Films découverts en 2019

Avatar Alfred Tordu Liste de

92 films

par Alfred Tordu

Vu en VF : 38
Vu en VO : 30
Films francophones : 22
Films muets: 1

2019 : 42
10's : 61
00's : 9
90's : 4
80's : 7
70's : 4
60's : 2
50's : 2
30's : 1
20's : 1

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  • L'Epopée du Chat Potté : Prisonnier d'un Comte (2017)

    Puss in Book: Trapped in an Epic Tale

    35 min. Sortie : .

    Moyen-métrage d'animation de Roy Burdine et Johnny Castuciano

    Tout aussi méta que l'épisode de Black Mirror, mais moins prétentieuse et beaucoup plus fun, cette aventure interactive mettant en scène le meilleur personnage de la licence Shrek est une belle surprise.
    Bien que l’interactivité constitue le moteur du récit, puisque c'est le spectateur qui décide dans quel conte va se rendre Le Chat Potté, cet aspect demeure très limité. Mais ce n'est guère un problème, car le plaisir de ce moyen-métrage réside dans son humour délirant et métaphysique.

    Conscients du grotesque de leur concept et sûrement limités par un budget ridicule qui se ressent à la qualité douteuse des graphismes et de l'animation, les scénaristes se sont juste fait plaisir, assumant leur projet comme un délire absurde à la Bob l'Eponge dans lequel tout devient possible. On n'en attendait guère plus et c'est plutôt bien venu d'avoir opté pour cette approche là.
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    Bienvenue à Marwen (2019)

    Welcome to Marwen

    1 h 56 min. Sortie : . Biopic, drame et fantastique.

    Film de Robert Zemeckis avec Steve Carell, Leslie Mann, Diane Kruger

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    The Guilty (2018)

    Den Skyldige

    1 h 25 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Gustav Möller avec Jakob Cedergren, Jessica Dinnage, Omar Shargawi

    Après Sans un Bruit, voilà l'autre petit film High Concept, efficace et sans prétention venu cette fois du Danemark. The Guilty suit l'histoire d'un standardiste de la police locale tentant de résoudre une affaire de kidnapping uniquement par téléphone. S'en suit alors un thriller haletant de 1h30 remplit d'enquête, de suspens et de rebondissement fonctionnant uniquement sans aucune image à la clé, faisant ainsi du hors champ l'atout principal du long-métrage.
    Cela donne lieu à un film d'une simplicité déconcertante mais d'une efficacité redoutable. D'autant que l’intrigue principale ne sert pas uniquement de prétexte au déroulement du scénario, elle agit également sur l'évolution psychologique du protagoniste principal. Et là attention je spoil.

    Ce dernier nous apparaît d'emblée comme un flic droitard plutôt borderline, agissant toujours à l'instinct, par préjugé et qui semble cacher un lourd secret. Et bien que le film semblerait légitimer ses raisonnements et ses méthodes, un retournement de situation montrera qu'en agissant ainsi et en jugeant sur les apparences, il aura finalement plus envenimé la situation au lieu de la résoudre. Ce n'est que lorsqu'il retourne auprès de ses collègues et qu'il tente de sauver son interlocutrice d'une tentative de suicide, qu'il agit enfin en professionnel sans laisser ses jugements personnels interférer avec le reste et s'exprimant même à cœur ouvert pour gagner la confiance de la jeune femme en pleurs.

    Sûrement pas inoubliable, The Guilty montre néanmoins qu'avec peu de moyens, il est possible de faire un film qui tient la route et qui ait du sens.
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    Jean-Christophe & Winnie (2018)

    Christopher Robin

    1 h 43 min. Sortie : . Aventure, comédie, drame et comédie musicale.

    Film de Marc Forster avec Ewan McGregor, Hayley Atwell, Bronte Carmichael

    Heureusement la caractérisation des personnages est respectée. Cela permet à notre fibre nostalgique de se déclencher et d'apprécier un peu mieux le film quand Winnie et ses amis sont devant l'écran (mention spéciale à Bourriquet toujours parfait quelque soit le support où il apparaît. Autrement, on en aurait strictement rien à foutre de cette histoire éculée au possible de l'adulte accaparé par son travail et devant apprendre à retrouver son âme d'enfant pour apprécier la vie à sa juste valeur.
    Le film n'essaye même pas de rendre son scénario cliché un tant soit pu singulier, que ce soit par son traitement ou sa mise en scène. Il ne se repose que sur la sympathie du public à l'égard de ses mascottes et vu les retours extrêmement cléments, ça semble plutôt lui réussir. Espérons que les plus jeunes ne seront pas terrifiés par l'aspect réaliste giga badant des peluches à l'écran.
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    Roma (2018)

    2 h 15 min. Sortie : . Drame.

    Film de Alfonso Cuarón avec Yalitza Aparicio, Marina de Tavira, Diego Cortina Autrey

    Contrairement à Gravity et son histoire très simple mais si bien racontée. Roma se veut être un drame social intimiste abordant les rapports de force sournois entre les différentes classes sociales, le tout dans le réalisme austère du Mexique des années 70. Proposition intéressante sur le papier mais racontée d'une manière à laquelle je n'adhère pas du tout.

    Alors que Cùaron avait jusque là montrer un vrai talent pour rendre ses œuvres vivantes et immersives, sa dernière création apparaît bien morne en comparaison.
    On se contente simplement de suivre les tranches de vie de cette famille mexicaine assommante, succédant les scénettes certes liées par un fil rouge intéressant mais insuffisamment pour nous tenir éveillé durant les 2h30 de long-métrage. Surtout avec une mise en scène à base de longs plans filmés exclusivement en traveling horizontaux.

    Entendons nous bien. Je reconnais à Cuaron un talent certain pour la composition et je le respecte pour avoir assumé sa démarche jusqu'au bout. Mais forcé de constater qu'elle dessert ici l'histoire en la rendant totalement hermétique aux spectateurs. Pour apprécier Roma, il faut continuellement s’armer de sa loupe de cinéphile pour analyser la symétrie parfaite des compositions et s'amuser à y déceler toutes les symboliques visuelles qui y sont dissimuler. Mais le plaisir sensoriel lui, est aux abonnés absents.
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    Un berger et deux perchés à l'Elysée ? (2019)

    1 h 41 min. Sortie : .

    Documentaire de Pierre Carles et Philippe Lespinasse avec Jean Lassalle, Pierre Carles, Philippe Lespinasse

    Un Berger et deux perchés à l'Elysée n'est pas tant un film sur Jean Lassalle que sur ses deux réalisateurs et comment leur vision du candidat a pu évoluer au cours de la campagne. Voulant voir en cet agriculteur proche du peuple, le successeur spirituel du président de l'Equateur. Les deux gugus s'investissent corps et âme dans la campagne de Jean Lassalle. Devenant ainsi ses principaux conseillers et tentant par tous les moyens d'insuffler une idéologie de gauche dans le programme d'un homme qui s'est toujours catégorisé au centre.
    Hélas pour eux, plus leur candidat va prendre de l'importance dans la course présidentielle et plus il va assumer sa propre ligne politique et arborer des comportements que les réalisateurs ne peuvent soutenir.

    Ainsi, si le documentaire devait initialement susciter l'intérêt du grand public pour des candidatures alternatives plus proches de leurs intérêts personnels. Il est finalement devenu l'histoire d'une violente désillusion ce qui le rend d'autant plus intéressant à suivre. Un revirement rendu possible par l'énorme capacité d'auto-critique des deux auteurs et qui avait déjà donné à Fin de Concession (une des précédentes œuvres de Pierre Carles) sa saveur si particulière.

    En outre, le long-métrage reste à la fois instructif et divertissant tout en apportant un portrait étonnamment riche et nuancé de Jean Lassalle, un être authentique et bien plus intelligent qu'il n'en a l'air.
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    Guy (2018)

    1 h 41 min. Sortie : . Comédie, drame et comédie musicale.

    Film de Alex Lutz avec Alex Lutz, Tom Dingler, Pascale Arbillot

    Ne portant pas Alex Lutz dans mon cœur, j'ai cependant toujours déceler chez lui, un vrai talent d'acteur qui ne demandait qu'à éclore dans un rôle à sa mesure. Conscient de son propre potentiel, le jeune comédien s'est offert le rôle de sa vie en la personne de Guy Jamet, star désuète des années 70, ringard et affaibli mais toujours vivant, toujours debout.

    D'emblée la prestance de Lutz impressionne. Outre le maquillage hallucinant qui nous fait instinctivement oublié le guignol derrière l'affreux personnage de Liliane, l'acteur compose un jeu d'une minutie chirurgicale. Modifiant allègrement sa voix, son regard et sa gestuelle pour incarner à la perfection ce papy de 70ans, le tout sans jamais dériver vers la caricature, ce qui rend son personnage crédible et touchant.

    Mais le film ne se limite fort heureusement pas à ça. Malgré son aspect décousu, propre aux documentaires, il suit bel et bien une progression palpable amenant à une évolution des protagonistes principaux et de leur relation.
    En effet, si la première partie retranscrit avec une justesse acide la fin de carrière d'un artiste passé de mode. De sa promo malaisante dans les émissions télé à sa tournée des salles de fête dans les villages paumés de la Région Rhône-Alpes. Le film évolue en même que la perception du journaliste pour Guy Jamet.
    Ce dernier, pensant qu'il est le fils caché du chanteur, ne s'intéresse à lui que pour cette raison et en fait donc un portrait acerbe. Mais au fur et à mesure que les deux hommes apprennent à se connaître, le film sort de la représentation superficiel pour s'intéresser à l'homme derrière le mythe. Ainsi, le long-métrage n'en devient que plus touchant.

    Alors bien-sûr ce n'est qu'un second essai pour le jeune réalisateur, son premier dans le genre du documenteur. Des longueurs et des gags mal venus parasitent un peu le film. mais il s'en dégage une telle sincérité, une si belle mélancolie et un propos si percutant sur la manière dont vieillissent nos idoles, avec un amour sans cynisme pour tout un pan de la musique française.
    Tout cela fait de Guy une excellente surprise et le début d'une carrière plus prometteuse pour Alex Lutz.
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    Ralph 2.0 (2019)

    Ralph Breaks The Internet

    1 h 53 min. Sortie : . Action, comédie, science-fiction et animation.

    Long-métrage d'animation de Rich Moore et Phil Johnston avec John C. Reilly, Sarah Silverman, Gal Gadot

    A peu de chose près la même chose qu'Emoji Movie, à ceci prêt qu'il y a ici un véritable effort d'effectuer quant à la représentation des différents sites internet visités ainsi que de toute la culture qui en découle. Ce seul point rend à mes yeux Ralph 2.0, infiniment plus divertissant que son homologue de Sony.
    Reconnaissons aussi à Disney le mérite de n'avoir pas prit son concept au sérieux, à l'inverse de Ready Player One, nous servant ainsi un pure délire parodique dans la veine de Lego Movie.

    Mais la différence fondamentale entre ces deux œuvres se situe au niveau du fond. Contrairement à La Grande Aventure Lego, l'univers de Ralph 2.0 n'est dépeint qu'à des fins humoristiques et n'entre jamais en résonance avec le propos de l'histoire. Comme si le récit aurait pu se dérouler n'importe où ailleurs.
    Internet ne représente ici qu'une toile de fond dont les auteurs rigolent gentiment de ses caractéristiques incongrues, sans jamais développer un quelconque point de vue sur le sujet. Cela montre bien l'opportunisme de Disney à surfer sur un sujet contemporain pour brasser un public large en multipliant les clins d’œil à ce qu'il connaît, plutôt que de véritablement traité le sujet à travers un scénario qui s'y prêterait.

    Et si encore le film était un joyeux hilarant de bout en bout, je serais peut-être plus tolérant, le problème étant que Disney n'assume pas son délire jusqu'au bout.
    Car si la première partie nous livre une intrigue prétexte à se rendre de lieu en lieu pour y développer des séquences de plus en plus improbables. Le film change radicalement de ton lors de son dernier tiers, se mettant subitement à rajouter des enjeux forts et une dramaturgie au récit, ainsi qu'un développement conséquent des personnages principaux. Ce revirement de dernière minute totalement bâclé ne fonctionne absolument pas, tant il semble forcé et en décalage avec le reste.

    Enfin, l'humour bien qu'efficace n'a rien de révolutionnaire. Toutes les blagues sur la culture d'Internet sont très faciles et il est fort possible que vous les ayez déjà entendues que ce soit dans une vidéo du JDG ou chez un stand-upeur quelconque sur Rire & Chansons. Le point d'orgue étant la fameuse séquence des princesses Disney, condensé de gags obious digne d'un sketch collectif de On n'demande qu'à en rire.
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    Solo : A Star Wars Story (2018)

    2 h 15 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Ron Howard avec Alden Ehrenreich, Woody Harrelson, Emilia Clarke

    La production chaotique, les retours négatifs et la nonchalance de Disney quant à la promotion du film sortit discrètement durant une période creuse de l'année 2018, tout annonçait un futur désastre et une perte de temps incommensurable.

    C'est donc pour toutes ces raisons que je n'ai pas fait le déplacement en salle à l'époque, même si j'espérais secrètement un film fun et plus intéressant que les trois derniers étrons de Disney. Je voyais mal comment avec de tels personnages et de si grandes possibilités de background, il était possible de foirer ce film.

    Mais bon. Lorsqu'on embauche artisans qualifiés mais dénués de passion pour le projet et que l'on met à la porte le seules personnes un tant soit peu concernés par le film, que voulez vous qu'il en ressorte ?
    Rien ne plus qu'un film vide et inintéressant où nos héros emblématiques ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Où les nouveaux persos sont chiants et mal définis et où les péripéties s'enchainent sans saveur, le tout sous une réal peu inspirée, une DA du pauvre et une photographie calamiteuse.

    Il y avait pourtant matière à raconter quelque chose dans ce film dérivé. Mais les scénaristes se sont simplement contentés de reprendre tous les dialogues de Han Solo sur son passé et de faire de chaque élément une péripétie. Preuve en est que Lawrence Kasdan (co-auteur de l'épisode V, mais aussi du Réveil de la Force et de Solo) n'est décidément pas la personne à rembaucher pour ressusciter la franchise sur grand écran.
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    Furie (1936)

    Fury

    1 h 32 min. Sortie : . Policier, drame et thriller.

    Film de Fritz Lang avec Sylvia Sidney, Spencer Tracy, Walter Abel

    J'ai toujours un peu de mal avec l'esthétique très théâtrale des films de cette époque, que ce soit par la mise en scène, souvent limitée par des contraintes techniques, mais surtout à cause du jeu d'acteur souvent excessif. Des problèmes qui sont ici largement surmontables.
    Même si la mise en scène de Fritz Lang se veut plus sobre que dans ses précédentes réalisations, il y subsiste malgré tout des teintes d’expressionnisme qui apporte une grande plus valu à certaines scènes et donne au long-métrage une identité forte qui le sort un peu de sa théâtralité.
    Mais ce qui fait la force de Furie, c'est surtout son scénario brillant, dénonçant avec malice la cruauté de l'être humain qui peut se déverser sans vergogne lorsque la situation le permet. A travers ce récit simple, très court mais parfaitement raconté, le réalisateur fait ici une entrée fracassante dans le cinéma hollywoodien.
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    The Thing (1982)

    1 h 44 min. Sortie : . Épouvante-Horreur, science-fiction et thriller.

    Film de John Carpenter avec Kurt Russell, T.K. Carter, Wilford Brimley

    De cet antagoniste polymorphe capable de prendre n'importe quelle forme, naît un thriller très efficace où règne un climat de peur et de parano palpables, renforcé par le cadre frigorifique de cette base perdue au fin fond d'une terre enneigée.
    Le réalisateur exploite parfaitement son concept, jouant fréquemment sur le comportement de ses personnages et multipliant gros plans et inserts suggestifs pour constamment nous maintenir dans le doute quand à la forme que pourrait prendre la créature.
    Dommage que l'extrême simplicité du récit fasse à la fois la force et la faiblesse du long-métrage. Car des personnages mieux définis et des relations plus approfondies entre les protagonistes auraient permit d'étoffer le film pour renforcer ses enjeux et l'issue tragique de ses héros, même si il fonctionne bien en l'état.
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    Le Fils de la jument blanche (1981)

    Fehérlófia

    1 h 21 min. Sortie : . Animation, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Marcell Jankovics avec Gyorgy Cserhalmi, Vera Pap, Gyula Szabó

    L'intérêt de Feherlofia n'est pas tant son histoire, basée sur un corpus de célèbres comtes hongrois, que la manière dont elle est mise en scène.
    Car en s'affranchissant de tout réalisme stylistique, Jankovich donne naissance à une expérience sensorielle unique. D'une beauté visuelle de tous les instants, couplée à une animation extrêmement inventive. Le film parvient ainsi à sublimer l'aspect épique et fantastique de son histoire initiale, tout en lui insufflant également un humour décalé par le caractère saugrenu de ses représentations graphiques.
    Une œuvre aussi jouissive qu'outrancière qui pourra malheureusement laisser beaucoup de personnes sur le carreau. Ce fut d'ailleurs mon cas durant la première partie du long-métrage. Le réalisateur n'y va pas de main morte et multiplie les effets psychédéliques jusqu'à l’écœurement. Tout cela rend l'exposition assez confuse et peu provoquer un rejet instinctif du spectateur. C'est pourquoi le film gagne à être revu une seconde fois. On apprécie plus le début lorsque l'on a une vision claire de ce vers quoi on se dirige.
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    La Grande Aventure LEGO 2 (2019)

    The LEGO Movie 2: The Second Part

    1 h 47 min. Sortie : . Animation, action, comédie et aventure.

    Long-métrage d'animation de Mike Mitchell avec Chris Pratt, Elizabeth Banks, Will Arnett

    Malgré un rythme tout aussi effréné que le second opus, Lego Movie premier du nom se suivait sans difficulté, car il restait encadré dans la structure classique de la quête du héros.
    Une structure aisément reconnaissable à laquelle le second opus ne se conforme pas. De fait, le film part dans tous les sens et devient peu agréable à suivre dans sa première partie assez bordélique et survitaminée.

    Heureusement, l'humour (bien que plus inégal) fait souvent mouche et le long-métrage parvient malgré tout à retomber sur ses pattes dans un troisième acte aussi inattendue que réjouissant.
    En effet, si le premier film abordait la créativité artistique sous l'angle de l'enfance, mettant ainsi en scène son opposition à l'ordre rigide du monde des adultes qui la limitait considérablement; Lego 2 poursuit cette réflexion en confrontant enfance et adolescence, cette période émo où l'on a tendance à rejeter en bloc ce qui a fait notre enfance en tronquant notre imaginaire coloré contre quelque chose de plus sombre et de soit disant plus mature.
    Aussi, de manière logique, Emett devient le méchant de l'histoire, le personnage voulant freiner la créativité artistique de sa sœur et la sienne en se conformant à un imaginaire qui le limite considérablement.

    Un retournement que j'ai trouvé particulièrement bien venu et riche de sens. Encore une fois Phil Lord et Chris Miller ont su raisonner en moi et me raconter quelque chose de juste à travers une histoire totalement absurde.
    La direction choisie est bonne et c'était à mon sens la seule chose à faire pour continuer la licence, mais l'effet de redite se fait malgré tout sentir. On sent que les deux cinéastes n'étaient pas forcément motivés pour faire une suite, d'où la raison probable pour laquelle ils ont délégué la réalisation au papas des Trolls.
    Il en résulte une suite intéressante, mais plus inégale, moins maitrisée sur le plan narratif, avec beaucoup de chansons agaçantes et n'apportant pas finalement pas grand chose au premier film.
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    Us (2019)

    1 h 56 min. Sortie : . Thriller et Épouvante-horreur.

    Film de Jordan Peele avec Lupita Nyong'o, Winston Duke, Elisabeth Moss

    Slasheur creux, risible et maladroit.

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    Les Chatouilles (2018)

    1 h 43 min. Sortie : . Drame.

    Film de Andréa Bescond et Eric Métayer avec Andréa Bescond, Karin Viard, Clovis Cornillac

    D'après un "seule en scène" dans lequel l'actrice principale racontait avec humour et détachement les viols dont elle fut victime, le film aurait pu se contenter de transposer paresseusement le récit sur grand écran. Avec une voix off omniprésente narrant des scènes illustratives filmées platement. Or, Andréa Bescond aidé de son co-réalisateur Eric Métayer (grand nom du doublage français) ont intelligemment adapté leur spectacle en fonction de leur médium. Par conséquent, le détachement de l’héroïne vis à vis des évènements qu'elle vit s'opère par divers moyens cinématographiques, que ce soit les brisages de 4° mur, les numéros de danse ou des partis pris radicaux dans la mise en scène donnant un aspect surréel aux évènements racontés.
    Pour leur premier film, les deux apprentis réalisateurs n'ont pas fait les choses à moitié et même si tout n'est pas parfait, l'intention première est respectée sans que cela n'affecte la dramaturgie du scénario. Les auteurs abordent ce sujet difficile avec suffisamment de décalage pour le rendre "supportable" auprès du grand public, sans pour autant le dédramatiser ou passer sous silence les conséquences sur les victimes de ces abus. Ainsi, Les Chatouilles parvient à la fois à être drôle, engagé et touchant, tout en étant une œuvre singulière et éminemment personnelle.
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    La Favorite (2019)

    The Favourite

    1 h 59 min. Sortie : . Historique, drame, comédie, biopic et thriller.

    Film de Yórgos Lánthimos avec Olivia Colman, Emma Stone, Rachel Weisz

    Une reine-enfant de 60ans à la santé déclinante se laisse abuser par deux courtisanes qui se battront chacune à sa manière pour obtenir ses faveurs et ainsi obtenir indirectement un bout de la couronne royale.
    Inspiré d'une histoire vraie mais sûrement très romancée, La Favorite aurait pu donné lieu à un thriller psychologique captivant à base de séduction, de manipulations et de jeux de pouvoir. Ce qui est plus ou moins le cas, sauf qu'on s'y emmerde un peu, la faute selon moi à une absence de point de vue précis qui empêche au récit de constituer un quelconque enjeu.

    Si le film s'était concentré sur le point de vue de la reine, on aurait été peut-être plus en empathie par rapport à sa situation de faiblesse. On aurait alors perçu ses rapports avec ses deux courtisanes d'une toute autre manière et le film aurait donc été la tragique histoire de cette souveraine tentant de conserver son pouvoir malgré le fait que sa fragilité la rende dépendante et sous influences de femmes vénales. Hélas, comme le long-métrage met à égalité les points de vue des trois personnages principales, en tant que spectateur nous sommes contraint d’arborer un regard très extérieur sur l'histoire qui nous est racontée. D'où un détachement complet pour le sort de ces trois femmes et de leurs enjeux personnelles étant donné que nous n'avons aucun attachement ni aucune empathie pour elles.

    Un détachement au récit que la mise en scène de Yorgos Lanthimos ne parvient pas à contre-balancer. Car malgré une esthétique très léchée et des symboliques constantes dans la composition de chaque plan, sa réalisation demeure froide et contemplative. A l'inverse des interprètes qui elles, insufflent une véritable vitalité à leurs personnages.

    C'est pour cette raison que, malgré une très bonne prestation du trio de vedettes justement saluée aux oscars, le film lui n'est pas suffisamment incarné pour nous émouvoir.
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    Miraï, ma petite soeur (2018)

    Mirai no Mirai

    1 h 38 min. Sortie : . Animation, drame et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Mamoru Hosoda avec Moka Kamishiraishi, Haru Kuroki, Gen Hoshino

    Mamoru Hosoda a prit l'habitude de faire intervenir le surnaturel dans un cadre réaliste afin de transformer en aventure fantastique des récits abordant des thématiques universelles et communes à la plupart d'entre nous.
    Même chose pour Mirai où l'aspect fantastique du synopsis (un gamin recevant la visite de ses proches à différentes époques de leur existence) accompagne l'évolution du personnage principal, perturbé par l'arrivée impromptue d'une petite soeur dans son quotidien.

    Cependant, à l'inverse des précédents films d'Hosoda, où le fantastique dynamitait des intrigues intimistes pour offrir de grands spectacles aux enjeux forts ; ici, une barrière infranchissable est très vite installée entre le rêve et la réalité. Les séquences surréalistes de Mirai sont clairement définies comme des moments d'évasion pour le héros qui vit ainsi des aventures qui vont le faire mûrir mais qui sont totalement déconnectées du réel et donc dépourvues d'enjeux. Par conséquent, le long-métrage n'offre aucune dramaturgie au spectateur et se regarde alors comme un récit initiatique purement poétique. Dès lors, si l'on est pas touché par le propos de l'histoire et par la manière dont il est véhiculé durant ses différentes scénettes, on peut malheureusement passé à côté du film.

    En ce qui me concerne, le côté cyclique du scénario, la mise en scène tape à l’œil, le sujet bateau et son traitement tout aussi convenu ne m'ont pas du tout émerveillé et m'ont même plutôt ennuyé.
    Je retiens cela dit le dernier segment : une séquence cauchemardesque dans la gare de Tokyo qui rompt radicalement avec le reste du métrage et qui fourmille d'idées intéressantes notamment l'image de l'employé d’accueil, modélisé en 3D et représenté comme une présence robotique dénué d'âme et de compassion.

    Pour le reste, je n'ai pas trouvé mon compte dans ce récit que j'estime trop simpliste, enfantin et inconséquent. Je pense cela-dit que les jeunes enfants y seraient plus réceptifs.
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    L'Adversaire (2002)

    2 h 09 min. Sortie : . Drame.

    Film de Nicole Garcia avec Daniel Auteuil, Géraldine Pailhas, François Cluzet

    Pour peu qu'on est déjà lu le livre d’Emmanuel Carrère et qu'on connaisse l'histoire de Jean-Claude Rochant par cœur, le long-métrage n'a pas grand intérêt.
    Nicole Garcia a choisit de nous faire vivre ce drame du point de vue de son bourreau, plaçant ce dernier comme une victime de lui-même et de ses propres mensonges ce qui était aussi l'idée véhiculée dans le livre et à laquelle on peut adhérer ou pas.
    Malgré tout, le film aurait gagné à être porté par le point de vue bien marqué d'un ou d'une cinéaste qui aurait su transcender le fait divers initial. Au lieu de ça, l'adversaire apparaît plus comme un téléfilm froid et académique que l'on appréciera plus pour ses interprètes et l'histoire qu'il porte à l'écran, que pour la faible proposition cinématographique qu'il nous livre.
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    Green Book : Sur les routes du sud (2019)

    Green Book

    2 h 10 min. Sortie : . Drame, biopic et road movie.

    Film de Peter Farrelly avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini

    Lorsque j'ai vu ce film remporté les oscars, je me suis dis que les votants avaient encore cédé aux sirènes de l'académisme en récompensant le film le moins audacieux et le plus consensuel de leur sélection. Une opinion que mon visionnage n'a pu que confirmer. Toutefois, je constate également que de tous les films nommés à la cérémonie que j'ai pu voir, c'est également celui que j'ai trouvé le plus réussit, bien loin devant des œuvres plus originales mais aussi incroyablement prétentieuses comme Roma ou La Favorite.

    Green Book est un film simple mais qui a l'avantage de bien raconter son histoire et d'être porté par des acteurs de talents.
    Le personnage de Tony a beau être une grosse caricature d'italiano-américain, son écriture et l'implication de Viggo Mortensen dans le rôle en font un héros crédible et attachant. Il en va de même pour Mahershala Ali, tout en retenu dans un personnage à l'opposé de son acolyte. Le contraste entre les deux protagonistes est palpable, ce qui donne crédibilité et efficacité à leur relation.
    Pour le reste, on est dans un buddy movie classique dans lequel deux personnages que tout oppose vont chacun apprendre de l'autre et murir psychologiquement au cours de leur aventure, le tout dans le racisme édifiant du sud des Etats-Unis.
    Le principal intérêt du long-métrage c'est évidemment la quête d'identité de Mahershala Ali, trop riche et cultivé pour se sentir proche des noirs, sa couleur de peau renvoie néanmoins une toute autre image aux blancs aisés devant lesquels ils se produit et qui le considère davantage comme une bête de foire que comme un réel artiste. Au cours de son aventure, le pianiste apprendra à se reconnecter avec son peuple sans chercher la reconnaissance de blancs à qui il ne doit rien.
    Cet arc narratif apporte une originalité bienvenue à un film qui reste globalement sur des poncifs assez éculés.

    En définitif, Green Book reste un bon buddy movie bien écrit, mais son académisme et sa nature même de film à oscar l'empêche d'être plus que "sympathique".
    Le long-métrage n'échappe malheureusement pas aux poncifs du genre, comme cette manie de vouloir sur-expliciter au cours de quelques scènes balourdes, des éléments qui étaient déjà parfaitement compréhensibles auparavant. Forçant de fait une émotion qui aurait pu venir naturellement et de manière beaucoup plus subtile.
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    Le Dernier des hommes (1924)

    Der Letzte Mann

    1 h 27 min. Sortie : . Muet et drame.

    Film de Friedrich-Wilhelm Murnau avec Max Hiller, Emilie Kurz, Hans Unterkircher

    Murnau fait preuve d'une inventivité évidente pour nous conter la descente aux enfers d'une vieux portier sombrant la dépression à la suite de son renvoie. Tentant de nous faire ressentir le désespoir de son personnage par une série d'idées visuelles et d'expérimentations narratives qui fonctionnent encore bien aujourd'hui même si elles ont évidemment perdues leur innovation et marquent donc moins qu'à l'époque.
    En revanche, le film tient difficile la longueur, devenant un poil répétitif à un certain moment et sombrant au final dans un happy end décevant, en contradiction avec tout ce qui a été développé au préalable.
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    La Nuit du chasseur (1955)

    The Night of the Hunter

    1 h 32 min. Sortie : . Drame, thriller et film noir.

    Film de Charles Laughton avec Robert Mitchum, Shelley Winters, Lillian Gish

    Un voyou revêt des habits de pasteur pour gagner la confiance d'un village et plus facilement s’immiscer dans une famille pour lui subtiliser un magot caché.
    Les prémices sont alléchantes mais le développement bancal, avec un scénar peu crédible accumulant à la fois des longueurs et des raccourcis. Cela aurait pu passer si le film s'assumait plus comme une satire sur l'américaine puritaine et la confiance aveugle qu'elle porte aux représentants de l'Eglise, mais comme il reste très premier degré, les défauts d'écriture le desservent plus qu'autre chose.

    Malgré tout, le film a néanmoins deux atouts fondamentaux, d'une part Robert Mitchum dont le jeu expressif et décalé rendent le personnage iconique ; et d'autre part l'esthétique globale du long-métrage qui tire ses influences dans l’expressionnisme allemand (ce qui fait toujours son petit effet chez moi), ainsi que les petites touches d'onirisme que Laughton distille au cours de son récit.
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    Femmes au bord de la crise de nerfs (1988)

    Mujeres al borde de un ataque de nervios

    1 h 28 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Pedro Almodovar avec Carmen Maura, Antonio Banderas, Julieta Serrano

    Vaudeville assumé abordant avec compassion la question des femmes et des souffrances qu'exercent sur elles la gente masculine. Le thème n'est pas nouveau, la forme non plus, mais le tout est rudement bien écrit, sublimement interprété et assume sa parenté avec le théâtre tout en proposant également de bonnes idées de mise en scène.
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    La Mauvaise Éducation (2004)

    La Mala Educacion

    1 h 50 min. Sortie : . Drame.

    Film de Pedro Almodovar avec Gael García Bernal, Francisco Boira, Daniel Gimenez Cacho

    La Mauvaise Education, c'est l'histoire de deux jeunes dans un établissement catholique qui se découvrent des sentiments réciproques mais dont l’idylle est interrompu par un prêtre pédophile.
    C'est également l'histoire d'Ignacio, transsexuel héroïnomane traumatisée par les attouchements d'un homme d'église dans sa jeunesse qui accouche son histoire sur papier et compte l'utiliser pour faire chanter son agresseur.
    C'est enfin l'histoire d'Enrique, réalisateur à succès qui tombe sur le roman de son amour de jeunesse Ignacio et qui va l'adapter en long-métrage en modifiant son dénouement pour le mettre en résonance avec la fin tragique de son auteur.

    Vous êtes confus ? C'est normal. Difficile en effet de comprendre les intentions de la Mauvaise Education sans s'intéresser à la figure de son metteur en scène Pedro Almodovar. Par ce prisme, on se rend ainsi compte que le film est en fait l'histoire d'un artiste marqué au fer rouge par une enfance passé au sein d'une école catholique et qui a voulu exprimé ce traumatisme dans son film, tout en montrant également à son public qu'un créateur met toujours un peu de sa personne dans ses œuvres et combien la création peu aidé à exorciser des blessures intérieures.
    Ce n'est qu'à travers cette lecture méta et auto-centrée sur la personne d'Almodovar que son film peut dégager de l'émotion.

    Autrement, la sincérité de la démarche se retrouve malheureusement noyé dans un mélo-drame alambiqué où les multiples rebondissements paraissent quelque peu absurdes.
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    Douleur et gloire (2019)

    Dolor y Gloria

    1 h 53 min. Sortie : . Drame.

    Film de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas, Penélope Cruz, Asier Etxeandia

    Au vu de la com, on pourrait craindre de voir Pedro Almodovar se regarder le nombril pendant 2h et on aurait pas tort puisque c'est exactement le cas.
    Sauf qu'à l'inverse de La Mauvaise Education où le réalisateur parlait de lui de façon détournée, à travers un drame excessivement alambiqué. Ici, il ne se cache plus et aborde plus frontalement sa propre personne.

    Comme il le dit lui-même, Douleur et Gloire n'est pas une autobiographie, mais plutôt une autofiction dans laquelle Almodovar utilise des éléments de son vécu ou de sa psyché pour ainsi les intégrer dans une histoire totalement romancée. La démarche est séduisante et nous invite à constamment tenter de démêler le vrai du faux ce qui, en soit, constitue déjà un grand intérêt pour le long-métrage.

    Mais Douleur et Gloire c'est avant tout le portrait d'un cinéaste vieillissant, dont l'état de santé l'empêche de s'évader en réalisant de nouveaux films et qui se retrouve donc contraint d'affronter les névroses d'un passé douloureux. Un portrait touchant qui devient d'autant plus passionnant lorsqu'on le met en parallèle avec la figure de son metteur en scène. On comprend alors qu'Almodovar utilise son art pour exorciser ce qu'il a sur le cœur. Que ce soit les fêlures de son enfance, sa relation avec sa mère, ses rapports avec les comédiens, son rapport à la création ou la grande solitude dans laquelle il se complet depuis des années. Et pour peu que l'on connaisse un tantinet le cinéaste alors cette introspection ne peut laisser indifférent.

    D'autant qu'elle est porté par Antonio Banderas, Pénélopé Cruz et Julieta Serrano, trois figures mythiques de son cinéma, chacun parfait dans son rôle taillé sur mesure pour lui.
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    La Mule (2019)

    The Mule

    1 h 56 min. Sortie : . Drame, gangster et thriller.

    Film de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Bradley Cooper, Laurence Fishburne

    A l'instar de Douleur et Gloire, le dernier Almodovar sortit en salle, il y a quelque chose de touchant à voir ce vieux cinéaste de Clint Eastwood se servir de son art pour dresser un portrait intime de l'homme qu'il a été, de ce qu'il est aujourd'hui et de ce qu'il aspire à être pour le peu de temps qui lui reste à vivre.

    L'histoire est adaptée d'un fais divers, le personnage à l'écran est donc bien réel, mais Eastwood a choisit de se le réapproprier pour en faire un double de lui-même. C'est la raison pour laquelle il se met en scène, 10ans après avoir réalisé sa propre mort dans le bouleversement Gran Torino. En 2009, sentant la fin arrivée, il avait déjà dresser un bilan remplit d'émotion et d'auto-parodie. Mais forcé de constater que Clint est toujours en vie 10ans plus tard et qu'il a encore des choses à dire. L'occasion pour lui de faire un nouvel état des lieux.

    On comprend alors que toute cette histoire de vieux papy contraint de transporter de la drogue pour régler ses dettes n'est qu'un prétexte. Le principal intérêt du film, c'est de voir ce vieillard avachi continuer de tenir la tête haute malgré sa faiblesse physique, de dépeindre ses relations houleuses auprès d'une famille qu'il a trop longtemps abandonné au profit d'une carrière fleurissante ou de constater le décalage entre lui et la jeune génération qu'il a parfois du mal à comprendre.

    Et c'est précisément cela qui s'avère déroutant. Alors que l'histoire devrait donner lieu à un thriller à suspens à la teneur plutôt sombre, dans lequel un vieil homme prend la mauvaise route pour tenter de réparer ses fautes, le film prend totalement le contrepied tout en proposant néanmoins le récit type que l'on attendait. On a bien la "descente aux enfers" de notre héros, la chasse à l'homme de ses employeurs latinos, la traque de flics vénères et l'arrestation du vieillard. Mais malgré tout, le long-métrage conserve une ambiance légère et lumineuse tout du long. Les actions criminelles du grand-père ne sont jamais remises en question et les enjeux qui se sont mis en place très tardivement dans le récit se résolvent sans trop difficulté et sans trop de dommages pour le protagoniste principal.

    Ainsi, avec ce traitement très étrange, Eastwood réussit le portrait drôle et touchant d'un personnage qui fait directement écho à sa personne ; mais foire tout l'aspect thriller de son long-métrage qui prédominait pourtant le récit. Accouchant au final d'un film agréable mais inégal.
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    Parasite (2019)

    Gisaengchoong

    2 h 12 min. Sortie : . Drame, thriller et comédie.

    Film de Bong Joon-ho avec Song Kang-ho, Lee Sun-kyun, Cho Yeo-jeong

    Séances de cinéma (127 salles)
    D'abord introduit comme une farce sociale, dans laquelle on prend plaisir à voir une famille de prolos usés de malice pour se faire tour à tour engager dans une maison de richous stupides et dédaigneux. Parasite déjoue ensuite nos attentes, avec un récit riche en rebondissements évoluant vers une tonalité plus dramatique qui renforce notre empathie vis à vis des personnages et de leur tragique destinée. Un virage inattendu qui reste néanmoins parfaitement cohérent avec les thématiques du long-métrage et leur permettent même un développement approfondie.

    Car derrière cette histoire atypique, à mi-chemin entre la comédie, le thriller et le drame social, Bong Joon-ho dépeint avec brio les rapports de classe entre ses protagonistes. Le propos n'est pas nouveau, mais il est ici parfaitement représenté, avec pertinence et subtilité et ce, autant dans l'écriture que dans la mise en scène.

    Aussi rien d'étonnant à ce que la dernière réalisation du cinéaste est remportée la Palme d'Or au Festival de Cannes. Car en étant à la fois inventif et superbement exécuté, tout en restant profondément accessible auprès du grand public, Parasite a de solides atouts pour faire l'unanimité autour de lui et devenir un beau succès populaire.
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    Sur la route de Madison (1995)

    The Bridges of Madison County

    2 h 15 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Meryl Streep, Annie Corley

    Séances de cinéma (1 salle)
    Clint et Eastwood et Meryl Streep forment en effet un duo très convaincant et constituent le gros point fort du long-métrage. Mais Sur la Route de Madison reste malgré tout un gros film de darons, versant allègrement dans le mélo. Avec une mise en scène rudimentaire, où tout passe par des dialogues sirupeux au possible et dont les enjeux ne me parlent absolument pas.
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    Une séparation (2011)

    Jodái-e Náder az Simin

    2 h 03 min. Sortie : . Drame.

    Film de Asghar Farhadi avec Leila Hatami, Peyman Moaadi, Shahab Hosseini

    A travers un litige entre deux familles qui semble à première vu anodin, Asghar Farhadi construit un drame chargé d'émotions qui brosse subtilement le portrait de son pays. Parvenant ainsi à porter un regard acerbe sur le rapport entre les classes sociales, le poids de la religion, le fonctionnement de la justice, ou la place des femmes dans la société iranienne, tout en déjouant astucieusement la censure pourtant particulièrement sévère en Iran.
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    Brexit (2019)

    Brexit : the uncivil war

    1 h 32 min. Sortie : . Biopic, drame et historique.

    Téléfilm de Toby Haynes avec Benedict Cumberbatch, Lucy Russell, Liz White

    Téléfilm HBO décrivant très bien et sans prendre partie, les conditions ayant permit la victoire du Brexit en 2016.
    Montrant à la fois la déconnexion des élites politiques à toute une franche de la population britannique laissée pour compte ; ainsi que les techniques de manipulation et de ciblage numérique ayant permit au camp d'en face de canaliser la colère populaire pour la rediriger vers les urnes et ainsi changer le visage politique du Royaume-Uni.
    En somme, le téléfilm apparaît comme un témoignage assez juste de notre monde politique actuel et des mutations auxquelles il fait face depuis quelques années.
    Dommage que le scénario plutôt bien écrit soit quelque peu desservit par une mise en scène inutilement tape à l'oeil et un rythme excessivement effréné.
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    N'importe qui (2014)

    1 h 20 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Raphaël Frydman avec Rémi Gaillard, Nicole Ferroni, Alban Ivanov

    Rémi Gaillard, contraint par la force des choses de renoncer à son métier de gamin pour tenter de grandir et devenir enfin un adulte, sauf que non évidemment.
    L'amateurisme total et le manque de professionnalisme nous gratifient de quelques moments improbables autant dans l'interprétation que dans la mise en scène, mais sur le long terme, le film est extrêmement chiant, bourré de remplissages et nous sert un best of des meilleurs pranks de Gaillard en guise de dernier acte (soit 20min sur un film d'1h20 quand même).
    Le film aura au moins l'avantage de dresser une carte postale idyllique de Montpellier, mettant en avant des paysages rarement vus dans la production audiovisuelle française et d'offrir du travail à de jeunes chômeurs, comme la voisine de palier de ce cher Dream