Pour une fois, ce n'est pas de ma faute. Uncharted 4 est l'unique volet qui fut porté sur PC, par conséquent j'entame la série par la fin. Et ce n'est peut-être pas plus mal, tant la qualité graphique de A thief's End saute aux yeux. Il appartient à cette catégorie de jeux qui passent les années admirablement bien, là où ses prédécesseurs ont un peu vieilli. C'est particulièrement vrai lors des phases en milieu sauvage où le niveau de détails est poussé. Dans les faits, j'y ai retrouvé le cocktail de deux influences majeures, Tomb Raider et Prince of Persia. On alterne entre les moments de plateforme où on saute, on escalade, on agrippe et on voltige, quelques énigmes pas bien compliquées et une partie plus pétaradante où ça tire et explose à tout va. C'est distrayant et parfois rigolo (beaucoup de blagues). Mais les limites du jeu sont également évidentes. L'aspect narratif est particulièrement prononcé en intro, au point de couper inlassablement les actions. En outre, on ne peut pas dire que l'intrigue soit particulièrement intéressante. Et me concernant, je ne suis pas trop fan de Nathan Drake. Il rappelle un peu trop ces héros risquant leur vie toutes les deux minutes et s'en sortent avec une vanne. À choisir, je préfère nettement Sam qui offre un peu plus de relief. Pour revenir sur le gameplay, les passages d'exploration sont autrement plus réussis que les gunfights, au rendu très étrange. Il faut parfois tirer un chargeur entier sur un ennemi sans protection, notons qu'il est également impossible de détourner l'attention. Très frustrant pour un jeu incitant à neutraliser ses ennemis silencieusement. Et pour ce qui est de l'IA, elle n'est pas fameuse. Il ne sera pas difficile de se la jouer infiltration avec des gardes qui semblent aléatoirement percuter qu'un de leur camarade vient de disparaitre sous leurs yeux. L'aventure se boucle en une douzaine d'heures, ce qui est plus que convenable. Plus aurait été une erreur, tant les péripéties s'enchainent un peu trop mécaniquement et que certains passages totalement over-the-top font rejaillir les défauts d'écriture (Druckmann est infiniment plus intéressé par The Last of Us, et je le comprends). Au cinéma, on appellerait ça un "film léger" dans le sens où il n'est pas nécessaire de s'investir plus que ça et de se laisser porter. Et le rapprochement avec Uncharted est adéquat puisqu'il emprunte énormément au cinéma d'aventures et se structure comme un long-métrage. Au point d'avoir droit lui-même à sa transposition dans les salles. Contrairement au blockbuster standardisé qui mise avant tout sur la nostalgie et les clins d'œils aux fans, A Thief's End a la politesse de ne pas assommer le néophyte de références aux précédents. Au delà, il faut accepter d'y aller sans trop chercher sous peine d'en révéler les coutures.