Yakuza 3
7.2
Yakuza 3

Jeu de Ryû ga Gotoku Studio et Sega (2009 · PlayStation 3)

Okinawa, Orphelins et Retraite Ratée d’un Dragon Sénile

Yakuza 3 – Okinawa, Orphelins et Retraite Ratée d’un Dragon Sénile

"If you think I’m scary now, wait ‘til you see me without my morning coffee !"

Prologue

Ah, Yakuza 3. Ce troisième épisode, sorti en 2009 sur une PS3 aussi docile qu’un frigo plein de sangsues, incarne ce moment touchant où une saga au sommet tente de faire un salto arrière en tongs, atterrissant dans un bac à sable avec panache, mais sans culotte. Après deux opus flamboyants et un Kiwami 2 aussi sexy qu’un massage buccal de Majima, voilà Kiryu en bermuda sur une plage d’Okinawa, à s’occuper d’un orphelinat comme un mix raté entre Mère Teresa et Vin Diesel dans Fast & Furious 12 : Les Enfants d’Abord. Le saut technique vers la PS3 ressemble à une tentative de fellation numérique : ambitieuse, mal calibrée, mais pleine de cœur. Le jeu n’est pas mauvais, il est simplement coincé entre deux ères, comme un vieux yak qui veut twerker sur TikTok.

I. Le Bide Graphique d’un Dragon Tropical

Le passage à la PS3 n’a pas été un lifting, mais une greffe de foie foireuse. Yakuza 3, c’est un peu Yakuza 2 HD peint à la truelle, avec des textures baveuses comme un œil de poulpe et des animations si rigides qu’on dirait que Kiryu se déplace avec un balai dans le fion. Mais Dieu que l’âme est là. Kamurocho reste la Sodome nipponne de nos rêves mouillés, et Ryukyu – ce faux Okinawa – exhale un parfum de sel, de sueur et de yakuzas en chemisette. Les PNJ y vivent leur meilleure vie : des vieux qui pêchent, des enfants qui hurlent, et des mamies qui te filent des objets chelous après t’avoir vu cogner un type avec une poubelle.

Le remaster sorti en 2018 repasse un léger coup de polish, comme si on avait tenté de réanimer une star du porno des années 80 avec du fond de teint et du Vicks VapoRub. C’est pas transcendant, mais c’est jouable. Et surtout, il remet les quêtes coupées par les censeurs occidentaux. Ô joie ! Ô bars à hôtesses !

II. Kiryu en Mode Tata Ginette

Kiryu gère désormais un orphelinat avec la même intensité que s’il tenait une bijouterie en feu. On le retrouve à Okinawa, entouré d’enfants, de sable chaud, et de dialogues si mielleux qu’ils fileraient un diabète à Chuck Norris. Mais il suffit qu’un promoteur immobilier vienne renifler le terrain pour que Kiryu replonge dans ses habitudes : bastonner, froncer les sourcils et tout résoudre à coup de poings comme un thérapeute atteint de rage chronique.

L’intrigue, bien que solide, sent un peu le réchauffé. On dirait Les Feux de l’Amour : Édition Yakuza, avec des trahisons, des clones, des coups de fil dans la nuit et des mafieux qui pleurent en regardant la mer. Le méchant, Mine, est un businessman élégant mais mou comme un flan. Il manque la puissance de Goda ou la tristesse toxique de Nishiki. Heureusement, le jeu se rattrape avec des rebondissements farfelus, des ombres du passé, et des retournements de veste plus fréquents que chez un chroniqueur de TPMP.

III. Une Galerie de Gueules et de Gosses

• Kazuma Kiryu, le seul homme capable de briser un tabouret ET ton cœur dans la même cutscene. Il est ici en mode “papa gâteau”, distribuant des claques aux voyous et des câlins aux enfants, dans un équilibre émotionnel que même Freud aurait du mal à comprendre.

• Goro Majima, l’ovni déjanté, est hélas relégué au rang de figurant punk. Il surgit parfois, tel un pet dans une église, imprévu et inoubliable. Son regard dit “je t’aime”, mais ses actions crient “je vais t’empaler sur un cône de signalisation”.

• Haruka, l’éternelle petite perle, devient ado sans devenir reloue – un exploit que même les Sims n’atteignent pas. Elle fait fondre l’écran à chaque “Oji-san”, et si tu ne pleures pas au moins une fois en lui parlant, tu es probablement mort.

• Les Orphelins, troupe d’aspirants NPC, oscillent entre “adorables” et « insupportables comme un groupe de K-Pop dans un ascenseur”. Mention spéciale à Rikiya, le yakuza local, attachant comme une MST avec des sentiments.

IV. Coups de Pieds, Coups de Blues, et Coups de Ciseaux Manqués

Le gameplay, classique beat ’em up, se traîne un peu. Kiryu semble peser 300 kg et ses esquives rappellent celles d’un buffet breton. Mais les combats restent plaisants : fracasser des loubards à coups de bancs publics reste une source de joie pure. Les mini-jeux sont là : karaoké, golf, fléchettes...

Le scandale occidental ? L’amputation de plusieurs quêtes annexes à la sortie européenne, parce que “les Européens sont trop bêtes pour comprendre le shogi ou les hôtesses” (sic). Sega, t’as cru qu’on allait jouer à Brain Training ou quoi ? Heureusement, le remaster corrige ce crime contre l’intelligence et réintègre les bars à hôtesses, les quiz et le bon goût.

V. Le Soleil d’Okinawa, Mais Pas la Lumière de la Technique

Graphiquement, Yakuza 3 sent la sueur et la poussière de GPU. Sur PS3, c’est daté comme une sex-tape en 240p. Clipping, animations rigides, visages figés comme des poupées de cire en pleine nuit d’angoisse. Mais l’ambiance sauve encore la mise. Okinawa est un havre de paix : soleil, plages, poisson frais, et pourtant, les coups de poing pleuvent comme au G7.

La musique, toujours signée Hidenori Shoji, est un orgasme auditif. Jazz poisseux, thèmes de boss violents, et fonds sonores qui sentent le saké et la poudre. Et bien sûr, la VO japonaise est divine : entendre Kiryu prononcer “Haruka” avec un filet d’émotion dans la voix, c’est plus émouvant qu’un orgasme cérébral sur un vieux film de Takeshi Kitano.

VI. Pourquoi Ça Tape Encore ?

Yakuza 3 n’est pas le meilleur. Il est le moins affûté. Mais il est touchant. Sincère. Comme un vieux porno trouvé sur VHS, il fait bander la nostalgie et pleurer la technique. C’est un épisode de transition, de repos, de doute. Un Kiryu fatigué, un Sega qui cherche ses marques, une saga qui se met en position fœtale pour mieux renaître.

On y trouve un cœur immense, des baffes qui claquent, des mômes à consoler, et des yakuzas en cravate qui citent Confucius avant de t’ouvrir la joue avec une chaise. C’est imparfait, mais c’est vivant. Et dans ce foutu monde, c’est déjà pas mal.

Verdict : 8/10 pour la version PS3 – 8.5/10 pour le remaster (merci les hôtesses).

Kiryu, t’es une légende. Va chanter “Baka Mitai”, serre Haruka dans tes bras, et retourne foutre le bordel dans Kamurocho.

"Kiryu-chan, you’re lookin’ too serious ! Let’s spice things up with a little chaos, yeah ?"

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Créée

le 12 nov. 2025

Critique lue 13 fois

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