Inutile de passer par quatre chemins, Warhammer 40,000: Space Marine 2 (2024) est un excellent titre coopératif pour peu que vous adhériez à la franchise Warhammer et aux jeux PVE dans le goût des Left 4 Dead (2008) et tous ses enfants légitimes ou pas : Warhammer: End Times – Vermintide (2015) ; Warhammer 40,000: Darktide (2022) ou encore Back 4 Blood (2021) … Si vous êtes un joueur habituel de la plateforme Steam, la précision qui vient ne vous ai pas adressé tant ces jeux sont connus, il s’agit bien évidemment de jeux en coopération, comme dit précédemment, dans lequel une équipe de joueurs doivent, la plupart du temps, parcourir un niveau d’un point A vers un point tout en déglinguant le maximum d’ennemis, souvent constituées en hordes : hordes de zombies, de rats, de Tyrannides, etc. L’entraide, la priorisation des cibles et l’exploration méthodique des niveaux sont les maîtres mots mais pas que. Les notions de voyage, de dépaysement et d’intensité sont intrinsèquement liées aussi à cette typologie de jeux car il faut pouvoir accrocher les joueurs jusqu’au dénouement car le dosage entre amusement et ennui est souvent très subtil voire casse-gueule (Darktide et Back 4 Blood en témoignent) dans cette typologie de jeux. On est à la frontière entre une expérience solo et multi. Pas vraiment solo car il faut jouer si possible avec des humains pour progresser vers les paliers de difficultés supérieurs (et tout débloquer) et pas vraiment multi car le PVP est souvent mis de côté ou annexes à la proposition centrale du titre. Et l’on sait à quel point le PVP est important dans un jeu multijoueurs, la fameuse adrénaline, les classements, les rangs permettent de stabiliser une communauté, on le voit avec tant de jeux multi mais on pourrait s’arrêter sur Arc Raiders (2025) par exemple pour ne citer que lui. Bref, en tout cas, quel que soit le bout de la lorgnette par lequel vous prendrez ce Warhammer 40,000: Space Marine 2, il est une réussite magistrale sur la quasi-totalité des plans. Après pas loin de 45 heures à démonter du Tyrannides et des escouades du Chaos dans tous les coins de la galaxie, je vous livre ci-dessous les points forts et les faiblesses du dernier né de Saber Interactive :
Points positifs :
- La direction artistique : la première chose qui me vient à l’esprit tant le travail accompli par les développeurs est impressionnant. Sans être un fan de l’univers, on sent que le souci de respecter l’univers des figurines et des romans est poussé à son paroxysme. Les décors fourmillent de détails, les scènes de batailles sont grandiloquentes, les arrière-plans sont non seulement gigantesques mais sublimes, les armures et vaisseaux spatiaux donnent envie d’acheter des boîtes de figurines dans son Games Workshop le plus proche. J’ai fait des dizaines de captures d’écran pendant ma partie, cela veut tout dire en général. Excellent travail de Saber Interactive !
- Techniquement irréprochable : cela va de pair avec le premier point, Warhammer 40,000: Space Marine 2 donne vie aux figurines et à l’univers tant apprécié par sa communauté. Le jeu est très beau lorsqu’on pousse les paramètres à fond sur un PC honnête et se permet d’être fluide, de ne jamais perdre en FPS, de ne souffrir d’aucun bugs majeurs alors que la débauche d’éléments de décors, de détails et/ou de monstres pourraient le mettre à genoux. Honnêtement, un des plus beaux jeux sur PC de la génération actuelle, et je pèse mes mots.
- Mise en scène : La mise en scène est spectaculaire que ce soit la présentation des protagonistes, les cinématiques, l’introduction de certains ennemis. Certaines missions donnent presque des frissons tant les développeurs ont apporté du soin à cet aspect. Je pense notamment à la mission où Titus plante un drapeau au sol et son escouade tire sur des hordes de Tyrannides leur fonçant dessus. Incroyable !
- « Armures porn » : C’est l’expression qui me vient à l’esprit quand j’ai commencé à personnaliser mes personnages. Pour ceux qui aiment le design des figurines Space Marine, pour ceux qui aiment les belles armures futuristes stylées à la Halo ou Destiny, ce jeu est « porno » dans le sens où il va vous proposer des ensembles, des détails, une myriade de possibilités de personnalisation de vos guerriers du 41ème millénaire à un point de satisfaction quasi coupable !
- Respect du matériau d’origine : On sent clairement que les développeurs aiment la franchise Warhammer, les détails sur l’univers, personnages, personnalisations tirées des figurines en témoignent. Il y a tous les chapitres (Astartes) à votre disposition à débloquer au fur et à mesure, une galerie à déverrouiller, un hall central absolument magnifique mettant en exergue certains éléments narratifs ou visuels propre à la licence. Bref, très certainement le jeu Warhammer (et ils sont nombreux) le plus solide et le plus ancrés dans son propre univers.
- Modes de jeu : la campagne propose des missions variées lors desquelles on suit les péripéties d’un certain Titus, un soldat Ultramarine rétrogradé, et qui devra protéger l’univers d’un assaut de Tyrannides à l’aide de son escouade. Les missions de la campagne sont excellentes, bien mises en scène et propose des situations qui se renouvellent au cours de l’aventure. A titre personnel, j’ai adoré la proposition. Il est possible de la parcourir en solo mais aussi en coopération avec un ou deux potes. Ensuite, le mode Opérations qui offre une relecture de certaines missions de la Campagne par le biais d’une autre escouade intervenant parallèlement à Titus. Un mode de jeu à faire absolument en solo, avec des potes ou en ligne. C’est grâce à ce mode Opérations que vous pourrez débloquer des compétences uniques pour chaque classe de Space Marine, de nouvelles armes, des éléments d’armures etc. Le mode Siège, toujours dans Opérations qui permet d’affronter en coopération des vagues d’ennemis de plus en plus mortelles sur différentes cartes. Enfin, le mode Guerre Eternelle qui est ni plus ni moins que le mode PVP avec son lot de modes de jeu, ses milliards d’éléments d’armure ou d’armes à débloquer pour chaque classe (un peu comme le mode Opérations). Clairement le PVP ne vaut pas le PVE dans Space Marine 2 mais cela reste tout de même assez fun à jouer et assez addictif pour peu que vous soyez atteint de collectionnite aigüe.
- Gameplay profond et technique : Malgré l’apparence évidemment bourrine à souhait ou l’on a le sentiment qu’un simple matraquage du clic droit au corps à corps suffira à vous débarrassez des menaces extraterrestres, la maniabilité de ce Warhammer 40,000: Space Marine 2 révèle une profondeur insoupçonnée notamment au fil de votre progression et montée en puissance de vos personnages (les modes Opérations et Guerres Eternelles). Il vous faudra maîtriser les parades, toutes les subtilités de déplacement et autres mécaniques propres à chaque classe pour parvenir à franchir les paliers de difficulté autre que facile et normal (il y a six niveaux de difficulté). Il suffit pour s’en convaincre d’essayer les défis liés à chaque classe dans l’armurerie pour comprendre à quel point le titre de Saber Interactive peut s’avérer technique et difficile à maîtriser. Attention, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit : Space Marine 2 est facile à prendre en main une fois qu’on a digéré le système de clique gauche (tir) et clique droit (corps à corps), on s’amuse très rapidement dans les niveaux de difficulté bas mais pour les joueurs aguerris et souhaitent du défi, ou régner en maître en PVP, le titre propose plusieurs niveaux de lecture, si vous me permettez l’expression.
- Jouissif : Ne pas oublier l’essentiel, on joue aux jeux vidéo pour se faire plaisir et passer du bon temps. Mission accomplie pour Titus et son escouade ou aux commandes de n’importe quel Space Marine dans les modes annexes. C’est fun, gore, jouissif, on sent la puissance de ces guerriers dans le gameplay que ce soit par la lourdeur, la force ou la puissance arme en main. On a un sentiment de satisfaction à dézinguer les ennemis, satisfaction mise en exergue avec les exécutions spectaculaires qui permettent d’ailleurs de récupérer de l’armure (double intérêt donc : esthétique et ludique).
Points négatifs :
- Une certaine inertie dans les déplacements : Certes, on joue des gros balourds de plusieurs centaines de kilos mais on aurait aimé peut-être un peu plus de mobilité. Il y a parfois une certaine lenteur dans les déplacements ou dans l’activation du sprint. Mais bon, difficile d’être sévère sans reconnaître qu’au fond, on joue des soldats portant des armures excessivement lourdes. Les développeurs ne pouvaient pas les transformer en Spiderman non plus même si, paradoxalement, il est possible d’enchaîner des roulades à l’infini pour esquiver des adversaires. On l’a tous fait, notamment en mode Siège pour tenter de survivre et relever des copains à terre !
- Les armes : Vous allez déguster du Bolter à toutes les sauces au point d’en faire une indigestion. Il y a 50 nuances de Bolter mais on aurait apprécié peut-être plus de diversité, au sens propre du terme, au niveau de l’armement. C’est un peu l’attaque des clones l’armement de Space Marine 2, mais je chipote un peu.
- Equilibrage aux fraises : En mode PVP uniquement, on sent qu’il y a des classes à la ramasse et d’autres qui déboîtent tout (Tactique et Assaut). Idem du côté des armes (coucou le marteau).
- Une faction ennemie supplémentaire : Là, clairement, je fais un caprice d’enfant gâté mais c’est vrai que dans cette typologie de jeu (je pense à Helldivers II) ; la seule manière de vraiment rafraîchir le contenu et proposer de la grosse nouveauté reste d’ajouter une faction adverse, les Nécrons par exemple que j’aurais adoré affronter. Le problème, c’est qu’il faut pour cela l’inclure dans des quêtes annexes, idéalement créer des environnements, des décors propres à leur univers, etc. On est quasiment dans l’ordre d’un nouveau jeu. En tout cas, deux factions ennemies pour moi, ce n’est pas assez.
- Pas de femme : Non je déconne. On s’en bat les couilles ! Hahaha !
En conclusion, je pense que vous avez saisi mon enthousiasme à la lecture de cet avis sur Warhammer 40,000: Space Marine 2 à tel point que j’ai même commencer à fureter à droite et à gauche pour m’acheter des romans… c’est dire, l’ampleur du désastre !! En particulier L’Hérésie d’Horus (2006) et sa tétralogie qui sonne le glas d’un Imperium pacifique et pacifié. Pour en revenir au titre de Saber Interactive, oui il faut aimer le PVE principalement mais si vous êtes curieux ou fans de l’univers de Warhammer, foncez tête baissée ce jeu est une tuerie atomique. Avec un ou deux potes, lancez vous dans la bataille, personnalisez vos escouades, tentez de survire en mode siège, dérouillez des adversaires en PVP, terminer la croisade épique de Titus contre un assaut Tyrannides qui vous révèlera quelques surprises… Je n’ose imaginer le travail titanesque des développeurs pour proposer un tel niveau de détail sur tous les plans qu’ils soient visuels ou d’ordre historique afin de donner vie à cet univers riche et sombre. A tous ceux qui cherchent un jeu en coopération amusant, bourrin et pourtant relativement technique, je recommande ce titre chaudement. Donnez de la force aux développeurs qui se cassent le cul pour faire de bons jeux vidéo. Merci à tous !