The Riftbreaker
6.8
The Riftbreaker

Jeu de Exor Studios (2021 · PC)

Je ne vais sûrement pas me faire des amis mais tant pis. The Riftbreaker (2021) est un énième jeu hybride qui mélange absolument tous les genres et styles en passant de la survie, à la gestion de ressources jusqu’au jeu d’action avec des composantes RPG. Comme ça au moins, ça brasse large. C’est précisément pour cette raison que je n’ai pas été transcendé par l’expérience même si, au global, The Riftbreaker s’en sort plutôt bien dans tous les compartiments de jeu. On incarne une nana, Ashley Nowak, femme mi-scientifique mi-soldat, pilotant un robot, une sorte de mécha extrêmement bavard, à bord duquel vous allez devoir exploiter un maximum de ressources sur diverses planètes extraterrestres mais surtout survivre en milieu hostile, que ce soit contre les dangers de l’environnement (chaleur, brouillard, chutes de météorites, effondrement du sol, orage, etc.) ou contre les créatures ou monstres habitant ces biomes.

Cependant, le cœur du gameplay se situe dans la création de plusieurs bases dans le but d’extraire un maximum de ressources. C’est le cœur nucléaire (sans mauvais jeu de mot) de The Riftbreaker. Donc si vous n’appréciez pas créer des centrales électriques, des pompes à eau avec un système de filtration de la vase et de la boue, des chemins de câbles, des mines d’uranium et autres joyeusetés, passez votre chemin. Vous disposez pour ce faire de pas loin d’une centaine de bâtiments différents en comptant les tourelles défensives ou pièges servant à repousser les hordes de créatures venant vous attaquer régulièrement.

Pour moi, c’est justement là que le bât blesse. Trop d’attaques, trop de vagues de monstres sans arrêt et de manière ininterrompue. On n’a jamais le temps de se poser 20 minutes pour essayer de comprendre comment extraire tel ou tel caillou brillant dans le sol, ou comment alimenter en électricité (notamment dans la grotte) nos bâtiments principaux voire nos défenses. Honnêtement, au bout d’un moment, j’en avais ras la casquette. D’autant plus qu’il faut savoir une chose : vos tourelles de défense ne peuvent pas, à elles seules, contenir plusieurs attaques massives comme il en arrive dès la moitié ou le dernier tiers du jeu. Ou très difficilement. Ce qui implique donc des heures et des heures de collecte de ressources, pour en investir tout autant dans la défense des nombreuses bases que vous allez être obligés de construire sur les différentes planètes. J’ai bien dit « obligés » car certains composants nécessaires pour avancer dans le jeu se trouvent sur d’autres planètes, de même la campagne principale vous impose également cela.

Non seulement il va falloir farmer comme des porcs, mais en plus, il faut dans bien des cas se rendre sur place et se la donner contre les monstres. Idem, deuxième aspect que je n’apprécie pas dans le jeu : les combats en mécha. Pardon, mais pour moi ce n’est pas très maniable et ce n’est pas amusant pour un sou. J’apprécie l’idée de faire évoluer son personnage, d’améliorer ses objets, ses capacités, d’améliorer les nombreuses armes à notre disposition qu’elles soient au corps à corps ou à distance mais, au final, dans les combats, je trouve ça particulièrement fade, presque sans intérêt. C’est surtout la répétitivité des combats qui m’a lassé à faire toujours plus ou moins la même chose pour dissoudre les créatures. Personnellement, j’aurais apprécié un jeu moins fourre-tout et davantage focalisé sur l’aspect défensif via les tourelles. Pouvoir construire plein de tours avec différents effets pour combiner les synergies et capables de repousser les hordes de monstres en toute autonomie une fois un pallier de construction et d’investissement franchi bien entendu. C’est théoriquement possible dans The Riftbreaker mais ça demande de se buter au jeu et surtout, dans l’accumulation de ressources, pendant de trop longues heures. Je n’ai pas la patience.

Néanmoins, j’ai vraiment apprécié le champ des possibles offert par le titre des studios Exor notamment lorsqu’on observe les trois arbres de talents/bâtiments très complets et qui donnent une profondeur quasi infinie au jeu. En tout cas, si vous aimez la construction et l’optimisation de base pour glaner des milliards et des milliards de ressources à la Satisfactory (2024), vous allez apprécier The Riftbreaker. Dommage en revanche que le jeu ne vous explique rien. Parfois, je me suis fait des nœuds au cerveau pour réussir à connecter des bâtiments ensemble notamment en ce qui concerne l’extraction de flotte.

Côté réalisation, techniquement c’est solide notamment lors des vagues de monstres où il est possible d’avoir des centaines de créatures à l’écran attaquant parfois vos très nombreux bâtiments. Sur mon ordinateur cela n’a pas ramé donc pour l’optimisation, rien à dire. Côté graphismes et direction artistique, c’est également réussi. Les environnements sont beaux, les effets de lumières ou autres explosions lors des combats sont chouettes, rien à dire.

Et le scénario ? Oui, il y a un scénario… Honnêtement, je n’ai rien contre l’histoire de la campagne, c’est bien d’essayer d’apporter un peu de dialogues, de personnalité à l’héroïne et de contexte même si je pense que cela ne sert à rien dans ce type de production. Par ailleurs, il est pénible d’avoir des dialogues de 5 minutes en VO en permanence pendant que vous vous battez contre les monstres, il se dégage du jeu une espèce de cacophonie particulièrement désagréable surtout à cause de la voix synthétique du mécha.

En conclusion, même si j’ai tiré à feu nourri sur ce The Riftbreaker, il reste et demeure un bon jeu vidéo. Ce n’est juste pas pour moi. J’y ai investi 24h et cela m’a suffi pour en faire le tour mais il est largement possible de jouer à ce titre sans se lasser et sans avoir tout découvert pendant plusieurs centaines d’heures. Je n’exagère pas. Pour ma part, les développeurs ont péché par ambition et mélangeant, encore une fois, tous les genres, tous les styles et en réalisant une sorte de pot-pourri complexe et frustrant voulant jouer sur tous les tableaux. Entre le farming incessant via des constructions complexes, les vagues de monstres permanentes et des combats en mécha peu convaincants, j’ai vite fini par me lasser. Si vous êtes un aficionado de la collecte de plusieurs trillions de ressources en milieu hostile, The Riftbreaker est fait pour vous.

silaxe
6
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le 1 mai 2026

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