Tomb Raider par Hugo Harnois
Préparez-vous vous à voir une Lara sans short, plus naïve et fragile, car Square Enix vous emmène dans son passé pour vous faire faire découvrir les origines de la plus célèbre des archéologues. En partance pour le « Triangle du Dragon », une équipe de chercheurs échoue de manière brutale sur une île mystérieuse recelant bien des secrets. Ce qu'ils vont y rencontrer dépasse tout ce qu'ils auraient pu imaginer. L'occasion pour notre aventurière de montrer que le sang « Croft » circule dans ses veines depuis toujours.
Définissons tout de suite le genre de produit auquel Tomb Raider appartient. Si ce jeu était un film, il serait considéré ni plus ni moins comme un gros blockbuster. Le cadre bouge tout le temps et les prises de vue changent constamment afin de donner du dynamisme à l'ensemble. On peut compter autant de cinématiques que de moments jouables, et même lors de ces derniers, nous sommes accompagnés par des Quick Time Events afin de rendre l'action plus musclée. Certains flashbacks ajoutent un côté cinématographique à ce jeu qui ne le cache à aucun moment. Car Tomb Raider est une œuvre à grand spectacle doté d'éléments narratifs ultra-prévisibles et n'ayant qu'une motivation : le grandiose. Sauf que cet épisode n'a ni la puissance épique d'un God of War, ni la qualité scénaristique d'un Batman.
On se fiche ici du scénario qui ne compte pas, et qui n'est d'ailleurs pas très attractif. On sent les ficelles dans l'avancement du jeu, tant dans la manière de jouer que dans la narration. Et certaines réactions des personnages sont mal écrites (notamment pour le passage du traître). Quant à l'identité de Lara, elle est malheureusement assez mal approfondie alors qu'il y avait à ce sujet un grand potentiel. Revenir aux origines de la plus grande héroïne de jeu vidéo aurait pu offrir des possibilités infinies que les développeurs n'ont pas su saisir. Mais la relation avec son père est juste évoquée à de rares moments peu importants. Ce qui fait enfin que nous n'accrochons pas pleinement avec l'archéologue, c'est sa doublure, moyenne et un peu trop légère par rapport aux éléments qu'elle traverse.
Il est normal de voir nos personnages faire des exploits dans les jeu d'action / aventure (Assassin's Creed, Uncharted), mais tout de même, voir les sauts qu'elle peut faire et la douleur qu'elle supporte dépasse l'entendement. Il est réellement dommage de voir une Lara immortelle alors que nous assistons paradoxalement à ses tout débuts. Étrangement, elle sait d'emblée tout faire : sauter à la tyrolienne, manier les armes, combattre au corps-à-corps, etc... Malgré quelques bugs et approximations dans le gameplay, le plaisir de jeu reste intact et la prise en main de l'aventurière est agréable et très intuitive. Nous prenons en effet grand plaisir à dézinguer des méchants par dizaine à coup d'arcs ou de fusils en tout genre.
Là où Square Enix réussit est dans la volonté d'inscrire une véritable ambiance à son bébé. Les symboles mystiques et la météo capricieuse sont des éléments narratifs qui fonctionnent et permettent aux joueurs de rentrer dans un univers graphique solide. Le choix d'un quasi noir et blanc est intéressant car il renforce le côté obscur de cet épisode. Mais cette option peut être un peu fatigante à force de se sentir évoluer dans une seule et même atmosphère terne.
Avant même de prendre la manette, vous saurez comment l'histoire se termine. Défonçant tout sur son passage, Lara Croft sera prête à affronter d'autres ennemis, résoudre de nouvelles énigmes et découvrir des lieux encore plus énigmatiques. Et cette fois-ci, avec deux armes pour l'accompagner, dans des aventures que vous connaissez déjà...