On y est, la dernière aventure d’Adol dans la chronologie de la série ! Au moment où j’écris cette critique du moins.
Ys IX est vraiment étrange. On dirait que Falcom tenait à faire un dernier jeu avec la formule introduite dans Ys Seven, mais sans trop savoir comment s’y prendre. Globalement, Monstrum Nox repompe pas mal d’éléments de gameplay et de narration de Lacrimosa of Dana sans avoir la cohérence qui va avec. Les raids, le troc, la complétion de la carte, tout ça s’intégrait très bien dans le jeu précédent, mais ici ça fait incroyablement forcé et hors de propos. Ça donne l’impression qu’ils ont voulus capitaliser sur le succès d’Ys VIII sans forcément se rendre compte que ce n’est pas spécifiquement ça qui rendait le jeu bon.
Ys IX pue aussi le manque de budget à plein nez. Outre le recyclage d’Ys VIII, le jeu se paie en plus le luxe d’être presque moins beau que ce dernier, et c’est également, si je ne m’abuse, le seul jeu de toute la série qui n’a pas de générique d’introduction.
Mais plutôt que de le comparer à Ys VIII, essayons de voir comment se débrouille Monstrum Nox en tant que tel.
Le gameplay est bon, bien nerveux comme il faut, on a l’habitude à force avec cette série. Mais là où ça pèche, c’est qu’Ys IX est facilement le Ys le plus brouillon. C’est surtout visible lors des nuits de Grimwald, durant lesquelles l’action devient incroyablement bordélique, à la limite de l’illisible. Plus on avance et plus je regrette l’époque pas si lointaine où les Ys avaient une caméra fixe.
On ajoute à ça le fait qu’entre le sprint, le saut, et les dons, la manette est absolument surchargée. Configurer ses touches n’a jamais été aussi compliqué.
En parlant des dons, ils sont avant tout là pour faciliter l’exploration qui est très verticale, que ce soit dans Balduq ou en dehors. Mais paradoxalement, l’exploration dans les zones ouvertes est vraiment laborieuse ; on adorerait pouvoir grimper librement sur tous les murs pour accéder aux passages en hauteur, en bref, se servir des dons pour pouvoir explorer de manière agréable et satisfaisante. Mais non, les zones sont construites de sorte qu’il n’y a toujours qu’un seul chemin à suivre pour aller en hauteur. Les zones sont à la fois immenses et très restreintes, et elles sont aussi très peu inspirées. Les donjons quant à eux sont sympathiques, sans plus.
Pour ce que ça vaut, je considère qu'Ys IX possède de loin les meilleurs personnages et le meilleur scénario de la série. Cela dit, c’est une qualité qui est vraiment à double tranchant. Le jeu a en effet de sérieux problème de rythme. Techniquement, le scénario en lui-même ne prend sans doute pas plus de place que celui d’Ys VIII, mais la différence se fait au niveau des quêtes annexes. Déjà, les quêtes annexes n’ont d’annexes que le nom puisqu’on est obligé d’en accomplir un certain nombre si on veut avancer, ce qui est un procédé que je trouve plutôt naze.
Le gros problème de ces quêtes annexes cela dit, c’est la façon dont elles sont structurées. On a genre 70% de dialogues pour 30% de gameplay, et encore je pense que je suis gentil. C’est à peine si on joue vraiment sur la plupart des quêtes ; elles sont simplement trop chargées en dialogue et en exposition. Le point positif, c’est que les personnages ont l’occasion de beaucoup interagir entre eux en dehors du scénario, et on s’attache donc très vite à eux. Le point négatif, c’est que ça alourdit considérablement l’expérience de jeu, et on se retrouve avec un Ys dans lequel on a l’impression que la narration a pris le pas sur le gameplay pour faire une sorte de 50/50 qui, je trouve, ne convient pas à cette série.
Pour ce qui est des musiques, je me dois de faire honneur au jeu, qui a subi pas mal de haine à sa sortie de la part d’une minorité bruyante qui jure sur leur vie que Mitsuo Singa est le pire compositeur de tous les temps et qu’il mérite le bûcher pour son travail sur Ys IX et chez Falcom en général…
A mon humble avis de profane de la musique, Ys IX a une très bonne OST. J’ai joué à des jeux avec de vraies mauvaises musiques, et celui-là n’en fait certainement pas parti. Je veux bien concéder que certaines des compositions de Singa sont un peu lourdes et pourraient être mieux mixées, mais il ne faut pas oublier que le gars a aussi composé certaines des meilleures musiques d’Ys VIII et de ce jeu. Il s’agirait pour certains de rester mesuré.
Ça ne s’est sans doute pas ressenti dans ma critique, mais j’aime beaucoup Ys IX en vérité. Je pense juste qu’il aurait vraiment gagné à être moins focalisé sur sa narration et à se différencier de son aîné.