Touhou Luna Nights
7.1
Touhou Luna Nights

Jeu de Ladybug, Vaka Game Magazine et Playism (2019 · Nintendo Switch)

Au départ, il y avait le Touhou Project. Si vous voulez brillez en société ou soirée ambiancée, dites simplement "Touhou". Touhou est une série de jeux vidéo développés par un seul japonais bien déter' qui préfèrera qu'on l'appelle "ZUN". Créée en 1997, on totalise une vingtaine de jeux dans la série en 2021. Quand je vous disais qu'il était déter'. Ces jeux ont une direction artistique très manga et anime. Le genre de jeu qui déchaîne des communautés de fans, fait vendre des figurines et des tenues de soubrettes, ou fait augmenter en flèche les inscriptions à l'INALCO section Asie.


C'est dans ce contexte qui, ma foi, n'est pas forcément pour me déplaire, est développé Touhou Luna Nights, un fangame de Touhou sorti en 2018. Il n'est donc pas développé par ZUN et n'appartient pas au Touhou Project. C'est juste un jeu fait par les fans, pour les fans, mais pas que.


J'avais entendu parler de Touhou dans le passé, souvent par des gens qui portent des t-shirts avec un gros "KAWAII" écrit dessus. Eh, pas de jugement de ma part, j'ai un ami asiatique. Non, en vrai, c'est un univers qui me parle plutôt et la sortie de Touhou Luna Nights sur Switch a été l'occasion pour moi de m'intéresser un peu plus à la série.


Voyage temporel jusqu'en 2021, le jeu est en promotion et j'ai envie d'un jeu pas trop long et sans prise de tête. Chic, quelle merveilleuse opportunité. Bon, je dois avouer que la jaquette m'a carrément déconcertée et l'hésitation a été grande avant de taper mon précieux code de carte bleue.



Recherche ecosia : "personnages Touhou"

On incarne Sakuya, une soubrette qui se bat à l'aide de couteaux de cuisine. De là à dire qu'elle a des tendances psychopathes, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas. Elle se retrouve téléportée dans un donjon situé dans une sorte de dimension parallèle par sa maîtresse. Au fur et à mesure qu'on progresse dans le jeu et qu'on rencontre des visages bien connus (ou pas), le joueur se rendra vite compte que cet univers est sérieusement en train de partir en cacahuète et qu'on va devoir se démener pour éviter une faille spatio-temporelle et se retrouver bloquée là-dedans.


Arriver à comprendre le scénario et savoir "qui est qui" peut être un peu difficile pour ceux qui commenceraient la série avec cet opus. On essaye de se prendre au jeu, on rentre dans l'intrigue sans trop de difficultés mais on sent quand même qu'on passe à côté de quelque chose et d'un lore un peu kikoojap mais sympathique. Ça nous fait un peu le même effet que rigoler à une blague qu'on ne comprend pas, bref, c'est une simulation de vie de Joey Tribbiani.


Encore un metroidvania ? Oui messire

Diantre, je viens de me rendre compte que je n'ai toujours pas parlé du gameplay (comprenez, comment on joue au jeu). Touhou Luna Nights est ce qu'on appelle un peu vulgairement un "metroidvania". C'est basiquement un jeu inspiré de 2 grosses licenses vidéoludiques, Metroid et Castlevania. Touhou Luna Nights est un metroidvania pur jus, qui ne s’embarrasse pas de fioritures et va directement à l'essentiel.


Le joueur va déplacer Sakuya dans des environnements en 2D en pixel-art (comprenez des graphismes faussement rétros inspirés des graphismes d'il y a 30 ans) pas dégueu' du tout. Puis, à force d'explorer et de castagner du monstre, le joueur va trouver des clés et débloquer des aptitudes pour accéder à des endroits jusque-là inaccessibles. Par exemple, on va débloquer le double saut qui nous permettra d'atteindre de hautes plateformes, ou un glissade nous permettant de nous faufiler dans des pièces exiguës. C'est un des principes de base des metroidvania, très bien respecté dans le jeu. On pourra par contre regretter que l'exploration ne soit pas plus récompensée. On va des fois passer plusieurs minutes à aller fouiller un niveau, tout ça pour quelques pauvres joyaux (la monnaie du jeu). Ça nous passerait presque l'envie d'explorer la carte à 100%, tiens.


On retrouve également d'autres classiques comme : un marchant, des objets pour améliorer les caractéristiques, des points de téléportation pour éviter de se taper des allers-retours trop longs, etc. C'est classique, peut-être trop ? Après des décennies de metroidvania, on est clairement en droit de se demander si le classicisme est toujours pertinent. Heureusement que Touhou Luna Nights est sauvé par une nervosité et ingéniosité pas piquées des hannetons.



Za warudo

Le jeu encourage la prise de risque permanente. En esquivant les attaques des ennemis au dernier moment, ou bien en les frôlant, vous récupèrerez quelques points de vie et de magie. Ces points de magie sont hautement nécessaires car ils seront nécessaires pour attaquer vos ennemis. Pas de magie, pas d'attaque. Pas d'attaque... pas d'attaque.


Les couteaux sont l'arme principale de Sakuya. Vous débloquerez quelques armes secondaires assez sympathiques mais très gourmandes en magie et peu rentables. Bref, vous jouerez surtout avec les couteaux et ce n'est pas un mal tant leur vitesse, puissance et les animations de Sakuya rendent la chose très plaisante. On se surprend à marteler la touche d'attaque pour voir les couteaux voler et les ennemis trépasser, tout en réalisant quelques esquives bien placées pour récupérer de la magie.


L'autre pièce maîtresse du système de jeu est le contrôle du temps. Sakuya a le pouvoir de ralentir le temps mais aussi de complètement l'arrêter, pendant une courte durée. Inutile de vous dire que ces compétences seront votre atout majeur pour vous défaire des ennemis et boss.


Ce système est très grisant et se mélange parfaitement avec la nervosité des couteaux. En ralentissant le temps, on se croirait dans un film de John Woo. En arrêtant le temps, tel Dio Brando, on bourrine la touche d'attaque pour ensuite voir des dizaines de couteaux s'abattre sur l'ennemi une fois que le temps reprend son cours.


Le contrôle du temps est également utilisé lors des phases de plateformes. Une sorte de hachoir tourne trop vite et vous bloque le passage ? On arrête le temps et on se faufile à travers les pales. L'arrêt du temps est donc indispensable à votre progression. Malheureusement, le ralentissement, quand à lui, n'est pas assez exploité lors des phases de plateformes et des combats.



Boss, you were right

Malgré la relative courte durée de vie du jeu (environ 7-8 heures pour finir à 100%), on trouve pas mal de combats de boss. Ils sont assez variés, hauts en couleur mais surtout pas frustrants pour un sou. Le joueur va très certainement perdre plusieurs fois, mais chaque mort sera vraiment l'occasion d'apprendre des choses qui nous serviront lors des essais suivants.


Vous souvenez-vous de la mécanique de récupération de vie et de magie ? Eh bien chaque boss possède une attaque que je qualifierais de "c'est pour moi c'est cadeau". En arrêtant le temps lors de cette attaque, vous pourrez alors en profiter pour frôler le boss (et ses missiles, tentacules ou autre) et ainsi récupérer beaucoup de vie et de magie très facilement. On pourrait croire que ça rendrait le combat trop facile mais que nenni, l'équilibre qui en découle est très bon. Eh, je vous avais dit que ce n'était pas frustrant.


Notons également que le jeu a le bon goût de placer les points de sauvegarde juste à côté des boss. Eh oui Dark Souls, on peut faire des combats de boss satisfaisants sans faire perdre du temps inutilement.



Pile-poil la bonne durée

Que reste-t-il de Touhou Luna Nights ? Voici le nom qu'on pourrait donner à un podcast France Culture. Au delà de son aspect "niche de niche", le jeu parvient à convaincre à l'aide de solides arguments. Une formule maîtrisée même si vue et revue, et un dynamisme plutôt audacieux. Pour un fangame, c'est du très bon travail et j'imagine sans mal les fans de Touhou rire à gorge déployée devant certaines blagues et références.


Un jeu plus court aurait été frustrant et aurait ressemblé à une démo. Un jeu plus long, lui, aurait sans doute lassé. Après avoir fini le jeu, on a l'impression qu'on vient de sortir du pub après n'avoir bu que 2 pintes : la soirée fut bonne et on a réussi à éviter la bière de trop qui aurait tout gâché.

Biqueeette
7
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Créée

le 3 févr. 2026

Critique lue 5 fois

Biqueeette

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