Dis Cortex, tu veux voir quoi cette nuit ? (Année 2019)

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407 films

par Nick_Cortex

Allez, c'est reparti pour une nouvelle année !

Pas d'objectif particulier, sinon de faire le plus de belles découvertes possibles. Annotations toujours au programme.

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    L'Île des Miam-Nimaux - Tempête de boulettes géantes 2 (2013)

    Cloudy with a Chance of Meatballs 2

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie et animation.

    Long-métrage d'animation de Cody Cameron et Kris Pearn avec Jonathan Lambert, Pauline Lefèvre, Cyril Lignac

    J'aime commencer une nouvelle année avec un film d'animation, c'est comme ça, chacun ses petits plaisirs. Et je me suis dirigé vers celui-ci, la suite de la grosse surprise qu'avait été Tempête de boulettes géantes, et qui à défaut d'être une suite nécessaire aurait pu être fun.

    Manque de pot, Chris Miller et Phil Lord ne sont pas de la partie cette fois et ça se sent. Le résultat manque singulièrement de ce qui faisait la réussite du précédent, entre son inventivité gaguesque de tous les instants et son écriture maline qui se permettait au passage de taper du doigt sur quelques éléments de la société. Ici, juste un concept sympathique et traité avec une certaine créativité mais qui confirme le fait que tout ceci semble réservé uniquement aux plus jeunes (avouons-le, nous avons tous imaginé des créatures avec la nourriture dans nos assiettes quand nous étions mômes).

    Donc l'humour est plus souvent gamin, les jeux de mots navrants frisent l'overdose (reste à savoir si c'est seulement un coup de la VF médiocre), et le film compte trop sur son animation exagérément cartoonesque pour masquer la pauvreté du script (d'ailleurs j'ai eu l'impression d'une certaine régression graphique personnellement) qui n'apporte rien de neuf aux héros, et ce même s'il y a toujours un petit côté critique qui se dégage. C'est pas affreux, il y a des bonnes choses comme le père de Flint apprenant la pêche à une tribu de cornichons et le flic Earl est toujours drôle, mais qu'on se le dise, c'est loin d'être aussi enthousiasmant et fertile que le premier.
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    Quai des Orfèvres (1947)

    1 h 46 min. Sortie : . Drame et policier.

    Film de Henri-Georges Clouzot avec Louis Jouvet, Simone Renant, Bernard Blier

    C'est quelque chose que j'ai toujours apprécié avec Henri-Georges Clouzot, sa capacité à vraiment faire vivre ses personnages au travers de ses intrigues policières, et comme avec ses autres films, c'est une des choses qui font la réussite de Quai des Orfèvres. Louis Jouvet est impérial dans son rôle d'inspecteur aux répliques qui tuent et qui arrive malgré lui à être très attachant et les personnages qui l'entourent ne sont pas en reste.

    Quai des Orfèvres n'est pas mon favori du réalisateur mais c'est un morceau de choix dans le domaine du policier à la française, avec les qualités de mise en scène de Clouzot qui tire habilement parti du noir et blanc, quelques scènes sont vraiment superbes, même quand ça ne concerne pas toujours l'enquête (Suzy Delair et sa chanson sur son "petit tralala" c'est mignon comme tout quand même). C'est drôle aussi, Clouzot a toujours eu un sens des dialogues qui force le respect.

    Et avec tout ça, il y a une ambiance particulière qui parvient à captiver, d'ailleurs la musique est pas mal présente et vu ce qu'elle apporte, c'est pour la bonne cause. Un très bon film, même s'il manque ce petit je ne sais quoi pour prétendre à un plus haut niveau.
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    Minuscule : La Vallée des fourmis perdues (2014)

    1 h 29 min. Sortie : . Animation et aventure.

    Long-métrage d'animation de Thomas Szabo et Hélène Giraud avec Jean-Paul Guyon et Sarah Cohen-Hadria

    Je ne connaissais que de nom la série Minuscule, je me suis lancé dans le film sans aucun a priori, et au final c'était fort plaisant. J'avais quand même peur que le film ne tienne pas la durée, sachant que ça se base sur un dessin animé au format court, mais si quelques longueurs subsistent, rien de choquant, le rythme est bien maîtrisé, comparé au film d'Oggy et les cafards par exemple, on sent la différence.

    En tout cas j'ai franchement aimé la démarche du métrage, dans cette façon de narrer une bataille entre deux espèces de fourmis. Je ne sais pas ce que ça apportera à ceux qui connaissent très bien la série, mais en tant que débutant, personnellement je suis tombé sous le charme de ce jeu des échelles, Thomas Szabo et Hélène Giraud captant à merveille la différence entre deux échelles, ça donne de l'ampleur à ces insectes progressant dans un monde gigantesque pour eux, c'est renforcé par l'utilisation intelligente des bruitages, d'autant qu'ils sont un bon substitut aux dialogues (et cette mouche a un rire impayable), et ce mélange entre décors réels et animation est chouette, d'autant que les insectes évitent d'être trop anthropomorphisés, n'ayant que leurs grands yeux et leur façon de communiquer pour dégager des émotions, et ça fonctionne !

    L'ensemble est également inventif, avec l'utilisation des objets provenant de l'Homme pour progresser dans les événements (cure-dents, aspirines et même feux d'artifices), assez drôle dans son petit côté cartoon, attendrissant, et aussi mine de rien prenant. Ça doit être le seul film au monde à rendre épique une poursuite entre une boîte de sucre et une canette vide sur un ruisseau. Sans parler de cette bataille finale digne du Seigneur des anneaux. Du beau travail.
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    Le Règne du feu (2002)

    Reign of Fire

    1 h 41 min. Sortie : . Action, aventure, fantastique et thriller.

    Film de Rob Bowman avec Christian Bale, Matthew McConaughey, Izabella Scorupco

    Il y a des films, on les lance en ne s'attendant décemment pas à un chef-d'oeuvre, mais quand ils font ce qu'on était en droit d'espérer venant de ce type de films, on en ressort assez satisfait. Pour moi, Le règne du feu se pose là, à défaut d'être le film du siècle, il est un petit divertissement sympa et sans prise de tête qui exploite bien son terrain de jeu.

    Et donc, si le film est parasité par un bon nombre de défauts, à commencer par les personnages qu'on a parfois plus envie de baffer que de soutenir dans cette résistance face à la menace, les clichés présents à répétition, et les inévitables passages ridicules (le mec à la hache qui s'élance face au dragon, gros rire spontané de ma part), il n'empêche qu'un petit plaisir se dégage, car il y a une qualité que je ne pourrais pas nier, Rob Bowman sait comment rendre les dragons plutôt impressionnants, et moi j'adore les dragons, donc je suis content.

    La réal est donc globalement sympathique, usant astucieusement des dragons pour rendre la menace crédible et présente, les effets spéciaux sont ma foi corrects, quelques scènes envoient, et j'aime cette étrange chimie entre un futur proche et une atmosphère type moyen-âge, ça fonctionne bien. Mais bon après, ce film, c'est surtout pour les dragons et l'univers qu'il se retient, au détriment du reste, donc je ne peux pas monter plus haut.
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    Le Roi scorpion (2002)

    The Scorpion King

    1 h 32 min. Sortie : . Action, aventure et fantastique.

    Film de Chuck Russell avec Dwayne Johnson, Steven Brand, Michael Clarke Duncan

    C'est quand même bête qu'un film aussi cool que La Momie ait engendré une flopée de suites et de dérivés de bas niveau, dont ce Roi Scorpion basé sur l'antagoniste dont je ne me souvenais de pas grand-chose (à part le combat final à s'arracher les yeux) tiré du Retour de la Momie.

    N'empêche, c'est à croire que Chuck Russel n'a eu que du mauvais à son actif après The Mask. Ici on a affaire à un truc le cul entre deux chaises, entre le nanar et la série B, où ce brave The Rock s'en donne à cœur joie pour essayer de sauver les meubles, mais bon, son charisme n'empêche pas le ridicule achevé du spin-off, à l'écriture insipide, aux personnages insipides (mon royaume pour qu'on tue ce comic relief à la noix) et à l'action insipide. Et Dieu sait que j'aime quand un film a pour cadre l'Egypte, mais jamais on ne lui donne de l'ampleur.

    Je vais sauver quelques touches d'humour dans un élan de générosité (et le plaisir de revoir Michael Clarke Duncan) mais à part ça, j'ai suivi l'ensemble d'un œil distrait, heureusement qu'il y avait les tenues affriolantes de Kelly Hu pour me tirer de la torpeur de temps en temps, là par contre ils se sont fait plaisir. Si seulement je pouvais en dire autant pour le reste.
  • La Flibustière des Antilles (1951)

    Anne of the Indies

    1 h 21 min. Sortie : . Aventure.

    Film de Jacques Tourneur avec Jean Peters, Louis Jourdan, Debra Paget

    Un petit film de pirates à l'ancienne de temps en temps, ça fait toujours plaisir, et ici il y a tous les ingrédients pour bien le faire marcher, et tout ce que j'aime, des pirates barbus aux dialogues bien sentis, un trésor, Barbe-Noire, deux bateaux qui se détruisent à coups de canons, un combat avec un ours... C'est fort sympathique.

    En plus ce film a l'avantage de proposer des personnages intéressants dont la femme pirate Anne Providence, personnage assez tragique que j'ai beaucoup aimé, et que j'ai même trouvé touchante la plupart du temps, même qu'elle sait comment faire passer une romance bien négociée ici. Elle a de la prestance et du charisme, Jean Peters se débrouille très bien.

    Jacques Tourneur emballe l'ensemble avec efficacité sans que ce ne soit transcendant mais le boulot est bien fait, ça donne un métrage de pirates divertissant et romanesque qui passe tout à fait pour se détendre un bon coup.
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    Phénomènes (2008)

    The Happening

    1 h 31 min. Sortie : . Drame, catastrophe et fantastique.

    Film de M. Night Shyamalan avec Mark Wahlberg, Zooey Deschanel, John Leguizamo

    Je ne doute pas que M. Night Shyamalan a écrit Phénomènes avec les meilleures intentions du monde, il avait sans doute un bon concept qu'il avait envie d'exploiter, et c'est vrai d'ailleurs, l'idée de base est intéressante. Or, le concept de base est une chose, mais le scénario en est une autre, et le pauvre bougre s'est salement planté (sans mauvais jeu de mots) sur ce terrain.

    Je veux dire, quand on voit un film avec autant d'incohérences la minute, des scènes de suicides si ridicules que je me suis demandé si Shyamalan n'avait pas lu The Book of Bunny Suicides avant, et des moments aussi incongrus que les gens qui courent pour fuir le vent ou Mark Wahlberg qui cause à une plante en plastique, j'ai arrêté de prendre le truc au sérieux, et pour la bonne cause parce que la fin est accablante, avec une pirouette vis-à-vis de l'explication de tout ceci qui se devine dès les premières minutes.

    Du coup c'est parfois rigolo mais je ne pense pas que c'était le but recherché, et je dois pourtant admettre qu'il y a des scènes aussi intéressantes que l'idée générale ici et là, noyées dans un tas d'inepties et l'incapacité générale du réalisateur à instaurer une tension dans ce métrage. Ce n'est pas aidé par les acteurs d'ailleurs, mais en même temps, j'aurais probablement eu la même réaction qu'eux si on me demandait d'imaginer une poursuite face au vent. Shyamalan a littéralement brassé de l'air, sur le coup.
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    Astérix : Le Secret de la potion magique (2018)

    1 h 25 min. Sortie : . Animation, aventure et comédie.

    Long-métrage d'animation de Louis Clichy et Alexandre Astier avec Christian Clavier, Guillaume Briat, Bernard Alane

    On va passer vite fait sur le fait que j'ai sans doute préféré Le Domaine des Dieux, mais personnellement je ne suis pas ressorti déçu de cette nouvelle aventure des irréductibles moustachus menée par Alexandre Astier et Louis Clichy, reprenant le style du précédent au service d'une intrigue inédite, une première depuis Les 12 travaux d'Astérix, et c'est d'une redoutable efficacité.

    Le duo fait preuve d'une inventivité à toute épreuve pour narrer l'aventure, reprenant un peu du Tour de Gaule d'Astérix mais existant d'elle-même et étant au final fort sympathique, avec un chouette traitement du sujet du passage de relais, la science du rythme est bien gérée, et si l'effet de surprise par rapport au précédent est légèrement passé, il n'empêche que les trouvailles hilarantes et variées s'enchaînent (le conseil des druides est quand même vraiment fendard), à la fois dans le style Goscinny et le style Astier. Le climax est certes too much dans son exécution, mais pas si choquant, on avait déjà eu un aperçu des possibilités infinies des potions dans cet univers alors bon, pourquoi pas.

    C'est toujours un plaisir de retrouver les gaulois, les romains menés par un Oursenplus toujours aussi perplexe, il y a même quelques références aux anciens Astérix (dont Les 12 travaux et Cléopâtre) et ça fait plaisir. J'étais de très bonne humeur devant, donc je pardonne les quelques fois, comme le précédent, où Astier et Clichy se laissent un peu aller avec la touche de modernité, ce n'est pas comme si on était face à de la trahison pure et dure et j'apprécie l'audace. Dommage aussi pour la mise en retrait d'Astérix en lui-même, même si au moins ça permet aux autres gaulois de briller aussi, notamment Panoramix. Mais dans l'ensemble, je me suis éclaté.
  • Ma vache et moi (1925)

    Go West

    1 h 09 min. Sortie : . Comédie et muet.

    Film de Buster Keaton avec Ray Thompson, Buster Keaton, Howard Truesdale

    Ce film de Buster Keaton est quand même loin d'être son plus réussi, notamment parce qu'on ne le sent pas aussi inventif sur l'humour burlesque que d'habitude. Le bonhomme nous a habitué à plus de trouvailles humoristiques, plus de morceaux de bravoure, et ici c'est plutôt simple dans les gags, on sourit plus qu'on ne rit devant.

    Mais bon, comme par définition, un Buster Keaton ne peut pas être mauvais, il y a toujours de sacrés moments de comédie de temps en temps (ne serait-ce que la façon de Keaton de traire une vache ou ce passage qui confirme définitivement sa réputation d'homme qui ne sourit jamais), c'est toujours divertissant, et aussi, il y a une chouette intrigue, où l'acteur partage une belle complicité avec une vache, c'est étrangement assez adorable.

    En gros, niveau comédie on est sur du sympathique sans plus, c'est ailleurs que Buster Keaton tire sa force cette fois, ça donne donc un film plein de charme et qui se laisse regarder avec plaisir.
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    Ralph 2.0 (2019)

    Ralph Breaks The Internet

    1 h 53 min. Sortie : . Action, comédie, science-fiction et animation.

    Long-métrage d'animation de Rich Moore et Phil Johnston avec John C. Reilly, Sarah Silverman, Gal Gadot

    L'excellent Les mondes de Ralph méritait bien sa suite et le moins que je puisse dire, c'est que dans cet exercice, Rich Moore montre qu'il aime toujours autant ses personnages et tient à leur donner la meilleure continuité possible et s'il délaisse l'univers des jeux d'arcade pour s'aventurer dans un domaine bien ancré dans notre époque, celui d'Internet, à l'instar du précédent, il évite les pièges dans lesquels il aurait pu tomber et livre une suite maline, aboutie, et même au final supérieure à son aîné.

    Ralph 2.0 ne s'embarque ni dans la glorification de son univers virtuel, ni dans le discours moralisateur martelant ses dangers, la satire est à la fois fine et incisive, mais passe toute seule en adoptant un regard neutre bienvenu sur Internet en général, ça tape juste là où il fallait taper et plus que tout, Rich Moore et Phil Johnston ont eu l'excellente initiative de rester concentrés sur Ralph et Vanellope. Internet est un lieu servant de décor pour une exploitation intimiste des deux personnages, rondement menée et totalement cohérente. On reste au plus près d'eux, ils sont les éléments capitaux de tout ce qui arrive (au point de mettre en retrait les autres personnages comme Félix et Calhoun, ce qui est un peu regrettable, mais pour la bonne cause finalement).

    Et même si Internet reste un décor, l'équipe s'est faite plaisir pour lui donner vie et ça se voit, Moore et Johnston ont puisé dans leur sac à idées sans fin et quasi tous les points d'Internet ont une façon drôle et inventive d'être retranscrite. Ralph 2.0 est justement une perle d'humour, évite de tomber dans le piège du film référence à l'exception d'une seule scène en guise de festival de clins d’œil à la fois judicieusement courte, tordante et intelligente dans son auto-dérision (les princesses), il se montre aussi malin dans son déploiement de gags que dans son écriture. Mais aussi, il pousse encore plus loin l'aspect émotionnel qui émanait du premier film et opte pour une approche vraiment mature de son duo, bien pensée jusqu'au bout.
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    Aquaman (2018)

    2 h 23 min. Sortie : . Action, aventure, fantastique et science-fiction.

    Film de James Wan avec Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe

    Pour parler sérieusement de ce Aquaman, on sent la tentative pour DC d'abattre son dernier atout et probablement définir au passage la tournure définitive de son univers. Et le résultat est un gros morceau régressif qui demande gentiment au spectateur de ne rien attendre de plus qu'un déluge d'action sans interruption ni réelle gravité. J'apprécie la générosité de James Wan dans sa démarche, mais à aucun moment il ne laisse le temps de respirer, d'en apprendre sur l'univers qu'il met en scène alors qu'il y a matière tant il est dense (et mine de rien pas mal impressionnant, avec parfois un petit côté kitsch sympa), ou de s'attacher aux personnages.

    Evidemment, on est loin de Man of Steel et son traitement efficace des enjeux humains, ici on peine à prendre la chose au sérieux, à chaque fois ou presque il y a une explosion pour désamorcer un moment calme de quelques minutes et c'est pénible. Jason Momoa a du charisme en Aquaman, le casting est globalement sympathique, mais ils naviguent dans une écriture médiocre. Aquaman ne compte que sur sa réalisation, et là-dessus, c'est clair que James Wan se fait plaisir, on dirait un gosse jouant avec son coffre à jouets parfois. Il y a des morceaux de bravoure vraiment bons (la plongée dans la fosse avec les centaines de poissons humanoïdes aux trousses), mais dans l'ensemble, j'aurais aimé un meilleur sens de la mesure.

    Sinon, bon je voulais éviter les comparaisons avec Marvel, mais ici, c'est assez embarrassant de les voir tenter de l'humour tant il se vautre constamment. Visuellement il y a du bon et du mauvais, la réal en elle-même est appréciable, on sent la volonté d'iconiser Aquaman par moments. En fait, dans l'ensemble je suis resté assez extérieur à tout ça. Je ne nierai pas avoir pris du plaisir devant certains passages mais après ça ne m'a pas pleinement investi. Et j'imagine que penser au fait que, dans le DCEU, on a commencé avec Man of Steel pour arriver là, ça n'aide pas trop. Donc oui c'est assez fun, mais ça s'arrête là pour moi.
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    Bienvenue à Marwen (2019)

    Welcome to Marwen

    1 h 56 min. Sortie : . Biopic, drame et fantastique.

    Film de Robert Zemeckis avec Steve Carell, Leslie Mann, Diane Kruger

    Je ne savais pas à quoi m'attendre devant, j'entrais dans la salle sans réel a priori, le film m'intriguait mais guère plus. Et quelle surprise ! J'ai été emballé. C'est un film qui, en fait, est aussi imparfait que sincère, et c'est le dernier point qui m'a le plus sauté aux yeux pendant le visionnage, j'ai donc laissé primer le fait que j'ai vraiment été touché par la proposition de Robert Zemeckis.

    Ainsi, je suis donc conscient des défauts, entre des éléments de l'intrigue à la pertinence discutable (Kurt) ou des raccourcis, mais je n'en ai pas été choqué. Zemeckis raconte l'histoire d'un homme solitaire à la vie chamboulée après un crime de haine avec une vraie passion, de la fantaisie, de la comédie et du drame psychologique qui donnent un mélange inspirant grandement la sympathie. Le Zemeckis des grands jours, demandant au spectateur de réveiller le sens de l’émerveillement qui sommeille en chacun de nous.

    Du coup j'ai laissé le sourire et la larmichette parler pour moi pendant presque deux heures, la naïveté générale fait vraiment du bien et j'en suis sorti heureux et touché. Zemeckis m'avait fait avoir de la peine envers un ballon de volley dans Seul au monde, ici il fait la même chose pour des poupées. Enfin, c'est surtout Mark Hogencamp en lui-même qui m'a ému, incarné à merveille par Steve Carell. L'imaginaire déployé est également généreux, en plus d'être visuellement excellent. C'est doux-amer et c'est charmant, un film plein de candeur qui a parfaitement fonctionné sur moi.
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    Opération Muppets (2014)

    Muppets Most Wanted

    1 h 47 min. Sortie : . Aventure, comédie et comédie musicale.

    Film de James Bobin avec Ricky Gervais, Ty Burrell, Tina Fey

    Opération Muppets démarre pied au plancher avec la fin du tournage du premier film et une chanson sur le fait que le studio veut une suite, même si "tout le monde sait que ça ne sera pas aussi bon" (en plus de nous gratifier d'un clin d’œil fendard au Septième sceau), autant dire qu'on se retrouve vite en terrain connu, et pourtant, par rapport au précédent que j'avais adoré, j'ai ressenti un manque de quelque chose pour qu'il soit aussi bon.

    Peut-être la nouvelle intrigue qui, si elle a le mérite d'être décalée de bout en bout et de ne pas tomber dans la répétition du premier, manque du côté nostalgique assez touchant qui faisait la force du film de 2011, avec sa prise de recul sur la place des icônes d'antan dans le monde d'aujourd'hui. Le rythme est aussi plus laborieux, enchaînant les chansons avec moins d'aisance. Mais ça ne fait pas d'Opération Muppets un mauvais film pour autant et la sauce humoristique arrive toujours à faire son petit effet, à grands coups de vannes délirantes et de caméos à gogo (Danny Trejo en tête, hilarant).

    Au moins, d'entrée de jeu ils avaient raison, ce n'est pas aussi bon que Les Muppets de 2011, mais ça occasionne toujours pas mal de fous rires, et les idées amusantes sont de la partie comme ce sosie maléfique de Kermit, à défaut de proposer des nouveaux personnages mémorables et attirant la sympathie comme ceux de Jason Segel et Amy Adams pour le précédent. Mais les Muppets restent les Muppets, et le spectacle est divertissant quoi qu'on en dise.
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    Une chambre en ville (1982)

    1 h 30 min. Sortie : . Drame et comédie musicale.

    Film de Jacques Demy avec Dominique Sanda, Danielle Darrieux, Richard Berry

    C'est drôle parce que j'ai aimé ce film quasi autant que Les demoiselles de Rochefort, mais pour des raisons sensiblement différentes. Ici, l'approche de Jacques Demy est aussi intéressante que déstabilisante, le réalisateur-scénariste-parolier usant d'un aspect assez niais pour ses chansons pour contrebalancer avec le fond très sombre. En fait, les chansons en elles-même ont la majeure partie du temps un ton sombre, ce sont les paroles qui leur donne un aspect naïf. L'équilibre fonctionne bien, jusqu'au jeu des couleurs qui surgit tout le long.

    Il n'empêche, ça a singulièrement vieilli et j'imagine que c'était le risque encouru dès le début, le décalage donnant parfois une impression de faux. Le côté musical en lui-même est bien fichu, à condition d'adhérer aux dialogues chantés, et ce qui touche au drame est plutôt fort, comme je l'ai dit on sent une vraie volonté de séparer un fond sombre et une forme naïve, si bien qu'il y a des moments qui font mouche, d'autres en revanche m'ont laissé de marbre, il faut dire que les personnages suivis manquent d'un côté empathique et le lien entre les deux protagonistes ne surgit jamais à l'écran.

    Jacques Demy aura tout de même signé avec Une chambre en ville un film surprenant, loin d'être parfait, et qui perdra sûrement beaucoup de sa superbe aux yeux de certaines personnes aujourd'hui, mais finalement plutôt joli dans son aspect tragique.
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    10 000 (2008)

    10.000 B.C.

    1 h 49 min. Sortie : . Aventure.

    Film de Roland Emmerich avec Steven Strait, Camilla Belle, Cliff Curtis

    Au début du film, le narrateur, qui n'est autre que Omar Sharif s'il vous plaît, nous dit que "seul le temps peut nous dire ce qui est la vérité et ce qui est la légende", à mon avis c'est une demande à peine voilée du réalisateur, pour nous dire d'oublier toute notion de crédibilité quand on s'embarque dans son film, qui a clairement de quoi faire hurler les historiens.

    Et je suis sûr que Roland Emmerich en a conscience, je veux dire, on ne peut pas autant mettre à mal l'histoire et la géographie sans le faire exprès, avec ses hommes de Néandertal qui parlent anglais, qui ont une superbe dentition et de belles barbes et qui naviguent entre les paysages climatiques variés en quelques jours seulement, ça m'étonnerait donc que le film se veuille historique. Mais le fait est que ça n'empêche pas un résultat franchement fade, où le scénario est un melting pot indigeste et bourré de déjà vu qui ne profite jamais de son univers pour créer quelque chose de trépidant.

    En fait c'est comme la plupart des autres films d'Emmerich, ça a un potentiel nanar ultra élevé (ne serait-ce que des mammouths côtoyant des pyramides et cette jungle avec des poulets carnivores moches) mais c'est au final un navet lisse et chiant, trop couillon pour s'investir mais pas assez pour se fendre la poire. Mais bon, heureusement, cette fois ça ne dure pas plus de deux heures.
  • Hé Arnold ! Mission jungle : le film (2017)

    Hey Arnold ! The Jungle Movie

    1 h 21 min. Sortie : . Animation, aventure et comédie.

    Téléfilm de Raymie Muzquiz et Stuart Livingston avec Mason Vale Cotton, Aiden Lewandowski, Dom Irrera

    Craig Bartlett aura attendu 15 ans pour donner suite au cliffhanger que constitue le double épisode final de la série Hé Arnold, et les fans auront attendu 15 ans pour que leurs questions trouvent leurs réponses, et ce qui se sent à la fin du visionnage, c'est que le créateur de la série avait vraiment tout prévu pour donner la meilleure conclusion possible, et c'est totalement le cas avec ce téléfilm.

    Ça réussit tout ce que le premier film Hé Arnold avait raté : ça offre une aventure trépidante et intéressante, ça utilise brillamment tous les personnages (les principaux dans tout ça restent Arnold, Helga et Gérald, mais les personnages secondaires ont leurs moments aussi), ça offre une réelle continuité à tout ce qui avait été établi avec la série en cinq saisons, et ça boucle l'arc sur Arnold et Helga ainsi que sur les parents d'Arnold de la façon que ça méritait. C'est amusant de se dire que la série a commencé comme une simple série sur la vie d'enfants pour se terminer sur une intrigue de prophétie mais ça marche du tonnerre.

    The Jungle Movie est donc une aventure drôle, entraînante, parfois sombre et même souvent touchante, et définitivement la conclusion que la série méritait. Même si Craig Bartlett a laissé croire qu'il pourrait peut-être y avoir une nouvelle saison faisant suite aux événements de ce film. Dans un cas comme dans l'autre, je serai satisfait.
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    Spider-Man : New Generation (2018)

    Spider-Man: Into the Spider-Verse

    1 h 57 min. Sortie : . Action, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman avec Shameik Moore, Jake Johnson, Hailee Steinfeld

    Note inchangée. Dites que j'exagère si vous voulez mais je suis convaincu que ce film fera date dans l'histoire du film d'animation et du film de super-héros. Un long-métrage explosif, à la liberté créatrice infinie, dont la richesse visuelle et scénaristique saute encore plus aux yeux au second visionnage. Et la plus grande déclaration d'amour possible à Spider-Man, à toutes les formes de Spider-Man toutes différentes et toutes pareilles, à son icône et son impact sur l'inconscient collectif, le héros qu'on peut tous être à condition de toujours se relever. Et le seul mot que j'ai pour un film comme ça c'est : merci.

    - That's all, folks !
    - Y aurait pas des droits d'auteur sur cette tirade ?
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    Le Retour de Mary Poppins (2018)

    Mary Poppins Returns

    2 h 10 min. Sortie : . Comédie, fantastique et comédie musicale.

    Film de Rob Marshall avec Emily Blunt, Lin‐Manuel Miranda, Ben Whishaw

    On a été nombreux à tiquer sur l'annonce d'un nouveau film sur Mary Poppins, et au final il se peut que ce soit un des meilleurs films Disney live de ces dernières années et cette réussite tient dans le coeur mis à l'ouvrage de ce nouveau chapitre, qui déborde indubitablement d'enthousiasme.

    Car si ce retour n'était pas forcément nécessaire dans un sens, il s'avère qu'il l'est finalement dans un autre sens, tout est une question de point de vue pour paraphraser. Ce film nous rappelle à quel point un retour dans la candeur la plus pure peut se montrer salutaire et parvient à faire revivre la magie chez les personnages comme chez le public. La tentative est réussie et Le retour de Mary Poppins est une bulle de bonne humeur menée de main de maître par le réalisateur Rob Marshall, par la charmante Emily Blunt et par le charismatique Lin-Manuel Miranda.

    Souffrant de plus de défauts que le premier film et particulièrement l'ajout discutable d'un antagoniste (qui plus est ridicule et prévisible), le spectacle n'en est pas moins euphorique, nous réconciliant avec une atmosphère naïve et colorée comme si nous avions oublié que ça peut faire un bien fou au moral. Voir un film pareil en fin de décennie 2010 à de quoi réchauffer les cœurs, ce serait dommage de ne pas se laisser entraîner.
  • Bande-annonce

    Element of Crime (1985)

    Forbrydelsens element

    1 h 44 min. Sortie : . Policier, drame et thriller.

    Film de Lars von Trier avec Michael Elphick, Esmond Knight, Me Me Lai

    J'essaye de redonner une chance à Lars von Trier avec sa trilogie Europe, en commençant logiquement par le commencement, et ce n'est pas aujourd'hui que je vais me réconcilier avec le réalisateur danois, il semblerait... Element of Crime ne recense pas autant de problèmes que j'avais avec les autres films de Lars von Trier que j'ai vu, et j'apprécie en soi la tentative voulue ici mais bon sang que c'est loupé.

    J'aime bien être embarqué dans des univers poisseux quand ils sont bien fichus, ici à aucun moment je ne me suis pas senti extérieur à tout ça. Je vais être franc, j'ai très peu compris où l'intrigue voulait en venir. Et ça ne m'a pas aidé à m'investir dans cette histoire de serial killer et de souvenirs par hypnose. C'est long et surtout c'est moche, je vois l'influence mais je ne vois pas une bonne façon d'exploiter le mode sépia, ça fait simplement mal aux yeux alors que quelques plans arrivent à avoir de la gueule.

    C'est juste un gros bordel confus qui m'a constamment laissé sur la touche, mais rien de spécialement insupportable non plus, simplement un gros bol d'ennui me concernant. On verra ce que ça donne pour la suite de la trilogie.
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    La Prisonnière du désert (1956)

    The Searchers

    1 h 59 min. Sortie : . Western, aventure et drame.

    Film de John Ford avec John Wayne, Jeffrey Hunter, Vera Miles

    Ça ne m'étonne pas que ce film de John Ford soit considéré comme son plus grand chef-d'oeuvre, il est définitivement bourré de qualités et il emporte dans son intrigue passionnante. D'abord, c'est d'une beauté visuelle incroyable, les décors et la photographie sont majestueux et la réalisation offre quelques scènes qui font frissonner.

    Ensuite, les personnages sont remarquables dans leur écriture, à commencer par Ethan (impérial John Wayne), bourru solitaire vouant une haine certaine envers les indiens, trouvant dans ce long périple de plusieurs années de quoi enfin atteindre la rédemption et faire la paix avec son côté sombre. La force du récit est là : il prend plusieurs années à progresser, et son impact sur les personnages s'en ressent, notamment donc sur la part d'humanité d'Ethan, à voir son comportement lorsqu'il découvre ce qu'il est advenu de sa nièce après tout ce temps.

    C'est un film sacrément bon, et un western ultra immersif, mais aussi une oeuvre humaine, renonçant au manichéisme quelque soit le camp sur lequel le point de vue se focalise, un voyage initiatique à l'impact notable sur ses personnages. Une éclatante réussite.
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    Epidemic (1987)

    1 h 46 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Lars von Trier avec Susanne Ottesen, Svend Ali Hamann, Udo Kier

    Pour une fois je suis ressorti d'un film de Lars von Trier avec plus de bon en tête que de mauvais. Je ne peux pas dire que l'exercice soit parfait, loin de là, mais il a réussi à m'intriguer. Déjà, on troque le sépia contre le noir et blanc et c'est beaucoup mieux vu que le réalisateur ne savait clairement pas se servir correctement du sépia dans Element of Crime, c'est un plus non négligeable parce que de son côté, le noir et blanc, sans être sensationnel, arrive à instaurer cette ambiance de flou entre ce qui est réel ou non.

    L'écriture reste assez expérimentale mais elle est beaucoup moins confuse que pour le précédent film, en tout cas je ne me suis pas perdu cette fois, j'ai vu parfois où ça voulait en venir. Et c'est assez sympa, le film porte plusieurs idées qui parviennent à accrocher. Le processus créatif de Lars et son scénariste Niels Vorsel, l'aspect critique qui se cache derrière cette épidémie, et bien sûr le brouillage de la frontière du réel, c'est parfois maladroitement géré et il arrive que le film se subisse plus qu'il ne se vive, mais ça arrive à tenir la route globalement.

    "Un film doit être comme un caillou dans la chaussure", dit Lars à un moment, et c'est peut-être vrai mais il y a deux cas de figure : le film poil à gratter, qui démange mais qui questionne et pousse à voir des choses en face, et le film simplement agaçant qu'on a envie d'arrêter, comme le caillou qu'on retire finalement de la chaussure. Epidemic navigue entre ces deux eaux, et il en résulte quelque chose de maladroit, mais d'honnête. Et puis, ce serait mentir de dire que le final n'a pas laissé une certaine empreinte sur moi.
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    Æon Flux (2005)

    1 h 33 min. Sortie : . Action et science-fiction.

    Film de Karyn Kusama avec Charlize Theron, Marton Csokas, Jonny Lee Miller

    Bon, sans surprise, c'était mauvais. J'ai du mal à croire qu'un truc pareil ait pu voir le jour en 2005. C'est moche, mais vraiment moche, tout respire le mauvais kitsch, les lois du bon goût sont défiées sans arrêt. Et c'est mal écrit bon sang. Je ne connais pas la série qui a inspiré ce film, mais je suis pas sûr que ça change quoi que ce soit sur le fait que ce soit écrit avec les pieds, avec 30 millions de flashbacks pour marteler les événements importants.

    Au début j'étais un peu perdu, je suivais de façon perplexe cette brave Charlize Theron (qui a atterri je ne sais comment dans cette galère) parler à Frances McDormand avec une perruque par télépathie, et s'infiltrer avec une autre femme avec des mains à la place des pieds en évitant de la pelouse qui pique, et en fait c'est pour une histoire bateau de clonage et de prise de pouvoir, et grosse scène d'action finale, d'ailleurs l'action, inutile de préciser qu'elle est horrible (ah ben si, je l'ai dit), parce qu'entre les pirouettes de gymnastique jusqu'à l'overdose et le montage épileptique, j'en ai soupé...

    Au final ça vaudrait presque la note minimale mais bon évidemment, Theron agit comme un calmant pour les nerfs oculaires au milieu de la mocheté ambiante, donc forcément ça compte double.
  • Europa (1991)

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Lars von Trier avec Jean-Marc Barr, Barbara Sukowa, Udo Kier

    Troisième et dernier film de la trilogie de l'Europe de Lars von Trier, et sans doute le meilleur. Je peux enfin le dire, un film du réalisateur a réussi à me scotcher, à me prendre aux tripes. A voir la façon dont le film commence avec la voix lancinante de Max von Sydow qui plonge d'entrée de jeu dans un drôle d'état, en guise de séance d'hypnose. C'est adressé au protagoniste, mais parce que c'est exécuté de façon maline, plus d'une fois on dirait que c'est le spectateur qui est visé par la voix off.

    Et c'est monstrueux, cette voix qui obsède tout le long, même quand on ne l'entend pas, car dès qu'elle se manifeste, peu importe ce à quoi elle va conduire, c'est la preuve que c'est le maître du jeu. Ceci au service d'une histoire forte, plongeant dans l'Allemagne peu de temps après la guerre, dont les blessures se referment difficilement. Les choix narratifs de Lars von Trier permettent au récit de marquer et de lui donner un vrai souffle. D'ailleurs, le film est le plus accessible de la trilogie, le délire expérimental confus se fait moins présent, mais ça n'en fait pas un film simplet pour autant.

    De la même façon que le protagoniste, lorsqu'on entre dans cet Europa, que ce soit le continent ou le long-métrage, on n'en sort pas indemne. Pour une fois, la façon dont Lars von Trier manipule son personnage en même temps que son public m'a bien plu, et c'est pourquoi Europa est en ce qui me concerne, de loin, son meilleur film d'entre ceux que j'ai vu.
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    Rock-o-Rico (1992)

    Rock-A-Doodle

    1 h 14 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie et comédie musicale.

    Film de Don Bluth, Gary Goldman et Dan Kuenster avec Phil Harris, Glen Campbell, Eddie Deezen

    Dernier long-métrage de Don Bluth qu'il me restait à voir et comme à peu près tous ceux sortis entre All Dogs Go to Heaven et Anastasia, c'est pas glorieux. En fait, ça partage les mêmes défauts, c'est-à-dire un univers sans cohérence, une histoire maladroitement racontée et des personnages tout à fait inintéressants à suivre.

    L'animation reste de bonne qualité avec un petit côté bizarre se dégageant de temps en temps (par contre je ne dirai pas autant de bien du mélange avec du live action), mais c'est la seule chose qui se démarque de façon positive, le reste est un foutoir indigeste qui part dans toutes les directions, c'est n'importe quoi jusqu'au bout, la faute à un univers sans règles établies alors qu'il y avait matière à quelque chose de sympa et de fun s'ils avaient poussé le concept de coq parodie d'Elvis jusqu'au bout.

    Au final Rock-o-Rico se regarde aussi vite qu'il s'oublie. C'est pas plus mal en fait comparé à quelque chose comme le Lutin magique, mais ça reste extrêmement médiocre pour quelque chose provenant du papa de Brisby.
  • Le Règne des Supermen (2019)

    Reign of the Supermen

    1 h 27 min. Sortie : . Animation, action et science-fiction.

    Film de Sam Liu avec Jerry O'Connell, Rebecca Romijn, Rainn Wilson

    DTV animé DC n°725. La mort de Superman avait les tares habituelles et quelques qualités, ici c'est simplement les tares habituelles.
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    Split (2016)

    1 h 57 min. Sortie : . Thriller et Épouvante-horreur.

    Film de M. Night Shyamalan avec James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley

    Quand un être brisé rencontre un autre être brisé. Split est un film qui ne cesse de gagner en qualité au fur et à mesure qu'il mûrit dans mon esprit, et ce nouveau visionnage confirme tout le bien que j'en pense, en plus de m'avoir ouvert les yeux sur ce que je n'avais perçu qu'en partie la première fois.

    On est bel et bien dans la continuité d'Incassable et M. Night Shyamalan explore ses personnages torturés avec un grand savoir-faire. Non content de livrer un thriller en huis clos absolument flippant et redoutable, il fait preuve d'empathie envers les êtres blessés, différents, brisés dans tous les sens du terme. Deux des trois ados sont fonctionnelles à l'intrigue, Casey en revanche est essentielle. "Les brisés sont les plus évolués", et quand on voit à quel point Kevin et Casey sont importants dans la démarche de Shyamalan, ça résume bien la situation.

    Sinon, James McAvoy est fabuleux dans tous les rôles que Kevin laisse passer, la tension est diabolique, la mise en scène est impeccable en plus de souligner plusieurs fois la spirale mentale troublée de Kevin, et comme je l'ai dit, ça ne m'avait pas totalement frappé la première fois mais ce film n'est pas que terrifiant, il est fort.
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    Godzilla : La Planète des monstres (2018)

    Gojira Kaijû Wakusei

    1 h 28 min. Sortie : . Animation et science-fiction.

    Long-métrage d'animation de Hiroyuki Seshita et Kobun Shizuno avec Kana Hanazawa, Ken'yū Horiuchi, Yūki Kaji

    Mais quel ennui ! C'est dommage quand les ingrédients pour faire un Godzilla frais et intéressant étaient là : un film en animation, un concept intriguant plaçant le contexte environ 20 000 ans après que les humains aient quitté la planète à cause de l'apparition de Godzilla et des Kaijus, bref, qu'est-ce qui pouvait rater ? Ben, le film en lui-même apparemment...

    D'habitude je ne suis pas contre un film qui prend son temps avant d'envoyer l'action, histoire d'installer une ambiance, des personnages, et tout ça, mais bon sang que ce film est long à démarrer et pour rien du tout ! On se tape juste des personnages inintéressants et qui n'attirent pas la sympathie, on se tape plein de blabla technique vain pour masquer le vide scénaristique parce qu'à côté de ça, pas mal de choses restent dans le flou (les Exif), et on s'ennuie ferme.

    Et quand intervient finalement Godzilla, c'est toujours décevant. Les scènes d'action ne sont pas agréables à voir (le mélange des styles d'animation est foireux), le côté majestueux et imposant de Godzilla n'est instauré que trop tardivement, on le voit peu dans tout ça d'ailleurs, mais contrairement au film de Gareth Edwards, là on ne sent pas la menace, aucune suggestion, on se contente d'attendre sagement qu'il apparaisse, espérant que ça signe le moment de délivrance, mais non même pas. Mauvais départ pour la trilogie Netflix.
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    Shaolin Soccer (2001)

    Siu Lam Juk Kau

    1 h 53 min. Sortie : . Action, comédie et sport.

    Film de Stephen Chow et Lee Lik-chi avec Stephen Chow, Vicki Zhao Wei, Ng Man-tat

    A mon avis ils ont bien dû s'éclater à le faire, ce film, et ça en ressort par tous les orifices. Stephen Chow signe avec Shaolin Soccer un grand moment de drôlerie potache, sans véritable limite, il s'amuse avec à peu près tout ce qu'il veut et le résultat, en un mot, c'est comme si on avait fichu Olive et Tom, un film de kung-fu, un cartoon de Tex Avery et des amphétamines dans un mixeur.

    Le délire est moins bien géré que ce ne le sera dans Crazy Kung Fu trois ans plus tard et il faut passer sur un visuel volontairement moche et au numérique omniprésent, autrement c'est sacrément fendard. On débranche le cerveau et on se laisse conquérir par cette farce qui a définitivement compris que le ridicule ne tue pas, qui enquille les références (Jurassic Park, Le Roi Lion) et les trouvailles généreuses, et qui est possédée par une irrésistible bonne humeur communicative.

    Et aussi grotesque que cela puisse paraître, le foot et le kung fu arrivent ici à faire alliance en harmonie. Suivre cette bande de pieds nickelés est jubilatoire. Peu importe l'écriture faiblarde, Stephen Chow s'amuse avec ses clichés et les grossit volontairement pour encore plus de fun régressif. C'est violent, c'est cartoonesque, c'est con mais c'est lucide. Et ça apprend que le kung fu permet d'éviter de se casser la gueule en glissant sur une peau de banane. Donc je dis oui.
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    Django (1966)

    1 h 31 min. Sortie : . Western.

    Film de Sergio Corbucci avec Franco Nero, José Bódalo, Loredana Nusciak

    Quand on voit certaines choses qui parcourent ce Django, on comprend d'où Quentin Tarantino tire ses influences et son envie de faire son Django à lui en 2012. Il n'empêche, je n'ai pas complètement accroché, je pense qu'on peut trouver mieux dans le domaine même si je suis loin d'être un expert. C'est pas mal non plus, ça a de bons côtés, ça a quelques scènes prenantes et quelques plans qui ont de la gueule.

    Django en lui-même est un personnage qui, s'il est loin d'être le plus charismatique, a un côté assez badass à revendre, quelques moments où il en impose. Le film, par contre, a ses nombreuses faiblesses. Dans l'aspect technique ça ne rivalise à aucun moment avec les travaux d'un autre certain Sergio, autant j'apprécie assez l'aspect crasseux, autant ça ne fait pas automatiquement une excellente photographie, il y a des moments honnêtement pauvres. Ça ne passionne pas toujours non plus, ça a ses maladresses.

    Et autant le cercueil que Django se trimbale avec lui, je trouve ça classe, autant la mitrailleuse retire beaucoup de cachet de son côté, et la scène finale est assez décevante, c'est dommage. Il y a du bon et du mauvais dans ce Django en tout cas, et si je conçois que c'est un film culte, je ne pense pas qu'il soit mémorable pour autant. Bref, moi j'ai grandement préféré Le Grand Silence du même réalisateur.
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    Les Lumières de la ville (1931)

    City Lights

    1 h 27 min. Sortie : . Comédie dramatique, romance et muet.

    Film de Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Virginia Cherrill, Harry Myers

    Ça faisait un moment que je n'avais pas vu de Charlie Chaplin, et j'avais oublié à quel point ses films font du bien ! Les Lumières de la ville est même un de ses meilleurs, un mélange brillant entre l'humour et le mélodrame, où notre vagabond se montre plus que jamais attachant alors qu'il tente le tout pour le tout, quitte à tout sacrifier, pour venir en aide à une pauvre fleuriste aveugle.

    Chaplin enchaîne les petits boulots, les situations, devient en l'espace d'une heure 30 millionnaire, ouvrier et boxeur, et il le fait avec une science du gag qui fonctionne toujours aussi bien, tout autant que le sens de la tendresse imparable. En dehors des moments avec le millionnaire qui accusent une certaine répétition, tout le reste est génial. Le match de boxe est l'un des plus divertissants que j'ai vu (formidable chorégraphie), au passage.

    Et comment ne pas fondre devant cette fin, où la fleuriste peut enfin mettre un visage sur son ange gardien, qui a littéralement tout donné pour elle. Le point d'orgue parfait où les rôles s'inversent et où la tendresse est à son paroxysme.