Tunic est un jeu que j’avais terriblement envie d’aimer.
Tout était là pour me plaire : la direction artistique enchanteresse, des idées de design intrigantes et la promesse d’un Zelda-like bourré de secrets et de mystères. Dire que ce jeu m’a déçue serait un euphémisme. Et pourtant, qu’est-ce qu’on me l’a hypé…
Je vais essayer de développer en quoi le jeu se plante sur chacun de ses aspects, et en quoi l’expérience globale est, selon moi, très mal pensée.
(Carrément j'ai du mettre des titres tellement j'ai pas aimé)
Les combats
Les combats représentent l’écrasante majorité du jeu, et malheureusement ils sont assez mauvais. Le système de combat en lui-même est très pauvre et n’encourage que très peu la réflexion ou la prise de décision. Le level design et l’encounter design, assez paresseux, ne font rien pour améliorer cet état de fait.
En gros : l’écrasante majorité du jeu consiste à affronter vingt fois les mêmes ennemis, un par un, de la même façon et dans des couloirs. Super…
Ne parlons même pas du système de checkpoints inutilement austère et des boss à la difficulté absurde, qui ne sont là que pour rajouter artificiellement des heures de jeu.
Encore une fois, le jeu ne vous encouragera jamais à essayer de nouvelles stratégies, à apprendre ou à expérimenter, mais simplement à recommencer en boucle des passages beaucoup trop punitifs jusqu’à, par hasard, les passer — sans grande satisfaction.
L’exploration
L’exploration est pour moi assez mitigée. D’un côté, j’adore le fait que le jeu utilise la vue isométrique pour cacher des choses au joueur derrière les murs. C’est une manière unique de gérer les secrets, que j’ai rarement vue dans le jeu vidéo.
De l’autre, l’exploration en elle-même est limitée. Le jeu demeure très linéaire, que ce soit au niveau micro (dans ses donjons) ou macro. La carte s’ouvre un peu plus au milieu du jeu avec la possibilité de chercher les trois artefacts dans l’ordre de notre choix, mais cette option ne rajoute pas grand-chose au final à l’expérience.
C’est d’autant plus dommage qu’on se retrouve parfois bloqué devant certains boss ou énigmes, sans possibilité d’explorer un autre endroit et de revenir plus tard dessus.
Les puzzles
Pour finir, parlons des puzzles. C’était le truc qui me hypait le plus avant de jouer.
Ils se sont révélés au final extrêmement décevants. En fait, 90 % des puzzles reposent sur la même mécanique : la croix directionnelle. Quasiment toutes les énigmes du jeu se construisent autour de cette mécanique, ce qui rend le tout très lassant et monotone.
Autre bonne idée sous-exploitée : le manuel. Je ne comprends toujours pas comment un jeu aussi mal designé peut avoir autant d’idées géniales. Le manuel est une idée unique, en plus d’être visuellement magnifique. Malheureusement, à part pour une énigme de fin très bien pensée et quelques secrets par-ci par-là, il ne se résume dans sa globalité qu’à un tutoriel un peu différent de la norme.
Le rythme
Ces trois points influent chacun sur la chose qui fait, pour moi, de Tunic une expérience douloureuse. La chose qui aurait pu sauver le jeu, si elle avait été mieux gérée : le rythme.
Le rythme du jeu est… incompréhensible. Le créateur s’est dit que ce serait une bonne idée de mettre tous les puzzles seulement après avoir vu 90 % du jeu. Pourquoi faire une expérience homogène et bien rythmée quand on peut mettre vingt heures de combats monotones, pour ensuite retirer tous les combats et ne mettre que des puzzles ? Je suis vraiment incapable de comprendre cette décision.
Ensuite, comme dit plus haut, les différents cœurs de jeu n’aident pas à améliorer le rythme global de l’aventure. Entre la difficulté complètement aléatoire (le début du jeu est plus dur que le milieu ?!), la section de backtracking anti-climactique juste avant le boss final — où vous devez récupérer vos différentes stats en réexplorant des zones déjà vues — on dirait que le jeu fait exprès d’être le moins engageant possible. L’exploration limitée et les niveaux linéaires n’arrangeant rien, chaque passage difficile devient encore plus frustrant, vous bloquant pendant des heures.
Pour conclure, Tunic restera pour moi une de mes plus grosses déceptions vidéoludiques. J’en attendais beaucoup, et je suis tombée de haut en découvrant un jeu vide, mal rythmé et mal pensé.