C’est chaud le jeu vidéo aujourd’hui. Tout le monde sort son jeu, qu’il soit raté ou réussi, en retard ou innovant, cher ou gratos… C’est dingue. Moi, je veux bien qu’on propose un jeu à 80 balles en day one, mais y a quand même un truc qui ne va vraiment pas.
Jusqu’à la fin des 90’s, on avait une boîte, un manuel et parfois des suppléments comme des cartes, des goodies de storytelling, etc. ; peu de jeux proposaient des add-ons (l’ancêtre du DLC), chaque sortie ne réinventait pas la roue mais il y avait suffisamment à construire pour que l’on propose des trucs un peu nouveau à chaque fois. De temps à autre ça prenait, ou pas (et était oublié) et surtout le jeu était proposé entre 45 et 60 € (de l’époque). Ca faisait une blinde et il fallait faire super gaffe de pas acheter un truc court ou un concept « pourri » (entendez original). Raison pour laquelle on a eu une tétrachiée de FPS tous inspirés de Doom, de RTS à la C&C, Age of empires ou Warcraft II et de jeux de gestion : l’acheteur ne prenait pas de risque et le studio avait des chances de tout vendre. On peut dire que ça à créé de mauvaises habitudes chez les consommateurs et les éditeurs/studios. Et si on voulait payer son jeu moins cher, il fallait passer par l’occasion ou espérer un édition à bas prix (souvent 15 € après un ou deux ans, uniquement si le titre s’était bien vendu). Bref, à part le piratage, on n’avait pas grand moyen de se procurer un jeu à pas cher.
Or aujourd’hui les jeux coutent 80 €, sont gavés de DLC et autres micro-transactions, n’ont plus de notice, de boîte ou carrément ne sont plus proposés en édition physique. Ca baisse les couts de distribution, de vente et flingue le marché de l’occasion. Ou alors il y a les « petits » jeux, les « indés » qui se vendent à 15/20€ (de plus en plus 30 ou 40 mais bon...) et qui proposent des jeux moins longs, plus « amateurs », dont on accèpte beaucoup plus facilement les imperfections.
Et tout ceci est bel et bon, car cela éclate le marché en proposant de multiples moyens de consommer le divertissement et le produit culturel, selon ses goûts, ses moyens et ses attentes. Si je suis assez pressé pour acheter Metal Gear Solid Delta dont j’ai très envie à 80 € avec des costumes inutiles, en dématérialisé, c’est ok. C’est pas très long, c’est très classique mais c’est de la super production et ça fait plaisir aux yeux. Ca n’envoie pas forcément un bon message à l’industrie mais tant pis. Et si je veux un jeu plus long, plus moche mais tout aussi classique, The King is watching est à 15€ et c’est aussi bonnard.
Mais là c’est déconné, les gars… Nacon a produit un truc sympa, avec une bonne licence, de bons points de ci de là, mais vous imaginez acheter ça à 60 € ? Faut arrêter de faire n’importe quoi. Personnellement j’ai bien aimé, mais au bout de trois ans, et à 15 ou 20 balles : une huitaine d’heure d’infiltration basique, avec des I.A. complètement aveugles, aux mécanismes vieux de dix piges, et du métal dans les scènes de beat them all, franchement ça passe. Mais sinon ça pue du cul : c’est pas sérieux et ça flingue la confiance de l’acheteur.
Nan parce que, faut penser à un truc : un film, au cinéma, le prix n’est pas le même qu’en streaming chez soi, mais l’expérience n’est pas la même non plus. Dune de Villeneuve sur son téléphone ou même dans son salon, ce n’est pas la même chose que dans une grande salle avec le son machin DTX 22 qui fait trembler les membranes de vos oreilles. Alors que pour le jeu, ben c’est pareil en 2021 et en 2025, et pour peu qu’on soit un peu con, on peux même trouver que ça a vieilli et que les jeux d’il y a dix ans ne sont pas aussi maîtrisés que ceux d’aujourd’hui.
Alors au final, est ce que Earthblood sent vraiment la charogne abandonnée au soleil d’Arizona ? Ben je dirais que pour un petit jeu, il fait le job : on ne se prend pas trop la tête, c’est linéaire la plupart du temps, c’est bourrin avec une petite touche d’infiltration mal branlée mais il y a le lore excellent qui est exploité (en surface) pour la première fois. Mais pour un gros jeu du catalogue Focus exploitant la licence World of Darkness, c’est un gros coup de gueule.