
La richesse vient également du système de progression. Armes variées, compétences magiques, orientation vers la force ou la dextérité : le joueur peut adapter son style selon ses préférences. Cette liberté stratégique ajoute une profondeur appréciable. On ne traverse pas le jeu de manière linéaire : on construit sa manière de survivre.
L’exploration, cœur du metroidvania, est particulièrement réussie. Les zones sont intelligemment interconnectées, les raccourcis procurent cette satisfaction délicieuse propre au genre, et les secrets abondent. Chaque nouvelle capacité ouvre des perspectives inédites, invitant à revisiter d’anciennes zones avec un regard neuf.
La difficulté, bien que réelle, n’est jamais gratuite. Elle s’inscrit dans une logique d’apprentissage. Mourir fait partie du processus, mais la victoire, elle, a un goût incomparable. Lorsque vous terrassez un boss après plusieurs tentatives, vous ne ressentez pas seulement un soulagement : vous ressentez une forme d’accomplissement presque spirituel.
Un monde à décrypter
L’histoire de The Last Faith ne se livre pas en cinématiques explicatives. Vous incarnez Eryk, amnésique, évoluant dans un monde frappé par une calamité obscure. Le lore se dévoile par fragments : descriptions d’objets, dialogues énigmatiques, détails environnementaux.
Ce choix narratif renforce l’immersion. Le joueur devient archéologue d’un monde brisé. Il ne reçoit pas la vérité mais il la reconstitue. Cette approche, respectueuse de l’intelligence du joueur, crée une implication plus profonde. On observe les statues, on lit les reliques, on tente de comprendre les liens entre foi, corruption et déchéance.
Le thème central (la collision entre spiritualité et dégénérescence) traverse l’ensemble de l’aventure. Ce n’est pas seulement un décor gothique mais un univers habité par une vision cohérente. On sent que les développeurs avaient quelque chose à dire, au-delà de la simple volonté de créer un souls-like en 2D.
📎 The Last Faith est une réussite éclatante ! Né de la passion d’une équipe soutenue par sa communauté, il démontre qu’un projet porté par des fans peut rivaliser avec les productions plus installées du genre.
Sa direction artistique magistrale, son gameplay exigeant mais juste, son univers dense et mystérieux en font une œuvre marquante dans le paysage du metroidvania moderne. Oui, les influences sont visibles. Oui, les références sont assumées. Mais loin de l’affaiblir, elles l’enrichissent.
Une messe noire en pixel art, certes… mais une messe dont on ressort conquis.
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