2026
Frankenstein ou le Prométhée moderne (1818)
(traduction Cuvelier & Rocartel)
Frankenstein; or, The Modern Prometheus
Sortie : 1967 (France). Roman, Science-fiction, Fantastique
livre de Mary Shelley
Annotation :
Décor : Suisse et montagnes de partout, avec quelques excursions vives et imagées dans d'autres paysages européens -- la science, poursuite du savoir et d'une vérité, voués à la catastrophe (modestie et bonheur du foyer vs grandeur, héroïsme et decheance de l'aventurier (impression que pas de parti pris ici, c'est peut-être à cet endroit que le genre de l'auteure joue : les deux semblent malgré tout souhaitables)) -- et bien sûr créature/créateurs, la réduction de leur relation à l'affrontement qui se négocie longuement dans le dialogue
Ce que nous avons perdu dans le feu (2016)
Las cosas que perdimos en el fuego
Sortie : 12 janvier 2017 (France). Recueil de nouvelles
livre de Mariana Enríquez
Une serre sur l'East River
Sortie : mars 2006 (France). Roman
livre de Muriel Spark
Annotation :
Lire ce livre consécutivement à Love amplifie leur résonance (une femme rendue folle par son enfermement au coeur d'une strucutre patriarcale en grande partie matérialisée par son couple avec un homme). Les thématiques se rejoignent, les procédés diffèrent : le gothique et le tragique transpirent de Love, les personnages crient à la lune, le désespoir et la violence affleurent ; dans Une serre tout est plus grinçant, risible et ridicule. Le ville de New York elle même n'est pas innocente à la folie des personnages, naviguant entre séances de psy, théâtre performatif et cocktails - pas l'horreur surgie d'un monde crépusculaire, donc, mais l'absurde du quotidien, l'incommunicabilité (liée au langage en général, et des souvenirs en particulier : ces incursions aux UK pendant la seconde guerre mondiale).
Délivrez-nous du bien (1976)
The Auctioneer
Sortie : 5 janvier 2024 (France). Roman
livre de Joan Samson
Annotation :
J'attendais davantage de ce livre, qui semble éternellement mettre en place les éléments pour un grand final (la mécanique rituelle de privation des biens finit par tourner presque à vide) - celui-ci aura bien lieu, et sa première partie, l'expédition de John dans la foret la nuit et sa tentative de mettre le feu à une maison, est un beau moment de traque paranoïaque, de confrontation à ces arbres et ces roches qui lui sont pourtant connues depuis des générations. La deuxième, résolution de toute l'intrigue via le tribunal du peuple finissant par se retourner contre le commissaire priseur, est presque gênante dans son illustration dialectique des positions de chacun-e des personnages (qui, peu à peu, retrouvent leur capacité d'action et de refus, soutenus par la force du collectif). Tout s'y explique, et la catharsis fait son oeuvre : le méchant devient collectivement désigné méchant, ce qu'il gardait encore de part de mystère et d'étrangeté s'évanouit.
Je retiens aussi/tout de même, les incursions dans le récit, souvent belles, gratuites et spontanées, de l'enfant des personnages principaux.
Le Bruit et la Fureur (1929)
The Sound and the Fury
Sortie : 1938 (France). Roman
livre de William Faulkner
Une chambre à soi (1929)
(traduction Clara Malraux)
A Room of One's Own
Sortie : 1965 (France). Essai
livre de Virginia Woolf
Une prière pour les cimes timides (2022)
Histoires de moine et de robot, tome 2
A Prayer for the Crown-Shy
Sortie : 9 mars 2023 (France). Roman, Science-fiction
livre de Becky Chambers
Annotation :
Un peu de mal à voir ce que j'ai aimé dans le premier tome, dont je pensais garder un bon souvenir, après lecture de celui-ci (le fait de passer de la VO à la trad française ? le tome 2 juste moins bien ? un souvenir enjolivé par l'humeur feel good du récit ?)
On revient aux bonnes vieilles racines de la SF, un récit initiatique & deux personnages aux systèmes ontologiques différents, pour en faire -- pas grand chose, c'est-à-dire : un exposé général et didactique autour des Grandes Questions Existentielles spécialisation rapport au vivant (à soi, aux autres, humains et non-humains). Tout est harmonieux, cohérent et serein, les incompréhensions surgissent à peine qu'elles deviennent approfondissement et complexité de la pensée ; cette naïveté volontaire d'un monde plus juste et doux pourrait être à sa place si l'écriture suivait un peu mais, dommage, c'est rarement le cas. Tout sert le récit et la dialectique, les dialogues sont succincts et démonstratifs et, surtout, l'écriture échoue à faire vivre le plus important : ce qu'il y a au-delà du langage - sensations, émotions, contemplation d'un-e camarade, d'animaux, du vivant et du non-vivant. C'est pourtant le coeur du projet du livre mais tout reste discursif, et là où on attendrait de la poésie, quelque chose de l'ordre du haiku peut-être, pour faire vivre un monde riche et méritant davantage de considération (nous dit-on), la description fait flop et reste à l'endroit limité d'une fascination trop distante












