Yakuza 5
7.9
Yakuza 5

Jeu de Ryû ga Gotoku Studio et Sega (2012 · PlayStation 3)

La Rhapsodie des Cinq Dragons ou Comment J’ai Appris à Aimer les Chorégraphies et le Crime Organisé

Yakuza 5 – La Rhapsodie des Cinq Dragons ou Comment J’ai Appris à Aimer les Chorégraphies et le Crime Organisé

"That chicken’s got more charisma than half the yakuza in this town ! You sure you’re her manager ?"

Prologue

Il est des jeux qui t’invitent à t’asseoir confortablement et à siroter leur récit comme un vieux whisky tourbé. Yakuza 5 ne fait pas ça. Non, Yakuza 5 te coince dans une ruelle, t’enfonce une batte de baseball dans les côtes, puis t’entraîne dans une battle de danse contre une ado en quête de gloire télévisuelle pendant qu’un tigre sibérien pisse sur ta bagnole. C’est un roman-fleuve de la baston urbaine, un choral de poings et de paillettes, un opéra tragico-disco sur cinq actes, où chaque héros traîne sa bite, son honneur, et ses traumatismes dans les ruelles souillées de l’archipel nippon.

Tu pensais que quatre protagonistes, c’était beaucoup ? Sega t’en sert cinq. Et pas n’importe comment : chacun avec sa ville, ses névroses, et son mini-jeu qui sent bon le spin-off délirant. On ne joue plus à Yakuza 5 ; on y vit, on y saigne, on y danse, on y perd ses boulons comme on perd ses dents dans un combat contre un chef de gang tatoué de la nuque au scrotum.

I. Chœur à Cinq Voix : L’Orchestre des Détraqués

Kiryu est de retour, bien sûr, toujours aussi droit qu’un sabre de samouraï coincé dans un soutien-gorge d’écolière. Il conduit des taxis à Fukuoka, probablement parce qu’il a vu Tokyo Godfathers et qu’il s’est dit que l’anonymat avait un goût de diesel. Mais ne vous y trompez pas : ce n’est pas un taxi qui freine, c’est un dragon qui temporise.

Saejima ? Toujours aussi subtil qu’un glaviot sur un pare-brise. Il passe par la case prison – encore – avant de se taper un trek en pleine toundra comme un Moïse des neiges, armé de son seul sourcil gauche pour affronter la faune et les Yakuzas.

Akiyama, lui, continue de prêter de l’argent à des femmes désespérées tout en leur faisant faire du pole dance sur la philosophie de Nietzsche. Ce type est un mélange entre Tony Stark et un conseiller France Travail.

Et Haruka... Ah, Haruka. Béatifiée par les fans, poupée de porcelaine devenue idole pop. Elle danse, elle pleure, elle subit les affres de l’industrie musicale japonaise comme Britney Spears dans un clip de Perfume. Son gameplay ? Des QTE qui transforment le joueur en DJ schizophrène. Et pourtant, on l’aime. Parce que c’est Haruka. Parce qu’elle reste debout quand tout s’effondre, même sans foutre de mandale.

Enfin, Shinada. Le nouveau. Le loser magnifique. L’ex-joueur de baseball qui vit dans une porcherie et qui se bat sans sa batte comme si c’était le dernier souvenir d’une vie qu’il n’a jamais vraiment eue. C’est un peu le Jean-Claude Dusse du Yakuza-verse : t’as envie de le baffer, mais tu finis par lui payer une bière. Même s’il sent la crevette fermentée.

II. Un Scénario Plus Tordu Qu’un Hentai Sous Acide

Ne vous attendez pas à une structure narrative linéaire. Yakuza 5 t’emmène dans cinq villes, cinq ambiances, cinq descentes aux enfers. De Fukuoka à Sapporo, on alterne entre bastons épiques, danses ridicules, enquêtes nébuleuses et instants de grâce où un vieux yakuza regarde tomber la neige en se demandant s’il doit tuer son meilleur ami ou lui offrir un bol de ramen.

Les twists ? C’est Usual Suspects avec des katanas. Le méchant ? Une enflure de première, charismatique comme un politicien véreux déguisé en moine zen. Majima ? Il surgit comme un prout dans une salle d’opéra : imprévisible, gênant, et toujours inoubliable.

Mais la vraie star, encore une fois, c’est Kamurocho. Même quand tu joues ailleurs, tu sais que t’y reviendras. Comme une ex toxique ou une gastro mal soignée. Ce quartier, c’est le Gotham du Japon : il ne change pas, mais il te change.

III. Gameplay : De la Baston, du Ballet et de la Batte

Tu cognes, tu danses, tu swingues. Tu pourchasses des punks à Sapporo, tu fais du drift en taxi comme dans Initial D, tu prépares des ramen avec plus d’intensité dramatique qu’un accouchement dans Grey’s Anatomy. Chaque personnage a son gameplay, sa gimmick, son univers à lui.

Kiryu, le classique. Saejima, le bulldozer. Akiyama, le félin. Shinada, le loser technique. Haruka, le Just Dance version Seppuku. Même les mini-jeux ont un sens ici. Rien n’est gratuit, enfin presque...

IV. Esthétique : Cinq Villes et Cent Néons

Visuellement, c’est un poème urbain à la gloire du néon et du cuir synthétique. Le remaster fait le taf sans réinventer la poudre. Ça brille, ça claque, ça t’en met plein la gueule sans crier gare. La musique, quant à elle, oscille entre jazz, rock, J-pop et délire orchestral. Une bande-son qui pourrait accompagner aussi bien une scène de torture qu’un slow de fin de mariage. Shoji, tu nous fais bander.

V. Pourquoi C’est Grand ?

Parce que Yakuza 5, malgré ses digressions et ses longueurs, ose tout. Le grotesque et le sublime. Le tragique et le trivial. C’est un théâtre kabuki où l’on joue les douleurs d’hommes brisés à coups de poings dans les rotules. C’est Les Misérables qui rencontrent Step Up 3D. C’est la chronique d’un monde en ruines où l’honneur est un sabre rouillé qu’on aiguise avec de l’amour et du sang.

Alors oui, parfois, ça patine. Haruka t’endort. Shinada s’éternise. Mais Kiryu... Kiryu continue de porter le monde sur ses épaules comme Atlas sous stéroïdes. Et ça, c’est beau.

Verdict : 9/10 pour l’original comme pour le remaster.

Une épopée baroque et testostéronée, ponctuée de sequins et de semelles dans la gueule.

"Your moves are cute, kid, but I’m about to drop a dance bomb that’ll blow your socks off !"

D'autres critiques à lire ici → https://onanistevideoludique.blogspot.com/

Créée

le 26 nov. 2025

Critique lue 3 fois

Critique lue 3 fois

1

D'autres avis sur Yakuza 5

Yakuza 5

Yakuza 5

10

JeanBaptiste2

le 2 janv. 2016

Suivre

Critique de Yakuza 5 par Jean-Baptiste Huynh

Je viens de finir le scénario de ce cinquième opus de la saga Yakuza, qui aura mis, sauf erreur de ma part, trois ans à sortir en dehors des frontières de l'archipel nippon pour rentrer en catimini...

Yakuza 5

Yakuza 5

7

Foulcher

le 31 mai 2016

Suivre

Toujours bon mais sur la mauvaise pente...

Grand amateur de Yakuza ayant fini tous les épisodes sortis en Europe (si l'on fait abstraction de Dead Souls qui m'a rapidement gonflé et qui est un spinoff plutôt moisi, même avec tout le...

Yakuza 5

Yakuza 5

8

Xilou

le 15 févr. 2016

Suivre

De la rareté d'avoir un jeu honnête.

Yakuza 5, ou l'histoire d'une arlésienne en Europe. Sorti en 2012 au pays du soleil levant, Yakuza 5 a mis 3 ans à pointer le bout de son nez dans nos contrées. Le premier détail frappant, c'est la...

Du même critique

Metal Gear Solid 3: Snake Eater

Metal Gear Solid 3: Snake Eater

10

onanistevideoludique

le 11 oct. 2025

Suivre
Dernière modification

le 12 oct. 2025

L’Art Sublime de Ramper en Pleurant dans la Vessie d’un Alligator

Metal Gear Solid 3 : Snake Eater – L’Art Sublime de Ramper en Pleurant dans la Vessie d’un Alligator“ I’m still in a dream, Snake Eater !”PrologueOn ne sort jamais tout à fait indemne de cette...

Assassin's Creed: Brotherhood

Assassin's Creed: Brotherhood

8

onanistevideoludique

le 7 janv. 2026

Suivre

Ezio et les copains d’abord contre la mafia pontificale

Assassin’s Creed Brotherhood – Ezio et les copains d’abord contre la mafia pontificale"I thought my work was done. I was wrong. Once more, I must venture into the fray. By recruiting enemies of the...

Assassin's Creed Chronicles

Assassin's Creed Chronicles

6

onanistevideoludique

le 25 mars 2026

Suivre

Ctrl+C, Ctrl+V, Ctrl+Alt+Suppr

Assassin’s Creed Chronicles : Trilogy — Ctrl+C, Ctrl+V, Ctrl+Alt+Suppr"Do you even know what the box is ?"PrologueUbisoft, dans un élan de recyclage créatif digne d’un atelier d’art-thérapie pour...