Sans non plus être devenu injouable avec le temps, il est indéniable que le premier épisode de la saga The Legend of Zelda, sur NES, n'est pas le titre qui a le mieux vieilli de la console.
Déjà, la maniabilité a pris un sacré coup de vieux : il y a une sorte d'input lag dû au maillage, qu'on ne retrouve dans aucun autre jeu de mémoire, qui se révèle difficile à apprivoiser quand on a plus de 20 ans de jeux dans la gueule. Sachant que l'œuvre se révèle plutôt difficile, cette sensation, ce gamefeel, n'arrange rien. Ensuite, et surtout… on tourne en rond, on ne sait jamais vraiment où aller ! Il y a bien quelques indications livrées par des PNJ mais celles-ci se font rare. Le pire, c'est qu'on peut très facilement passer à côté d'un accessoire essentiel afin de terminer l'aventure : deux d'entre eux étant cachés dans des donjons. Ces mêmes donjons se révélant fastidieux à explorer, tout du moins, bien moins agréable à parcourir que la carte du monde. Moins agaçant, le fait de réapparaitre avec seulement trois cœurs devient de plus en plus lourd plus on approche la fin du jeu, nous obligeant à faire un aller-retour jusqu'à une fontaine des fées. Enfin, et plus surprenamment, la musique a failli par me sortir par tous les pores de la peau tant je l'ai entendue en boucle. Elle reste très bonne hein… mais là, je crois que je suis définitivement vacciné de la musique de la série.
Bref, c'est bourré de défauts, mais il me semble important que le titre a bien plus de trente ans à l'heure où j'écris ces lignes : un minimum de recul est donc nécessaire avant de revenir sur cet épisode. Premièrement, il me parait important de rappeler que les développeurs ont implémentés pas mal de fonctionnalités dans le jeu, certes devenues banales avec le temps, mais novatrices pour l'époque comme, tout simplement… le système de sauvegarde. L'aperçu des choix opérés par les développeurs, afin de ne pas rendre l'expérience frustrante, ne s'arrêtent pas là. Par exemple, si on élimine les ennemis présents dans une zone, ces derniers ne réapparaitront pas de suite si on quitte ladite zone et qu'on y revient immédiatement ; aussi, un ennemi ne peut pas nous éjecter de la zone dans laquelle nous nous trouvons. On évite ainsi cette sensation, cette frustration, nous donnant l'impression d'être une balle de pingpong.
Donc oui, avec un œil d'aujourd'hui, le titre se fait supplanter par de nombreux indés, mais mis en face des jeux de son époque, surtout ceux se rapprochant des genres action-aventure et "RPG" (avec de grands guillemets), le titre se montre bien plus intéressant.
Déjà, il y a un véritable sentiment de progression. En plus de débloquer des cœurs supplémentaires, il est possible d'améliorer ses armes et accessoires comme notre armure. Aussi, même si, encore une fois, il y a pas mal d'allers-retours, découvrir la carte la première fois reste plaisant. De surcroit, contrairement à ce qui est souvent dit à propos de cet épisode, il n'est pas obligatoire de poser une bombe contre chaque mur afin de pouvoir trouver les objets nécessaires afin de terminer l'aventure. En fait, si c'est bien le cas pour les secrets les plus dispensables (ceux rapportant des rubis), ceux qui ont un intérêt plus significatif se trouvent plus facilement (dans une impasse par exemple) ou leur localisation va être indiqué par un PNJ. Enfin, la présence d'un new game + reste un atout non négligeable, bien que résultant d'une "erreur" de développement.
À noter que j'ai terminé le titre sans faire de "carte" car je n'ai pas hésité à consulter un walktrough à quelques reprises afin de savoir où je devais aller… mais je pense que l'expérience se serait révélé plus intéressante si j'en avais fait une. Bon après, je suppose que la plupart des personnes qui liront cette critique se montreront plus patient que moi de toute façon.
Bref, un premier épisode toujours jouable certes, mais devenu perfectible avec le temps. Les bases étaient là, la licence a évoluée et il me semble inutile de vous révéler dans quel sens...