Tunic ne paie pas de mine, et fait même un peu peur quand on lit ses références et la façon dont il se vend: Zelda 3, Dark Souls, un manuel de jeu cryptique en jeu, des graphismes tous mignons...
Tunic fait même peur dans sa première heure, pas vraiment accueillant, difficile dans ses combats. On nous donne bien un premier objectif simple (sonner la cloche de l'est, puis de l'ouest), une première page de manuel assez simple à comprendre, mais on se fait violenter, et on peine à prendre nos marques dans ce monde.
Et puis tout s'ouvre, tout s'éclaire. D'autres pages viennent s'ajouter, on découvre des raccourcis, on nous outille un peu mieux. On comprend comment marche ce manuel qu'on nous distille page par page. On apprend à le décrypter, puis on passe la moitié du temps de jeu dedans.
La carte étriquée devient ouverte, grande mais plus simple à parcourir.
Enfin, en mid-game, on comprend enfin ce qu'est Tunic, ce qu'il cache, l'histoire de ce monde. Il est en fait un jeu d'aventure et d'énigmes, mâtiné d'action, aux multiples secrets, et montre une maestria façon "The Witness" pour déplier ses couches de gameplay et d'histoire à rythme trépidant, et nous laisser découvrir tout ça par nous-même.
Gros plus: j'y ai joué "en famille", c'est à dire chacun sur notre sauvegarde respective, à se raconter nos périples et avancées. Chacun sur son carnet à griffonner, tester, réussir. Un jeu est capable d'être plus que la somme de ses parties quand il est au-dessus de la moyenne, qu'il a une âme. Tunic est de cette trempe.
C'est de loin notre jeu de l'été, de l'année, un jeu absolument formidable qui devrait plaire, contre toute attente, au plus grand nombre.