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Au fil des bobines : cinéma 2019

Avatar Aurea Liste de

89 films

par Aurea

C'est à cette liste que j'ajouterai tous les films sortis en 2019, que je verrai.

Jacques Gamblin en Facteur Cheval dans le film de Nils Tavernier

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    L'Incroyable Histoire du facteur Cheval (2019)

    1 h 45 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Nils Tavernier avec Jacques Gamblin, Lætitia Casta, Bernard Le Coq

    Vu en avant-première le 14 Octobre 2018, à mon cinéma d'art et essai, en clôture des RDV de l'Histoire.

    Très belle réalisation : un travail de peintre et d'orfèvre et une interprétation remarquable de Jacques Gamblin, notamment dans le rôle titre.
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    Petra (2019)

    1 h 47 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Jaime Rosales avec Bárbara Lennie, Alex Brendemühl, Marisa Paredes

    "Petra" de Jaime Rosales, drame dépressif autour de la filiation et de la paternité.

    Film espagnol de Jaime Rosales avec Barbara Lennie et Marisa Paredes. Une trentenaire à la recherche de son père croit l’avoir trouvé en la personne d’un sculpteur célèbre, pervers narcissique et manipulateur. Entre meurtres, suicides et coups de théâtre artificiels, une oeuvre dépressive
    sauvée, en partie, par l’interprétation.des acteurs principaux."

    Pas prise du tout par cette histoire désincarnée que j'ai trouvée passablement ennuyeuse.
    Film vu en avant-première au Festival de La Rochelle début juillet 2018
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    Colette (2019)

    1 h 52 min. Sortie : . Biopic, drame et historique.

    Film de Wash Westmoreland avec Keira Knightley, Dominic West, Eleanor Tomlinson

    "L'histoire vraie de COLETTE débute lorsque la simple fille de la campagne, jeune mariée du célèbre écrivain, mais indigent, Henri "Willy" Gauthier-Villars, fait son entrée dans la haute société parisienne dans les années 1900. S'ennuyant dans sa nouvelle existence, elle rédige des journaux regorgeant de ses fantasmes sexuels, qui sont finalement publiés comme la série de nouvelles Claudine sous le nom de Willy. Les récits sensuels cartonnent, et Willy et Colette deviennent le couple le plus connu de France. Jusqu'à ce que Willy finisse par la trahir.

    Ce ne pouvait pas être évidemment notre Colette nationale, sulfureuse et savoureuse, mais j'ai trouvé la réalisation très soignée et le jeu de Keira plus qu'honnête : une note qui tient compte de ces points positifs essentiellement.
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    Asako I&II (2019)

    Netemo sametemo

    2 h. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Ryusuke Hamaguchi avec Masahiro Higashide, Erika Karata, Rio Yamashita

    "C’est une idée éminemment proustienne : le premier amour dépose en nous une trace indépassable après laquelle on ne cesse plus jamais de courir. Asako fait cette découverte fondamentale, que l’on n’aime jamais vraiment quelqu’un pour lui-même, mais pour ce qui se perpétue à travers lui de cette secousse inaugurale. Baku dans Ryohei ou Ryohei dans Baku ne sont autres que les deux temps d’une marche amoureuse qu’Asako exécute sans autre guide ou métronome que les seuls battements de son cœur."

    Dit ainsi c'est très beau, mais le film manque un peu de chair et je n'ai pas éprouvé d'empathie pour les personnages, ce qui m'a essentiellement manqué.
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    Edmond (2019)

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Alexis Michalik avec Thomas Soliveres, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner

    Séances de cinéma (2 salles)
    "De lourdeurs boulevardières en affabulations virevoltantes, "Edmond" finit par nous emporter grâce à son panache."

    Eu beaucoup de mal à rentrer dans cette farce à laquelle je ne m'attendais pas, mais heureusement la magie du texte de Rostand sauve un peu le film !
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    La Dernière folie de Claire Darling (2019)

    1 h 34 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Julie Bertuccelli avec Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Samir Guesmi

    Claire Darling est certaine qu’elle va mourir ce soir. Cette belle vieille dame (Catherine Deneuve, cheveux blancs, impériale dans un mélange d’autorité et de déséquilibre) n’a plus vraiment sa tête. Ou alors, au contraire, a-t-elle raison, soudain, de vider fiévreusement sa maison et de brader, sur la pelouse, tous ses meubles, ses tableaux et ses bibelots de collection ? Car les souvenirs font mal, et les objets aimés peuvent être des prisons…
    Guillemette Odicino

    Quelques belles idées, nimbées d'une poésie mélancolique, dans ce film, porté par une C.Deneuve, impériale en effet, mais le contraste avec sa fille Chiara est assez saisissant : on ne peut pas dire que celle-ci joue mal mais elle manque totalement de grâce et de moelleux.

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    L'Ordre des médecins (2019)

    1 h 33 min. Sortie : . Drame.

    Film de David Roux avec Jérémie Renier, Marthe Keller, Zita Hanrot

    "Dans la reconstitution du quotidien d’une équipe médicale comme dans la transmission d’émotions intimes, la mise en scène est d’une impressionnante justesse. De sorte qu’on passe avec fluidité, sans même s’en rendre compte, d’un film hospitalier à une histoire de famille. Entouré de seconds rôles forts, de la sœur (Maud Wyler) à l’interne (Zita Hanrot), en passant par la mère (Marthe Keller), Jérémie Renier trouve là l’un de ses plus beaux rôles. Ni héros ni salaud : juste un fils."

    Jérémie Renier (Simon) est d'un extraordinaire naturel, s'emparant de son rôle avec brio et ne serait-ce que pour lui, dans son face à face avec sa "mère", formidable Marthe Keller, le film vaudrait la peine d'être vu.

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    La Mule (2019)

    The Mule

    1 h 56 min. Sortie : . Drame, gangster et thriller.

    Film de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Bradley Cooper, Laurence Fishburne

    « Une bonne part de La mule se raccorde directement à la vie de Clint, nous confie le critique et historien du cinéma Todd McCarthy, familier d'Eastwood depuis plusieurs décennies. Je veux parler de la culpabilité que le film exprime, le sentiment d'avoir négligé des membres essentiels de sa famille, d'avoir fait passer le travail avant eux, de ne pas avoir été le père ou le mari qu'il aurait dû être. »

    Marié et divorcé deux fois, l'ex-inspecteur Harry a eu huit enfants avec une demi-douzaine de femmes différentes (parfois de façon simultanée, faisant la joie de la presse à scandale), tout en tournant en moyenne deux ou trois films par an. « Quand on se consacre à la création et de façon aussi prolifique que Clint, on sacrifie forcément quelque chose, poursuit McCarthy. A mon sens, c'est la première fois qu'il traite directement le sujet dans son œuvre. »

    Un film où Clint se livre en effet, incroyablement touchant dans ce message qu'il nous adresse, tel qu'en lui-même, alors on oublie que son film n'est pas exempt de défauts car l'homme est sincère et vrai.
  • Bande-annonce

    Green Book : Sur les routes du sud (2019)

    Green Book

    2 h 10 min. Sortie : . Drame, biopic et road movie.

    Film de Peter Farrelly avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini

    "En jouant sur l’inversion du rapport de domination, Green Book a plus à offrir qu’un décalque de Miss Daisy et son chauffeur. L’opposition entre le prolétaire videur de boîte de nuit, gentiment beauf et xénophobe comme l’Américain moyen dans les années 1960, et son élégant patron noir, qui n’a jamais mangé de poulet frit avec les doigts, échappe à la caricature en se déplaçant sur le terrain politique.

    Car Peter Farrelly connaît ses classiques. S’il appuie le trait, multiplie les répliques spirituelles et déroule sans sortir des clous la fable sur la tolérance annoncée, il convoque la modestie et l’humanisme de Frank Capra, dont l’histoire n’a souvent retenu que l’optimisme volontariste, sans percevoir le désespoir.

    La réconciliation entre ­Viggo Mortensen et Mahershala Ali — tous les deux au sommet de leur art — possède cette profondeur-là. Dans un pays où les Noirs sont encore plus souvent tués par la police aujourd’hui qu’ils n’ont été lynchés pendant la ­ségrégation, il semble utile de faire preuve de pédagogie et d’humour pour rappeler cette page sombre, et sans doute ignorée par les plus jeunes, de l’histoire récente des Etats-Unis. Développer un récit simple n’exclut pas de rester subtil, par exemple, quand il s’agit de révéler l’homosexualité du pianiste et la belle réaction de son ange gardien — mélange de pudeur et d’empathie.."

    Belle leçon d'humanité à partir d'une histoire vraie portée par deux acteurs qui se complètent merveilleusement.
    Un film très émouvant, une oeuvre populaire au meilleur sens du terme qu'il est bien difficile de ne pas aimer.
  • Bande-annonce

    My Beautiful Boy (2019)

    Beautiful Boy

    2 h 01 min. Sortie : . Drame.

    Film de Felix van Groeningen avec Steve Carell, Timothée Chalamet, Maura Tierney

    "Un bon père de famille confronté à l’addiction de son fils. Avec sa BO trop séduisante et sa lumière flatteuse, le film n’a de cesse d’aseptiser son sujet.

    David Sheff est inquiet : son fils, Nic, se drogue, d’une substance hautement addictive qui ne laisse aucun répit et que peu de chance de rémission totale, la méthamphétamine. Journaliste de profession, David est attentionné, patient, tolérant, il cherche à comprendre, à aider : c’est un bon père. Pour ne rien gâcher, Steve Carrel lui confère toute la décence morale dont un personnage peut rêver. Nic, de son côté, est un brave garçon : curieux, cultivé, gentil, il a de surcroît les traits avantageux et la brillance naturelle de Timothée Chalamet. Alors qu’est-ce qui ne va pas ?"

    Décidément je n'accroche pas aux films de van Groeningen qui semble se spécialiser dans les gros mélos, ceux qui ne me touchent pas vraiment et ce, malgré l'excellence des deux comédiens principaux : Steve Carell, le père et Timothée Chalamet le fils.
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    Une intime conviction (2019)

    1 h 50 min. Sortie : . Drame.

    Film de Antoine Raimbault avec Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas

    Séances de cinéma (3 salles)
    "Le réalisateur s’inspire de faits réels — la disparition de Suzanne Viguier et le deuxiè­me procès, en 2010, de son époux, ­défendu par Eric Dupond-Moretti —, mais ajoute un beau personnage inventé : Nora, jurée lors du procès en appel, animée d’une intime conviction si puissante qu’elle s’impose au défenseur pour l’aider sur le dossier, de jour comme de nuit, sacrifiant sa propre vie. Une sorte d’Erin Brockovich sans sourire."

    Un film très documenté et prenant qui se joue entre deux interprètes bluffants Marina Fois et Olivier Gourmet : l'attention ne se relâche pas.
    Seul, l'accusé paraît un peu trop passif, mais il faut dire que 10 ans ont passé et qu'il n'a plus la force de se battre.

    Au-delà des scènes de tribunal, immersives et fidèles à la procédure judiciaire française (pas d’« objection votre honneur ! » à l’américaine), le film captive en s’attachant à la quête de vérité compulsive de cette justicière ordinaire, avec une mise en scène toute en pulsations nerveuses. Qui, de Marina Foïs, proche de la transe, ou d’Olivier Gourmet, royal dans la robe du célèbre avocat, est le plus impressionnant ? Verdict impossible.
    Guillemette Odicino
  • Bande-annonce

    La Favorite (2019)

    The Favourite

    1 h 59 min. Sortie : . Historique, drame, comédie, biopic et thriller.

    Film de Yórgos Lánthimos avec Olivia Colman, Emma Stone, Rachel Weisz

    "Enlisé dans une mise en scène tarabiscotée, à la fois tragique et comique, au détriment de sa narration, le long métrage finit donc par rester en surface dans l’introspection de ses personnages. Dès que de l’émotion se crée, elle est dynamitée par une mise en scène trop chargée. Ce qui fonctionne au début, lasse sur la fin, comme si, à force de s’acharner à vouloir dénoncer les vanités humaines, Yórgos Lánthimos se faisait avoir à son propre jeu.
    En somme, La Favorite surprend par ses ambitions, séduit parfois, mais ne restera pas l’œuvre que l’on préférera chez ce cinéaste de l’absurde et de l’étrange que l’on a connu plus tranchant."

    Pas apprécié, en ce qui me concerne, cette "Favorite" dont on aurait aimé voir l'évolution, laquelle est inexistante.
    M'y suis ennuyée ferme.
  • Bande-annonce

    Grâce à Dieu (2019)

    2 h 17 min. Sortie : . Drame.

    Film de François Ozon avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud

    Séances de cinéma (2 salles)
    Efficace, très documenté, ce film-enquête dénonce les abus sexuels commis sur des enfants par un prêtre lyonnais, et le silence persistant de l’Eglise catholique face au scandale.

    Où est passé le François Ozon chabrolien, le satiriste de la famille bourgeoise française ? Cette fois, l’auteur de 8 Femmes et Dans la maison filme sans ironie des Lyonnais aisés, catholiques pratiquants et bien peignés. Tout son cinéma en paraît changé. L’explication s’impose vite : les personnages existent réellement, le film, très documenté, raconte leur histoire vraie et évoque des faits graves, les nombreuses agressions sexuelles commises par un prêtre sur de jeunes scouts, endant les années 1980.
    Louis Guichard

    Un film dans lequel je suis entrée d'emblée grâce à la présence et au jeu toujours inspiré de Melvil Poupaud.
    Ce n'est pas un documentaire mais il s'en approche, ce qui n'empêche pas l'émotion : un film nécessaire.
  • Bande-annonce

    Le Mystère Henri Pick (2019)

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Rémi Bezançon avec Fabrice Luchini, Camille Cottin, Alice Isaaz

    Séances de cinéma (1 salle)
    "Comme on peut le voir dans la bande-annonce, Luchini incarne un célèbre critique littéraire convaincu de l'imposture d'un auteur s'embarquant dans une enquête rocambolesque en compagnie de la fille de celui-ci. La tâche va s'avérer plus compliquée que prévu pour nos deux détectives, sortes de Sherlock Holmes et Watson amateurs, partis sur les traces de l'énigmatique Henri Pick décédé deux ans auparavant..."

    Un film plaisant et le talent de Luchini : divertissant.
  • Bande-annonce

    La Chute de l'empire américain (2019)

    2 h 09 min. Sortie : . Comédie, policier et drame.

    Film de Denys Arcand avec Alexandre Landry, Maripier Morin, Rémy Girard

    Un butin tombe dans les mains d’un intello fauché. Une hilarante satire du système capitaliste rongé par l’argent sale, par l’auteur des Invasions barbares.

    Après Le Déclin de l’empire américain (1986) et Les Invasions barbares (2003), Denys Arcand revient pour clore sa trilogie avec un réjouissant film d’arnaque, dans le fond comme dans la forme, qui ne cesse de muter — comédie sentimentale, polar, satire politique ? La scène d’ouverture, hilarante, montre un couple en pleine rupture. A sa petite amie, consternée, Pierre-Paul Daoust, 36 ans et un doctorat en philosophie, explique que l’intelligence est un handicap pour réussir — il est chauffeur-­livreur. « Les vraies gens intelligents ne passent pas à la télé, dit-il, et ne votent pas Trump. » S’ensuit une séquence de braquage qui tourne si mal que des sacs de billets appartenant à un gang échouent aux pieds du héros, tout à coup nettement moins philosophe, et bien décidé à en faire bon usage. En commençant par la location des services d’une call-girl, forcément délicieuse, puisqu’elle a choisi de se surnommer Aspasie, comme la première grande prostituée, amie de Socrate...
    Guillemette Odicino

    C'est drôle et bien réalisé et sous la satire perce une compassion de bon aloi, touchante mais sans misérabilisme.
  • Bande-annonce

    Celle que vous croyez (2019)

    1 h 41 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Safy Nebbou avec Juliette Binoche, François Civil, Nicole Garcia

    "En adaptant le roman de Camille Laurens, le réalisateur aborde plusieurs vertiges : la peur de vieillir, bien sûr, et de l’abandon, mais aussi le mystère amoureux, où les mots et la voix de l’être désiré comptent autant que l’enveloppe charnelle. Le réalisateur donne, d’ailleurs, une construction savante au récit, surprenant jusqu’à la fin, et entretient le suspense par sa mise en scène des messages écrits et des appels téléphoniques. De même, une thérapeute-confidente ­(Nicole Garcia) finit par prendre des ­allures de détective, sur la belle musique de polar signée Ibrahim Maalouf.

    Plus que la toxicité des réseaux sociaux où tout peut s’inventer, c’est bien le mensonge, aux autres et à soi, qui est décortiqué dans ce thriller romanes­que et singulier. Face à François Civil, parfait en romantique moderne, Juliette Binoche a rarement été aussi fascinante : égarée ou sensuelle, elle fait fusionner Claire et Clara dans son apparence même, comme si l’amour la rajeunissait. Une nouvelle Mme de Merteuil pour ces liaisons dangereuses virtuelles."
    Guillemette Odicino

    Belle interprétation de Juliette Binoche, en revanche le jeu assez "rigide" de Nicole Garcia dans son rôle de psychothérapeute m'a gênée.
    Un thème intéressant et dans l'air du temps qui fait désormais partie de notre vie.
  • Bande-annonce

    Long Way Home (2019)

    Night Comes On

    1 h 27 min. Sortie : . Drame.

    Film de Jordana Spiro avec Dominique Fishback, Tatum Marilyn Hall, Nastashia Fuller

    "Angel aura 18 ans dans quelques jours. Mais elle sort d’une prison pour mineurs, avec, à son passif, une carrière déjà longue dans la délinquance. C’est surtout une jeune-fille perdue, assommée par une enfance difficile, dont on perçoit l’intense douleur dans ces beaux ralentis qui filment, depuis le car où elle va rejoindre sa jeune sœur Abby, les paysages de la Pennsylvanie. Le ton est donné dès les premières séquences d’une oeuvre qui choisit délibérément la pudeur et la sobriété pour mettre en scène le duo sensible de ces deux jeunes sœurs, Angel et Abby."

    Un film qui ne verse jamais dans le misérabilisme et la surenchère, pudique et touchant, même si maladroit parfois d'où mon 6 coeur.
  • Un jour à Paris en 1775 (2019)

    52 min. Sortie : . Historique.

    Documentaire

    Réalisateur : Sigrun Laste

    "Paris, 1775, à la veille de la Révolution : un étonnant voyage dans le temps grâce au quotidien revisité d'un jeune perruquier parisien. Une série de documentaires-fictions historiques très documentés qui fait revivre une époque au travers d'un personnage.

    En 1775, à la veille de la Révolution, Paris est plus que toute autre la capitale du luxe et de la mode. La noblesse vit dans le plus grand faste, et nombreux sont ceux qui veulent imiter, grâce à des bijoux fantaisie et des vêtements de seconde main, les modèles qui paradent à Versailles. Aux côtés du jeune perruquier Léonard Minet, nous vivons une journée type au cœur de cette ville cosmopolite et contradictoire, où le quotidien de nombreux Parisiens pauvres est marqué par la faim et de déplorables conditions d’hygiène. Parfums capiteux et pièges à puces remplacent bien souvent l’usage de l’eau lors de la toilette matinale. Léonard rêve d’échapper aux structures rigides et répressives de l’Ancien Régime et voit dans la profession émergente de coiffeur pour dames l’occasion d’exprimer une créativité bridée. Il conçoit alors, contre l’avis de son père, des créations capillaires extravagantes qui ne passent pas inaperçues à la cour."

    Un documentaire fiction jamais ennuyeux et tout à fait instructif : le plaisir est aussi au rendez-vous.
  • Bande-annonce

    Les Témoins de Lendsdorf (2019)

    Ha Edut

    1 h 28 min. Sortie : . Drame.

    Film de Amichai Greenberg avec Ori Pfeffer, Rivka Gur, Hagit Dasberg

    "« Le propre de l’Homme, c’est l’oubli ». Une petite phrase loin d’être anodine dès lors qu’il est question des exactions du Troisième Reich. La question de l’identité israélienne, et par extension du peuple juif dans son ensemble, au regard de la mémoire de ce passé douloureux est alors posée. Faut-il dès lors voir de la maladresse ou de la pudeur de la part de Greenberg lorsqu’il s’interdit de s’engouffrer dans cette brèche idéologique, préférant se concentrer sur son personnage principal ? Le traitement du sujet de ce lourd héritage prend, rapidement et sans surprise, une tournure bien plus intime pour Yoel dès l’instant où le passé de sa propre mère se retrouve mêlé à ses recherches historiques. Et tandis qu’il remet en question sa propre identité, sa relation avec son neveu, qu’il prépare à sa Bar-mitzvah, en vient à être elle aussi ébranlée, permettant au réalisateur de mettre en avant les difficultés de transmettre cette identité juive de génération en génération."

    On aurait aimé en savoir davantage sur le personnage très (trop) mutique de la mère, personnage clé s'il en est dans l'évolution de Yoël.
    Mais j'ai plutôt aimé la réalisation sobre et digne du film sur un tel sujet.
  • Bande-annonce

    Ma vie avec John F. Donovan (2019)

    The Death and Life of John F. Donovan

    2 h 03 min. Sortie : . Drame.

    Film de Xavier Dolan avec Kit Harington, Jacob Tremblay, Susan Sarandon

    "l n’y aurait qu’à fusionner cet enfant surdoué légèrement tête à claques et cet acteur torturé pour obtenir le portrait-robot du cinéaste. Bien loin de s’ouvrir à d’autres horizons, Dolan se recroqueville une nouvelle fois sur ses thèmes fétiches et témoigne d’un désir de régression pleinement assumé. Régression vers un narcissisme primaire, vers l’époque bénie des séries télévisées des années 1990, vers la pop sirupeuse, mais aussi, et surtout, vers l’amour maternel à qui Dolan offre ici une scène de retrouvailles sous la pluie digne d’une comédie romantique."

    Quelques fulgurances mais beaucoup de redites et de redondance dans un film très nombriliste.
  • Bande-annonce

    M (2019)

    1 h 45 min. Sortie : .

    Documentaire de Yolande Zauberman

    "« M », un documentaire choc réalisé par Yolande Zauberman, s’attaque à la pédophilie dans les milieux juifs ultra-orthodoxes.
    La réalisatrice a ainsi suivi pendant deux ans Menahem Lang, M, âgé aujourd’hui de 35 ans, dans sa ville natale de Bnei Barak, – ville israélienne qui compte, avec Jérusalem, la plus grande communauté de Juifs ultra-orthodoxes dans le monde.
    Dans le documentaire, l’homme se replonge dans son douloureux passé et part sur les traces des prédateurs qui l’ont violé durant son enfance.
    « J’étais un porno kid, un garçon destiné au plaisir des hommes», se présente-t-il dans le film.
    Avant ce documentaire, Menahem avait déjà réussi à faire avouer à l’un de ces bourreaux ses crimes, tout en le filmant. Un scandale avait alors éclaté dans la communauté ultra-orthodoxe."

    On est un peu abasourdi par l'ampleur des faits et leur gravité, qui contraste du tout au tout avec cette joie de vivre qu'affiche Menahem, semblant dissimuler sa douleur derrière un sourire éclatant, lequel se mue parfois en cris de rage à l'évocation de ce qu'on lui a fait subir.
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    Euforia (2019)

    1 h 55 min. Sortie : . Drame.

    Film de Valeria Golino avec Riccardo Scamarcio, Valério Mastandrea, Isabella Ferrari

    "Ils sont deux frères opposés autour d’une mère envahissante, qui ne fait pas vraiment dans la délicatesse. Matteo est riche, très riche, voire trop riche, là où son frère, Ettore, appartient à la classe moyenne des professeurs. L’un, gay, dépense sans compter, dans son appartement romain d’un luxe éblouissant, et l’autre, hétérosexuel, préfère à la vie bobo romaine, la profondeur des livres et la beauté de la nature. Et pourtant, la maladie va réunir les deux frères, mettant le talent de l’un à rendre supportable le choc des traitements pour l’autre."

    Un peu agacée, au début par l'outrance affichée de Matteo, je me suis vite rendu compte que cette apparence superficielle et vaine cachait un homme seul et malheureux aimant profondément son frère et capable de se
    sacrifier pour lui.
    Le film est parfois un peu "lourd" dans sa démonstration mais je retiens d'abord cette relation très forte et très belle entre les deux frères.

  • Bande-annonce

    Dernier Amour (2019)

    1 h 38 min. Sortie : . Drame.

    Film de Benoît Jacquot avec Vincent Lindon, Stacy Martin, Valeria Golino

    Séances de cinéma (5 salles)
    Grande déception devant la manière dont le cinéaste s’empare de la figure de Casanova. Aucune émotion n’émane de ce personnage chuchotant, raide, qui restitue avec application tous les signes extérieurs de la passion. Vincent Lindon semble mal à l’aise dans la peau d’un séducteur découvrant le vertige d’aimer, et le registre purement doloriste dans lequel le maintient le réalisateur révèle vite ses limites. Dernier Amour reste avant tout académique, amidonné. Lorsque Vin­cent Lindon s’entête à dire à Marianne qu’il ne l’aime pas, on ne peut s’em­pêcher de penser au personnage de Valmont (John Malkovich) dans Les Liaisons dangereuses. Autrement plus cruelle était la mise en scène des souffrances intimes du manipulateur finalement touché au cœur dans le film de Stephen Frears. — Hélène Marzolf

    Et que dire de Stacy Martin qui ne dégage absolument rien?!
    Un film qui m'a vu bailler bien des fois : seul l'ennui était au rendez-vous.
    Mais la nature était belle et permettait de respirer un peu.
  • Bande-annonce

    Sunset (2019)

    Napszállta

    2 h 21 min. Sortie : . Drame.

    Film de László Nemes avec Juli Jakab, Vlad Ivanov, Evelin Dobos

    "Là où on attendait du cinéaste hongrois László Nemes la même puissance que son premier long-métrage, le film faillit désespérément dans une succession de séquences, peu ou pas convaincantes, dont on peine à trouver un fil conducteur."

    À vouloir trop en faire, Nemes lasse le spectateur et l'ennui se fait cruellement sentir : dommage !
    Heureusement décors et costumes sont réussis:-)
  • Bande-annonce

    Dumbo (2019)

    1 h 52 min. Sortie : . Aventure et fantastique.

    Film de Tim Burton avec Colin Farrell, Michael Keaton, Danny DeVito

    "Le scénario replace l’action au lendemain de la guerre de 14. Dans le cirque provincial de Max Medici (Danny DeVito, impérial), le petit éléphant né avec de trop grandes oreilles est confié à la garde d’un ex-cow-boy star (Colin Farrell), revenu d’Europe avec un bras en moins, incapable de reprendre son numéro de voltige à cheval. Mais ce sont ses enfants, et surtout la petite Milly, qui croient au pouvoir singulier du bébé pachyderme. Entraînement, échec et moqueries, tristesse infinie d’être séparé de sa mère, la célèbre Madame Jumbo (achetée à un patron de cirque allemand qu’interprète le grand Lars Eidinger, venu de sa Schaubühne berlinoise). Le terrain est connu pour les fans du dessin animé de 1941, auquel Tim Burton fait référence de façon exemplaire : reprise ou citation des morceaux musicaux, y compris la géniale suite psychédélique Pink Elephants on parade, clins d’œil subtils, une cigogne ici, un corbeau là."

    Le bébé éléphant est on ne peut plus craquant avec ses petits yeux bleus tristes et innocents : le clou du film c'est bien lui : il est irrésistible.
  • Bande-annonce

    Boy Erased (2019)

    1 h 55 min. Sortie : . Drame.

    Film de Joel Edgerton avec Lucas Hedges, Nicole Kidman, Joel Edgerton

    "Boy Erased est adapté des mémoires de Garrard Conley, Boy Erased : A Memoir of Identity, Faith, and Family, publiées en 2016. Conley a été approché par Joel Edgerton qui souhaitait porter son récit à l'écran afin de sensibiliser le public à la toxicité des thérapies de conversion. C'est par le biais de la productrice Kerry Kohansky-Roberts que le réalisateur a découvert le livre. Il lui semblait primordial de ne diaboliser personne...

    Joel Edgerton espère que ce film relancera le débat autour des thérapies de conversion, encore pratiquées dans des centaines de pays : "On ne s’adresse pas seulement aux personnes qui ont suivi une thérapie de conversion mais également à leurs proches, leur famille.
    J’espère que notre message sera entendu par des parents en proie à ce genre de questionnement et de tourment face à leurs enfants. L’orientation sexuelle ne peut pas être changée..."

    Impensable de se dire et de constater que de tes établissements existent encore en plein XXIème siècle : ce que ce film a le mérite de montrer.
    Pas très convaincue, en revanche , par le jeu des acteurs qui ne dégagent pas grand chose.
  • Tout contre elle (2019)

    1 h 30 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Téléfilm de Gabriel Le Bomin avec Astrid Whettnall, Sophie Quinton, Patrick Timsit

    "Après la mort accidentelle de son amant, la femme d'un industriel en campagne électorale subit un insidieux chantage... Librement adapté de "Spirales", un roman de Tatiana de Rosnay, un thriller psychologique sous haute tension.

    S'éclipsant de la galerie d'art moderne, où elle travaille avec Lucie, sa meilleure amie, Hélène Dewallon rejoint pour un rendez-vous coquin Svend Petersen, son jeune amant. Lorsque ce dernier succombe à une crise cardiaque au cours de leurs ébats, Hélène, prise de panique, prend la fuite. Ébranlée par l'événement, elle tente de cacher son désarroi à son mari, Henri. Dirigeant d'un grand laboratoire pharmaceutique, celui-ci a décidé de se lancer en politique et réclame son soutien pour la campagne électorale qui s'annonce difficile. Mais alors qu'Hélène pense son secret bien gardé, une certaine Alice Mercier demande à lui parler. La jeune femme tient à lui remettre la pochette contenant ses papiers d'identité et qu'elle a oubliée dans l'appartement de Svend…"

    Un thriller qui fait son petit effet, grâce notamment au jeu excellent de Sophie Quinton (Alice Mercier) qui se livre à un chantage affectif où il n'est pas question d'argent mais de temps et "d'amour".
    Une fin totalement amorale et surprenante.

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    Eric Clapton : Life in 12 Bars (2019)

    Eric Clapton: A Life in 12 Bars

    2 h 15 min. Sortie : . Musique.

    Documentaire de Lili Fini Zanuck avec Eric Clapton, Duane Allman, Ginger Baker

    " Eric Clapton chante le blues, cette musique venue tout droit des champs de coton du sud des Etats-Unis à travers laquelle les esclaves afro-américains au cours du 19ème siècle expriment leur souffrance d’une vie de coups et d’injustices. Et en ce qui concerne les mauvaises surprises que peut vous réserver l’existence, force est de constater que le chanteur musicien n’a pas été épargné.
    Né en Angleterre en 1945, il est abandonné très jeune par sa mère. Il découvre à l’âge de neuf ans que ceux qu’il prenait pour ses parents sont en vérité ses grands-parents, que Patricia qui vit au Canada et qu’on lui a toujours présenté comme sa sœur n’est autre que sa mère. Déstabilisé par les mensonges de sa famille, il se replie sur lui-même et a peu de centres d’intérêt. En cette fin des années 50, une émission de radio diffuse quelques notes de blues, genre musical pourtant peu plébiscité par la bonne société britannique d’après-guerre. Il n’en faudra pas plus pour qu’il trouve sa voie. Cette musique faite de rythme et d’harmonie (qui donnera naissance à Rock and Roll) qui le conduira certes vers bien des excès devient sa raison d’être et finira même par le sauver d’une vie semée de trop de drames. "

    Très beau documentaire d'une grande puissance qui s'attache aux blessures de l'homme plus encore qu'à l'artiste et c'est bouleversant.

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    Blanche comme Neige (2019)

    1 h 52 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Anne Fontaine avec Lou de Laâge, Isabelle Huppert, Charles Berling

    "Là où, dans la littérature pour enfants, les schémas simplifiés conduisent à l’identification, ils laissent de marbre au cinéma. Difficile en effet pour les adultes que nous sommes de trouver dans les héros qui peuplent le film d’Anne Fontaine matière susceptible de nous concerner.Quand le conte ouvre un vaste champ à l’imagination, Blanche comme neige le referme en précisant le temps et l’endroit où l’histoire s’enracine.
    A l’époque contemporaine dans laquelle se situe le film, face à une Blanche-Neige que la cinéaste a souhaité émancipée, la marâtre prend un autre sens.

    La méchante sorcière offre désormais l’image d’une femme que la vieillesse aigrit à force d’être invisible aux regards masculins. Le propos féministe alors s’autodétruit. Aux dépens des hommes qui trimballent leurs haillons de misère. La mise en scène, elle aussi, impose quand on aurait aimé qu’elle suggère. Gros plans qui empruntent aux peintres de la renaissance pour magnifier la sensualité de Claire, à Hitchcock pour fabriquer le suspense quand débarque la marâtre, plans larges sur la forêt brumeuse pour signifier la dimension fantastique… Autant d’artifices qui, loin de faire oublier l’incohérence du propos, l’aggravent."

    J'ai trouvé le propos assez artificiel : on ne saisit pas cette frénésie de sexe qui s'empare de Claire, on ne voit pas la moindre évolution et c'est dommage car le film avait un vrai potentiel, d'où mon 6.
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    L'Adieu à la nuit (2019)

    1 h 43 min. Sortie : . Drame.

    Film de André Téchiné avec Catherine Deneuve, Kacey Mottet Klein, Oulaya Amamra

    "L'Adieu à la nuit est né d'une convergence de plusieurs éléments. Parmi eux, le livre de David Thomson ("Les Français jihadistes"), recueil d’entretiens très bruts de jeunes Français partis en Syrie faire le jihad.

    André Téchiné précise :"Pour ces adolescents attirés par le jihad, il y a un « désir furieux de sacrifice ». Je trouvais ça certes brûlant, mais aussi susceptible de ne pas intéresser que moi, mais tout le monde. C’est un sujet clivant et ouvert à la fois. Et ce film ne représente que mon regard sur ce sujet, c’est une proposition de fiction. Quand des adolescents prennent ce nouveau visage « monstrueux », cherchent un nouvel enracinement, c’est comme une conversion maléfique dans un pays inconnu. Cinématographiquement, cela m’amenait vers une dimension de fantastique intérieur."

    Beau film sobre et juste avec une Catherine Deneuve sans fard et très vraie.