Maîtres à penser, pensées de Maîtres

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20 livres

par LeSalaudGentilHomme

"Ne lisez pas comme les enfants lisent, pour vous amuser, ni comme les ambitieux lisent, pour vous instruire. Non. Lisez pour vivre !"

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  • Voyage au bout de la nuit (1932)

    Sortie : 1932. Roman.

    Livre de Louis-Ferdinand Céline

    - "Autant pas se faire d'illusion, les gens n'ont rien à se dire, ils ne se parlent que de leurs peines à eux chacun, c'est entendu. Chacun pour soi, la terre pour tous. Ils essayent de s'en débarasser de leur peine, sur l'autre, au moment de l'amour, mais alors ça ne marche pas et ils ont beau faire, ils la gardent tout entière leur peine, et ils recommencent, ils essayent encore une fois de la placer. "

    - "C'est peut-être pour tout le monde la même chose d'ailleurs, dès qu'on insiste un peu, c'est le vide."

    - "Cette répulsion instinctive qu'inspirent les commerçants à ceux qui les approchent et qui savent, est une des très rares consolations qu'éprouvent d'être aussi miteux qu'ils le sont ceux qui ne vendent rien à personne. "
  • Le Livre de l'intranquillité (1982)

    O Livro do desassossego por Bernardo Soares

    Sortie : 1982. Journal & carnet.

    Livre de Fernando Pessoa

    - " Mon horreur des femmes réelles, pourvues d'un sexe, est la route par laquelle je suis allé jusqu'à toi. Les femmes de la terre, qui doivent supporter le poids remuant d'un homme, comment peut on les aimer sans que l'amour se flétrisse aussitôt, avec la vision anticipée du plaisir au service du sexe? Comment respecter l'Epouse sans être obligé de la voir comme une femme dans une autre position de coït?"

    - "Nous n'aimons jamais vraiment quelqu'un. Nous aimons uniquement l'idée que nous nous faisons de ce quelqu'un. Ce que nous aimons, c'est un concept forgé par nous — et en fin de compte, c'est nous-mêmes. "

    - "La seule réalité pour moi, ce sont mes sensations."

    - "J'éprouve un dégoût physique pour l'humanité ordinaire : c'est d'ailleurs la seule qui existe."

    - " C'est ainsi que j'aime : je fixe une image que je trouve belle, attirante, image de femme ou d'homme, [...] et cette image m'obsède alors, me captive, m'envahit complètement. Pourtant, je ne veux rien d'autre que la voir, et ne detesterais rien tant que la possibilité de connaître et de parler à la personne réelle qui trouve sa manifestation apparante dans cette image."

    - "Ce qui produit en moi, me semble t-il, ce sentiment profond dans lequel je vis, de discordance avec les autres, c'est que la plupart des gens pensent avec leur sensibilité, et que moi je sens avec ma pensée".
  • La Conjuration des imbéciles (1980)

    Confederacy of Dunces

    Sortie : 1980. Roman.

    Livre de John Kennedy Toole

    - "Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui."

    - "J'ai encore dit à mes étudiants que, par égard pour l'humanité future, j'espérais qu'ils étaient tous stériles."

    - "Propre, soigneux, travailleur, silencieux, digne de confiance..." Grand Dieu! Quel genre de monstre veulent-ils donc? Je crois que jamais je ne pourrais travailler pour une firme dotée d'une telle vision du monde."

    - "La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l’absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l’existence de son âme. "

    - " "Faire avec" ? "Garder son optimisme" ? Mais qui a bien pu semer ces insanités contre nature dans ton esprit ? "

    - "En un sens, je me suis toujours senti comme une lointaine parenté avec la race des gens de couleur parce que sa position est assez comparable à la mienne : l’un et l’autre nous vivons à l’extérieur de la société américaine. Certes, mon exil à moi est volontaire. Tandis qu’il est trop clair que nombre d’entre les nègres caressent le vœu de devenir des membres actifs des classes moyennes américaines. Je n’arrive pas à me figurer pourquoi. Mais je dois reconnaître que, de leur part, ce désir me conduit à mettre en question leur sens des valeurs. "

    - " Les hommes politiques tiennent apparemment à toujours serrer la main de quelques mongoliens en costume folklorique ou indigène. Puisque j’y pense, vous pourrez encourager la présence de deux ou trois congressistes en costume. Toutefois, pas de travestis. Je ne crois pas que les politiciens tiennent particulièrement à se faire voir en compagnie de ces gens-là. M’est avis qu’ils suscitent le mécontentement des électeurs dans les régions rurales."

    - "Après quelques minutes d'une conversation qui me permit d'établir aisément ma supériorité morale sur ce pauvre dégénéré, je me retrouvai une fois encore occupé à soupeser les causes et la nature de la crise de notre époque "
  • Les Chants de Maldoror (1869)

    Sortie : 1869. Poésie.

    Livre de Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse)

    - "Je sens déjà que la bonté n’est qu’un assemblage de syllabes sonores ; je ne l’ai trouvée nulle part."

    - " Ô pédérastes incompréhensibles, ce n’est pas moi qui lancerai des injures à votre grande dégradation ; ce n’est pas moi qui viendrai jeter le mépris sur votre anus infundibuliforme. Il suffit que les maladies honteuses, et presque incurables, qui vous assiègent, portent avec elles leur immanquable châtiment. Législateurs d’institutions stupides, inventeurs d’une morale étroite, éloignez-vous de moi, car je suis une âme impartiale."

    - "Et vous, jeunes adolescents ou plutôt jeunes filles, expliquez-moi comment et pourquoi (mais, tenez-vous à une convenable distance, car, moi non plus, je ne sais pas résister à mes passions) la vengeance a germé dans vos cœurs, pour avoir attaché au flanc de l’humanité une pareille couronne de blessures. Vous la faites rougir de ses fils par votre conduite (que, moi, je vénère !) ; votre prostitution, s’offrant au premier venu, exerce la logique des penseurs les plus profonds, tandis que votre sensibilité exagérée comble la mesure de la stupéfaction de la femme elle-même."

    - "Moi, je n’aime pas les femmes ! Ni même les hermaphrodites ! Il me faut des êtres qui me ressemblent, sur le front desquels la noblesse humaine soit marquée en caractères plus tranchés et ineffaçables ! Êtes-vous certain que celles qui portent de longs cheveux, soient de la même nature que la mienne ? Je ne le crois pas, et je ne déserterai pas mon opinion."

    - "Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés, de ces pages sombres et pleines de poison ; car à moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre. Il n'est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns savoureront ce fruit amer sans danger."
  • De l'inconvénient d'être né (1973)

    Sortie : 1973. Aphorismes & pensées.

    Livre de Emil-Michel Cioran

    - "Le même sentiment d'inappartenance, de jeu inutile, où que j'aille : je feins de m'intéresser à ce qui ne m'importe guère, je me trémousse par automatisme ou par charité, sans jamais être dans le coup, sans jamais être quelque part. Ce qui m'attire est ailleurs, et cet ailleurs je ne sais ce qu'il est."

    - " Il n'est pas d'art vrai sans une forte dose de banalité. Celui qui use de l'insolite d'une manière constante lasse vite, rien n'étant plus insupportable que l'uniformité de l'exceptionnel."

    - "Sans la faculté d'oublier, notre passé pèserait d'un poids si lourd sur notre présent que nous n'aurions pas la force d'aborder un seul instant de plus, et encore moins d'y entrer. la vie ne parait supportable qu'aux natures légères, à celles précisément qui ne se souviennent pas."

    - "Il y a de la férocité dans tous les états, sauf dans la joie. Faire le mal est un plaisir, non une joie. La joie, seule vraie victoire sur le monde, est pure dans son essence, elle est donc irréductible au plaisir, toujours suspect et en lui-même et dans ses manifestations."

    - "Au cours des siècles, l'homme s'est échiné à croire, il est passé de dogme en dogme, d'illusion en illusion, et a consacré très peu de temps aux doutes, brefs intervalles entre ses périodes d'aveuglement. A vrai dire, ce n'étaient pas des doutes mais des pauses, des moments de répit, consécutifs aux fatigues de la foi, de toute foi."

    Le crépuscule des pensées :
    - "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi."

    - "Quel dommage que, pour aller à Dieu, il faille passer par la foi !"
  • L'empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale (2007)

    Sortie : septembre 2007. Essai.

    Livre de Jean-Claude Michéa

    - "Ramené à ses principes essentiels, le libéralisme se présente donc comme le projet d'une société minimale dont le Droit définirait la forme et l’Économie le contenu."

    - "Le mouvement historique qui transforme en profondeur les sociétés modernes doit être fondamentalement compris comme l'accomplissement logique du projet philosophique libéral, tel qu'il s'est progressivement défini depuis le XVIIe siècle, et, tout particulièrement, depuis la philosophie des Lumières. Cela revient à dire que le monde sans âme du capitalisme contemporain constitue la seule forme historique sous laquelle cette doctrine libérale originelle pouvait se réaliser [...] aussi bien dans sa version économique (qui a, traditionnellement, la préférence de la droite) que dans sa version culturelle et politique (dont la défense est devenue la spécialité de la gauche).

    - " ... la modernité occidentale apparaît donc comme la première civilisation de l'Histoire qui ait entrepris de faire de la conservation de soi le premier (voire l'unique) souci de l'individu raisonnable, et l'idéal fondateur de la société qu'il doit former avec ses semblables. Comme le souligne clairement Benjamin Constant, "le but des modernes est la sécurité dans la jouissances privées ; et ils nomment liberté les garanties accordées par les institutions à ces jouissances".

    - "Et il y a, malheureusement, tout lieu de craindre que ce que le Spectacle officiel nous invite, en permanence, à applaudir aujourd'hui sous le terme séduisant de "métissage" ne soit que l'autre nom de cette simple unification juridique et marchande de l'humanité. Un monde intégralement uniformisé, ou l'Autre est beaucoup moins compris comme le partenaire possible d'une rencontre toujours singulière, que comme un pur objet de consommation touristique et d'instrumentalisations diverses."

    - "Si, en effet, le mot "démocratie" doit être, à présent, affecté à la seule définition du libéralisme, il faut nécessairement un terme nouveau pour désigner ce "gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple" où chacun voyait encore, il y a peu, l'essence même de la démocratie. Ce nouveau terme, choisi par les ateliers sémantiques, sera celui de "populisme". Il suffit, dès lors, d'assimiler le populisme (au mépris de toute connaissance historique élémentaire) à une variante perverse du fascisme classique, pour que tous les effets désirables s'enchainent avec une faculté déconcertante."
  • Le Misanthrope (1666)

    Sortie : 1666. Théâtre.

    Livre de Molière

    - "Sur quelque préférence une estime se fonde,
    Et c’est n’estimer rien qu’estimer tout le monde."
  • Pensées (1874)

    I Pensieri

    Sortie : 1874. Aphorismes & pensées.

    Livre de Giacomo Leopardi

    - "Voilà près d'un siècle que dans les arts et dans les sciences, pour ne rien dire du reste, on prétend tout refaire : sans doute parce qu'au fond personne ne sait plus rien faire."

    - " Celui qui veut réussir, même par les voies les plus honorables, doit bannir toute modestie. En cela encore, le monde ressemble aux femmes : on n'obtient rien de lui par la réserve et les égards."

    - "Tu as beau te croire complètement détrompé sur le monde, le connaître à fond, n'éprouver qu'aversion pour ses charmes, il suffit qu'il t'accorde un instant de complaisance pour que tu te sentes en partie réconcilié avec lui ; de même tu ne connais pas d'individu si méchant qui, s'il te présente ses hommages, ne te semble perdre un peu de sa méchanceté. Tout cela pour montrer la faiblesse de l'homme, non pour justifier les méchants, ni le monde."

    - " Ce sont toujours les meilleurs et les plus nobles qui sont le plus détestés, car ils sont sincères et appellent les choses par leur nom. C'est là une faute impardonnable pour le genre humain qui ne hait jamais tant celui qui fait le mal, ni le mal lui-même, que celui qui lui donne son vrai nom. Si bien que souvent le criminel obtient richesse, honneur et puissance, tandis que celui qui stigmatise ses agissements est envoyé au gibet ; les hommes sont en effet toujours prêts à supporter les pires tourments venant des autres ou du ciel, pourvu qu'en paroles on ait soin de les épargner."
  • Mort à crédit (1936)

    Sortie : 1936. Roman.

    Livre de Louis-Ferdinand Céline

    - "L'essentiel, c'est pas de savoir si on a tort ou raison. ça n'a vraiment pas d'importance... Ce qu' il faut c'est décourager le monde qu'il s'occupe de vous... Le reste c'est du vice."

    - " Souvent j'en croise, à présent, des indignés qui ramènent… C'est que des pauvres culs coincés… des petits potes, des ratés jouisseurs… C'est de la révolte d'enfifrés… c'est pas payé, c'est gratuit… Des vraies godilles…
    Ça vient de nulle part… du Lycée peut-être… C'est de la parlouille, c'est du vent. La vraie haine, elle vient du fond, elle vient de la jeunesse, perdue au boulot sans défense. Alors celle-là qu'on en crève. Y en aura encore si profond qu'il en restera tout de même partout. Il en jutera sur la terre assez pour qu'elle empoisonne, qu'il pousse plus dessus que des vacheries, entre des morts, entre les hommes."
  • Histoire de France (1924)

    Sortie : 1924. Culture & société et histoire.

    Livre de Jacques Bainville

    - " Ce qu'on appelle la révolution communale fut, comme toutes les révolutions, un effet de l'enrichissement, car les richesses donnent la force et c'est quand les hommes commencent à se sentir sûrs du lendemain que la liberté commence aussi à avoir du prix pour eux."

    - "Il est curieux que l'histoire, au lieu d'enregistrer les résultats, se laisse impressionner, même à longue distance, par des hommes qui n'ont pris la plume, comme c'est presque toujours le cas des auteurs de mémoires, que pour se plaindre ou se vanter. "

    - " l'anarchie profite toujours à quelqu'un, souvent aux grands, jamais aux petits."
  • Le capitalisme de la séduction (1981)

    Sortie : 1981. Essai.

    Livre de Michel Clouscard

    - "Mais ce qui est le plus grave, le plus décourageant, le plus inquiétant, c'est que cet intellectuel de gauche présente ses nouveaux privilèges comme des conquêtes révolutionnaires. Et nous venons lui demander de reconnaître qu'il est pris la main dans le sac, alors qu'il prétend, de cette main, brandir le flambeau de la liberté."

    - " Le corps du bébé est exclusivement fonction de consommation. Car c'est un immature. La cité reconnaît cette donnée ontologique : le droit naturel. L'éducation consiste à redresser cette nature vouée au "principe de plaisir". Par l'apprentissage de la cité et du métier, le corps doit apprendre à se soumettre au procès de production. L'éducation politique du corps consiste à soumettre le "principe de plaisir" au principe de réalité. Dans le système capitaliste, ce travail ne doit pas être fait : le droit naturel doit se prolonger en irresponsabilité civique. C'est le dressage à la consommation, l'éducation de la "société de consommation" qui sera libérale, permissive, libertaire. C'est la toute puissance du "principe de plaisir".
  • Pensées (1670)

    Sortie : 1670. Philosophie et essai.

    Livre de Blaise Pascal

    - "Car il faut que le peuple entende l'esprit de la lettre, et que les habiles soumettent leur esprit à la lettre, en pratiquant ce qu'il y a d'extérieur."

    - "Ne pouvant fortifier la justice, on a justifié la force."

    - "Quelle chimère est-ce donc que l'homme? Quelle nouveauté, quel chaos, quel sujet de contradiction? Jude de toutes choses, imbécile ver de terre ; dépositaire du vrai, amas d'incertitudes ; gloire, et rebut de l'univers. S'il se vante, je l'abaisse, je le vante, et le contredis toujours, jusqu'à ce qu'il comprenne, qu'il est un monstre incompréhensible."

    - "Le passé et le présent sont nos moyens; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et nous disposant toujours à être heureux il est inévitable que nous ne le soyons jamais."
  • Les Frères Karamazov (1880)

    Братья Карамазовы (Brat'ya Karamazovy)

    Sortie : 1880. Roman.

    Livre de Fiodor Dostoïevski

    - " Faut qu'un homme soit caché pour qu'on puisse l'aimer ; dès qu'il montre son visage, l'amour disparait."

    - "Le secret de l'existence humaine consiste, non pas seulement à vivre, mais encore à trouver un motif de vivre. Sans une idée nette du but de l'existence, l'homme préfère y renoncer et fût-il entouré de monceaux de pain, il se détruira plutôt que de demeurer sur terre."

    - "Mais le troupeau se reformera, il rentrera dans l'obéissance et ce sera pour toujours. Alors nous leur donnerons un bonheur doux et humble, un bonheur adapté à de faibles créatures comme eux. Nous les persuaderons, enfin, de ne pas s’enorgueillir, car c'est toi, en les élevant, qui le leur as enseigné ; nous leur prouverons qu'ils sont débiles, qu'ils sont de pitoyables enfants, mais que le bonheur puéril est le plus délectable."

    - "Malheur d'autrui n'instruit pas".

    - "Concevant la liberté comme l'accroissement des besoins et leur prompte satisfaction, ils altèrent leur nature, car ils font naître en eux une foule de désirs insensés, d'habitudes et d'imaginations absurdes. Ils ne vivent que pour s'envier mutuellement, pour la sensualité et l'ostentation. Donner des dîners, voyager, posséder des équipages, des grades, des valets, passe pour une nécessité à laquelle on sacrifie jusqu'à sa vie, son honneur et l'amour de l'humanité, on se tuera même, faute de pouvoir la satisfaire."

    - "Ne cherche jamais de recompense, car tu en as déjà une grande sur cette terre : ta joie spirituelle, que seul le juste a en partage. Ne crains ni les grands ni les puissants, mais sois sage et toujours digne. Observe la mesure, connais les termes, instruis-toi à ce sujet."
  • L'enseignement de l'ignorance (2006)

    Sortie : février 2006. Essai.

    Livre de Jean-Claude Michéa

    - "C'est dans ces conditions radicalement nouvelles, et sur la base de la métaphysique du désir et du bonheur qui leur correspondait, que la Consommation, qui n'avait été, jusqu'ici, qu'un moment particulier de l'activité humaine, put donc devenir enfin ce qu'elle est présentement partout : un mode de vie à part entière - la course obsessionnelle et pathétique à la jouissance toujours différée de l'Objet manquant - revendiqué comme tel dans la pratique, et célébré, dans le fantasme, comme une contre-culture émancipatrice : Tout et tout de suite! Prenez vos désirs pour des réalités! Jouissez sans entraves et vivez sans temps morts! et mille autres niaiseries œdipiennes qui deviendraient très vite le matériel de base des agences de marketing."

    - "En assignant à toute activité humaine un objectif unique (la thune), un modèle unique (la transaction violente ou bizness) et un modèle anthropologique unique (être un vrai chacal), la Caillera se contente, en effet de recycler, à l'usage des périphéries du système, la pratique et l'imaginaire qui en définissent le Centre et le Sommet."

    - "Un des premiers soucis philosophiques de ceux qui prétendent s'opposer au despotisme de l’Économie doit ainsi toujours être de mettre, par principe, en question tous les discours qui célèbrent le "progrès" et le "mouvement" sans autre précision."

    - "A l'ère de la culture jeune, il convient de rappeler une banalité de base : la jeunesse n'a jamais été une classe. C'est un moment de la vie, devenu un marché."

    - "C'est en 1983-84 - comme on le sait - que la Gauche française dût officiellement renoncer à présenter la rupture avec le capitalisme comme l'axe fondamental de son programme politique. C'est donc à la même époque qu'elle se retrouva dans la difficile obligation intellectuelle d'inventer, à l'usage des électeurs, et tout particulièrement la jeunesse, un idéal de substitution à la fois plausible et compatible avec la mondialisation, maintenant célébrée, du libre-échange. Ce sera, on le sait, la célèbre lutte "contre le racisme, l'intolérance et toutes les formes d'exclusion", lutte nécessitant, bien sûr, parallèlement à la création sur ordre de diverses organisations "antiracistes", l construction méthodique des conditions politiques destinées à permettre l'indispensable installation d'un "Front National" dans le nouveau paysage politique."
  • Histoires extraordinaires (1856)

    Sortie : 1856. Recueil de nouvelles.

    Livre de Edgar Allan Poe

    - "L'étrangeté est une des partie intégrantes du beau".

    - "Le principe de la force d’inertie, par exemple, semble identique dans les deux natures, physique et métaphysique; un gros corps est plus difficilement mis en mouvement qu'un petit, et sa quantité de mouvement est en proportion de cette difficulté; voilà qui est aussi positif que cette proposition analogue: les intellects d'une vaste capacité, qui sont en même temps plus impétueux, plus constants et plus accidentés dans leur mouvement que ceux d'un degré inférieur, sont ceux qui se meuvent le moins aisément, et qui sont les embarrassés d'hésitation quand ils se mettent en marche. Autre exemple: avez-vous jamais remarqué quelles sont les enseignes de boutique qui attirent le plus l'attention?".

    - " Je conteste la validité, et conséquemment les résultats d'une raison cultivée par tout procédé spécial autre que la logique abstraite. Je conteste particulièrement le raisonnement tiré de l'étude des mathématiques. Les mathématiques sont la science des formes et des qualités; le raisonnement mathématique n'est autre que la simple logique appliquée à la forme et à la quantité. La grande erreur consiste à supposer que les vérités qu'on nomme purement algébriques sont des vérités abstraites ou générales."
  • Le Joueur d'échecs (1943)

    Schachnovelle

    Sortie : 1943. Nouvelle.

    Livre de Stefan Zweig

    - " N'est-il pas diablement aisé, en fait, de se prendre pour un grand homme quand on ne soupçonne pas le moins du monde qu'un Rembrandt, un Beethoven, un Dante ou un Napoléon ont jamais existé? "
  • Fables (1678)

    Sortie : 1678. Littérature & linguistique et poésie.

    Livre de Jean de La Fontaine

    - "Nous n'écoutons d'instinct que ceux qui sont les nôtres,
    Et ne croyons le mal que quand il est venu."

    - "Hélas: On voit que de tout temps
    Les petits ont pâti des sottises des grands."

    - "Ne faut-il que délibérer,
    La cour en conseillers foisonne ;
    Est-il besoin d'exécuter,
    L'on ne rencontre plus personne."

    - "J'en sais beaucoup de par le monde
    A qui ceci conviendront bien :
    De loin, c'est quelque chose; et de près, ce n'est rien. "
  • Le Prince (1532)

    De Principatibus

    Sortie : 1532. Essai.

    Livre de Nicolas Machiavel

    - ".. c'est que les hommes aiment à changer de maître dans l'espoir d'améliorer leur sort ; que cette espérance leur met les armes à la main contre le gouvernement actuel ; mais qu'ensuite l'expérience leur fait voir qu'ils se sont trompés et qu'ils n'ont fait qu'empirer leur situation.. "

    - "On travaille encore, car le travail est une distraction. Mais l'on veille à ce que la distraction ne débilite point. On ne devient plus ni pauvre ni riche : ce sont deux choses trop pénibles. Qui voudrait encore gouverner? Qui voudrait obéir encore? Ce sont deux choses trop pénibles. Point de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la même chose, tous sont égaux : qui a d'autres sentiments va de son plein gré dans la maison des fous."
  • Fahrenheit 451 (1953)

    Sortie : 1953. Science-fiction et roman.

    Livre de Ray Bradbury

    - "On doit tous être pareils. Nous ne naissons pas libres et égaux, comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux. Chaque homme doit être l'image de l'autre, comme ça tout le monde est content ; plus de montagnes pour les intimider, leur donner un point de comparaison. Conclusion! Un livre est un fusil chargé dans la maison d'à côté. Brûlons-le. Déchargeons l'arme. Battons en brèche l'esprit humain. Qui sait qui pourrait être la cible de l'homme cultivé? Moi? Je ne le supporterai pas une minute."

    - "Si vous ne voulez pas qu'un homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui-en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun."
  • Œuvres (1992)

    Sortie : 1992.

    Livre de Arthur Cravan

    - "Les abrutis ne voient le beau que dans les belles choses."

    - "Tout grand artiste a le sens de la provocation."