Le 11 décembre 2025, Nintendo a ajouté Wario World au catalogue GameCube du Nintendo Switch Online. Un petit cadeau de Noël pour les abonnés, et surtout l’occasion de (re)découvrir un jeu particulier : sorti en 2003, il s’agit tout simplement du dernier véritable jeu Wario en 3D. Depuis, le personnage s’est contenté de WarioWare et d’apparitions annexes, sans jamais retrouver les projecteurs dans une aventure de plateforme ambitieuse.
Je fais partie de ceux qui ont possédé Wario World à l’époque. Je suis même à peu près certain de l’avoir terminé. Pourtant, en le relançant aujourd’hui, je me suis rendu compte que je n’en gardais quasiment aucun souvenir. Pas de nostalgie ici, juste une curiosité polie. Et malheureusement, cette redécouverte ne joue pas en sa faveur.
À sa sortie, Wario World n’avait déjà pas marqué les esprits. Accueil critique tiède, reproches récurrents sur sa durée de vie, sa caméra quasi fixe, sa technique en retrait et une bande-son oubliable. En 2025, ces défauts sautent encore plus violemment aux yeux. Techniquement, le jeu accuse son âge et peinait déjà à l’époque face aux ténors de la GameCube. Aujourd’hui, la comparaison avec des références modernes du genre rend le retour particulièrement rude.
Le scénario, volontairement minimaliste, sert surtout de prétexte : un Joyau Noir vole les trésors de Wario et détruit son château, fragmentant l’aventure en quatre mondes assez classiques. Un hub central permet d’y accéder, avec des objectifs clairs dans chaque niveau : récupérer des trésors, reconstruire des statues, collecter des diamants rouges et affronter les boss. Sur le papier, la structure fonctionne. Dans les faits, l’exécution reste très convenue.
Côté gameplay, Wario World propose pourtant une palette d’actions étonnamment large. Coups de poing, charges, projections d’ennemis, prises de catch, attaques aériennes, aspiration d’objets : tout y est. Certaines phases flirtent même avec le beat’em up. Le problème n’est donc pas tant la richesse des mécaniques que leur mise en valeur. La caméra, très rigide, nuit constamment à la lisibilité et au plaisir de jeu, malgré quelques zones où elle devient plus maniable. On finit par s’y habituer, mais sans jamais vraiment l’oublier.
Musicalement et artistiquement, le titre ne laisse aucune empreinte marquante. Les thèmes sont fonctionnels, sans être désagréables, mais totalement anecdotiques. Rien ici qui donne envie de se replonger dans l’OST après coup. Quelques environnements, comme le manoir hanté ou le cirque, apportent un léger sursaut d’originalité, sans toutefois élever l’ensemble.
Le plus ironique reste sans doute le pedigree du studio derrière le jeu : Treasure. Un nom associé à des classiques comme Gunstar Heroes, Radiant Silvergun ou Ikaruga. Difficile, pourtant, de placer Wario World au même niveau que ces titres cultes. L’aventure est courte — entre 6 et 10 heures selon votre implication — et laisse surtout une impression de produit moyen, jamais catastrophique, mais rarement enthousiasmant.
Tout n’est pas à jeter. La personnalité de Wario est bien retranscrite, avec son humour lourdaud, son obsession pour l’argent et ses petites provocations constantes, même dans les menus. Les fans du personnage y trouveront sans doute un certain charme, et le jeu reste parfaitement jouable dans le cadre d’un abonnement NSO.
Faut-il pour autant le recommander ? Si vous êtes abonné au Nintendo Switch Online + Pack additionnel et simplement curieux, oui, essayez-le et faites-vous votre propre avis. En revanche, investir aujourd’hui dans une version originale à prix fort semble difficilement justifiable. Pour une expérience Wario plus marquante, mieux vaut se tourner vers Wario Land 4 ou même l’étonnant épisode Virtual Boy.
Wario World reste donc un témoignage intéressant d’une époque… mais aussi la preuve que Wario n’a jamais vraiment trouvé sa formule en 3D.