2018 en musique après la cuite fortuite où j'ai pris la fuite devant un inuit et sa truite gratuite

Avatar T. Wazoo Liste de

113 albums

par T. Wazoo

Comme de coutume : un titre en rimes accompagné d'un montage moisi pour illustrer mon journal musical de l'année.

Ici, soigneusement annotés dans l'ordre chronologique d'écoute, les albums sortis en 2018 sur lesquels j'ai un avis plus ou moins pertinent. Il ne s'agit donc pas d'une liste exhaustive d'écoute mais de disques qui auront retenu mon attention en bien ou en mal au delà d'une simple écoute distraite.
Les journaux des années précédentes :
2017 : https://www.senscritique.com/liste/2017_en_musique_d_une_traite_dans_mon_assiette_avec_mon_corp/1546106
2016 : https://www.senscritique.com/liste/2016_en_musique_depuis_ma_chaise_avec_mon_fez_et_mon_regard/1147098
2015 : http://www.senscritique.com/liste/2015_en_musique_depuis_ma_boite_bleu/725114

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  • Ceremony and Devotion (Live) (2017)

    Sortie : . 17 morceaux.

    Live de Ghost

    Déçu déçu déçu... je m'attendais à quelque chose de si fun... Et en fait ça l'est en théorie ; si j'avais été dans la salle, plongé dans la pyrotechnie et les maquillages outranciers, j'aurais sans doute plus accroché. Mais voilà, il manque l'image. De fait tout ce que je retire de ce document live c'est des versions beaucoup moins bien enregistrées de leurs titres (qui me rappelle que leur production studio est habituellement très léchée), qui deviennent des morceaux heavy-metal/hard-rock plus criards que d'habitude, les efforts du groupe pour faire le show me tapant assez vite sur les nerfs.

    Enfin voilà, ça ne m'a pas empêché d'apprécier pas mal de morceaux et de compos pour ce qu'elles sont, mais si je dois noter le disque en tant qu'album live je peux pas lui mettre plus de la moyenne, j'ai eu du mal à rester jusqu'au bout.

    PS : Oui je considère ça comme un album de 2018 puisque la sortie physique était (et est toujours) prévue pour le 19 janvier, même si le digital a été mis en ligne début décembre. C'est arbitraire mais j'fais c'que j'veux :)
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    Sovereign Nose of (Y)our Arrogant Face (2018)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Mixtape de Scallops Hotel

    Nouveau Scallops Hotel pour le jour de l'an ! Pour rappel, il s'agit du projet bedroom rap de milo, des espèces de petites expérimentations sans lendemain qu'on l'imagine concocter dans sa chambre ou son garage, avec des petits beats cheap et des instrus bricolées dans l'instant. Même si ça manque de cohérence et que ça ne me laisse jamais une impression impérissable, c'est toujours une agréable parenthèse entre deux projets "sérieux" de milo, et le plaisir de l'accompagner le long d'instrus abstraites et hypnotiques et de discours obscurs référencés pop culture (avec comme d'hab usage excessif de termes savants pour épater la galerie).
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    POST- (2018)

    Sortie : . Punk. 10 morceaux.

    Album de Jeff Rosenstock

    Cette année parmi les petits malins à sortir un disque pour le jour de l'an, on comptera le trublion power-pop-punk-etc Jeff Rosenstock. Mais si vous savez, le plus grand challenger du genre depuis que Weezer a montré qu'on ne pouvait pas compter sur eux pour la constance dans la qualité. D'ailleurs à quoi bon aller s'emmerder à se taper l'affreux dernier rejeton de Rivers Cuomo quand notre ami Jeff prouve une fois de plus qu'il semble incapable de sortir un album qui ne soit pas une petite perle pop geignarde et énervée ?

    Chez Rosenstock l'ambition va croissant. Depuis I Look Like Shit en 2012 on a fait du chemin, on est passé par l'extatique We Cool?, parfaite concision pop punk, et par le plus grandiose WORRY qui s'angoissait avec une inextinguible énergie sur le fait de vieillir, avec une face B toute Abbey-Roadesque en diable. Aujourd'hui l'homme se fixe l'objectif de faire reculer les frontières stylistiques inhérentes au punk ou à la power-pop : en témoigne déjà l'épique "USA" qui part comme un hymne punk écorché vif mais qui au court de ses 7 (!) minutes se permet des échauffourées aux frontières du prog, avec des guitares qui n'en finissent plus de faire des montagnes russes, on pourrait même parler de post-hardcore si on se sentait pousser des ailes de rock-critic... et là paf ! Voilà que déboulent des claviers cotonneux qui nous concoctent une parenthèse quasi-ambient, simili-dream pop en apesanteur avant que l'épique ne revienne de plus belle nous faire une béquille, en traître par derrière, tandis que les guitares s'affirment encore plus qu'avant et qu'une foule de voix scande "et tu USA / et tu et tu USA!!" tue-tête. Et ce n'est que le premier titre ! Le dernier avec ses 11 (!!) minutes vire à mi-parcours de l'hymne power punk à la gratouille acoustique intimiste, à un retour à l'ambient synthétique... qui nous bercera jusqu'à la fin de ses vaguelettes électroniques éthérées.

    Entre les deux et bien... une belle collection de pépites bien plus concises, qui couvrent un terrain plus familier, même si ça ne l'empêche pas de tenter des trucs ici et là. On retiendra en vrac la Pixiesesque "All This Useless Energy", la bipolaire "TV Stars" ou la douceur nostalgique et cotonneuse de "9/10"...

    Bien sûr, Jeff Rosenstock c'est quitte ou double.

    [suite et fin dans la critique]
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    Ephorize (2018)

    Sortie : . 15 morceaux.

    Album de CupcakKe

    Ephorize aurait dû être un bel EP. L'album commence fort, avec notamment la fameuse Cartoons ; instru trippy genre gamelan, beats de bangers qui distordent un flow bien énervé qui balance des insanités à bon rythme. 2 minutes, Duck Duck Goose, Wisdom Teeth... et puis ça se gâte petit à petit. Avec l'exception de "Meet and Greet" qui plane au dessus de la seconde partie, au bout d'un moment ça fatigue... Se taper 40+ minutes de tracks inégales d'une CupcakKe qui enchaine lyrics trash sur lyrics trash... à moins de parvenir à maintenir l'intensité tout du long (ce qui n'est point le cas ici) c'est voué à s'épuiser et à écœurer l'auditeur. L'excitation s'étiole.

    Ce qui fait ou défait les morceaux, qui sépare le grain de l'ivraie, ce sont surtout les instrus. Les plus perchées enterrent facilement les plus classiques.
  • The Kids Are Alright (Single) (2018)

    Sortie : . 1 morceau.

    Single de Chloe x Halle

    Friendly reminder que ces gamines ont un pur talent, qu'il faut absolument écouter la mixtape The Two of Us sortie l'année dernière et que ce nouveau single est à la hauteur et annonce de belles choses pour l'année à venir.

    Petit hymne alt RnB à la construction crescendo (comme souvent chez Chloe et Halle Bailey), qui prend petit à petit son envol des choeurs introductifs à l'arrivée salutaire des percussions.
  • Wrong Creatures (2018)

    Sortie : . 12 morceaux.

    Album de Black Rebel Motorcycle Club

    5 ans plus tard, le Black Rebel Motorcycle Club revient et... ô surprise!, continue à faire toujours la même chose, son revival garage blues psyché sombre etc. Ici on a donc des morceaux étirés en longueur (l'album lui-même est beaucoup trop long), avec une intro qui promet une noirceur qui ne viendra pas, des suites d'accords répétées mollement, avec une lourdeur plus somnifère qu'étouffante, du sous-Oasis, sous-Verve, sous-Arctic Monkeys (vous imaginez ?).

    Bon heureusement y a quelques bonnes pistes (essentiellement au cœur de l'album, quand ils font du Verve), mais voilà est-ce que ça valait vraiment la peine de revenir après 5 ans pour servir encore la même soupe ? Retournez donc écouter le très bon premier BRMC plutôt que de vous aventurer dans cette pâle incarnation.
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    Offerings (2018)

    Sortie : . Rock indépendant. 14 morceaux.

    Album de Typhoon

    Après Siskiyou (et leur album Nervous en 2015), voici Typhoon, un autre groupe qui aimerait nous faire croire que Arcade Fire n'a jamais viré synthétique, dance et disco avec leurs deux derniers albums. Ici donc, on a une exploitation minière très productive de la veine folk baroque orchestrale chamber pop ce que vous voulez qui a garanti aux canadiens une place de choix dans tous les bouquins "La plus mieux discothèque rock parfaitement idéale que vous devez absolument avoir écouté avant de choper la chlamydia" présents et futurs.

    Et on ne peut pas dire qu'ils s'y prennent mal ; Offerings contient son lot de fulgurances écorchées vives, a une grande et belle ambition... mais a franchement du mal à se canaliser. L'album dure au moins 20 minutes de trop, trop de titres s'allongent sans raison ("Empiricist" par exemple est un bon titre, mais pousse son propos sur 8 putains de minutes qui sont juste prétexte à répéter les mêmes accords avec des couches supplémentaires de violons, pour caricaturer un peu), et enfin Offerings souffre parfois d'un trop grand sérieux. Tant et si bien que j'en ai un peu ma claque qu'on essaie de me prendre par les sentiments pendant plus de 70 minutes.

    En bref : à consommer avec modération pour ne pas risquer l'overdose (et l'écœurement). Et je pense que ça vaut le coup d'aller explorer leur album précédent White Lighter, qui du peu que j'en connais a l'air bien plus léger et lumineux (on respire punaise) que celui-ci.
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    Camila (2018)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Album de Camila Cabello

    Mon premier album pop de 2018 que j'écoute en boucle. Il aura pas tardé à arriver, l'année commence bien !

    (cf critique pour les détails)
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    Songs of Praise (2018)

    Sortie : . 10 morceaux.

    Album de shame

    La toute jeune formation Londonienne possède un talent certain pour émuler les influences dont il ne se cache pas (on trouvera de manière évident du post-punk, mais aussi des traces de hardcore/post-hardcore avec un chouia de Husker Dü voire de Slint). On sent de l'envie, une énergie, même de la fraîcheur, diantre ! Je suis persuadé que ça plaira à pas mal de gens en recherche de ce genre de feels.

    Mais le groupe pêche en n'allant pas assez loin. En ne frappant pas assez fort. Quitte à faire du post-punk nourri par le post-hardcore, autant y aller vraiment à fond et nous faire ressentir une vraie lourdeur qui permettrait de nous imprimer plus efficacement les morceaux dans l'encéphale. Là, manquant de pesanteur, ceux-ci s'enchainent en laissant une impression de toujours pareil pas renversant. Rendant le tout assez inoffensif, et c'est dommage vu les idées et la bonne volonté évidente du groupe. En l'état, c'est juste agréable.
  • 「 」 (2017)

    Sortie : . 10 morceaux.

    Album de ・・・・・・・・・

    (cf la critique)
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    Semicircle (2018)

    Sortie : . 12 morceaux.

    Album de The Go! Team

    Ah je les aime bien mes Go! Team... à l'époque de Thunder Lighting Strike (j'avais 12 ans, on va plutôt dire à l'époque où j'ai découvert TLS, ce qui correspond environ à la sortie de Rolling Blackouts) je trouvais ça tellement fun et catchy et sacrément inventif pour un groupe qui s'était donné pour mission d'émuler une fanfare de lycée. J'étais loin de me douter que cette découverte d'une frange inédite de mes goûts m'amèneraient un jour à m'extasier pour nombre de formations Jpop et autres curiosités pop fluo.

    Et il faut bien dire, Go! Team c'est toujours fun, même en 2018 avec leur 5ème album. Mais voilà, en la matière j'ai fini par trouver des trucs qui me procurent le même type d'émotions et qui me parlent plus, finalement. J'aime bien ce nouvel album, mais à force je trouve ça un peu vain, sans vraiment trop savoir pourquoi. Les gimmicks ne suffisent plus à m'emporter complètement.
  • Why Not? (2018)

    Sortie : . 13 morceaux.

    Album de Half Japanese

    Un album de Half Japanese par an éloigne le docteur parait-il (encore faut-il savoir bien viser, disait l'ami Winston). Comme janvier 2016 et janvier 2017, nous voici en janvier 2018 et Jad & David Fair remettent le couvert pour une nouvelle modeste aventure en ces curieux territoires punk foutraques qui sont devenus leur marque de fabrique avec les années. Ravi de voir que les gars continuent à tenter de nouvelles choses, notamment avec des synthés ici et là et des fulgurances qui les porte en des territoires plus planants que de coutume.

    1/2 Japanese dans les années 2010 ça n'est jamais renversant, malgré les nouveautés on reste en terrain connu avec l'impression que Jad joue un gentil Mark E. Smith, à déblatérer phrase sur phrase dans un tempo qui lui est propre et une justesse complètement absente qui ferait passer Stephen Malkmus pour un ténor d'opéra. Le disque glisse sur moi, mais non sans me laisser une douce caresse au passage. Allez, c'était chouette une fois de plus, à l'année prochaine les gars !
  • Body Mods (2018)

    Sortie : . 7 morceaux.

    Mixtape de LSDXOXO

    Ay qu'est-ce que c'est que ce truc ? On me souffle dans l'oreillette ballroom... jungle... UK bass... Ce que j'entends, c'est des samples vocaux reconnaissables (Depeche Mode, NERD, Kill Bill...) mais complètement subvertis en étant découpés et assénés avec force répétition sur des beats étranges, secs, des tempos rapides, des ruptures bruyantes... C'est aussi irritant que hypnotisant, et une chose est sûre : je prends mon pied du début à la fin, quand bien même j'en sors épuisé et un peu désorienté.

    Si vous avez toujours voulu écouter une version simili-footwork de Personal Jesus faites vous plaisir.
  • Scary Hours (Single) (2018)

    Sortie : . 2 morceaux.

    Single de Drake

    Ouais bon, si c'était pour sortir une espèce de résumé relou de ce qui se fait en trap actuellement c'était pas forcément la peine. "God's Plan" tourne en rond dès le début et les crooneries de Drake sont dénuées de charisme à mes oreilles. "Diplomatic Immunity" j'avoue c'est pas mal, pas fan du beat mais Drake offre une performance assez touchante au mic et l'instru est classieuse. C'est quand même pas ça qui me fait espérer d'accrocher vraiment au mec un jour au delà de Hotline Bling.
  • She Began to Cry Tears of Blood Which Became Little Brick Houses When They Hit the Ground (2018)

    Sortie : . 12 morceaux.

    Album de Venetian Snares

    Après un premier contact troublant, et pour tout dire assez stérile et décourageant, revenir sur le nouveau Venetian Snares récompense l'effort.

    Faut dire qu'avec son flashcore d'apparence déstructuré, on a vite l'impression de se recevoir une pluie de débris bleeps&bloops décousue, sans la moindre cohérence. Mais j'y entends la création d'un vocabulaire où chaque terme est un timbre, une texture, et chaque composition l'élaboration d'une grammaire avec ce néo-langage. J'aime beaucoup de type d'approche en musique, qu'on retrouve dans pas mal d'excellents disques minimalistes, glitch, électroacoustiques etc. Et ma foi, monsieur Funk s'en charge ici avec une grande exigence dans la compo (et une certaine excentricité certes, mettant en valeur un goût pour le choc qu'on lui connaissait déjà). Les pistes qui . Dans cet océan de ruptures, la vraie rupture est celle des rares pistes qui comportent une cohérence explicite, comme "Crazy Painted..." qui ménage des instants de silence, et dont les assauts percussifs foudroyants résonnent avec élégance dans l'acoustique du hangar géant qui semble les entourer.

    Je cache pas que ça me fout un peu la migraine mais quand c'est bon c'est bon.
  • A Day With the Homies (EP) (2018)

    Sortie : . 5 morceaux.

    EP de Panda Bear

    le bénéfice du doute :)
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    Live 2002 (Live) (2018)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Live de Mika Vainio, Ryoji Ikeda et Alva Noto

    Invitez trois des plus grosses pointures glitch noise (feu Mika Vainio de Pan Sonic, décédé l'année dernière) et glitch abstrait minimaliste (Ryoji Ikeda et Alva Noto), mettez les sur une scène et vous obtiendrez exactement ce que le papier promet : du glitch à trois entrées qui ne ménage aucune porte de sortie. Forcément, avec ces trois gars en même temps on aura pas droit à des structures aussi minimales que ce que chacun (surtout les deux derniers) propose en studio, mais leur force conjuguée aboutit à un environnement riche malgré son dénuement et l'austérité apparente des éléments utilisés. Mais finalement, beaucoup de mouvements comportent des beats sous forme de vagues pesantes (mais presque "catchy" finalement, ne serait-ce que par leur statut de pulsation au milieu d'une mer de glitch), et les progressions me semblent assez immédiates.

    On risque forcément l'acouphène, avec ces tranches de noise croquantes et le perçant des glitchs, mais j'ose croire que le néophyte saura y trouver des structures accessibles et assez facilement appréciables. Quoiqu'il en soit l'osmose du trio est exceptionnelle. Certes ça date de 2002, mais ça n'est pas moins une tuerie aujourd'hui.
  • 33 33 (2017)

    Sortie : . 5 morceaux.

    Album de NPVR

    "Blurring the lines of techno, ambient, avant garde, noise and whatever the fuck you wanna call it" disent-ils chez Mego, et ma foi ils n'ont pas tort. Toutes ces couleurs abrasives ne se rencontrent pas en même temps sur cet album, mais Nic Void et Peter Rehberg les disposent savamment le long des cinq morceaux de la tracklist. À chaque piste son atmosphère (techno distordue, drone métallique, glitch débridé...) pour un album paradoxalement très clivé dans l'agencement des styles mais qui témoigne en même temps d'une vraie rencontre entre ces deux gars aux parcours très distinct, l'un ayant commencé dans le punk avant de poursuivre dans la techno et l'autre versant dans l'électroacoustique.

    Un beau travail de duo, bien abstrait comme il faut.
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    I Can Feel You Creep Into My Private Life (2018)

    Sortie : . Rock alternatif et synthpop. 12 morceaux.

    Album de tUnE-yArDs

    Je ne sais pas bien pourquoi cette fois ci ça ne prend pas... Pourtant "Heart Attack" est une chanson puissante, qui me rappelle pourquoi j'aimais whokill, mais j'ai beaucoup de mal à arriver au bout de l'album. Ce qui me maintient à flot sur un Tune-Yards album habituellement c'est la folie, qui entraine bien sûr son lot de gimmicks mais l'énergie incroyable du tout facilité la suspension d'incrédulité. Ici le groupe se la joue beaucoup plus posé, planant, avec pourtant de claires influences funk et disco... et ça marche pas. La voix de Merril Garbus est criarde au naturel et ne fonctionne vraiment que lorsqu'elle est accompagné par des instrus et compos over-the-top ; ici elle ressort de manière désagréable.

    Je ne garde que les tracks les plus folles ; Heart Attack, Look At Your Hands, ABC 123, le reste je n'y reviendrai sans doute pas.
  • Dream Wife (2018)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Album de Dream Wife

    Dream Wife est né d'une blague, projet monté de toutes pièces par des étudiantes en art anglaises et islandaises pour un projet d'étude. Mais après quelques EP les filles semblent décider de prolonger l'aventure, et c'est tant mieux parce que c'est sacrément rafraichissant d'entendre un album tel que celui-ci dans le monde du riot grrrl, punk ; du genre qui ne se prend pas au sérieux, reste fidèle à ses influences tout en prenant des libertés, et propose des hooks inventifs. En fait y a quasiment que des hooks, d'une manière qui me rappelle Peter Kernel, pas tant dans le style lui-même que dans la capacité de baser des morceaux entiers sur des petits motifs mélodiques accrocheurs et de faire monter la sauce à partir de ça en piaillant joyeusement.

    Si vous avez déjà écouté le très bon EP01 de ces nanas là, l'album contient la moitié dudit EP (càd deux morceaux) et le reste ne dépareille pas.
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    Ruins (2018)

    Sortie : . 10 morceaux.

    Album de First Aid Kit

    Les soeurs de First Aid Kit savent écrire une chanson. D'ailleurs Ruins a plein de bonnes chansons. Mais des bonnes chansons qui pour la plupart sont un chouia plombées par une production folk/country pop assez générique à la Mumfords & Sons. À une époque où les pop stars s'amusent à sortir des albums roots (Taylor Swift, Miley Cyrus, bientôt Timberlake parait-il) F.A.K. aurait mieux fait de tenter de se distinguer un poil ; leurs compos baignent dans des petits arrangements bien confortables... donnant un disque certes pas déplaisant mais loin des singles plus enlevés auxquels on avait le droit à l'époque de The Lion's Roar.
  • Walzerzyklus (EP) (2017)

    Sortie : . 7 morceaux.

    EP de Atom™ et Lisokot

    Que voici un étrange projet... Atom™, faiseur de glitch pop faussement inaccessible (ou faussement accessible, j'arrive pas à me décider) s'associe avec la chanteuse russe Lisokot qui offre sa voix aux griffes du bidouilleur qui se fait plaisir pour composer 18 minutes d'une pop venue de la face cachée de la lune.

    Ecoutez la reprise "Be Bop a Lula" pour vous faire une idée du genre de curiosités troublantes auxquels on peut avoir le droit :
    https://www.youtube.com/watch?v=mCPKDZa39D8

    Non seulement cet EP est vraiment bon, et appelle à la réécoute malgré (ou plutôt grâce à) ses abstraites excentricités. On y retourne pour tenter de percer le mystère d'un "Maschinenwalzer" à la fois industriel et séraphique... Et comme le disait un de mes éclaireurs RYM, on se prend à rêver d'une collaboration avec Björk...
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    Man of the Woods (2018)

    Sortie : . 16 morceaux.

    Album de Justin Timberlake

    Oui, la campagne marketing autour de Man of the Woods a été désastreuse, teasant les trois morceaux les moins représentatifs du disque (et pas les plus intéressants, même s'ils grandissent doucement et trouvent leur place dans la tracklist). Mas ça ne veut pas dire que l'album est un désastre. On y trouve de belles variations sur son savoir-faire pop habituel, en incorporant des codes country/folk.

    Je pense que ce qui irrite la plupart des gens à propos de l'album, c'est son évidente hypocrisie, ou insincérité après une promesse de retour aux sources. Mais ceux-là ont tort. En un sens, Justin offre ici une image parfaitement sincère d'un petit con des villes blindé de pognon qui se la pète en mode woke-boy juste parce qu'il a fait une rando en forêt avec une chemise à carreaux sur le dos. Je comprends que ça puisse en caresser beaucoup dans le mauvais sens du poil, difficile d'avoir une quelconque empathie pour un tel projet ; en revanche je pense sincèrement que la musique reflète ça de la meilleure des manières, montrant comme la plupart des pistes sont en leur coeur des (superbes) chansons pop qui essaient de se faire passer pour des chansons country ou folk (mais qui ne le sont clairement pas). Finalement ça ne fait que teindre l'excellent artisanat de Timberlake de nouvelles couleurs dont il tire le meilleur. Qui se fiche de savoir si c'est stupide ou non ? En tant que pur album de pop, c'est ambitieux et brillant.

    SI je voulais pousser je dirais qu'il corrige même les errances de 20/20 qui laissait certains morceaux prendre une longueur excessive ; tout en proposant de ce fait un album plus consistant car plus riche en idées. Mais il faudrait que je réécoute toute sa disco avant.
  • Freedom’s Goblin (2018)

    Sortie : . 19 morceaux.

    Album de Ty Segall

    À vrai dire je voulais détester cet album ; Ty Segall m'irrite pas mal et la durée annoncée de 1h15 promettait un bon gros truc boursoufflé. Mais je dois bien reconnaître que Freedom Goblin est très bon :'(

    Gros côté best-of, car en plus de la durée excessive (ça a beau être bien géré, ça reste bien trop long) Ty s'amuse à changer de style comme Timberlake change de chemise après une balade dans les bois. Parfois on regrette qu'il essaie si fort de rendre hommage à ses aînés car ça donne des résultats où on sent qu'il n'est pas à l'aise, où il force sa voix pour aller jusqu'au bout de la mimique, où le groupe est un peu dépassé ; mais le plus souvent heureusement ça donne lieu à d'heureux précédents dans la palette encore grandissante du jeune chien fou, et ça repousse l'ennui.

    Bon bah voilà, c'était bien.
  • Amen (2018)

    Sortie : . 14 morceaux.

    Album de Rich Brian

    Malgré un album trop long et un flow assez plat, Amen maintient l'intérêt avec des beats et instrus assez chelou (à défaut d'un meilleur terme, l'inspiration me manque). Ecoutez en priorité Flight, Cold et Introvert si vous voulez vous faire une idée de ce que la pop trap indonésienne de ce type a à offrir de meilleur.
  • Upheaval (2018)

    Sortie : . 4 morceaux.

    Album de Mythic Sunship

    Pas mieux que le précédent malheureusement :(
    Mais les amateurs de gros psyché planant avec guitares épaisses ont toutes les raisons du monde d'apprécier, si j'en crois mes potos.
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    Little Dark Age (2018)

    Sortie : . 10 morceaux.

    Album de MGMT

    LES FEELS ADOLESCENTS SONT LA

    (cf critique)
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    All Melody (2018)

    Sortie : . 17 morceaux.

    Album de Nils Frahm

    Ce n'est pas cet album qui me fera revoir mon avis "joli-mais-osef" sur Nils Frahm. All Melody a tel travail sur le son que j'ai l'impression d'être dans la même pièce que lui, et j'aime ça d'ordinaire, sauf que dans cette pièce il ne se passe rien d'intéressant. Les timbres électroniques, acoustiques et organiques sont fort classieux mais sans vie. Les morceaux électroniques se résument à des arpèges mous qui oscillent entre la house et le néoclassique. Les voix c'était peut-être pas obligé non plus...

    Un album très inoffensif, en fond ça passe tranquillement mais ça ne résiste pas à une écoute plus attentive. Finalement je suis bien plus intéressé par le bruit des touches et des pédales du piano sur des pistes comme "My Friend the Forest" ou "Fundamental Values" que par les compositions elles-mêmes.
  • Follow Them True (2018)

    Sortie : . 13 morceaux.

    Album de Stick in the Wheel

    "We play the music of our people. This is our culture, our tradition."

    Cette phrase, c'est ce qui sert de bio à Stick in the Wheel sur leur site. Si on en juge par le recueil de l'année dernière dans lequel ils enregistraient des folksingers venus d'un peu partout en Grande Bretagne, et par ce présent album, on peut confirmer qu'ils vivent par et pour ces mots. Follow Them True a l'aspect d'un disque somme de la folk anglaise/celtique. Des morceaux acoustiques et électriques aux allures de célébrations rituelles, des ballades brumeuses, des danses trad sautillantes, des méditations dronesques, des épopées sombres, des instrumentaux et même un acapella (sans doute la seule faute ici, la chanteuse ne maîtrise pas aussi bien l'exercice que d'autres de ses contemporains, Richard Dawson au pif).

    Le groupe parvient à garder une cohésion d'ensemble malgré la grande variété de subdivisions du folklore invoquées dans les 13 morceaux de l'album. Tout en recueillant la tradition du passé, ils se permettent même deux percées dans le contemporain (voire dans le futur), dont une est carrément blasphématoire : le morceau-titre n'est autre qu'une lente marche plombée, jonchée de drones rustiques... avec un chant auto-tuné. Formidable audace qui accouche de mon morceau préféré et consacre Stick in the Wheel comme l'un des groupes folk les plus progressistes de son temps.
  • Écouter

    Always Ascending (2018)

    Sortie : . 10 morceaux.

    Album de Franz Ferdinand

    Ce que Franz Ferdinand a toujours su faire, avec ses hauts et ses bas, c'est ménager un momentum sur ses meilleurs morceaux. Rappelez-vous "Take Me Out", y a toujours quelques tracks avec un moment qui claque après un build-up digne de ce nom ou une rupture soudaine. Sur cet album... nada. Le morceau-titre est plutôt chouette, et il y a quelques fulgurances ici et là, un refrain qui part bien, une idée catchy qui fonctionne... mais peu ou pas de climax qui tue tout, qui fait qu'on sortirait de l'écoute avec un moment en particulier en tête.

    Sans cette libération de tension, le style criard de FF a vite fait de faire un effet poil-à-gratter. D'ailleurs "The Academy Award" est non seulement la pire chanson de cet album mais aussi un des pires trucs entendus cette année tout court. Pas un mauvais album hein, juste un album souvent plat. Et FF peut être beaucoup de chose (agaçant notamment) mais pas plat :(