Quatre ans après Tomb Raider Underworld, Lara Croft revient pour un second reboot avec jeu sobrement intitulé Tomb Raider.
La cinématique d'intro nous présente une jeune Lara Croft, à bord d'un navire à la recherche d'un royaume perdu dans le « Triangle du Dragon », situé au large du Japon. Mais une furieuse tempête se lève et le navire s'échoue sur une île qui n'est indiquée sur aucune carte. Lara se retrouve séparée du reste de l'équipage et, encore sonnée par le naufrage, se fait capturer par un mystérieux individu. Elle se réveille ligotée et suspendue tête en bas dans une pièce pleine de cadavres.
Et c'est à ce moment que l'on prend le contrôle de Lara. En se libérant, on tombe de plusieurs mètres pour s'empaler sur une tige d'acier, puis on se traîne au milieu des cadavres. On patauge dans la boue et le sang pour chercher une sortie. Plus loin, le sol se dérobe sous nos pieds, le plafond s'écroule, on tombe sans une rivière, on chute de quinze mètres… et Lara survit à tout ça alors qu'elle n'a pas encore eu le temps de soigner son abdomen transpercé de part en part quelques minutes plus tôt, je vous le rappelle.
On touche là à l'un des points qui m'a le plus dérangé dans ce jeu, le côté « survivor cracra » carrément too much, dans une ambiance de film d'horreur gore. On passe la moitié de son temps à s'en prendre plein la gueule et on survit miraculeusement à ce qui tuerait un bœuf sur le coup. Lara est crade, ses vêtements sont déchirés de partout. Je ne sais pas si c'est censé nous la rendre badass, moi j'ai trouvé ça plutôt ridicule.
Cette ambiance crade transpire sur tout le jeu. Les décors, par exemple. On traversera bien quelques belles ruines, comme un temple japonais ou un village de montagne, mais les trois quarts du jeu se déroulent dans des lieux plus modernes : bunker de la seconde guerre, bidonville… il y a beaucoup trop de béton, de ferraille rouillée et de bidon métalliques à mon goût. En plus il pleut tout le temps, c'est gris, c'est la déprime. C'est justifié par le scénario, mais ce n'est pas une raison. Tristitude/20.
Ce qui sauve le jeu, c'est le gameplay. On saute et on grimpe un peu partout et facilement. C'est un vrai plaisir d'explorer les zones à la recherche du bon chemin et des collectibles disséminés un peu partout. On récupère régulièrement de nouveaux équipements qui élargissent notre palette de mouvement : piolet pour escalader certaines surfaces, flèches à corde pour créer des tyroliennes ou agripper des objets à distance…
On aura aussi régulièrement quelques puzzles à résoudre, pas vraiment compliqués d'ailleurs. Même sans utiliser l'instinct de survie, qui met en surbrillance tous les éléments interactifs, on reste rarement bloqué plus de quelques minutes. Mais cela ajoute un peu de variété et c'est toujours sympa.
Côté combat, le jeu fait le taf. Il y a peu d'armes, mais suffisamment différenciées pour qu'elles soient toutes utiles. On reste dans les classiques : un arc pour la furtivité, un fusil à pompe pour le corps à corps, un fusil d'assaut pour les ennemis costaud et un pistolet pour les plus faibles. Personnellement, je trouve les fusillades correctes mais je ne suis pas bien placé pour en juger. C'est clairement ce qui me plait le moins, quel que soit le jeu. Je joue en facile pour rouler rapidement sur ces passages bourrins et faire ce qui me plait le plus, l'exploration et la plate-forme.
Ah oui, petite déception pour les fans de la saga : fini les doubles flingues ! Dans cette nouvelle trilogie, c'est clairement l'arc qui est devenu l'arme emblématique de Lara. Cela ne me dérange pas plus que ça parce que j'ai toujours apprécié les arcs dans les jeux d'action, mais tout de même. Les doubles pistolets faisaient partie de l'identité de la licence. C'est d'autant plus dommage qu'on nous les tease dans la toute dernière cinématique du jeu (comme dans la toute dernière scène du film avec Alicia Vikander, d'ailleurs) et qu'on ne les reverra pourtant pas dans les jeux suivants…
En bref, un jeu sympa, mais à l'ambiance crade et déprimante qui gâche l'expérience.