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le 4 juin 2014
SuivreDilemme millénaire
Cloudbank est un simulacre de société. Ville fluorescente futuriste hyperconnectée qui s’adapte au bon désir de sa population (la météo du jour est dictée par un sondage public), elle est l’effigie...
Pour commencer, je vais préciser une chose très importante pour comprendre mon engouement: j'adore les jeux vidéos pour l'émulation artistique et scénaristique, mais je déteste y jouer. J'aime pas ça, je meurs tout le temps parce que je suis nulle, j'ai l'impression de perdre mon temps, ça ne me détend pas du tout, et globalement ça m'énerve x 1000.
Du coup, quand j'ai vu les magnifiques illustrations de Jen Zee pour le jeu, je me suis dit que ça valait le coup d'essayer quand même.
Le jeu commence lorsque Red, qu'on interprète donc dans le jeu, récupère cette énorme épée bleue dans le corps d'un homme sans vie. Lorsque l'histoire commence, l'épée commence à parler et très vite on comprends qu'il s'agit de la voix de l'homme mort., dont l'âme est enfermée dans l'épée, appelée Transistor. Au départ rien n'est très clair et nos questions s'accumulent: qui est Red? Et l'homme décédé? Que s'est il passé dans cette ville où il n'y a plus personne? Qui sont les robots que l'on tue? De quoi Red, simple chanteuse qui a perdu sa voix, veut-elle se venger? L'histoire de l’héroïne et de sa ville se révèle au fur et à mesure qu'on avance dans le jeu.
Ce choix narratif, bien qu'audacieux, rend le jeu très attrayant et addictif. On veut savoir ce qu'il s'est passé, du coup on continue de jouer. L'implication émotionnelle a été totale pour moi, je me suis carrément mise à sangloter à la fin (je ne vous dit pas pourquoi, il faudra y jouer. Mais moi j'étais sous le choc; après j'avoue que je suis une mijole, donc ceci explique cela). Évidemment, la narration peut être difficile d'accès, car il faut chercher, lire et mettre en relation les différentes informations qu'on nous donne pour comprendre l'histoire. Je pense que ce système pourrait en rebuter quelques uns, trop distrait ou trop rapide (comme moi a priori), mais même ne restant en jouant en mode simple, sans chercher à tout débloquer et à tout comprendre, le message principal m'est resté accessible et attrayant. Pour moi c'est aussi une vraie preuve de subtilité et de savoir faire de l'équipe qui a créé le jeu, car c'est maitrisé et audacieux.
Ensuite, la voix suave du narrateur (alias l'épée, alias le Transistor, alias l'homme mort du début) est à se damner. Il donne aussi un point de vue inédit à l'histoire, commentant chaque recoin de Cloudbank, sans jamais révéler trop de l'histoire (vu qu'on est sensé déjà connaitre l'histoire).
L'esthétique entière du jeu est elle aussi à chialer des torrents de licornes tellement c'est sublime et détaillé. Le mélange art-nouveau/sci-fi/robots m'a complètement séduite et apporte une touche originale que je n'avais jamais vu avant- même si mon expérience est limitée. Ajoutons à cela une bonne dose de poésie avec la bande son très sympa (ben oui, Red est une chanteuse à la base) qui pose vraiment une ambiance particulière, en adéquation totale avec l'esthétique graphique du jeu.
Enfin, le gameplay m'a paru très abordable pour la novice que je suis. Quatre compétences sont à notre disposition, qu'on peut remplir avec des aptitudes gagnées au cours du jeu (en actif, passif, etc; ce qui permet une combinaison infinie de possibilité de compétences). Les attaques sont cependant relativement lentes, ce qui est un réel désavantage face aux robots qui nous attaquent avec vélocité. Mais c'est là que le jeu prend un tournant génial pour la bête fille que je suis: la fonction turn() permet d'arrêter le temps, de planifier plusieurs actions, qui seront ensuite réalisées à très grande vitesse par Red ensuite sans que les ennemis ne puissent répliquer. Cependant, après son utilisation, le turn() doit se "recharger" avant de pouvoir être réutilisé, nous laissant donc sans outils offensifs quelques secondes (sauf si compétences spéciales à cet effets). De plus, lorsque la jauge de vie est vide, au lieu de mourir, Red perd une de ces 4 compétences (récupérables quelques temps après le combat évidemment). Cela complique la défense mais au moins on ne meurt pas (merci seigneur). De plus, ça ajoute une difficulté supplémentaire d'apprendre à gérer les aptitudes et les compétences, les changer, les adapter tout au long du jeu (et ne pas garder les mêmes attaques dont on a l'habitude pendant tout le jeu). L'ensemble donne donc un jeu très stratégique, facile d'accès même lorsqu'on ne gère pas bien sa manette, qui permet donc à la joueuse stressée que je suis de ne pas taper en mode bourrin sur toutes les touches en espérant tuer plus vite l'adversaire qu'il ne me tue.
Évidemment, comme je suis nulle, je suis restée en mode facile, mais au fur et à mesure du jeu, on débloque des Limiters, qui permettent d'augmenter la difficulté de jeu; cela permet de pousser la difficulté du jeu dans le sens qui vous intéresse (donc pour moi c'est à dire: le garder le plus facile possible).
Certains pourront reprocher à son jeu la difficulté d'approche (j'avais quand même quelqu'un pour m'expliquer les bases; mais les habitués de jeu vidéo devraient quand même s'y retrouver je pense), la répétition des méchants et son temps de vie relativement limité. Cependant, comme le jeu se termine en 4-5h, la lassitude ne s'installe pas vraiment; ce qu'une durée de jeu plus longue aurait pu entrainer, rajoutant combat inutile et vain à l'histoire.
La richesse du jeu permet aussi de recommencer plusieurs fois l'histoire et de débloquer ce qui n'avait pas été débloqué précédemment; il faut au moins reconnaitre cela, même si tout le monde n'aime pas recommencer plusieurs fois un même jeu.
Je sais bien qu'avec mon peu d'expérience, je n'ai pas vraiment la légitimité de critiquer un jeu vidéo, mais je voulais vous faire partager mon enthousiasmante expérience.
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Créée
le 11 avr. 2015
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le 4 juin 2014
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