Lectures 2014

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126 livres

par 1821

Mon tour du monde en 365 jours : cette année, je voudrais élargir un peu mes horizons, jusqu'ici assez franco-centrés. Je ne me donne pas d'objectifs impossibles à tenir, mais à tout prendre, j'aimerais bien terminer la Recherche et les Rougon-Macquart, lire plus de théâtre et pourquoi pas des polars, romans policiers ou d'anticipation ?

Allez, je vais essayer de commenter un peu.

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  • Imposture (2008)

    Sortie : mars 2008. Roman.

    Livre de Enrique Vila-Matas

    Je ne sais plus ce qui a suscité ma curiosité à l'égard de Vila-Matas – probablement le voisinage de Bolaño dans les rayonnages des librairies, la langue et l'éditeur communs qui m'ont fait supposer une lointaine parenté entre les deux auteurs.
    De la petite vingtaine de titres disponibles en français, Imposture n'était pas celui qui me tentait le plus, mais ayant l'avantage d'être relativement bref, il m'a semblé idéal pour une première approche.
    Je ne regrette pas mon choix. Si le style (ou la traduction?) souffre un peu de la comparaison avec celui de Bolaño, on retrouve cependant un esprit semblable, notamment le goût pour les énigmes non-élucidées, une narration fluide et parsemée de détails a priori banals/incongrus, mais qui donnent au récit une certaine saveur. Pas vraiment un coup de cœur, mais ça me donne envie d'approfondir.

    « Barnaola n'avait jamais vu en Barcelone qu'une ville morte, une sorte de cadavre glacé avec ses pâles avenues et ses niches violettes, avec ses cache-misère et ses ombres furtives, le trou le plus lugubre de la planète. Mais, en cette nuit d'étrange promenade avec l'inconnu, il avait tout de suite pressenti qu'il lui serait peut-être donné de découvrir une autre ville. Il eut en effet cette chance, que l'inconnu, un être charmant à tous égards, l'aida à saisir.
    Ils s'enfoncèrent lentement dans les ténébreuses et mortelles avenues de la ville jusqu'à leur première station : dans la splendeur discrète d'une salle de billard qui leur servait de refuge, des truands purent observer avec étonnement les évolutions raffinées de Barnaola, avide buveur de cognac et témoin halluciné des caramboles à répétition de l'inconnu qui, lui, carburait insatiablement au xérès. On les eût dit en train d'établir un courant de sympathie destiné à alimenter une durable et solide amitié. »
  • À rebours (1884)

    Sortie : 1884. Roman.

    Livre de Joris-Karl Huysmans

    Voir critique.
  • Les Tarahumaras (1945)

    Sortie : 1945. Essai et récit.

    Livre de Antonin Artaud


    « Jamais un Européen n'accepterait de penser que ce qu'il a senti et perçu dans son corps, que l'émotion dont il a été secoué, que l'étrange idée qu'il vient d'avoir et qui l'a enthousiasmé par sa beauté n'était pas la sienne, et qu'un autre a senti et vécu tout cela dans son propre corps, ou alors il se croirait fou et de lui on serait tenté de dire qu'il est devenu un aliéné. - Le Tarahumara au contraire distingue systématiquement entre ce qui est de lui et ce qui est de l'Autre dans tout ce qu'il pense, sent et produit. Mais la différence entre un aliéné et lui c'est que sa conscience personnelle s'est accrue dans ce travail de séparation et de distribution interne, auquel le Peyotl l'a conduit, et qui renforce sa volonté. - S'il semble savoir beaucoup mieux ce qu'il n'est pas que ce qu'il est, en revanche il sait ce qu'il est et qui il est beaucoup mieux que nous ne savons nous-mêmes ce que nous sommes et ce que nous voulons ».
  • Armance (1827)

    Sortie : 1827. Roman.

    Livre de Stendhal

    Il faut lire la préface (mais plutôt après le livre, pour éviter de se faire salement spoiler), parce que c'est très drôle, dans le style "je cherche un sous-texte gay à tout prix". Sinon, ça se lit bien mais ce n'est ni passionnant, ni follement bien écrit - ça ressemble même plutôt à une ébauche de livre, de temps en temps (certaines scènes semblent avoir été expédiées au plus vite, ce qui ajoute certes un indéniable comique involontaire, mais nuit à la crédibilité de l'ensemble).

    Quelques passages qui m'ont particulièrement réjouie :

    ""Ah ! si j'allais mourir", se dit-il avec joie"

    "Armance eut le bonheur de se brûler d'une manière assez douloureuse en faisant le thé"

    "Je puis mourir tout à coup, se dit-il gaiement et en s'efforçant de se rappeler quelques idées d'anatomie. Ah ! Il doit m'être permis d'écrire !

    Enfin il eut la faiblesse de demander une plume, du papier et de l'encre. On put bien lui procurer une feuille de gros papier d'écolier et une mauvaise plume ; mais il n'y avait pas d'encre dans la maison. Oserons-nous l'avouer ? Octave eut l'enfantillage d'écrire avec son sang qui coulait encore un peu à travers le bandage de son bras droit."
  • Les villes tentaculaires (1895)

    Sortie : 1895. Poésie.

    Livre de Emile Verhaeren

    C'est pas mal. Ça aurait été mieux s'il n'avait pas tenté à tout prix de faire des rimes, parce que du coup la musicalité n'est pas toujours au rendez-vous (ou plutôt il y a bien une musicalité, mais elle m'a semblé parfois poussive, voire morne), mais il faut remettre les choses dans leur contexte, pour l'époque c'est déjà très moderne.

    "Là-bas,
    Un steamer rauque avec un bruit de corne.

    Et par les quais uniformes et mornes,
    Et par les ponts et par les rues,
    Se bousculent, en leurs cohues,
    Sur des écrans de brumes crues,
    Des ombres et des ombres."

    "Vouloirs nets et nouveaux, consciences nouvelles
    Et l'espoir fou, dans toutes les cervelles,
    Malgré les échafauds, malgré les incendies
    Et les têtes en sang au bout des poings brandies.

    Elle a mille ans la ville,
    La ville âpre et profonde ;
    Et sans cesse, malgré l'assaut des jours
    Et des peuples minant son orgueil lourd,
    Elle résiste à l'usure du monde.
    Quel océan, ses coeurs ! quel orage, ses nerfs !
    Quels noeuds de volontés serrés en son mystère !"
  • Vies imaginaires (1896)

    Sortie : juin 1896. Conte et recueil de nouvelles.

    Livre de Marcel Schwob

    J'aime beaucoup le principe, et la fluidité de la narration, l'humour aussi qui perce ici et là, avec parfois des accents de poésie. Mais je suis restée un petit peu sur ma faim.

    "Le soir, quand Brunelleschi ou Manetti venaient étudier avec Uccello, elle s'endormait, après minuit, au pied des droites entrecroisées, dans le cercle d'ombres qui s'étendait sous la lampe. Le matin, elle s'éveillait, avant Uccello, et se réjouissait parce qu'elle était entourée d'oiseaux peints et de bêtes de couleur. Uccello dessina ses lèvres, et ses yeux, et ses cheveux, et ses mains, et fixa toutes les attitudes de son corps ; mais il ne fit point son portrait, ainsi que faisaient les autres peintres qui aimaient une femme. Car l'Oiseau ne connaissait pas la joie de se limiter à l'individu ; il ne demeurait point en un seul endroit : il voulait planer, dans son vol, au-dessus de tous les endroits. Et les formes des attitudes de Selvaggia furent jetées au creuset des formes, avec tous les mouvements des bêtes, et les lignes des plantes et des pierres, et les rais de la lumière, et les ondulations des vapeurs terrestres et des vagues de la mer. Et sans se souvenir de Selvaggia, Uccello paraissait éternellement penché sur le creuset des formes."
  • L'enchantement simple (1989)

    Sortie : mars 1989.

    Livre de Christian Bobin

    Je n'ai rien contre la poésie dépouillée, mais mon problème avec Bobin, c'est que j'ai l'impression que ça pourrait être écrit par n'importe qui. Pas tellement parce que c'est dégueulasse (ça ne l'est pas, il n'y a rien de franchement honteux), mais parce que je n'y trouve rien de personnel. Le mythe du poète amoureux, solitaire, plein de sagesse, en phase avec la nature, blabla, ça a été trop/mieux fait. Alors ça ne me touche pas. Un peu dans le même genre, en moins affecté et en plus joli, je préfère Maulpoix.

    "J'écris, je ne fais rien. J'aime cette vie-là, pauvre en événements. Ce retrait fait place nette, et ce qui peut sembler austère n'est que la disposition de toutes choses - pensées, fruits et encres - en vue de la plus grande abondance qui soit. Je bois un café, pour la brûlure de la tasse entre les doigts. Je regarde une peinture, pour le silence. J'attends mais ce n'est pas pour attendre. Je me tais, je ne fais rien, et dans ce rien d'une soirée, j'apprends lentement à nommer ce qui me comble et m'échappe : l'émerveillement d'une petite feuille verte, égarée dans la crue des lumières."
  • En prison (2000)

    Sortie : . Récit.

    Livre de Egon Schiele et Arthur Roessler

    En 1912, suite à une plainte déposée contre lui pour "détournement de mineure avec viol", Schiele passe 24 jours en détention préventive. De ce court séjour derrière les barreaux, il n'a pratiquement rien laissé que
    cinq jolis dessins. Arthur Roessler, ami et protecteur de Schiele, tente dix ans plus tard d'illustrer ceux-ci par un récit sous forme de journal. Ça aurait pu être une bonne idée, si Roessler n'avait pas pris la liberté
    de trop romancer (transformer) la réalité, en se jetant des fleurs au passage, cf la note du 28 avril "De toutes mes amitiés, celle de A.R. est la plus forte, la plus pure, parce qu'il me comprend jusque dans mon tréfonds, avec son coeur".
    Du coup, c'est agaçant, et d'autant plus que ça manque de crédibilité - on sent la volonté d'écrire de jolies phrases poignantes, on n'y croit pas une seconde.

    Les 5 points sont pour les 5 dessins d'Egon Schiele.

  • L'atelier d'Alberto Giacometti (1958)

    Sortie : 1958. Essai.

    Livre de Jean Genet

    (annotation à venir)

    Je manque un peu de courage pour commenter, mais lisez, c'est chouette puis les photos sont à tomber.
  • Cosmos (1964)

    Kosmos

    Sortie : 1964. Roman.

    Livre de Witold Gombrowicz

    Entre 7 et 8. Ça se lit vraiment très bien, mais tout de même c'est un petit peu trop conceptuel - la longueur est parfaite, cinquante pages de plus et ça se serait sans doute cassé la gueule.


    "(...) un jour, quand nous habitions à Drohobyez, une actrice est venue en tournée, elle était splendide, une véritable reine, et moi, par hasard, j'ai touché sa petite main dans l'autobus, ah quelle extase, quelle folie, quelle excitation sauvage, ah pouvoir recommencer, mais rien à faire, ça ne reviendra pas, mais à la fin, dans mon amertume, je fais travailler mes méninges, pourquoi vas-tu chercher la main de quelqu'un d'autre, tu en as deux à toi, et, croyez-le, avec un certain entraînement on peut se spécialiser et une main peut tâter l'autre, sous la table par exemple, personne ne voit, et même si on voyait, ce n'est rien, on peut se toucher et pas seulement avec les mains, avec les cuisses aussi, par exemple, ou bien toucher son oreille avec le doigt, parce qu'il semble, voyez-vous, que la volupté soit une question d'intention, si vous tenez bon vous pouvez vous servir de votre propre corps, je n'en dis pas plus, mais faute de grive on prend des merles, bien sûr j'aimerais bien une houri-odalisque...mais puisqu'il n'y en a pas..."
  • Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants (1958)

    Memushiri Kouchi

    Sortie : 1958. Roman.

    Livre de Kenzabûro Oé

    C'est glauque à souhait, et moi j'aime bien le glauque. Mais il y a quand même des choses qui me gênent dans ce livre. L'écriture, d'abord, ne me plaît pas du tout - et ce n'est pas tellement une question de style (je suppose que la traduction l'appauvrit beaucoup, ou simplement qu'il s'agit d'une forme d'écriture/culture qui est trop loin de la mienne pour que je puisse l'apprécier), mais la construction de la narration me laisse perplexe. La violence, je l'ai surtout ressentie dans les actes, presque pas dans les émotions - non pas qu'elle n'y soit pas, mais elle est exprimée de façon tellement bizarre qu'elle ne m'a pas touchée. Il y a quand même une chouette ambiance.
  • Des putains meurtrières (2001)

    Putas asesinas

    Sortie : 2001. Nouvelle.

    Livre de Roberto Bolaño

    Très chouette recueil. Coup de coeur pour la nouvelle éponyme.
  • Phèdre (1991)

    Sortie : 1991. Théâtre.

    Livre de Marina Tsvetaeva

    Phèdre dans cette version est malheureusement un peu terne, mais Hippolyte, et la nourrice !

    "Et tout aurait été ainsi, tout aurait pourri ainsi...
    Jamais sur le plus petit oeillet rouge
    La belle n'aurait jeté le plus petit regard,
    Rien d'autre que sa jatte d'argile...
    Et tout aurait passé ainsi, tout aurait péri ainsi...
    S'il n'y avait eu mes importunités, mes incitations,
    Mes cachotteries, mes bourdonnements.
    Que faire d'une tête chauve ? Que faire de vieilles nippes ?
    Les cheveux sont tombés, les demandes ont cessé.
    Un galeux - même lui n'en voudrait pas !
    Les dents sont tombés, les bons plats sont restés :
    Lèvres-lèvres-bouche, n'importe quel plaisir !
    Les dents sont tombées, la salive a-t-elle baissé ?
    Mémoire inépuisable, et sèche la mâchoire !
    Avec les dents d'une autre au moins ronger un peu !
    Mémoire inépuisable, et béante la gueule !
    Avec les seins d'une autre au moins
    Se serrer contre un autre sein !"
  • Un petit roman lumpen (2002)

    Una novelita lumpen

    Sortie : 2002. Roman.

    Livre de Roberto Bolaño

    Je ne sais pas bien quoi dire de ce court roman/nouvelle/novella ?, hormis que j'en ai apprécié la lecture. C'est un tout petit (bon) morceau de Bolano.
  • Les Chiens romantiques (2012)

    Los perros romanticos

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Roberto Bolaño

    "J'ai rêvé de détectives glacés dans le grand
    réfrigérateur de Los Angeles
    dans le grand réfrigérateur de Mexico"
  • 4.48 Psychose (2001)

    Sortie : . Théâtre.

    Livre de Sarah Kane

    "A song for my loved one, touching her absence
    the flux of her heart, the splash of her smile

    In ten years time she'll still be dead. When I'm living with it, dealing with it, when a few days pass when I don't even think of it, she'll still be dead. When I'm an old lady living ion the street forgetting my name she'll still be dead, she'll still be dead, she'll still be dead, it's just

    fucking over

    and I must stand alone"
  • Sur la terre comme en enfer (2012)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Thomas Bernhard

    "Le matin porte un gros sac.
    Je lui dis : tu es si vieux
    que tu n'as pas besoin de me mépriser.
    Tes chaussures sont déchirées
    jadis ta robe était mienne -

    Je suis assis dans le trou et je t'attends
    pas comme la vieille, pas comme les enfants, pas
    comme le curé qui après le sermon
    descend vers le vin et échange la terre.
    Je t'accueille avec le fouet,
    tremblant, commun, vulnérable
    comme un chardon dans la frange du soleil".
  • L'Idiot (1870)

    Идиот (Idiot)

    Sortie : 1870. Roman.

    Livre de Fiodor Dostoïevski

    J'ai dévoré le premier tome en deux jours et j'ai mis plus d'un mois à finir le second. Au final, il m'a semblé que la trame fonctionnait toujours sur les mêmes ressorts, que les personnages souffraient tous plus ou moins d'inconsistance (à l'exception de Nastassia), et qu'il y avait des longueurs interminables (la lettre d'Hippolyte remporte sans doute la palme). Passée la première vague d'enthousiasme, j'ai attendu et attendu que l'intrigue décolle enfin, que l'ambiance me happe, mais je fus comme la soeur Anne, je n'ai rien vu venir. Bon, cela étant ça n'a pas non plus été une torture d'en venir à bout. J'avais peut-être des attentes hors de propos.
  • Howl et autres poèmes (1956)

    Howl and other poems

    Sortie : 1956. Poésie.

    Livre de Allen Ginsberg

    "I sit in my house for days on end and stare at the roses in the closet.
    When I go to Chinatown I get drunk and never get laid.
    My mind is made up there's going to be trouble.
    You should have seen me reading Marx.
    My psychoanalyst thinks I'm perfectly right.
    I won't say the Lord's Prayer.
    I have mystical visions and cosmic vibrations.
    America I still haven't told you what you did to Uncle Max after he came over from Russia."
  • Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (1952)

    Vårt behov av tröst är omättligt

    Sortie : 1952. Essai.

    Livre de Stig Dagerman

    Hum, je dois dire que je ne comprends pas trop l'exaltation générale, au risque de passer pour une sans-cœur j'ai trouvé que ça avait des allures de philo de comptoir...
  • Le Voyage en Orient (1993)

    Sortie : mai 1993.

    Livre de Hermann Hesse

    S'il y a un sous-texte ésotérique brillant je ne l'ai pas saisi et je me suis ennuyée. Pas mon délire, en fait.
  • Le voyageur sans bagage (1937)

    Sortie : 1937. Théâtre.

    Livre de Jean Anouilh

    C'est bien, c'est beau, intelligent, poétique, drôle, émouvant, bref, tous les ingrédients requis sont réunis. Ce n'est pas non plus un chef-d'oeuvre, mais quand même, c'est bien.
  • Le Crime de Lord Arthur Savile (1887)

    Lord Arthur Savile's Crime

    Sortie : 1887. Recueil de nouvelles.

    Livre de Oscar Wilde

    L'intrigue est bancale, la chute bâclée, et le style assez artificiel. On retrouve ici un Wilde plus poseur que jamais. La trame cousue de fils blancs semble servir de prétexte au déploiement d'un humour cynique-snob exaspérant.
  • Les Justes (1949)

    Sortie : 1949. Théâtre.

    Livre de Albert Camus

    "Depuis un an, je ne pense à rien d'autre. C'est pour ce moment que j'ai vécu jusqu'ici. Et je sais maintenant que je voudrais périr sur place, à côté du grand-duc. Perdre mon sang jusqu'à la dernière goutte, ou bien brûler d'un seul coup, dans la flamme de l'explosion, et ne rien laisser derrière moi. Comprends-tu pourquoi j'ai demandé à lancer la bombe ? Mourir pour l'idée, c'est la seule façon d'être à la hauteur de l'idée. C'est la justification."
  • L'Annonce faite à Marie (1912)

    Sortie : 1912. Théâtre et poésie.

    Livre de Paul Claudel

    Hum, je ne sais pas trop. Je n'ai pas été touchée, captivée, bluffée, ni rien de tout de ça. Ça se lit (bien), mais je l'oublierai assez vite, je pense.
  • L'Amour de Phèdre (1996)

    Phaedra's love

    Sortie : 1996. Théâtre.

    Livre de Sarah Kane

    C'est super-cliché, en vrai, avec une psychologie à deux mornilles, des mots crus, des scènes gores et tout ça. Mais j'ai pas détesté. Je voulais mettre 5, mais je rajoute un point pour la traduction très probablement appauvrissante. Je lirai d'autres Kane à l'occasion, mais sûrement pas en français.
  • Le Bal des voleurs (1938)

    Sortie : . Théâtre.

    Livre de Jean Anouilh

    (M)oui, d'accord, ça passe le temps, mais. Celle-ci est clairement plus une pièce à voir qu'à lire, à mon avis.
  • L'Assommoir (1877)

    Sortie : 1877. Roman.

    Livre de Emile Zola

    Peut-être plutôt 7, mais bon, 6 au regard du reste de son œuvre. Ça m'a paru long, c'est outrancier (et pourtant Zola ne fait jamais franchement dans la dentelle, c'est aussi ce que j'aime chez lui, mais là ça m'a semblé trop : des détails sordides empilés les uns sur les autres, j'ai vraiment eu l'impression qu'il se vautrait dans ses descriptions comme ses personnages dans leur misère/alcoolisme) et donc le procédé lasse assez vite, ça perd de sa saveur, au bout d'un moment.
  • Les Lois de l'attraction (1987)

    The Rules of Attraction

    Sortie : 1987. Roman.

    Livre de Bret Easton Ellis

    C'est un subtil mélange entre Gossip Girl, Skins et Hell - alors bien sûr le scénario se réduit à une suite de chassés-croisés amoureux, d'ennuis vagues ou vaguement désespérés, de tentatives de suicides avortées -ou non-, et de séchage de cours entre deux cuites et trois parties de jambes en l'air, néanmoins, c'est toujours mieux écrit qu'un Bukowski, plus drôle qu'un Beigbeder, et relativement rafraîchissant. Je plaide coupable, j'ai plutôt bien aimé.
  • Eurydice (1941)

    Sortie : 1941. Théâtre.

    Livre de Jean Anouilh

    "EURYDICE - Nous n'avons pas pu faire autrement. Nous nous aimons.

    LE JEUNE HOMME - Oui, je sais. Je vous écoute depuis tout à l'heure. Un beau jeune homme et une belle jeune fille ! et prêts à jouer le jeu sans tricher, jusqu'au bout. Sans ces petites concessions au confort ou à la facilité qui font les amants vieillissants et prospères. Deux petites bêtes courageuses, aux membres souples, aux dents longues, prêtes à se battre jusqu'au matin, comme il se doit, et à tomber, blessées ensemble."