J'ai acheté ce jeu 1€ à l'occasion d'une opération Steam, et au bout du compte, je suis plutôt content. D'avoir profité de l'offre, je veux dire. Parce que, l'un dans l'autre, même si c'est sympa, ça ne vaut guère plus que trois points de suspension...


J'avais repéré Typer:Rider il y a un bon moment. Une production Arte, un concept original - construire le récit du jeu sur l'histoire de la typographie -, des beaux graphismes... Pour moi qui ne suis pas un gamer régulier mais plutôt curieux d'expériences singulières, c'était une proposition intéressante.


Le début est plaisant. Côté prise en main, ça va vite. Le gameplay est réduit au minimum : avec les flèches gauche et droite du clavier, on pilote deux points (les ":" typographiques), qui roulent comme une voiture, mais peuvent également sauter (barre espace) et accomplir différentes actions en fonction du parcours proposé.


Les décors sont sublimes. Ils évoluent en fonction de la typographie à travers laquelle on évolue, dans un entrelacs de lettres géantes dans lequel notre "héros" doit avancer, en évitant des pièges et en récoltant à chaque fois toutes les lettres de l'alphabet, de A à Z, avec un & caché en bonus et six étoiles ouvrant autant de nouvelles pages documentaires à consulter, soit sur le moment (en cliquant sur "entrée"), soit plus tard.


En résumé, c'est un jeu de plateforme un peu chiadé (les musiques d'accompagnement sont plutôt chouettes dans l'ensemble), qui tend à se corser au fur et à mesure - le dernier niveau, "Pixel", est particulièrement stressant.
Mais rien d'insurmontable, car si l'on "meurt" régulièrement, au fil des pièges ou de fausses manœuvres, on reprend le plus souvent au dernier point de transition entre deux épreuves, sans aucune sauvegarde, les checkpoints se font automatiquement.


Cependant, le jeu se joue très vite. Après un petit niveau tutoriel sans autre enjeu que d'apprendre à maîtriser le gameplay, on traverse huit niveaux, consacrés chacun à une grande police de caractère (Gothic, Garamond, Didot, Clarendon, Futura, Times, Helvetica, Pixel), plus un niveau bonus (rigolo au premier abord, mais sans checkpoint et très vite super énervant).
En fait, on peut jouer de deux façons : soit s'arrêter à chaque étoile et s'instruire consciencieusement en feuilletant les livres documentaires que l'on débloque au fur et à mesure ; soit jouer sans s'arrêter, et garder la partie pédagogique pour plus tard.


J'ai commencé par faire le bon élève, mais ça m'a très vite gonflé de m'arrêter toutes les cinq minutes. Du coup, j'ai préféré dérouler le jeu, que j'ai donc fini très vite, sans forcément revenir en arrière pour lire les documents.
Cela dit, l'expérience est assez maligne pour me donner envie d'y revenir et de reprendre le jeu plus lentement, en profitant de son offre au complet, débarrassé de la hâte du joueur avide de franchir la ligne d'arrivée.


Autre bémol, le gameplay, pas toujours maniable. Les rebonds des deux points sont parfois incontrôlables. Et il arrive souvent que l'on manque de visibilité sur la suite des épreuves, la faute à un focus trop serré sur notre personnage, qui nécessite de se planter une fois ou deux avant de comprendre comment franchir les obstacles.


Au final, une belle idée, plutôt bien exécutée bien qu'un peu légère. Néanmoins, construire un jeu sur l'histoire de la typographie (pas un sujet susceptible de passionner les foules, vous en conviendrez), il fallait y penser, il fallait oser, et il fallait y arriver.
Mission accomplie pour les créateurs de Type:Rider, qui n'ont pas à rougir de leur copie.

ElliottSyndrome
6
Écrit par

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le 1 mai 2020

Critique lue 66 fois

ElliottSyndrome

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