Cover 2026 - Films
Liste de

34 films

créée il y a 6 mois · modifiée il y a 3 jours
2001 : L'Odyssée de l'espace
7.9

2001 : L'Odyssée de l'espace (1968)

2001: A Space Odyssey

2 h 40 min. Sortie : 27 septembre 1968 (France). Aventure, Science-fiction

Film de Stanley Kubrick

Mayeul TheLink a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Suite des notes en vrac pour Avatar 3 (en dessous)

Quand les navis tentent d'agir pour régler le problème, ça invoque la tribu des cendres (la haine n'amène que plus de haine), et ils perdent (Kiri dit 'Ils ne peuvent pas gagner").

L'histoire des retrouvailles entre Jake et Neytiri, éloignés en début de film, le premier enfermant la seconde. C'est Neytiri qui prend enfin Jake dans ses bras en fin de film = retrouvailles du human way et navi way

Il y a beaucoup de blessures par flèches dans le film. Différences flèches/balles : les premières restent et permettent de stopper l'hémorragie (comme démontré par Jake) à condition de les garder en soi, les secondes traversent le corps (un des membres de la tribu des cendres ausculté par la tsahik après avoir été tué qui se demande comment ce qui a blessé a pu traverser). Image du deuil : il faut garder la blessure en soi pour qu'elle ne nous tue pas complètement, mais avec les armes en métal c'est impossible. À la fin du film Quaritch se prend une flèche et la retire complètement.

Le deuil a créé une haine intérieur qui n'a pas d'objet (par définition, la mort étant inévitable et sans responsable), et les personnages cherchent des responsables : d'abord Jake et Neytiri avec les humains (et donc Spider), les humains avec Jake.

Train Dreams
7

Train Dreams (2025)

1 h 42 min. Sortie : 21 novembre 2025 (France). Drame

Film de Clint Bentley

Annotation :

La contemplation du film semble manquer sa cible durant la première moitié du film, on s'y ennuie un peu, les événements ne semblent pas porter beaucoup de poids... Mais à bien y regarder, on se dit que c'est bien là que le film souhaite se placer : une suite d'événement desquels nous sommes distanciés (la voix-off), desquels nous peinons, à l'image du personnage principal, à dégager du sens. Un slow burner donc, qui ne dévoile son émotion et ses intentions que dans le tout dernier plan et sa résolution en forme de deus ex machina révélatrice d'un sens qui, paradoxalement, s'impose à nous en continuant de nous échapper. C'est que si l'on doit parler du lien qui unit toute chose de manière invisible (on parle régulièrement de la forêt de cette manière, filmée avec cette révérence malickienne), la navigation entre rendre ce lien visible afin de le reconnaître et le garder hors champ pour ne pas le dénaturer est une entreprise périlleuse (les péripéties s'enchainant sans lien apparent donc), mais dans laquelle le film ne lâche rien pour s'assurer de ne pas trahir son sujet, et ainsi finit par s'imposer dans mon esprit comme une réussite difficile mais impressionnante.

Frankenstein
6.6

Frankenstein (2025)

2 h 29 min. Sortie : 7 novembre 2025. Drame, Épouvante-Horreur, Science-fiction

Film de Guillermo del Toro

Annotation :

Des couleurs irréelles et un grand angle permanent, peut être pour créer un sentiment de décalage grotesque qui m'évoque celui des fêtes foraines chères au réalisateur. La scène d'assemblage de la créature va d'ailleurs dans ce sens de cabinet des horreurs, et on se prend à l'associer à cette curiosité morbide qui attirait les badauds pour voir les freaks. La créature est également associée au détour d'un dialogue à un miroir déformant, nouvelle image rattachée à cet univers, bien plus capable de révéler la nature de celui ou celle qui le regarde que la sienne. En somme, créer un décalage pour aller à la rencontre de soi-même et ainsi changer de regard sur le monde.
Deux thèmes principaux semblent traverser le film : les pulsions de vie et de mort, et l'incarnation des idées. Le premier par cette opposition entre les deux frères qui prend corps au sein même du résultat de leur travail par la créature, figure ambiguë qui subit alors son statut d'entre deux mondes. Le deuxième, plus développé à mon sens, commence avec la figure de la mère toute de rouge vêtue, couleur du sang, qui contamine le film. "Ivory doesn't bleed, flesh does" dit-on, et on referme cet ivoire sur la figure de l'incarnation qu'est la mère, pour l'enfermer dans le monde des idées, créant ainsi une obsession dans l'esprit du fils : ramener à tout prix une idée dans le monde matériel. Le design de la créature incarne encore une fois cet entre-deux, la blancheur d'une statut antique et l'acteur choisi étant taillé comme un dieu grec, et les cicatrices parcourant son corps pour laisser voir le sang. L'incarnation d'une idée, domaine réservé aux dieux ? Pas que, le sacrilège de ce processus enfanté par un Homme étant décrit comme une nécessité propre au mythe fondateur (on évoque la chute d'Adam et Eve et l'histoire du Christ), voire pouvant être vu comme une allégorie de l'acte artistique. Un film qui embrasse pleinement son paradoxe, celui de devoir rendre mortel afin de rendre vivant, avant de transcender tout ça dans un final un peu facile à mon goût mais qui touche sa cible.

Avatar - De Feu et de Cendres
6.5

Avatar - De Feu et de Cendres (2025)

Avatar: Fire and Ash

3 h 15 min. Sortie : 17 décembre 2025 (France). Action, Aventure, Science-fiction

Film de James Cameron

Mayeul TheLink a mis 9/10.

Annotation :

2 fois
Notes en vrac :
Dialectique sur le deuil entre les humains et les navis, avec au centre Spider (comment le faire passer d'un statut d'humain (= deuil qui détruit) à celui de navi (= acceptation du deuil par l'acceptation de faire partie d'un tout)).

The fire of hate leaves only the ashes of grief.

Quarritch aussi est en deuil (les hommes et les femmes morts par la faute de Jake + deuil de lui-même), donc destinées miroirs qui continuent avec Jake.

Situations bloquées : navi way (on s'en remet à eywa) et le human way (on cherche à faire quelque chose pour s'en sortir). Mais face au deuil, il n'y a rien à faire, et faire quelque chose est matérialisé par la tribu des cendres, destructrice.

Loak en miroir de son père : lui aussi perd son frère, mais à l'inverse de Jake, son frère était celui qui se conformait tandis que lui est celui qui se révolte, et son frère est décrit comme sa partie intérieure manquante, son amputation existentielle (le film commence sur eux deux qui volent ensemble dans Pandora, comme une vision d'absolu disparu).

Champ magnétique à la fin qui ressemble à un trou noir qui absorbe tout comme l'émotion d'un deuil. Les humains, en cherchant à avoir plus, finissent par s'y faire prendre sans possibilité de retour.

Agir échoue : c'est Eywa qui finit par sauver tout le monde. Quand ils se battent c'est comme s'ils se battaient contre eux-même (presque littéralement puisqu'ils finissent par se battre contre des navis), et donc ils ne peuvent gagner.

Jake et Quaritch se battent pour le sort de Spider = savoir quelle manière de gérer le deuil les sauvera de ce champ magnétique qui absorbe tout.

Les humains gèrent leur deuil en rejetant la faute sur Jake = en tant qu'humain, ils veulent agir : agir en tuant Jake les sauvera de leur deuil

Plus de notes en annotation de 2001 au-dessus

A House of Dynamite
6.5

A House of Dynamite (2025)

1 h 52 min. Sortie : 24 octobre 2025. Drame, Thriller

Film de Kathryn Bigelow

Annotation :

Portrait d'une absurdité, celle de procédures sensées mettre de l'ordre là où ne peut subsister que la folie. Pour cela, on multiplie les occurrences d'ignorance ou de 50/50 : on ne sait pas qui nous tire dessus, ni même si c'est délibéré, ça pourrait être les coréens ou les russes pour nous faire croire que c'est les coréens, il y a deux missiles envoyés pour stopper, l'un des deux ne part pas, l'autre a 60% de chance de réussite, on ne sait pas sur quelle ville ça va atterrir, dès qu'on se renseigne auprès des forces étrangères on ne sait pas si l'on peut faire confiance à leurs dires, et bien sûr le choix final de répondre ou de ne rien faire, avec une guerre nucléaire en jeu. En bref, tout relève du pari total, dans un mélange de mexican standoff et de roulette russe. L'absurdité est là : toutes les procédures du monde ne peuvent faire face à l'ignorance qui règne dans une situation comme celle-ci. Un film assez terrassant par sa manière de constater un échec total de la part de l'humanité.

David Bowie : Dernier acte
7.2

David Bowie : Dernier acte (2025)

David Bowie: The Final Act

1 h 32 min. Sortie : 9 janvier 2026 (France). Musique

Documentaire TV de Jonathan Stiasny

Annotation :

Documentaire qui se tient à la légende Bowie, qui ne cherche pas spécialement à la questionner ou à la comprendre, on est dans une démarche hagiographique ce qui est sympa aussi, notamment pour avoir un compte-rendu presque complet (pas de segment sur sa période coke) de la carrière de Bowie.

World of Tomorrow
7.8

World of Tomorrow (2015)

17 min. Sortie : 15 juin 2015 (France). Animation, Comédie, Drame

Court-métrage d'animation de Don Hertzfeldt

Annotation :

Court métrage du gars ayant fait la claque absolue "It's Such a Beautiful Day", assez déçu ici finalement. Ça essaye de reproduire le vertige du film cité avec des histoires de voyages temporels à grande échelle du point de vue d'une petite fille mais ça ne prend jamais vraiment je crois.

Le Cabinet du docteur Caligari
7.7

Le Cabinet du docteur Caligari (1920)

Das Cabinet des Dr. Caligari

1 h 16 min. Sortie : 15 mars 1922 (France). Drame, Thriller, Muet

Film de Robert Wiene

Annotation :

L'impression de voir des fantômes se matérialiser en images. Ça tombe bien pour un film qui joue autant sur la représentation et la métaphysique que ça implique, avec cette incursion sous une tente pour voir l'endormi prédire la mort, cet endormi qui déchire le voile de la réalité en enlevant la jeune femme, et la cassure dans la perception de la réalité en fin de film. Il y a une envie dans le film de la part des personnages de percevoir la réalité dans sa nudité, pulsion synonyme de mort symbolique. Un vrai truc un peu maudit qui se dégage de ce film.

Tron
6.5

Tron (1982)

1 h 36 min. Sortie : 8 décembre 1982 (France). Action, Aventure, Science-fiction

Film de Steven Lisberger

Annotation :

Ça a affreusement vieilli. Ça surfe sur le succès de star wars sans en avoir la limpidité, et en proposant une action encore plus plate. Ça reste un document assez fascinant sur les fantasmes générés par l'informatique au début des années 80. Et l'opposition entre le petit malin génie créatif et la grosse machine libérale typique du cinéma US 80s est toujours aussi savoureuse.

La Dernière Tentation du Christ
6.7

La Dernière Tentation du Christ (1988)

The Last Temptation of Christ

2 h 44 min. Sortie : 28 septembre 1988 (France). Drame

Film de Martin Scorsese

Annotation :

Scorsese c'est un peu l'anti-Kubrick on dirait, il se lance dans des projets parce qu'il a une intuition sans trop savoir ce que ça va donner, il se met dans l'état d'esprit de son personnage, cherche à comprendre ce qu'il vit et à le retranscrire. Ici la double identité du Christ le fascine. D'un côté humain, matériel (la poussière omniprésente), dans le doute (toute la première partie du film), et de l'autre divin, de l'ordre de l'idée (le discours final avec Harry Dean Stanton), sûr de ce qu'il avance (toute la partie messianique où, s'il change d'avis, le fait avec assurance). Un rapport au cinéma aussi, où l'incarnation de l'idée s'inscrit dans un processus sacrificiel, idée qui prend toute son ampleur avec ce tournage à l'autre bout du monde et cette réception historique. Mais le film s'accomplit ("It is accomplished!"), et la destinée duale des individus et de leurs créations est sauvée.

Le Chant des forêts
7.4

Le Chant des forêts (2025)

1 h 33 min. Sortie : 17 décembre 2025. Animalier, Nature

Documentaire de Vincent Munier

Annotation :

Révéler le sauvage, caché sous nos yeux, en dissipant le brouillard, et ce par le cinéma, quel beau projet ! Le film n'hésite pas à se contenter de cette humilité, afin de laisser place non pas au spectacle de la Nature (même s'il est sublime), mais à l'ouverture des yeux de l'émerveillement pour le spectateur, afin de se remettre à la bonne place.

Furie
8

Furie (1936)

Fury

1 h 32 min. Sortie : 16 octobre 1936 (France). Policier, Drame, Thriller

Film de Fritz Lang

Annotation :

Le film semble traversé d'une interrogation sur le pouvoir du cinéma et de l'image : le couple s'arrête devant une vitrine en fantasmant le lit marital présenté (la vitre faisant écran entre leur réalité et le désir qui les dirige), le cinéma est capable de révéler une vérité perçue comme absolue alors qu'elle est partielle (la présence des accusés au lynchage qui les condamne quand le lynché n'est pas mort) et au prix d'un réalisateur ayant perdu toute notion de réalité ("quel plan !" s'exclame-t-il devant l'horreur de la situation), et quand Joe Wilson se retrouve devant une vitrine plus tard dans le film, le poids de la culpabilité lui apparait avec les visages des accusés qui s'impriment sur la vitre, donnant à cet écran le pouvoir de révéler l'invisible (la culpabilité qui poursuit Wilson sera d'ailleurs ensuite filmée comme un invisible qui se révèle par le son). Un cinéma-écran qui permet donc une séparation du fantasme, à l'image de Wilson, passé de l'autre côté puis revenu d'entre les morts, qui en fin de film abandonne l'idéal américain pour avancer. Ça couplé à la fluidité autant narrative que formelle du film, le charme charismatique très années 30 des acteurs, la scène de lynchage qui préfigure le Assaut de Carpenter, et on obtient un très grand film.

Hamnet
7

Hamnet (2025)

2 h 05 min. Sortie : 21 janvier 2026 (France). Biopic, Drame, Historique

Film de Chloé Zhao

Annotation :

Hamnet et Hamlet, deux faces interchangeables d'une même pièce, à l'image de ces deux arbres introductifs qui touchent le ciel parallèlement mais partagent les mêmes racines. L'existence et le néant (to be or not to be, forcément), la vie et la mort, la réalité et la représentation, l'émotion et son expression... Tout ça pour se rejoindre dans un final déchirant où tous ces opposés se fondent l'un dans l'autre, la limite entre la scène et le parterre disparaissant. Un film qui sait jouer de son ambition métaphysique sur un plan humain pour proposer une mise en scène hypnotique mais pleine d'humilité, gardant son spectateur toujours en alerte dans une vie qui semble pourtant simplement suivre son cours, fuyant la construction de la légende Shakespeare pour s'intéresser à autre chose, grand bien lui fasse.

Mars Express
7.4

Mars Express (2023)

1 h 29 min. Sortie : 22 novembre 2023. Animation, Science-fiction

Long-métrage d'animation de Jérémie Périn

Annotation :

Le film esquive un tort généralisé dans les films d'IA (2001 s'en sort évidemment, mais même pas Blade Runner y échappe), celui du désir de liberté qui advient par pur anthropomorphisme. Ici, l'émancipation des androïdes passe bien par des conditions économiques et sociales qui provoquent l'événement : émancipation calculée pour maximiser le profit, sans pour autant faire des androïdes des pures victimes de ces conditions, eux qui choisissent de s'y conformer afin d'y trouver leur destin. Une manière de voir les mouvements des peuples tout à l'honneur du film. Au delà de ça, une action hyper stimulante, et ça fourmille de détails savoureux pour partir à la découverte de ce monde SF. Impossible de ne pas penser à Ghost in the Shell, de l'action au dénouement, mais sans que ça devienne envahissant.

Sátántangó – Le Tango de Satan
8.2

Sátántangó – Le Tango de Satan (1994)

Sátántangó

7 h 30 min. Sortie : 9 mars 2003 (France). Drame

Film de Béla Tarr

Annotation :

Vu en trois fois. Peut être retenter en une fois car c'est le genre de film qui n'a l'air de rien mais qui s'infiltre sous la peau à force de nous immerger dans ce monde pluvieux, boueux, prison existentielle (le motif de la circularité) constamment en tension entre deux pôles (le sens et le vide imposé par la durée des plans, ou le personnage d'Irimias entre manipulateur et messie par exemple)... Un sublime noir et blanc, et un rythme qui impose un rapport au temps tellement particulier qu'on a du mal à en sortir. Une oeuvre singulière.

Marty Supreme
7

Marty Supreme (2025)

2 h 29 min. Sortie : 18 février 2026 (France). Drame, Biopic, Sport

Film de Josh Safdie

Annotation :

Par un raccord entre un ovule fécondé et une balle de ping pong, le tout sur fond d'un forever young bien 80s évoquant la nostalgie légèrement toxique qui a infiltrée hollywood depuis longtemps, c'est le fantasme d'immortalité symbolique qui s'impose comme le grand moteur du film, ou en tout cas de son personnage omniprésent. À l'instar des personnages des précédents films Safdie, Marty suit une obsession dans une fuite en avant alternant moments d'euphorie avec redescente demandant à recommencer pour retrouver le high.
C'est aussi l'état des lieux de la situation juive au lendemain de la seconde guerre aux États-Unis, libérés mais contraint de se soumettre à l'humiliation publique s'ils souhaitent s'élever socialement et économiquement. Là dessus, on pense beaucoup à The Brutalist.
Timothée Chalamet qui en fait des caisses pour avoir son Oscar mais ça fonctionne plutôt bien, et un rythme toujours aussi bluffant dans sa manière de nous coller à l'euphorie du personnage.

Les salauds dorment en paix
8

Les salauds dorment en paix (1960)

Warui yatsu hodo yoku nemuru

2 h 31 min. Sortie : 4 septembre 1960 (Japon). Film noir

Film de Akira Kurosawa

Annotation :

Ça commence par le cérémoniel représenté par les plans symétriques qui composent ce mariage, perçus par ces journalistes, mise en abyme du spectateur à qui l'on demande de plonger plus loin dans l'image pour percevoir ce qui s'y joue réellement : corruption, faux-semblants, moralité grise... La mise en lumière comme image privilégiée pour cette révélation d'une vérité allant au delà du simple fait : les phares d'une voiture pour faire apparaitre le fantôme et faire remonter le sentiment de culpabilité ou pour empêcher un meurtre injuste, une lampe torche pour illuminer la fenêtre à l'origine de toute l'histoire... Cette vérité plus symbolique que factuelle favorise l'entre-deux comme lieu propice à la moralité : Wada, ni vivant ni mort, fera office de conscience qui ressurgit pour pardonner, l'échange d'identité entre Nishi et Itakura, l'un n'étant ni vraiment l'autre ni vraiment lui même, permet le plan visant à restaurer une forme de justice là où celle institutionnelle ne peut réussir, et le mariage entre Nishi et Yoshiko, ni mariage d'amour par son origine manipulatrice ni de raison par l'amour qui en nait, permet au couple de chacun reconsidérer le monde qu'il s'est construit.
Une vérité qui apparait par la représentation, les personnages regardant toujours au travers de quelque chose (le pare brise d'une voiture, une photographie, un miroir...), et le dénouement de se faire sur un écran (le pare brise de la voiture de Nishi) enfin traversé pour de bon, synonyme de mort pour l'un et de savoir enfin accompli mais s'accompagnant de la compréhension de son impuissance pour l'autre. Un grand thème, celui de la culpabilité et de l'envie irrésistible de la soumettre pour s'emparer d'un absolu sans jamais pouvoir y parvenir (le final, décrivant le sommeil enfin troublé du salaud titre), et une mise en forme évidemment d'une fluidité et d'un mouvement confondants de limpidité dont Kurosawa a le secret = grand film.

Le Destin
7.1

Le Destin (1997)

Al-Massir

2 h 15 min. Sortie : 15 octobre 1997 (France). Drame, Historique

Film de Youssef Chahine

Annotation :

Toujours un plaisir de voir un film investir cette dialectique du pouvoir et du savoir, avec ce philosophe qui se bat pour un savoir libre quand petit à petit l'obscurantisme s'infiltre partout. Un film un peu total qui suit le classicisme hollywoodien (étant complètement ignorant du cinéma égyptien, ou d'autres cinémas qui pourraient avoir influencé ce film, je pense au Bollywood, cette affirmation peut être simpliste voire fausse, je sais pas, mais sert juste à avoir du sens pour moi) avec beaucoup de talent, avec de l'action, de la romance, de la danse, des décors épiques, des grands enjeux historiques... Un biopic passionnant, peut être un peu sage sans doute mais réalisé d'une main de maître en pleine maitrise.

Woman and Child
6.8

Woman and Child (2025)

Zan va bache

2 h 11 min. Sortie : 25 février 2026 (France). Drame

Film de Saeed Roustaee

Annotation :

"Résous ça", dit la mère à son fils, le plan montrant le problème à résoudre sur une vitre donnant sur le foyer familial. Un personnage féminin qui "joue l'indépendance" mais qui se repose ne réalité sur des personnages masculins : son mec comme son fils la manipulent en lui disant ce qu'elle veut entendre pour la rendre heureuse. Au film de faire traverser les épreuves à cette femme pour qu'enfin la vitre avec le problème soit filmée de nouveau, mais pour montrer que la résolution sera passée par elle-même. Pour en arriver là, la mort de son fils, adolescent magnétique qui "fascine tout le monde", et l'envie irrépressible de trouver un coupable, de s'attaquer à tout ce qui bouge de travers dans ce pays ultra patriarcal, jusqu'à ce que cette attaque finisse par la dévorer de l'intérieur par l'effet miroir avec son ex.
Roustaee a un sens du rythme absolument dévastateur, sachant aussi bien étendre le temps pour filmer les prises de conscience intérieure se manifestant par des petits gestes subtils, que le compresser dans des séquences de dialogues toujours aussi tendues, le tout avec une caméra constamment en mouvement de manière toujours fluide. En résulte un film resserré, qui s'éloigne de l'épique de Leila et ses frères pour aller chercher quelque chose d'intime mais sans se départir de son style maintenant bien reconnaissable.

Didier
5.8

Didier (1997)

1 h 45 min. Sortie : 29 janvier 1997. Comédie, Fantastique

Film de Alain Chabat

Annotation :

Ça singe la comédie fantastique à l'américaine des 90s avec affection, mais même avec Chabat qui joue un chien et Bacri qui joue Bacri, deux éléments pourtant non négligeables, ça reste un peu pas fou...

Aucun autre choix
6.9

Aucun autre choix (2025)

Eojjeolsugaeobsda

2 h 19 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Thriller, Comédie dramatique, Policier

Film de Park Chan-Wook

Annotation :

La logique néo-libérale poussée à son paroxysme avec comme conclusion une victoire dans un monde déshumanisé, esseulé, tout le monde est mort, ne restent que les gagnants et l'intelligence artificielle. Un film passionnant mais qu'il faudrait revoir tellement il invoque plein de symboles qui ne sont pas limpides chez moi malheureusement. En terme d'expérience on est quand même sur une satire assez jouissive.

Les Animaux fantastiques - Les Crimes de Grindelwald
5.5

Les Animaux fantastiques - Les Crimes de Grindelwald (2018)

Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald

2 h 14 min. Sortie : 14 novembre 2018. Aventure, Fantastique

Film de David Yates

Annotation :

Globalement très plat, rien à en dire vraiment, à part que j'aime regarder ces films avec ma personne préférée <3.

Kramer contre Kramer
7.2

Kramer contre Kramer (1979)

Kramer vs. Kramer

1 h 45 min. Sortie : 7 février 1980 (France). Drame

Film de Robert Benton

Annotation :

Curieux de voir comment un film ayant aussi à coeur de déconstruire certaines représentations, notamment au niveau des genres jusqu'à se faire féministe, se colle à ce point à son personnage masculin. Par lui tout est vu et appréhendé, ce qui rend le film ambiguë sur sa figure féminine qui vu d'ici semble naviguer à vue en changeant d'avis régulièrement sans jamais s'interroger sur son vécu qui aurait pu mettre un peu de crédibilité dans sa démarche auprès du spectateur. Ça n'en fait pas non plus un film à charge, il a une solidité narrative qui l'exempt un peu de reproches francs mais il questionne sur sa place dans le combat féministe à sa sortie.

Rocco et ses frères
7.9

Rocco et ses frères (1960)

Rocco e i suoi fratelli

2 h 59 min. Sortie : 10 mars 1961 (France). Drame

Film de Luchino Visconti

Annotation :

Film qui n'hésite pas à adopter une ampleur mythologique pour raconter une famille chassé de son jardin par la famine pour arriver dans les délices de la ville qui feront vite déchanter. Une ville en construction avec ses HLM qui poussent pour bloquer la vue, esprits qui enferment les personnages dans un destin tragique, où le seul salut passe par un sacrifice, christique pour celui de Rocco (on se sépare de la grâce incarnée par une prostituée au sommet d'une cathédrale), tragique pour celui de Simone, sacrifice nécessaire à la sauvegarde de l'intégrité familiale. Une ville qui aura finalement exacerbé une dialectique, celle de la bonté infinie de Rocco et de la brutalité animale de Simone, jusqu'à un point de bascule provoquant l'effondrement de l'unité. Ciro peut être en gardien de cette unité par son pragmatisme, prêt à se débarrasser du meurtrier pour pouvoir continuer à vivre. Un film qui fascine encore plusieurs jours après son visionnage par les motifs universels qu'il semble dépeindre et la maestria visuelle toute en humilité grandiose avec laquelle il décrit tout cela.

Husbands
7.4

Husbands (1970)

2 h 11 min. Sortie : 1971 (France). Comédie, Drame

Film de John Cassavetes

Annotation :

Le Nouvel Hollywood c'est donc aussi ça : une recherche de la vérité dans ce qu'elle a de banal, sans forcément aller chercher une violence exacerbée, mais ici beaucoup plus contenue de la vie du quarantenaire poussé à la mid-life crisis par la mort d'un de leur ami. Film que je sens quand même un peu complaisant avec ses personnages, pour lesquels on sent une affection qui viendrait plutôt des crasses qu'ils font à longueur de film que par une sincérité qui viendrait se manifester. Un film un peu long aussi dans cette recherche de la vraie vie réelle des gens véritables où on observe finalement surtout des acteurs qui semblent improviser sans fil conducteur. Mais un truc se dégage parfois, une amitié qui se montre enfin (le début du film où les trois amis jouent comme des gamins), une souffrance intérieure qui se révèle par indices (les rires nerveux du personnage de Cassavetes, une dynamique qui explose), et puis une fin de film un peu glaçante avec Cassavetes qui disparait derrière un mur de sa maison pour retrouver sa famille qui doit l'engueuler d'avoir disparu, que l'on aurait quand même souhaitée un peu plus ambiguë mais qui s'inscrit bien dans cette tentative d'observation neutre et désenchantée du Nouvel Hollywood.

The Drama
6.7

The Drama (2026)

1 h 45 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Drame, Romance

Film de Kristoffer Borgli

Annotation :

On sent un film qui se veut satyrique jusqu'au bout, le seul personnage semblant trouver grâce aux yeux du film étant celui au coeur du drama, et tous les autres montrant à mesure qu'on avance leur faiblesse et leur pathétique, mais il manque sans doute un peu de mordant pour moi pour me convaincre réellement dans l'exercice. Et puis il y a cette fin qui semble vouloir nous donner un peu ce poncif du "un couple ne fonctionne que dans la performance", mais qui est à des années lumière du choc d'un Gone Girl dans le même exercice. Restent quelques scènes tout de même assez réussie, le discours du marié autour duquel tout s'effondre en tête, et surtout un couple d'acteurs principaux au top, Pattinson notamment qui continue de montrer la largeur de sa palette avec ici un personnage au cringe assez savoureux.

Grave
6.9

Grave (2016)

1 h 39 min. Sortie : 15 mars 2017. Épouvante-Horreur, Drame

Film de Julia Ducournau

Annotation :

Les thématiques font plaisir à voir : comment les instincts de prédations et de normativité s'infiltrent dans tous les interstices d'un milieu pour le pourrir de l'intérieur. On pense à Surveiller et Punir dans cette manière de montrer un milieu sensé soigner, mais utilisant finalement ce prétexte pour assoir une position de pouvoir sur les êtres. Le film manque sans doute un peu de ce truc indéfinissable qu'est la réussite pour m'envahir pleinement, mais je comprends que la proposition ait été remarquée et plutôt content de m'y être penché... quasiment 10 ans plus tard, le temps file...

Fumer fait tousser
6.3

Fumer fait tousser (2022)

1 h 20 min. Sortie : 30 novembre 2022. Comédie, Fantastique

Film de Quentin Dupieux (Mr. Oizo)

Annotation :

La cigarette comme symbole d'un ancien monde patriarcal qu'on utilise pour détruire des monstres comme dans des japoniaiseries, dans un groupe qui a des airs de collègues de grand groupe qui part en séminaire avec toute la manipulation managériale que ça implique (c'est des vacances ? du travail ? appelez ça comme vous voulez mais faites le, quitte à être séparés de vos familles). Des histoires qui font peur où il s'agit de prendre du recul sur l'absurdité de l'existence, exercice périlleux pour celleux qui donnent leur vie à ce monde moderne, et une fin du monde qui approche tellement fort qu'on ne se croit enfin plus invincible et qu'on cherche à tout prix à retourner dans le passé, peu importe ce que ça veut dire. Un retour en perpétuelle construction et qui laisse les individus dans une attente sans fin, car la fin du monde ne se présente jamais vraiment. Un film qui sait exprimer un zeitgeist de manière surréaliste.

La Randonnée
7.4

La Randonnée (1970)

Walkabout

1 h 40 min. Sortie : 23 février 1972 (France). Aventure, Drame

Film de Nicolas Roeg

Annotation :

On pense beaucoup à L'Homme à la Caméra dans ce film qui utilise un script minimaliste pour faire la part belle au montage, de cette séquence d'introduction qui donne à voir la ville comme entité vivante (mais plutôt que comme chez Vertov, ici beaucoup plus déshumanisante que exaltée) aux nombreuses séquences dans le désert qui donnent à sentir toute la difficulté de l'exercice et la dangerosité permanente qui guette les personnages. Sinon on est bien dans un film des 70s avec ce ton désabusé et ce rapport à la Nature fantasmée malgré sa cruauté comme souvenir d'un absolu enfoui par la modernité.

Send Help
6.4

Send Help (2025)

1 h 53 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Épouvante-Horreur, Comédie

Film de Sam Raimi

Annotation :

Deux archétypes opposés envoyés dans un monde non cartographié pour que soit révélée leur vraie nature (la survivante résiliente et pleine de ressources contre le boiteux man-child) et qu'ils puissent s'influencer dans un rapport dialectique qui font se croiser leur chemin intérieur jusqu'à un renversement devant amener à un équilibre retrouvé... Sauf qu'on est chez ce sale gosse de Sam Raimi, donc l'équilibre retrouvé ressemble plus à une révolution, autant dans le terme renversement total des rapports de pouvoir que dans le terme cercle qui revient à son point de départ où rien ne change vraiment. Pas hyper à l'aise personnellement avec ce discours qui consiste à dire que la seule perspective d'échappatoire pour les populations opprimées soit de prendre la place des oppresseurs, mais bon la vision cynique pourquoi pas. Rien de fondamentalement génial ici mais un film qui sait ce qu'il fait et qui se donne les moyens de le faire bien, malgré les incursions gore qui semblent assez dispensables sauf pour nous rappeler qu'on est chez le réalisateur d'Evil Dead.

Liste vue 28 fois

1