日本 Au Pays du Soleil Levant - Le doux Poids des Traditions

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240 films

par Elvisant

En tant que fan absolu du cinéma asiatique oriental, je souhaite répertorier en trois listes distinctes les films vus par pays (Corée & Chine dans mes listes). Le cinéma nippon fait lui sans aucun doute partie des plus riches de par sa longévité et sa qualité constante. En effet, des maîtres comme Yasujirô Ozu, Kenji Mizoguchi ou Akira Kurosawa ont convaincu il y a déjà bien longtemps, tandis que des dignes successeurs se sont multiplié au fil des décennies, permettant à ce cinéma si spécial d'évoluer avec le temps. Voici la liste exhaustive chronologique de tous les films japonais que j'ai visionnés, liste qui bien sûr s'enrichira au fil du temps.

C'est justement le temps qui est important ici, car ce sont les traditions japonaises, si profondément ancrées dans le quotidien, qui ont fait que ce cinéma unique se développe à sa manière. Il est évident que souvent, c'est le rapport des personnes normales avec l'histoire du pays et les conséquences sur leur relations qui est un des leitmotivs nippons. Hirokazu Kore-eda, mon réalisateur japonais préféré, a donc axé sa réflexion sur le poids des traditions familiales et le choc de ces dernières avec une modernité arrivée trop vite pour beaucoup. Tel Père, Tel Fils illustrait parfaitement ce propos en montrant que le père, pur produit d'un système patriarchal strict, devait faire face à la réalité et l'embrasser plutôt que de bêtement suivre des règles devenues obsolètes. Mais dès le début du cinéma japonais, ce rapport aux lourdes traditions était étudié. Quand on voit que Mikio Naruse, déjà en 1951 avec 'Le Repas', remettait en cause le rôle de la femme qui attend son mari toute la journée et s'occupe de la cuisine et du ménage, ou que Ozu, dans beaucoup de ses films parle des conflits intergénérationels, il est normal que ce fil rouge si intéressant se soit étoffé.

Les mythes nippons ont toujours une influence forte sur les citoyens de l'Archipel, comme l'on peut voir chez le grand Hayao Miyazaki, évidemment. 'Le Voyage de Chihiro' est plein d'êtres et fantômes issus des contes & légendes japonaises, mais jamais à mauvais escient, car toujours pour justifier un conflit avec la réalité. Bien que son ultime film soit dénué de tout aspect surréaliste (à part en rêve), l'on peut trouver dans chacune de ses oeuvres des touches plus ou moins fortes de fantastique, tout comme chez Isao Takahata (Pompoko) ou Makoto Shinkai (Agartha) dans l'animation, mais aussi Hideo Nakata ou Kiyoshi Kurosawa dans les films lives.

C'est donc ce cocktail captivant entre réalité moderne et passé lourd qui fait que ce cinéma est si passionnant. Car bien que le Japon reste sans doute le pays asiatique qui a le plus résisté à la purge culturelle opérée par les Occidentaux (Guerres de l'Opium) ou par les Asiatiques eux-mêmes (Mao en Chine), il est certain que ces traditions restent fragiles et peuvent être le sujet d'une remise en cause total de ce train de vie si spécial. 'All About Lily Chou-Chou' de Shunji Iwai démontre à quel point la jeunesse japonaise peut être perdue, posant la question de la légitimité d'une modernité sécularisante, tout comme 'Himizu' de Sion Sono met en scène des enfants quasiment livrés à eux-mêmes.

Enfin, la SF japonaise, surtout présente dans le monde de l'animation, est également une partie notable de ce cinéma, avec des oeuvres cultes comme Ghost In the Shell, Akira ou Avalon. Naturellement, venant d'un pays à la point de la technologie, il est fascinant de voir comment les réalisateurs imaginent un futur, souvent dénué de tout espoir et preuve du questionnement constant de soi et de l'avenir d'une humanité globalement assez peu encourageant.

Les traditions ont donc un poids certain sur le 7e Art comme il s'est développé dans ce pays - doux car souvent étudié d'une manière délicate, faisant du cinéma japonais un cinéma souvent contemplatif (Kore-eda, Ozu, Takahata, Oshii...), bien que des oeuvres totalement nerveuses soient également souvent produites (Sono, Kon, Hosoda...). C'est un cinéma cependant plutôt doux car subtil, et ce poids des traditions, quant il est utilisé subtilement, nous rappelle pourquoi c'est un cinéma si unique.

Notes :
- 10 (4)
- 9 (4)
- 8 (26)
- 7 (31)
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- 3 (1)
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Photo : Chishû Ryû

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