Mes sorties ciné 2017

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108 films

par Scaar_Alexander
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    Nocturnal Animals (2017)

    1 h 56 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Tom Ford avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon

    Nocturnal Animals vient de transformer l'essai A Single Man, et c'est devenu indéniable : le cinéma de Tom Ford a de la gueule. On peut le trouver un peu trop léché par moments, voire très souvent, dans des scènes où l'on perçoit davantage la réflexion, la théorie que l'on ne ressent d'émotion profonde, et le film est un peu trop glacé dans la partie upper-class de son récit pour vraiment toucher (d'aucuns répondront que c'est normal, vu le ton, mais m'en fous, je vais au cinéma pour ressentir des choses, aussi tarte cela sonne-t-il)... Mais il ne laisse pas indifférent, ce qui est déjà pas mal - et puis, on peut déjà admirer son refus d'en faire des tonnes dans le maniérisme poseur, si l'on omet un générique d'intro absolument exécrable. NA ne laisse pas indifférent, effectivement : même si son message n'a rien de très original (il n'y a rien de pire que les regrets), et qu'il manque parfois de subtilité ("REVENGE", sérieusement ?!), on approuve ce qu'il dit, et on est plutôt séduit par la manière dont il le dit. On souffre au spectacle de ce drame abominable (mention à la marquante scène d'embrouille avec les petites frappes où la tension monte et où l'on sait que ça va très, très mal finir). Et quand un film est servi à la fois par une photographie somptueuse et par un casting d'une telle qualité (mention à Jake Gyllenhaal, intense comme à son habitude, et à Amy Adams, qui est décidément de tous les bons coups, ces dernières années...), les dialogues nuancés de Ford, sa façon de sonder les âmes flétries et les regrets éternels, font forcément mouche. On regrettera juste un dénouement doublement-décevant, tant dans la partie fiction (c'était prévisible, que ça allait dégénérer... et puis où est le flic, à la fin ?) que dans la partie réel (tout ça pour ça... mouais), ainsi que de ne justement pas avoir vu plus de connexions entre le réel et la fiction. Pas assez organique, sans doute ? Quelque chose à travailler sérieusement à l'avenir, pour le cinéaste...
    Remarque 1 : le slogan de l'affiche est "les liens du passé ne se dénouent jamais"... [spoiler alert !] ben justement, si. ^^;
    Remarque 2 : on insiste sur les femmes obèses à poil du générique d'intro : aussi hideux que superflu.
  • 2
    Bande-annonce

    Quelques minutes après minuit (2017)

    A Monster Calls

    1 h 48 min. Sortie : . Drame et fantastique.

    Film de J.A. Bayona avec Lewis MacDougall, Sigourney Weaver, Felicity Jones

    En voilà, un film, qu'il est joli, avec des beaux sentiments, et un touchant nenfant, et un gentil monstre, et une fin pleine de leçons de vie bouleversantes (the feeeeels). Oui, de loin, le nouveau Bayona n'inspire que du bon : il a un jeune acteur formidable (Lewis MacDougall, à suivre), un point de départ dramatiquement fort (la jeune mère en phase terminale de cancer), un monstre qui a de la gueule et qui est doublé par Liam "Quickly !" Neeson... comment ne pas aimer ? En effet, comment ! Mais... on peut ne pas être totalement emballé non plus. Pourquoi ? Parce qu'on a déjà vu ça un paquet de fois dans un Hollywood obsédé par les gros monstres tout gentils (rien que The BFG et Elliot le Dragon, en 2016...), et que le scénario en pilote automatique (son seul fil étant le fait que le gros monstre a trois histoires à raconter...), tire un peu au flanc. C'est joli, mais un peu confus, l'origine et les motivations du gros monstre sont un peu faiblardes, le discours sur le fait de ne pas punir le jeune héros est vague, les géniteurs brossés un peu trop rapidement, les effets spéciaux sont réussis mais la direction artistique n'est pas phénoménale (Groot !)... et bien que l'on sorte du film assez ému grâce à la performance de MacDougall (et, étrangement, à celle de Sigourney Weaver, qui jusque là nous inquiétait un peu en grand-mère british !) et apprécie la rare noirceur et mélancolie dans un film de ce registre, dans l'ensemble, AMC, sorte de Labyrinthe de Pan-wannabe, ne laisse pas un souvenir impérissable.
  • 3
    Bande-annonce

    Harmonium (2017)

    Fuchi ni tatsu

    1 h 58 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kôji Fukada avec Tadanobu Asano, Mariko Tsutsui, Kanji Furutachi

    Un bien beau film, doté d'une mise en scène aussi discrète qu'aiguisée, qui surprend par la radicalité non seulement de sa tragédie, mais aussi du rapport qu'il entretient avec elle : impitoyable et âpre. Dès l'arrivée du personnage de Yasaka, interprété par un brillant Asano qu'on ne croyait plus capable d'étonner, on sait que quelque chose de pourri va se passer, et c'est ce qui rend la première partie si forte, car à travers Yasaka, Fukada Kôji dit des choses très vraies sur l'état du couple dans la famille traditionnelle japonaise (à la manière du génial Tokyo Sonata), tout en garantissant que cela ne va pas durer bien longtemps. En surface, on peut croire à un drame intimiste sur le passé et la rédemption. Mais le Diable est dans le détail. Et ce diable, c'est la culpabilité (plus encore que les fantômes du passé), incarnée par Yasaka, qui a un peu une gueule de fantôme, quand on y pense..Et si la seconde partie n'est pas des plus confortables (mon Dieu, le vieillissement archi-réaliste de la mère !), et gênera peut-être ceux qui espéraient un drame plus plan-plan, par sa violence, elle donne au film rien de moins que sa raison d'exister : elle révèle les personnages du père et de la mère (magnifique Tsutsui Mariko), jusqu'alors en sourdine (le père dit lui-même que leur couple n'existait pas jusqu'à la tragédie), et son dénouement déroule implacablement la logique de sa démonstration : karma is a bitch. [spoiler alert !] De prime abord, on pourrait avancer que le message principal est : "héberger un tueur chez soi est nuisible à la santé" ; clair, net, pas de fioritures. Mais Fukada laisse planer le doute : est-ce vraiment Yasaka qui a tué la petite Hotaru ? N'est-elle pas tombé de son manège, en haut duquel on l'avait vue, dans une scène précédente ? Si oui, la tragédie n'en serait que plus grande. Et cela entrerait en parfait écho avec l'autre grand sujet du film, l'identité : que sait-on de l'autre ? Que l'épouse sait-elle du mari ? Que le mari sait-il de son vieil ami yakuza a priori réformé ? La scène de la rivière où Yasaka se met à lui parler comme un yak' avant d'affirmer que c'était une blague est une des plus fortes du film : lequel est le vrai Yasaka ? Bref, un drame très fort, très subtil, et qui donne envie de voir les autres film du cinéaste.
  • 4
    Bande-annonce

    La Mécanique de l'ombre (2017)

    1 h 33 min. Sortie : . Thriller et action.

    Film de Thomas Kruithof avec François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila

    Grosse surprise que ce petit film de genre dont on n'attendait guère mieux qu'une énième tentative ringarde et hystérique de franciser le cinéma d'espionnage anglophone (cf. Secret Défense et son agence pleine d'écrans à la CTU). La principale raison : il lorgne davantage du côté du polar français des années 70 du genre de Z, de Costa-Gavras, ou d'I comme Icare, de Verneuil, cinéma qu'a très bien assimilé Thomas Kruithof, dont c'est la première mise en scène et qui s'inscrit illico sur la liste des gars à suivre de près. Ça ne révolutionne rien, mais ça marche : la restitution de la misère sociale et existentielle, l'aliénation par le travail, l'atmosphère oppressante d'impuissance face à une machinerie anonyme qui écrase les volontés, la spirale paranoïaque, et même le dernier acte, plus orienté thriller, dont le jeu de pouvoir entre sphères d'influence fonctionne contre toute attente. Même la résolution un peu facile est excusée (comme quelques petites facilités scénaristiques, peut-être, comme le fait que Sami Bouajila n'a pas une tête de Labarthe... quoiiii ?) car elle sert le cynisme absolu d'un univers intrinsèquement trouble et au final, d'une absurdité kafkaïenne : au final, de l'agence de renseignement dirigée par M. Clément (Denis Podalydès, impeccable en éminence grise glaçante) et la DGSI, aucune n’apparaît fondamentalement plus légitime que l'autre, chacune usant du prétexte de la sécurité nationale et du patriotisme pour avancer (certes, une est censée représenter l'État, mais M. Clément ne roule-t-il pas pour le futur président d'une République qui a perdu son intégrité il y a un bail ?). Et ce flou artistique est réjouissant, surtout vu à travers les yeux d'un François Cluzet parfait en gars totalement dépassé. De ce point de vue, certaines scènes avec M. Clément rappelle même la fin des Trois jours du Condor, quand Max Von Sydow explique au héros qu'en gros, faut pas chercher à lutter. La Mécanique fonctionne parce qu'il est entièrement dévoué, comme sa mise en scène sans chichi mais atmosphérique à souhait (mention également à la bande son au diapason de l'également nouveau venu Grégoire Auger), à la logique d'un scénario lui aussi sans fioritures... rigueur dont bénéficie l'amourette avec la fille, qui a le bon goût de ne pas s'étaler (ni même de coucher !). Non, vraiment, avec La Mécanique, l'année 2017 commence bien pour le cinéma français.
  • 5
    Bande-annonce

    Live by Night (2017)

    2 h 08 min. Sortie : . Drame et gangster.

    Film de Ben Affleck avec Ben Affleck, Zoe Saldana, Elle Fanning

    LBN, ou quand l'hubris de Ben Affleck l'a tuer, quand il a voulu voler trop près du soleil, s'est pris pour la fusion de Fritz Lang et Marlon Brando, et puisqu'il n'est ni l'un, ni l'autre, s'est cramé les putains d'ailes et rétamé comme une merde. La BA laissait perplexe quant à la valeur de l'histoire (celle d'un gangster qui grimpe les échelons... et ?), l'acteur y avait l'air un poil constipé, et les critiques étaient inquiétantes, mais rien ne préparait à un tel désastre : on tient là un GROS plantage, et de luxe, pour un des films hollywoodiens les plus mal écrits et mal joués de récente mémoire. Pour compenser le dangereux manque d'originalité du pitch (rien à foutre que ce soit celui du bouquin), il aurait fallu réussir le détail, faire du travail d'orfèvre, or tout ce qu'on a, c'est une intrigue prévisible dont on se fout royalement, faite de personnages sans consistance (voir les amourettes avec les deux actrices faiblardes) et d'enjeux sans intérêt (le protagoniste va-t-il gagner à la fin ?). C'est bien simple : on croit voir un film d'étudiants en cinéma, trop obsédés par la forme pour soigner leur casting (les deux antagonistes sont catastrophiques, persos comme acteurs), trop timorés pour diriger convenablement les quelques corrects qu'ils ont (Gleeson, Cooper, ou encore Messina, ridiculement déguisé), et trop largués pour réaliser qu'ils ne font que pomper, et mal, les pires clichés du genre. La différence, bien sûr, se situe dans le budget, qui garantie une reconstitution rutilante et de belles images, mais au contraire, ça ne dissipe pas cette impression de voir une bande de gosses essayant de jouer les durs et comptant sur leurs costumes trois pièces pour avoir de la gueule, comme Affleck, pas une seule seconde crédible en gangster (et ce n'est pas un anti- qui parle), davantage en pire imitation de Don Draper possible. Au final, on ne ressent ni n'est stimulé par rien (à l'exception peut-être de ce qui concerne la born-again Loretta, jouée par une Elle Fanning sauvable...). Et le dernier clou dans le cercueil de LBN, c'est son prêchi-prêcha idéologique parfaitement inapproprié dispensé dans cette scène ridicule où le héros, en remettant à sa place un méchant banquier blanc, donne l'impression d'entendre une pleurnicherie anti-Trump d'étudiants progressistes de CalArts (Affleck n'est pas une flèche, donc colorer politiquement ses films est la pire idée possible). Un film profondément médiocre qui rappelle que tout le monde a ses limites.
  • 6
    Bande-annonce

    Fleur de tonnerre (2017)

    1 h 40 min. Sortie : . Drame.

    Film de Stéphanie Pillonca avec Déborah François, Benjamin Biolay, Jonathan Zaccaï

    Ou comme s'il ne s'était rien passé, ce qui est un peu dommage, quand même, vu le sujet fort intéressant du film (la plus grande tueuse en série française connue !). Pas de notre faute : avec FDT, en termes de reconstitution et de mise en scène, on frôle le néant d'un téléfilm de France Télévision : mornes, convenues, pas dégueus mais certainement pas goûtues non plus (deux-trois panoramas de magnifiques paysages bretons surnagent péniblement...)... Certes, on est très heureux de revoir la petite Déborah François, qui n'est pas devenue la "it girl" du cinéma français après l'échec de Populaire (et malgré son rôle trèèès dénudé de Mes Chères Études) et n'en mérite toujours pas moins... mais toute son implication et ses jolies crises de paranoïa hystérique, de toute façon souvent neutralisées par les mauvaises performances de Benjamin Biolay (Christophe Miossec s'en sort mieux...) et de la moitié du casting (voir l'horrrrrrible gamine), n'excusent ni la pauvreté esthétique, ni la mollesse irritante d'un récit pas du tout inspiré. Où veut-il en venir ? Que veut-il montrer ? Le manque de repères temporels tue le romanesque et les chances de dépasser le sujet : on a l'impression que Jégado tue une poignée de pèlerins et se fait choper au bout de quelques années, alors qu'elle a été arrêtée à... 47 ans, après une centaine de victimes ! FDT avait l'occasion de raconter un pan aussi tumultueux que passionnant de l'histoire de France : la Restauration, la Monarchie de Juillet, et le retour à l'Empire, l'année même de l'exécution de l'empoisonneuse ! Au lieu de ça, niet. La spiritualité est aux abonnés absents, les vignettes costumées se suivent sans caractère, la structure en flashbacks ne sert strictement à rien, les liens entre les personnages peinent à se nouer (voir le personnage du juge Vannier, d'un académisme horripilant), et au final, rien ne ressort du portrait de cette jeune femme, sinon l'inepte rappel qu'avoir une grosse conne comme mère, ça ne rend pas vraiment service dans la vie. La pauvre Stéphanie Pillonca oublie carrément d'expliquer l'origine de "Fleur de tonnerre", alors que ce pseudonyme plein de poésie contribuait au charme du projet... comme du roman, sans doute ? À ce sujet, je suis un peu frustré de ne pouvoir définir précisément quelle est sa part de responsabilité dans ma dépréciation : le livre de Jean Teulé m'inspirerait-il le même ennui ? Sans doute que non. Ce qui est sûr, c'est que le film ne donne pas vraiment envie de le lire.
  • 7
    Bande-annonce

    xXx : Reactivated (2017)

    xXx: Return of Xander Cage

    1 h 47 min. Sortie : . Action, aventure et thriller.

    Film de D.J. Caruso avec Vin Diesel, Donnie Yen, Deepika Padukone

    Le pop-corneur est à son plus fragile lorsqu'il est en manque de boum-boum comme seuls les Américains savent en faire, aperçoit un film comme xXx 3 à l'horizon, tel un oasis au milieu du désert, et y court dans l'espoir d'en prendre plein les mirettes en se bâfrant de m&m's. Pas besoin d'être exigeant, pourtant... et c'est précisément pourquoi il y croit un minimum. Quand on ne demande que du "mindless fun", que peut-il arriver de bien grave ? Il peut arriver... xXx 3. Avec cette boursouflure d'une ringardise presque anachronique, qui fait passer le dernier Fast & Furious pour du Sergio Leone, D.J. Caruso nous a torché un des films d'action hollywoodiens les plus radicalement nuls depuis le sinistre Taken 3 d'Olivier Megaton (loin est le temps de The Salton Sea !). Rien n'y est rattrapable, et ne vous laissez pas tromper par la moyenne presse absolument improbable qu'a relayée Allociné (Sylvestre Picard de Première, si tu lis ces lignes...). Vin Diesel passe le film entier à sourire comme un con, trop heureux d'être à la fois désiré par toutes les femmes du monde (ou du moins, toutes celles du film...) et suffisamment intimidant pour calmer les plus gros bérets verts en une réplique pourtant nulle, son doubleur-cascadeur aurait dû avoir son nom en haut de l'affiche tellement c'est plus lui qu'on voit à l'écran qu'autre chose, l'humour potache, et donc les one-liners supposément super-cools du héros, tombent à plat neuf fois sur dix ("Est sorti avec Taylor Swift et Lady Gaga... la même nuit !" YEEEAAAAAAAH), les dialogues sont d'une nullité intersidérale ("le patriotisme est mort, y a plus que des rebelles et des tyrans"... c'est quoi, ça, du Mozinor ?), les personnages féminins sont des clichés (la goudou d'1m50 Lily Rose en fait des tonnes en bad-ass de clip de Katy Perry et Nina Dobrev est aussi miscastée en geekette maladroite que Denise Richards en physicienne) qui repoussent les limites du kitsch dans des scènes de fusillades ridicules, les méchants parlent pendant des heures avant de tirer comme dans les années 80... et surtout, CE N'EST PAS DIVERTISSANT. Si au moins Caruso avait choisi la voie Grindhouse pour un spectacle racoleur avec du cul et du gore ! Mais là... non, on n'a que du boum-boum en plastique tout juste bon à exciter des collégiens mal dégrossis qui, dix ans plus tard, se demanderont comment ils ont pu aimer ce truc. On est sérieux cette fois-ci : un truc pareil rappelle combien F&F se débrouille plutôt bien depuis l'épisode 4.
  • 8
    Bande-annonce

    La La Land (2017)

    2 h 08 min. Sortie : . Comédie musicale, comédie dramatique et romance.

    Film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend

    Aurait-on affaire à un quasi-chef-d'oeuvre, comme tout le monde le dit (quand ce n'est pas à 100%) ? Pourtant, La La Land partait mal, dans son premier quart d'heure, avec son numéro d'ouverture-hommage à l'âge d'or du genre, virtuose dans sa mise en scène virevoltante peut-être, mais musicalement insipide, et quelques scènes chantées assez anecdotiques qui nous font craindre un "Parapluie de Cherbourg goes to LA". Attention : l'auteur de ces lignes n'a rien contre les comédies musicales, il a toutes les représentations en DVD/BR des Misérables... il faut juste que ce soit bon. Ce qui n'était pas gagné. Sauf qu'Emma Stone et Ryan Gosling finissent bien par monter sur cette colline, et enfin tomber amoureux, l'air de rien, sur un numéro aussi gauche (Gosling n'est clairement pas un chanteur) que réjouissant. Et à partir de là, on n'aura plus beaucoup de numéros chantés. Ce sera de la danse, surtout... et des dialogues, classiques, mais beau, beau comme le couple trop vrai que forment deux acteurs au sommet de leur charme, Gosling, figure de passion à fleur de peau, born to be a romantic, dont les peines face à la médiocrité du monde moderne nous touchent au coeur ; Emma Stone, virevoltante comme la caméra (et la chorégraphie épatante de Mandy Moore), figure de grâce étourdissante de panache dont on ne peut que tomber amoureux (malgré les sourcils de Portugaise qu'elle s'est poussée pour l'occasion, allez savoir pourquoi...) ; on n'avait pas vu une telle alchimie entre un acteur et une actrice depuis belle lurette. À eux deux, et sous la direction bien sûr de Chazelle, dont la caméra défie les lois de la gravité pour porter les émotions aux étoiles, ils rendent La La Land inoubliable. Littéralement. On essaiera, si l'on a le temps, de développer sur le fond et sur l'épilogue (disons déjà que la "sad end", qui n'a pas été du goût de tout le monde ne nous a pas dérangé dans son message doux-amer, même si l'on a trouvé le saut dans le temps un poil trop brutal pour fonctionner d'un point de vue dramatique). En tout cas, nous sommes entrés dans la salle pas du tout convaincus, espérant plutôt tirer une certaine lassitude du spectacle pour pouvoir dire "fuck you, les Oscars, vous ne m'aurez pas, cette fois non plus !", et nous en sommes sortis... vaincus. Un film qui donne envie de s'initier au jazz à un réfractaire de 35 ans réussit forcément quelque chose. Et le fait que Ryan Gosling ait lui-même joué ses morceaux au piano a joué dans l'effet "wow"...
  • 9
    Bande-annonce

    Un jour dans la vie de Billy Lynn (2017)

    Billy Lynn's Long Halftime Walk

    1 h 50 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Ang Lee avec Joe Alwyn, Kristen Stewart, Garrett Hedlund

    Confusionnant. Confusionnant, parce qu'avec un film anti-guerre mais pro-petits gars qui s'en vont à la boucherie pour des raisons plus grandes qu'eux, qui plus est réalisé par Ang Lee, auquel on est éternellement reconnaissant pour Lust, Caution, et parsemé de très, très beaux moments, on aurait aimé être convaincu. On en attendait beaucoup, en fait, de ce Billy Lynn. Las !, il n'est rien de plus qu'un joli drame un peu mou qui ne sait jamais vraiment sur quel pied danser, porté par son message ("on ne quitte pas ses frères d'armes"), capable de tirer deux-trois belles choses du dilemme moral qui travaille le héros (essentiellement associé au personnage de sa grande sœur, qui lui demande de rester pour plein de bonnes raisons, et interprétée par une Kstew très émouvante, notamment dans sa dernière scène), mais jamais une GRANDE inspiration, et surtout sans grande subtilité, nous imposant presque ce que nous devrions ressentir vers la fin, soit une très mauvaise idée d'écriture. L'illustration la plus flagrante de cette indécision est l'intrigue de l'adaptation ciné que Robert (pas terrible Chris Tucker) cherche à faire financer par Norm (Steve Martin, dafuq ?), caricaturale de bout en bout. Et les tourments du protagonistes auraient bénéficié d'un traitement moins léger de sa famille et de son passé (on est loin de Né un 4 juillet !). Cela ne nous laisse guère que l'histoire de camaraderie à nous mettre sous la dent. De ce point de vue, c'est pas mal, les dialogues font parfois mouche, notamment quand le "grand frère" Dime est de la partie (intense Garrett Hedlund, comme d'hab), les soldats ne sont pas mal caractérisés, et Joe Alwyn est une révélation (quelle présence !)... mais là aussi, il manque quelque chose. Plus de flash-backs, peut-être (accompagné, en même temps, d'une réduction de la dose de Vin Diesel...). Il faut dire que la mise en scène m'aura inspiré autant de positif que de négatif : du positif dans les scènes immersives de combat et tout ce qui se passe dans le stade (impressionnant défilé) ; du négatif dans le plus important parti pris formel du film, l'abus du "regard caméra" dans les dialogues, qui plus est filmés à la caméra à haute-vitesse, qui, personnellement, me sort totalement de l'action, et, dans le cas présent, a accentué le caractère pontifiant et mélodramatique de certains dialogues. Tout cela est très humain et plein de bonne volonté. mais si Lee réussit sa marche en formation, cette dernière n'aboutit à rien de passionnant.
  • 10
    Bande-annonce

    Jackie (2017)

    1 h 40 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Pablo Larraín avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Greta Gerwig

    Bravo. Jackie avait tout du pudding hagiographique à oscars. Tout cinéphile fasciné par l'histoire des Kennedy se devait d'aller le voir, mais ça relevait plus du principe. C'était sans compter les forts tempéraments de Larrain et son scénariste Oppenheim, qui nous ont chiadé un plongée grave et hypnotique dans le tumulte de trois jours historiques vus à travers les yeux d'un de ses personnages emblématiques, et pourtant très peu traité à l'écran. Rien que pour ça, ça valait le coup, mais il fallait que ça fonctionne... et ça ne fonctionne pas seulement grâce à la performance virtuose de Natalie ; c'est juste... habité. Et tout, sauf révérencieux et sentimentaliste (même le prêtre joué par feu-John Hurt malmène la pauvre héroïne). Tout n'y est pas réussi, la première partie souffre de problèmes de rythme, la narration désordonnée perturbe un peu, on ne sait pas où ça va exactement, le généralement génial Peter Sarsgaard est un miscast total en RFK (ils auraient dû recaster Barry Pepper de la mini-série The Kennedys...)... mais dès les problématiques des funérailles et de l'héritage réellement engagées, tout s'emboîte admirablement, le dilemme méconnu de la protagoniste fait soudain parfaitement sens, le terme "Camelot" est prononcé, fort et encore douloureux pour de nombreux Américains, l'atmosphère de fin de règne couronne l'esprit crépusculaire du film (on ne sait plus qui décide vraiment, mais on sait en tout cas que ce fut un coup d'État)... Les images de Larrain, jusqu'ici "juste" somptueuses (notamment grâce au parti pris visuel très fort du format 16mm et au travail de couleurs du chef op Jean Rabasse), acquièrent une force inattendue, la scène des funérailles est un monument à elle seule (mais quoi de plus logique pour un film qui a des airs de marche funéraire du début à la fin ?), l'assassinat de JFK est atrocement fulgurant (et judicieusement placé !), la vision de la fameuse robe rose tâchée de sang saisit aux tripes ; et même la musique de Mica Levi, pas toujours agréable, finit par s'imposer, unique et organique, ne faisant plus qu'un avec sa protagoniste, pas davantage là pour plaire que cette dernière. Jackie, c'est de l'anti-docu-fiction de History Channel, pour le meilleur et pour le pire, inégal, parfois hasardeux, parfois grandiose, toujours intriguant, jusque dans ses scènes avec le journaliste, de prime abord archi-conventionnelles, en réalité très fortes, car elles servent le même sujet : l'écriture de l'Histoire.
  • 11
    Bande-annonce

    Moonlight (2017)

    1 h 50 min. Sortie : . Drame.

    Film de Barry Jenkins avec Alex R. Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes

    Depuis sa BA diffusée à l'été dernier, deux exaltantes minutes trente de plans généralement somptueux, montées sur les violons exaltants de Nicholas Britell (The Middle of The World), on était en droit d'attendre énormément de Moonlight. Cet emballement n'était pourtant pas acquis : blanc, hétéro, non-Américain, et pas particulièrement amateur de Happy Together ou Brokeback Mountain, j'étais à milles lieues du public-cible du film. Ou... pas ? Quelque chose me parlait, sur lequel je reviens plus bas. Puis j'ai appris que la musique de Britell faisait en fait partie de la bande-originale du film, fait aussi rare qu'appréciable. Et rien que ça, ça m'a conforté dans l'idée qu'avec Moonlight, on aurait peut-être un film aux antipodes de ce que son sujet pourrait laisser craindre de misérabiliste, militant, aspirant-réaliste et "sociologisant". Et... j'avais raison. Moonlight est un magnifique film qui, malgré son sujet casse-gueule et son pitch archi-spécifique (noir + pauvre + délinquant + homo = yay quadruple-combo !), transcende les orientations sexuelles, les générations, et les races (dommage qu'il y ait cette réplique superflue sur les Noirs, au tout début...). C'est un spectacle d'un grand raffinement plastique (mention à la photographie de James Laxton, qui nous chiade des plans nocturnes à tomber par terre) et un récit quasi-romanesque en dépit de ses violons littéraux. Surtout, c'est un essai sur l'intimité diablement pertinent (rarement s'est-on penché avec tant de justesse et de délicatesse sur cette identité parallèle que l'homme se façonne plus ou moins douloureusement pour correspondre à ce que la société attend de lui)... qui fonctionne miraculeusement en dépit de son double-changement d'acteurs tant les trois sont TOUS bons. En fait, sur ce plan, ça va du convaincant au bouleversant, comme Trevante Rhodes (ou 50 cents version humaine, parfait dans les nombreux silences super-pesants) et le super-charismatique Mahershala Ali, toujours impeccable. Ces silences ! Il y a des moments où l'on est pris aux tripes sans savoir exactement comment cet air de rien peut faire autant d'effet, notamment dans les dernières scènes entre le héros et sa mère, puis entre lui et ce qui est en fait son "amour" d'adolescence (intense André Holland). La complexité de la douleur surprend, dans Moonlight. Tout en fait surprend dans cette sorte d'anti-La Vie d'Adèle qui mérite tous ses éloges (lui !), et qui est, à mon sens, tout ce qu'aurait dû être Boyhood.
  • 12
    Bande-annonce

    LEGO Batman, le film (2017)

    The LEGO Batman Movie

    1 h 44 min. Sortie : . Action, comédie, fantastique et aventure.

    Long-métrage d'animation de Chris McKay avec Will Arnett, Zach Galifianakis, Michael Cera

    Voilà un film fort divertissant, comme escompté ! Divertissant à l'image du précédent et premier opus, qui était, admettons-le, une grosse surprise de 2014 (voir ma mini-critique de l'époque). Divertissant, et en plus, super-méta ! Vachement à la mode, le méta. Là, autant dire que c'est du SUPER-méta. TROP, méta, en fait. Voire trop... divertissant. Incessamment divertissant. Hollywood a compris que le public contemporain est super-connecté et super-aware, mais attention à l'overdose : face au tourbillon polychrome qu'est Lego Batman, le spectateur finit par saturer. Haha, quelle blague amusante ! Ça me rap... héhé, celle-là aussi ! Je me dem... hooo, et encore une, décidém... wow, et c'est de nouveau reparti, ok, on a compris, les gars, vous êtes fun ! C'est bien, d'avoir des blagues drôles, mais il faut aussi savoir placer quelques espaces, ça et là, pour laisser le spectateur respirer. Pas tant au risque de mourir de rire, car LB n'est pas SI génial que ça non plus (on sourit deux fois sur trois... ce qui est mieux que de ne pas, me direz-vous), mais simplement... parce qu'on aime ne pas être complètement secoué dans tous les sens. En plus, ça aide à garder en mémoire les VRAIS moments réussis : tout le début est topissime, le rap de the Bat' lui gagne son public, mais vers la fin... que se passe-t-il, déjà ? D'autant que le problème se fait plus évident avec un film d'animation, esthétiquement très travaillé, et au final fort agréable à l’œil (un film avec des Lego, qui l'eut crû ?). En gros, on aurait aimé apprécier davantage le spectacle. Après, ce n'est rien de dramatique, hein... et la folle cadence des "jokes" n'empêche pas d'apprécier ni les performances exxxxcellentes de Will Arnett et Zach Galifianakis, génial en joker sentimental, ni les gros morceaux, comme le rap précité. En gros, si vous avez aimé le premier Lego movie et que vous êtes amateur de parodies déjantées, vous pouvez y aller les yeux fermés, LB est un divertissement pop de qualité. Évitez simplement le café avant la séance... PS : Hector Elizondo en Jim Gordon : ma man !
  • 13
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    Seuls (2017)

    1 h 30 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de David Moreau avec Sofia Lesaffre, Stéphane Bak, Jean-Stan du Pac

    Je ne sais pas pourquoi j'ai regardé ce truc. J'étais d'humeur à me faire un petit film de genre sans prétention, et il était accessible. Ajoutons à ça la curiosité du cinéphile français de voir si les choses progressent un minimum dans le paysage cinématographique du cru, un peu revigorée par l'excellente surprise qu'était Arès, sorti quelques mois plus tôt. Mais ça n'aurait pas dû être suffisant, tant la nullité des acteurs, la touchante médiocrité de la forme, et le sous-texte antiraciste étaient évidents dans la BA... enfin. Sur la forme, on était prêt à pardonner : leur bricolage d'une Île-de-France vide est très cheap, mais 28 jours plus tard faisait lui aussi dans le bricolage très voyant, par moments, David Moreau, à qui l'on devait déjà les très mauvais Seuls et The Eye, ne sait pas réaliser une scène d'action, mais ça se voulait plus un film d'ambiance, et justement, la photographie a son petit charme (avec un bel étalonnage assez sombre... la France A des artisans compétents, rien de nouveau) ! Il aurait juste fallu que l'ensemble se tienne. Or, Seuls est juste un peu bête. Bête à l'image de son panorama nocturne de Paris désert... mais aux lumières allumées (le bricolage, on pardonne, ça, non), ou encore de ses personnages affreusement stéréotypés (à l'exception peut-être de Leila...), surtout lorsque leurs dialogues débiles se font sur le mode de la critique sociale bien débile, avec le petit babtou fragile à lunettes (catastrophique Paul Scarfoglio), le grand Renoi mystérieux (Stéphane Bak, pas ridicule, juste inepte), la beurette casse-cou (Sofia Lesaffre, aux efforts louables mais au jeu limité) qui tombe forcément amoureuse du grand Renoi mystérieux, et le pseudo-antagoniste bien aryen comme il faut (sic)... quand un film décide, à l'intérieur d'une histoire pareille, de glisser du "facho", c'est mauvais signe. Un sens de l'humour (c'est-à-dire l'inverse du prêchi-prêcha) aurait pu sauver de justesse l'embarcation et lui donner des airs de Zombieland du pauvre, mais là aussi, c'est raté. Et quand on se demande pourquoi on a regardé tout ça, et que tombe la révélation finale dans un registre philosophico-fantastique super-branleur (avec un twist DANS le twist carrément WTF), on se dit qu'il y a vingt ans, peut-être, ça aurait marché... avant que la carte du "ils étaient morts depuis le début" ne devienne plus possible. Quasiment tout est bidon, à tel point que les deux gamins sont peut-être ce qu'il y a de moins mauvais.
  • 14
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    Silence (2017)

    2 h 41 min. Sortie : . Aventure, drame et historique.

    Film de Martin Scorsese avec Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson

    Perplexité. Silence n'est pas un chef-d'oeuvre. D'abord, parce que c'est un film CLAIREMENT trop long : on peut lui trouver une bonne vingtaine de minutes sucrables faites de plans qui durent trois fois trop longtemps ou de contemplation un brin trop facile (l'argument de l'interminable attente des prêtres est fragile). Ensuite, parce qu'il est quand même un peu mou du gland : papy Scorsese prend le parti hautement contestable de l'ascèse, comme si le sujet ne méritait QUE ça (on revient aux clichés du Japon zen et des Jésuites en plein recueillement, qui ne justifient pas tout), mais en plus, il se fend d'un bon nombre de scènes pas très stimulantes cinématographiquement, borderline télévisuelles dans certains dialogues (champs/contrechamps de j-drama... pour le coup, je ne suis pas en désaccord avec le YouTubeur Durendal). Ce qui en fait un film un peu raté... mais aussi flanqué d'un "MAIS" indéboulonnable, car c'est plus un monument brinquebalant qu'un abri-bus. Dans sa seconde moitié, c'est une réflexion absolument passionnante sur la fragilité, voire l'échec de la foi, la prétention de l'universalité, et le choc des cultures, caractérisée par une neutralité admirable et une peinture du Japon remarquablement juste, et porté par un Andrew Garfield impeccable. Insistons sur la matière intellectuelle : l'arrivée de l'Inquisiteur et d'Asano Tadanobu (génial as usual), donne au portrait du père Rodrigues, idéaliste brisé, une épaisseur et une ampleur impressionnantes. Quand on est intéressé par tous les sujets qu'il aborde, et pour peu que l'on apprécie les partis pris esthétiques, on ne peut ignorer son pouvoir de fascination. Il serait simplement malhonnête de nier le peu d'impression qu'on fait sur nous des scènes dramatiques qui auraient dû avoir bien plus d'impact, et que comme tout cinéphile dans une salle obscure, on aurait aimé être davantage transporté par l'action, s'attacher à des personnages secondaires, en d'autres termes, quelque chose de plus vivant. Peut-être n'était-ce pas l'intention de Martin. Après tout, son film s'appelle Silence (y a-t-il seulement une BO ?). Mais m'en fous. Dans le genre, et malgré leurs différences, le somptueux Mission de Roland Joffé reste la référence. Du coup, on met un 7, sans trop y croire, voulant à la fois lui donner un 8 pour ce qu'il apporte de rare et précieux, et lui filer un 6 en mode "fuck off, grandpa". Il marque notre décision de privilégier le positif. PS : Adam Driver, en revanche : juste non.
  • 15
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    Cinquante nuances plus sombres (2017)

    Fifty Shades Darker

    2 h 11 min. Sortie : . Drame, romance et Érotique.

    Film de James Foley avec Dakota Johnson, Jamie Dornan, Kim Basinger

    Oui, je suis allé voir ce truc. Mais sous la menace d'une arme, hein, qu'on nomme trop délicatement "douce moitié". Parce qu'à ce qu'il parait, ça ferait du bien, de se vider le cerveau, de temps en temps. Ce qui est certain, c'est que CNPS ne le remplit pas. Cinquante Nuances de Grey vous avait laissés bouche bée face à sa très ostentatoire (et ironique) ignorance du concept même de nuance, et le festival continue, en pire, car la "nouveauté" en moins. Les fangirls parlent d'exploration de la part sombre de Grey ; nous parlerons plutôt d'un très bref survol de l'idée d'envisager ladite exploration, suffisamment émoustillante pour satisfaire les pisseuses. Il ne se passe rien, dans ce film. Anastasia craint que Christian soit trop torturé. Christian lui prouve vaguement que non en faisant un truc super romantique. Scène de sexe. Mais quand même, Anastasia a toujours un peu peur. Christian, beau gosse, remet ça. Scène de sexe, et de préférence sur un tube pop parfaitement insipide. Et ça recommence, à faire passer Twilight pour du Dostoïevski. Même quand Christian se crashe en hélico, ça n'aboutit à rien. C'est un ressort en plastique pour faire pleurnicher l'héroïne. Le seul moment où l'encéphalogramme bipe, c'est quand Christian contrôle son ex-esclave ; on entrevoit alors ce qu'aurait pu être un film intéressant sur le sujet. Mais ça dure trente secondes. Le reste, c'est du soap. À défaut de remplir le cerveau, le film aurait pu en stimuler certaines zones spécifiques en proposant un spectacle un minimum affriolant. Après tout, son public de minettes gloussantes et de quadragénaires insatisfaites n'y cherche généralement pas des clés de compréhension du conflit israélo-palestinien, mais plutôt à voir Machin et Machine s'emballer tous nus entre des draps de cuir et des fouets en satin. Las ! Ce deuxième opus fait passer le premier pour un monument de stupre. La mimi Dakota (pas un canon de beauté mais toujours super bien roulée) et l'élégant Dornan ont un peu plus d'alchimie, mais c'est bien maigre. Et surtout, ça assume encore moins que le premier opus la partie BDSM : Christian menotte Anastasia durant les préliminaires... pour la démenotter lorsqu'ils couchent ensemble (très logique), et il faut croire qu'un bâillon-boule sur l'héroïne parait toujours plus avilissant pour l'image de la femme qu'être entretenue par son milliardaire. Peut-on croire que le metteur en scène de ce truc a réalisé Glengarry Glen Ross dans un lointain passé ? Triste.
  • 16
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    A Cure for Life (2017)

    A Cure for Wellness

    2 h 26 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Gore Verbinski avec Dane DeHaan, Jason Isaacs, Mia Goth

    ACFL a des arguments. Nommons son impressionnant travail d'ambiance, la composition sophistiquée de ses cadrages, sa photographie glaciale, son génial travail de repérage qui a permis de dénicher un château médiéval digne d'un conte de dark fantasy, ses décors d'une grande variété et sa constance perverse dans le glauque... La myriade d'images fortes dont Verbinski habite son cauchemar éveillé, de l'arrivée en train à la vision d'Hannah dans la spirale, en passant par le suicide du père sous une pluie battante, l'incendie des aliénés, l'accident de voiture brutalement immersif, et ces mystérieuses anguilles qui se nourrissent des morts... La performance au diapason du maladif Dan DeHaan, et la vision féminine du film, la jeune Hannah, vision diaphane aux pieds nus joliment interprétée par une Mia Goth habitée... Tout cela garantit un impact fort sur le spectateur… dans la première partie d'un film. Car en seconde, les incohérences et intrigues non résolues (ou "plot holes") d'un scénario écrit par-dessus la jambe ne pardonnent pas, or celui d'ACFL est un festival de WTF assez puéril où l'effet prime sur la logique. N'attendez pas à être transcendés par ce qu'il raconte : tout son petit manège tordu devient vite prévisible et mécanique, donnant l'impression que le scénariste s'est contenté de s'amuser à enchaîner les scènes qui claquent sans vrai sens ni cohésion, en comptant sur Verbinski pour faire tenir le tout. Ce qu'il fait… insuffisamment. Verbinski est un talentueux faiseur d'images, mais peut-être est-il allé un peu trop loin, avec ACFL. Trop de volonté de choquer et d'"esbrouffer" au détriment du reste. Et même pas pour une substance séduisante : Si ACFL en a une, c'est cette histoire un peu maigre de gamine bicentenaire objet des pires obsessions de son père, d'autant qu'on comprend tout très tôt, ce qui rend un peu grand-guignolesque son climax. Le seul intérêt de ce dernier consiste à révéler les charmants seins de Mia Goth dans une scène de quasi-inceste assez tendue qui rappelle combien une des quelques qualités du film de Verbinski est sa radicalité face à l'horreur, étonnante pour un film hollywoodien. Le spectateur prêt à négliger la pauvreté d'un fond au nom d'une très belle forme, ce qui n'est pas forcément aisé ici vu la durée du film, saura apprécier ACFL pour ce qu'il est : un trip atmosphérique sans portée aucune, mais aux effets immédiats indéniables. Pour sa singularité, je me rangerai du côté des pros... de (très grande) justesse.
  • 17
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    Lion (2017)

    2 h 09 min. Sortie : . Drame, aventure et biopic.

    Film de Garth Davis avec Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman

    Cébô. Le cynique en nous aurait aimé sortir de la salle tristement satisfait de ne pas s'être fait eu tant Lion a tous les airs du mélo-instant Kodak à oscars, un peu aidé par la catastrophique citation du Parisien (qui qualifie le film de"nouveau Slumdog Millionnaire" juste parce qu'il y a des Indiens dedans, soit un délicieux exemple de racisme inconscient de bobo sans doute encarté PS). Il n'en est rien. Parce que Lion est bô. La mise en scène de Garth Davis ne sort pas vraiment des sentiers battus, mais ce sont de jolis sentiers, et les connards la comparant à celle d'une pub Obao disaient la même chose de Malick à l'époque où il faisait des bons films. Oui, le gamin est adorable, mais ce n'est pas vraiment un crime. Oui, Lion convoque des sentiments parfaitement nobles de sa première à sa dernière minute. C'est même un film sain, et jusqu'au bout, lorsqu'il pose très clairement une évidence que nous redoutions de ne pas entendre : les liens du sang, c'est important, ceux qui nous élèvent nous "font" tout autant. Nous craignions un prêchi-prêcha idéologique, mais la motivation du protagoniste tient surtout à deux choses : réparer une injustice (vis-à-vis de sa famille d'origine) et clore le chapitre du passé pour écrire celui de l'avenir. Quant à l'importance cruciale de nos racines, il en dit l'essentiel en une dernière réplique sur le sens du nom du personnage, qui est le titre du film (joli twist au passage). Alors, si le film est très bien écrit dans sa première partie, notamment grâce à un portrait des relations humaines très chaleureux, la deuxième partie est moins convaincante : si l'on voit où il veut en venir, sa démonstration est un poil mécanique, l'errance existentielle qui précède manque de nuance, d'une profondeur qui l'aurait rendu mémorable, et la partie Google Terre est assez poussive. En gros, la bôté du film est un poil superficielle. Mais la performance complètement habitée de l'intense (!!) Dev Patel parvient à donner de la consistance à ces regrettables baisses de régime, bien aidé par une Mara lumineuse as usual et une Kidman en grande forme. Et Lion est porté à plusieurs reprises par un souffle romanesque, accompagné par une jolie BO, qui excuse aisément le tout. Le moment où Saroo apprend la mort de son grand-frère, vrai grand moment lacrymal du film (avec la mère, c'était attendu) pour ce qu'il dit sur le caractère impitoyable du passé, l'illustre parfaitement. Alors, ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais... cébô.
  • 18
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    John Wick 2 (2017)

    John Wick : Chapter 2

    2 h 02 min. Sortie : . Action, thriller et policier.

    Film de Chad Stahelski avec Keanu Reeves, Common, Laurence Fishburne

    John Wick avait été une des grandes surprises de l'année 2014, au point de mériter les honneurs d'un top (de justesse, mais top quand même). Les thrillers réussis du genre sont si rares qu'il était légitime de s'en contenter, plutôt que d'espérer une suite à un film qui avait bouclé en fin la boucle débouclée au début (hum). D'autant plus que rares sont les scénarios originaux qui en bénéficient. Et rares sont les suites réussies. Or John Wick en a bénéficié (d'une suite), et John Wick 2 en est (du club des suites réussies) : le spectacle est formidable. Déjà, deux heures d'un implacable Keanu manipulant son artillerie comme les meilleurs d'entre nous leurs smartphones, animé par le même chorégraphe et filmé par le même réalisateur, ça doit suffire à satisfaire le pop-corneur. Mais surtout... tout le reste y est : les bastons de Chad Stahelski filmées en un plan, ça a quand même plus de gueule que celles de Paul Greengrass filmées en vingt-huit d'une fraction de seconde chacun pour faire illusion ; l'idée génialement cartoonesque de l'hotel Continental a encore plus de gueule une fois développée, Kolstad ayant eu la bonne idée de préserver l'humour décalé du premier film ; le prétexte scénaristique à une suite immédiate se tient parfaitement sans faire de chichi ; les scènes d'anthologie ne manquent pas, comme celle où Wick est attaqué par une horde de tueurs... Au rayon nouveautés, Ruby Rose est trop kawaiiiii à essayer de faire sa bad-ass, pour un résultat très fun alors qu'il devait être ridicule. On parle donc d'une suite quasiment du niveau du premier opus, ladies and gentlemen. Et dont la fin ouverte, irrésistible, appelle une suite (explicitement, cette fois-ci). Et que ça saute, aurions-nous envie d'ajouter...
  • 19
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    Split (2017)

    1 h 57 min. Sortie : . Thriller et Épouvante-horreur.

    Film de M. Night Shyamalan avec James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley

    Ok, on veut bien jouer. Après The Visit, qui était un divertissement honnête mais tout à fait mineur et fonctionnait surtout en parodie de found-footage, Shyamalamalan nous tenté un petit retour en forme de derrière les fagots... et c'est plutôt réussi, cette fois. On insiste bien sur le "cette fois" parce que pour moi, le cinéaste n'avait pas fait de film VRAIMENT réussi depuis... 17 ans avec Incassable, au mieux 13 ans avec Le Village. C'est dire s'il n'y allait pas en public acquis. Or, il se trouve que ça marche. On peut voir Split comme une série B au look de classe A, mais sa dimension un poil cartoonesque le rend parfaitement raccord avec le meilleur film du petit Indien, Incassable. Le pop-corneur qui veut bien se prêter au jeu sortira satisfait de cette petite montagne russe en huis-clos où l'étude de caractère un minimum sérieuse s'associe au fantastique cartoonesque parfois plus fun qu'effrayant. Le film est peut-être un brin bavard, on a eu un peu de mal avec le personnage de la psy, notamment dans son utilisation archi-cliché vers la fin (mmmh ce n'est pas du tout grillé qu'elle va aller voir son dangereux schizo chéri dans sa cave toute seule, en pleine nuit, juste pour aider l'héroïne avant de casser sa pipe...), et on n'est pas à fond convaincu par le postulat (y a-t-il un engagement idéologique face à la dangereuse vague constructiviste actuelle ?), donc il n'aura pas plus de 7. Mais le spectacle est aussi efficace dans ses effets comiques que dramatiques (quelques bons moments de flippe bien old school quand même), James McAvoy livre une performance éblouissante (était-ce prévisible ? Pas forcément, puisqu'il semble cliver...), Anya Taylor-Joy fait une très agréable héroïne d'action alors qu'elle ne nous avait pas du tout convaincus dans le foireux Morgane. Surtout, on ne peut pas détester un film doté d'un tel épilogue [spoiler alert] : celui de Split, très excitant, réchauffera les cœurs de tous les fans d'Incassable qui n'osaient plus attendre une suite, et auront logiquement frémi dès les premières notes du thème musical ! En bref, ce Shyamalan cru 2017 ne convainc pas à 100%, mais il constitue un indéniable retour en forme après des déconvenues désastreuses comme After Earth, Le Dernier Maître de l'Air, et Phénomène (connu aussi sous le titre : "Les Feuilles qui tuent")...
  • 20
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    20th Century Women (2017)

    1 h 58 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Mike Mills avec Annette Bening, Elle Fanning, Greta Gerwig

    Charmant petit film, qui ne casse pas des briques, mais brosse trois jolis portraits de femmes, dominés par une Annette Bening absolument impeccable, et que l'on devrait voir bien plus souvent. De l'autre côté, on regrettera l'écriture moins inspirée des personnages masculins (c'est top, de revoir Billy Crudup avec des moustaches, on croirait retrouver son personnage d'Almost Famous, mais ce nouveau personnage est, lui, un peu maigre), et l'interprétation pas totalement convaincante du gamin. On pourrait négliger ces deux écueils, ainsi qu'un troisième, celui d'un rythme inégal, en se concentrant sur la force du film précitée, son trio de nanas aussi larguées que magnifiques, mais il y a cette limite du film qui est son feeling un peu trop... B.A.-BA du film indé, entre Sofia Coppola pour la Californie chromatique et Woody Allen pour les passages jazzys, sans oublier l'icône indie Greta Gerwig (mais elle est très bien, hein...). On revient donc à l'appréciation originale : charmant, et puis c'est tout. Remarque tout de même : on apprécie malgré tout le traitement assez égalitaire dont bénéficient les deux sexes dans un film qualifié de féministe (mais du coup, sans aucun rapport avec le féminisme actuel, qui est tout, sauf égalitaire). Et on relève ce joli échange entre Jamie et Julie (toujours intense Elle Fanning), quand cette dernière parle des garçons avec qui elle a couché, dit qu'elle l'a regretté dans la moitié des cas, et quand Jamie lui demande pourquoi elle continue, répond quelque chose dans l'esprit de : "pour l'autre moitié".
  • 21
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    Logan (2017)

    2 h 15 min. Sortie : . Action, science-fiction et aventure.

    Film de James Mangold avec Hugh Jackman, Patrick Stewart, Dafne Keen

    Euh... wow. Wowowowowow. Cash : Logan est un quasi-chef-d'oeuvre, le meilleur "X-Men movie" jamais produit (même supérieur au pourtant brillant First Class), le deuxième meilleur film de James Mangold après son immense western 3h10 pour Yuma, l'excuse volontiers acceptée de Marvel (décidément plus dégourdi que DC) pour toute la soupe écœurante qu'il nous sert ces dernières années (à l'exception de Deadpool... comme par hasard l'autre "original" du groupe), et un film pour tous les âges tant ses trois personnages sont tous magnifiques, de la gamine (l'über-intuitive Dafne Keen) au vieillard (bouleversant Stewart) en passant naturellement par the maaan (Jackman dans son meilleur rôle). Il faut juste avoir le cœur bien accroché : aux pop-corneurs qui ne l'ont pas encore vu, oui, vous avez entendu qu'il est violent, oui-oui, vous en avez vu d'autres, de nos jours, sauf que... non. Pas comme ça. Dans Logan, quand ça tranche, ça tranche, quand ça saigne, ça saigne (les scènes de violence sont d'une sauvagerie qui fait tomber les mâchoires, le film méritait l'oscar du meilleur mixage son), et ça a toujours une signification, et ça a toujours une implication émotionnelle qui ravage tout. Par certains moments, on passe du gore jubilatoire à l'horrifique éprouvant... éprouvant parce qu'en plus d'être monstrueusement mis en scène, il prend aux tripes, du début à la fin. Logan épouse le crépuscule, puis la nuit lorsqu'il donne l'impression d'assister à un cauchemar éveillé, tout respire la fin... mais il y a ce 1% d'espoir, ce ténu filet de lumière qui fait toute la différence entre le nihilisme con et le réalisme mélancolique. My god. Faut que je retourne voir ce truc. Edit : j'y suis retourné, et ça tue toujours autant. Ce dès l'apparition du titre, très sobre, dans un coin d'écran, sur Hugh Jackman beurré et à terre après s'être mangé un pain.
    Mise à jour au 26/09 : Logan reste le meilleur film de l'année à nos yeux.
  • 22
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    Traque à Boston (2017)

    Patriots Day

    2 h 10 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Peter Berg avec Mark Wahlberg, Kevin Bacon, John Goodman

    Grosse surprise venant d'un truc qui, avec son étiquette faits réels, son Mark Wahlberg, ses drapeaux américains flottant à l'entrée des maisons, et son affreuse BA, et malgré toute la sympathie qu'on a pour le cinéma toujours punchy de Peter Berg, avait tous les airs d'un pudding affreusement consensuel comme Hollywood aime les servir à point nommé à un public américain avide de sensations fortes. Au final, Patriot's Day, incontestablement le meilleur boulot de son réalisateur en mode Greengrass, est un excellent film-catastrophe rappelant tout le bien que l'on pensait de ses deux précédentes incursions dans le genre (Du sang et des larmes, et Deepwater Horizon), une rare occasion pour Marky Mark de montrer de quoi il est capable, et LE film qu'aurait dû nous offrir Oliver Stone en s'attelant au 11 septembre. On vous a vanté les mérites de la fusillade urbaine qui se produit dans son dernier quart ? On a raison. Mais la principale force du film, en plus de sa redoutable efficacité formelle et narrative, c'est sans doute sa capacité à se concentrer sur le BIEN dans une situation aussi tragique, et sans basculer dans le neuneu ou l'angélisme ; bien qu'il s'arrête un peu sur le bordel des interactions entre agences et services qui rappelle un peu celui d'United 93, c'est un film qui conforte intelligemment le sentiment patriotique. Remarque à l'intention de Première : si, si, l'ennemi est venu de l'extérieur, dans ce cas-ci ; et il s'appelle l'Islam. Désolé.
  • 23
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    Miss Sloane (2017)

    2 h 12 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de John Madden avec Jessica Chastain, Mark Strong, John Lithgow

    Alors que Miss Sloane avait de sérieux arguments pour nous attirer en salle, à commencer par la délicieuse Miss Chastain, nous l'avons finalement snobé lors de sa sortie, début mars 2017, ce pour plusieurs raisons : d'une part, les échos catastrophiques qui l'ont précédé (deux mois après sa sortie aux USA, il pâtissait d'une note IMDb en-dessous de la moyenne, ce qui est rarissime pour un film de son acabit) et son cuisant échec au box-office ; d'autre part, notre appréhension face à la perspective d'un prêchi-prêcha progressiste ("les armes, c'est mal, l'amitié, c'est mieux"), accentuée par la volée de bois vert critique. Résultat des courses : toute cette violence pour ça ? Affirmons-le dès cette introduction : le film de John Madden est très loin de mériter tant de haine, d'abord parce qu'il n'est pas d'une nullité saisissante sur le plan cinématographique, ensuite parce que fameux son parti pris idéologique, bien qu'évident et pas vraiment source de réflexions fascinantes, n'agresse pas non plus l'intelligence. De toute évidence, Miss Sloane a pâti de son orientation politique en cette période tourmentée où les débats se font à couteaux tirés, car la gauche a beau tenir Hollywood, les conservateurs restent un camp très puissant capables de mobiliser bien du monde sur la toile. Maintenant que c'est dit… ce n'est pas non plus comme si le monde avait loupé un chef-d'œuvre. Lien vers ma critique ci-dessous.
  • 24
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    La Confession (2017)

    1 h 56 min. Sortie : . Drame.

    Film de Nicolas Boukhrief avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny

    Comme je n'ai pas lu le livre ni vu ses deux premières adaptations ciné, je me contenterai de juger ce que j'ai vu ; et ce que j'ai vu, c'est que pour un film avec un titre pareil, La Confession n'a justement pas grand chose de fascinant à confesser. Comme trop souvent, Nicolas Boukhrief, dont on ne loupe pas un film depuis quinze ans dans l'espoir qu'il nous retourne de nouveau le cerveau comme il l'avait fait avec son fabuleux Le Convoyeur, pêche par son manque d'ambition. C'est sage, trop, comme l'histoire, ou plutôt non-histoire qui se tisse entre les deux protagonistes. On imagine que cette frustration, de toute évidence déjà présente dans le livre, est l'idée. Ce n'est pas un problème en soi. Et puis, comme on entre dans la salle en s'attendant à une histoire d'amour aussi enfiévrée qu'impossible, et qu'il ne se passe au final rien, c'est une surprise, or c'est bien, les surprises. Mais pour que ce "rien" passe, il lui aurait fallu de la matière. De l'action dans l'inaction, si vous voulez. Or, La Confession échoue un peu sur ce plan, avec ses dialogues pas toujours inspirés sur l'opposition entre foi et raison et entre religion et communisme (d'où un communiste ne croit en rien... c'est l'exact inverse, ces gens sont les fanatiques religieux de la modernité), ses personnages secondaires de la taille de tickets de métro, et son train un peu trop pépère. Et une fois n'est pas coutume, il est difficile de ne pas voir Romain Duris faire le malin derrière son personnage, surtout face à une Marine Vacth pas super bien dirigée dans le premier tiers du film ("vas-y, Marine, imite l'ado rebelle la plus caricaturale possible !"). Mais bon... parce que c'est justement du Boukhrief, il est difficile de rejeter entièrement le film, qui a de beaux moments de mise en scène et une esthétique supérieure à la moyenne nationale. Et puis, quand ça se bouge enfin sur la fin, que l'actrice rappelle enfin à quel point elle a le potentiel d'être la nouvelle Isabelle Adjani, et que son personnage sort une des quelques VRAIES belles répliques du film (en demandant au prêtre s'il l'aurait épousé, dans d'autres circonstances... LA question capable de le faire buguer), on se dit qu'il y a quelque chose, dans ce film. Simplement trop peu, ou plutôt trop peu exploité, pour emballer. Un coup d'épée dans l'eau pas désagréable, mais quand même.
  • 25
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    Kong: Skull Island (2017)

    1 h 58 min. Sortie : . Action, aventure et fantastique.

    Film de Jordan Vogt-Roberts avec Tom Hiddleston, Samuel L. Jackson, John Goodman

    C'est bien, les jolies images. Kong en a plein. Dès le départ, avec l'arrivée très coppolesque des hélicoptères dans l'île, on sent clairement que le réalisateur indé Vogt-Roberts s'est éclaté avec ses caméras. Et c'est bien. Mieux : ça a une certaine gueule. Problème numéro 1 : ça avait également une certaine gueule dans Godzilla, le premier opus du "monsterverse" de Legendary Pictures, ce qui ne l'empêchait pas d'être complètement insipide pour cause d'écriture calamiteuse. Problème numéro 2 : le même cas de figure se pose avec Kong : forme OK, fond K.O., comme si le studio voulait coller le mieux possible à la tendance du blockbuster de l'ère Marvel. Problème numéro 3 : c'est encore plus mal écrit. C'est bien, les jolies images, mais ça ne fait pas un film. Ça fait un film... de conserve avec, genre, des personnages, par exemple. Des enjeux dramatiques. Un propos, éventuellement. Kong n'a RIEN de ça : des personnages sans existence (LOL à la scène où Conrad parle de son père... ou le moment où les scénaristes se sont dit "bon, ok, on va refiler une scène à Hiddleston pour qu'il ait l'impression de jouer quelque chose"), des comportements débiles (principalement celui du colonel joué par SLJ, sorte de wannabe-Ahab de supermarché), un ressort comique foireux (John C. Reilly réduit à une mauvaise parodie du journaliste-photographe d'Apocalypse Now), pour un festival de boum-boum parfaitement générique qui laisse parfaitement froid, où une bande d'abrutis s'acharne à tirer avec leurs ridicules pétoires sur des créatures gigantesques juste pour se faire dégommer l'un après l'autre. Et le pire, dans l'histoire, c'est que Kong, tout réussit graphiquement qu'il fût, n'emballe pas des masses : c'est juste un gros singe, dénué de l'"humanité" des précédents (double-LOL où ils essaient piteusement de lui créer un lien avec la blonde). En fait, on a beau ne pas être fan du King Kong un peu brouillon de P. Jackson, ce dernier bat Kong à plate couture : l'un a du caractère, des personnages auxquels on s'attache, et Naomi Watts en nuisette pendant la moitié du film ; en 2017, on n'a... pas grand chose. Hollywood devient décidément très bon en teasers aussi géniaux que mensongers ; celui de Kong laissait espérer un voyage au bout de l'enfer âpre et sanglant . fiez-vous davantage à la BA finale, qui laissait déjà craindre le pire regardant le ton et les dialogues d'un PG-13 sans saveur. Autant dire qu'on n'attend pas des masses le "choc" avec Godzilla...
  • 26
    Bande-annonce

    The Lost City of Z (2017)

    2 h 21 min. Sortie : . Aventure, biopic, drame et historique.

    Film de James Gray avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson, Sienna Miller

    Ouep. James Gray ou pas, rien à foutre : quand on s'emmerde, on s'emmerde. Et pas que ça me laisse froid, hein : je suis pour ainsi dire un fan de la première heure du cinéaste, de son imposante introduction Little Odessa à son risqué The Immigrant, en passant par son chef-d'oeuvre La Nuit nous appartient et son bouleversant essai sur la complexité du sentiment amoureux Two Lovers. Jusqu'à Z, seul l'un peu morose The Yards était son seul film qui ne m'avait pas convaincu. Puis tout à coup, patatras. Sortir de sa zone de confort, c'est honorable. On pouvait espérer retrouver dans la forêt amazonienne les thèmes de prédilection du cinéaste (la famille, la prédestination...), et surtout sa même maîtrise de la caméra, dans un cadre... dépaysant. Le problème : c'est très joli à voir (merci Darius), mais le cinéaste ne fait rien de son sujet. Si un film pouvait exprimer le manque d'inspiration, ce serait Z : ni absurde folie des grandeurs à la Aguirre ou Fitzcarraldo, ni remise en question crépusculaire de la civilisation à la Apocalypse Now, ni sous-texte intellectuellement stimulant, ni souffle épique notable... ; tout ce qui semble l'intéresser est la fidélité tiédasse aux faits et un hommage parfaitement consensuel à son personnage, force dialogues d'une littéralité et d'une répétitivité accablantes ("tout ce qui t'intéresse, c'est ta quête !" x12, "Puisque je vous dis que ces Indiens sont évolués !" x8...). L'explicite, l'encadré, le soigné, donne l'impression que le cinéaste ne s'est pas adapté à son changement de décor : il a filmé la forêt amazonienne comme le Queens, et il en résulte une absence aggravante de sens du mystère, de l'aventure. Le bôgosse Charlie Hunnam, qu'on est content de voir sur grand écran, joue du mieux qu'il peut le courage et la droiture (plutôt que la folie à la Kinski), mais Gray ne saisit rien de ça. Il aime filmer l'échec, et c'est ce qu'il fait, mais son scénario est si bâclé que ses scènes de famille ne touchent pas (en même temps, avec la maudite Sienna Miller, c'était à prévoir). Ne touche pas davantage la relation supposément fraternelle entre Fawcett et Costin (excellent Pattinson), signant le glas du romanesque. Z est du cinéma mou du genou, sans risque, sans folie, du Spielberg des années 2010 sans le service minimum, l'épopée de Lawrence d'Arabie traité sous Lexomil. Attendions-nous un Indiana Jones bis ? Certainement pas. Le problème, c'est qu'un Aventuriers de l'Arche Perdue a plus de matière que Z...
  • 27
    Bande-annonce

    Orpheline (2017)

    1 h 51 min. Sortie : . Drame.

    Film de Arnaud des Pallières avec Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot

    Comme souvent avec des Pallières, on tient là un film intéressant sur le plan cinématographique : la façon dont il filme quatre âges dans la vie d'une femme et dont il capte l'angoisse perpétuelle dans laquelle vit son personnage crie son caractère, et il se dissocie aisément du lot, malgré le misérabilisme social très français qui pointe au loin à quelques reprises. Comme souvent avec lui, l'interprétation est brillante : Adèle Haenel rayonne de la lumière noire du traumatisme, les deux jeunes actrices sont impeccables, et même l'Exarchopoulos fait du bon boulot - sans oublier l'air de famille saisissant entre les quatre filles, qui facilite l'immersion. Hélas, comme souvent avec des Pallières, à commencer par son très atmosphérique mais trèèès bordélique Michael Kohlhaas, ce n'est scénaristiquement pas très solide : du drame fondateur que l'on attend sans jamais le trouver (la mort des gamins, c'est très faible) à l'épisode "thriller" du vol (maillon faible du film, avec un personnage d'amante lesbienne complètement superflu joué par la sympatoche Gemma Arterton), en passant par les raisons du changement du père et de l'arrestation de l'héroïne (est-ce l'Anglaise qui l'a balancée ? Si oui, pourquoi ?), tout plein de choses sont traitées par-dessus la jambe - et le coup de la narration elliptique fait très mauvaise excuse. Et pour apprécier l'histoire, il faut supporter le personnage central de petite pétasse obsédée par la quéquette (oui, c'est psychologiquement cohérent, et oui, c'est une fille avec qui l'on doit compatir, mais ça n'en fait pas un personnage pour autant intéressant). Autant dire que pour apprécier Orpheline, il faut avant tout être séduit par la mise en scène. Mais si c'est le cas, et avec l'aide du casting... des Pallières propose un spectacle assez intense (sacré sens du combo gros plan/caméra à l'épaule), qui donne lieu à plusieurs scènes très impressionnantes, comme [spoiler alert] ce qui est sans doute le premier accouchement fictif pas ridicule à voir à l'écran depuis une éternité (chapeau !)... Remarque annexe, à destination des pervers pépères : n'espérez pas de scène lesbienne entre Exarchopoulos et Arterton, c'est aussi bidon que l'intrigue.
  • 28
    Bande-annonce

    Ghost in the Shell (2017)

    1 h 47 min. Sortie : . Action, policier et science-fiction.

    Film de Rupert Sanders avec Scarlett Johansson, Pilou Asbæk, Takeshi Kitano

    Dans la famille Ghost In The Shell, je prends la "shell", et je laisse royalement en plan le "ghost". On ne peut pas appeler cela une déception prévisible, puisque QUI en attendait sérieusement grand chose, en dehors des collégiens à la ramasse et des fans de ScarJo ? De toute évidence, on allait avoir à faire à une version édulcorée, voire châtrée, du chef-d'oeuvre d'Oshii Mamoru, à un "GITS pour les nuls" ; mais l'homme vit pour la surprise, donc on a tenté. Et si Hollywood ne nous a pas "bien eu" pour les raisons précitées, il ne nous a certainement pas surpris non plus. L'intrigue archi-bateau, avec son méchant pourri et ses enjeux sans intérêts, à moitié pompée sur Solid State Society, et les personnages secondaires atrophiés (à part Batou, peut-être...), ne font que servir la partie boum-boum... Les scènes d'action, parfois plombées par une slow-mo bidon, compensent à peine... La spiritualité new-age est de niveau bac à sable quand elle ne pique carrément pas les neurones (cf. une des répliques les plus idiotes jamais écrites sur le passé ne comptant pas, seulement les actes présents... allez dire ça aux malades d'Alzheimer, bande de cons)... Takeshi Kitano n'a littéralement rien à foutre ici, sinon satisfaire le désir du studio de "faire asiat" pour son public d'Amerloques limités, et encaisser son chèque, avec une telle flemme qu'il n'a même pas pris la peine d'apprendre ses répliques en anglais (donnant des "échanges" bilingues ubuesques entre l'héroïne et lui !)... et si l'univers urbain est bien joli à l’œil, il ne "vit" jamais vraiment. Hollywood, quoi. On peut se demander pourquoi la moyenne. Ben, parce qu'il est quand même très joli à voir, justement (photo et direction artistique sont à l'unisson) ; parce que la reconstitution du monde de l'animé reste très réussie (seule chose qui se rapproche d'une surprise) ; parce que c'est relativement court et donc plutôt bien rythmé ; et parce que ScarJo, sans transcender quoi que ce soit, malgré son physique inadéquat (une synthétique n'aurait aucune raison d'être courte sur pattes), et malgré sa coupe ridicule (fallait faire japonais ! Pas vrai, Mowtowkow ?), campe une héroïne d'action satisfaisante. Disons que c'est du pop-corn tolérable, à condition qu'on lui pardonne d'avoir touché (sans trop le souiller) à un monument...
    Remarque annexe : la ScarJo a quand même un sacré beau cul dans sa combinaison high-tech (et non photoshopé, puisque déjà amplement aperçu dans Under The Skin). Ok, je sors.
  • 29
    Bande-annonce

    Pris de court (2017)

    1 h 25 min. Sortie : . Drame.

    Film de Emmanuelle Cuau avec Virginie Efira, Gilbert Melki, Marilyne Canto

    Pris de court ne marche pas. Juste pas. On est dans du film français de seconde zone, proche d'un téléfilm de France Télévision en étant un peu méchant. Le point de départ est intéressant (l'inversion des rapports de force entre une mère célibataire et son fils lycéen dès qu'elle se retrouve sans job et que lui se met à gagner de la thune illégalement) et Virginie Efira tape très juste (comme souvent) en mère/veuve-courage qui fait de son mieux pour garder la tête hors de l'eau, mais Emmanuelle Cuau et ses deux co-scénaristes (sic) n'en ont pas fait grand chose, tant dans son exploration d'une cellule familiale en crise que dans le répertoire du thriller, qui nous vaut une intrigue absolument abracadabrantesque où le génial Gilbert Melki se fourvoie dans un rôle inepte de caïd un peu énervé - autant dire que cette deuxième dimension du film devient vraiment problématique lorsqu'elle phagocyte toute l'action dans son dernier tiers, jusqu'à un dénouement aussi incohérent qu'invraisemblable (pourquoi ne pas avoir appelé la police de chez elle, pourquoi avoir volé le collier sans dissimuler sa culpabilité, etc. ?). Mais le gros problème du film, c'est son portrait foiré d'ado en crise : parce que c'est une comédie dramatique, un de ses prérequis est d'établir un lien entre le public et ses personnages, or, au bout du premier quart d'heure, on a déjà envie de voir ledit ado mourir dans d'atroces souffrances, non seulement parce qu'il redéfinit le concept même de petit con, mais en plus parce qu'on n'y croit pas : pour cela, il aurait fallu que le personnage soit déjà très instable dès le début, alors que le film nous montre l'inverse - pas un échec à mettre sur le compte du jeune acteur, sorte de déclinaison juvéno-masculine de Sylvie Testud qui s'en sort plutôt bien, comme son petit frère-boulet. Face à ça, on en peut que compatir à la détresse de l'héroïne, mais c'est trop peu pour maintenir alerte : au bout du compte, c'est tout, sauf passionnant. Cette histoire un peu foireuse rappellera tout au plus au spectateur réac combien la figure du père est importante dans la stabilité d'un foyer. Ouais, moyen, quoi.
  • 30
    Bande-annonce

    Corporate (2017)

    1 h 35 min. Sortie : . Thriller et drame.

    Film de Nicolas Silhol avec Céline Sallette, Lambert Wilson, Stéphane De Groodt

    Pas mal. C'est tout. Mais c'est déjà pas mal, pas mal, non ? Si les Français sont bons dans un registre en plus de celui de la comédie dramatique, c'est dans celui du drame socio-judiciaire éventuellement mâtiné de thriller, et Nicolas Silhol le rappelle assez efficacement dans Corporate, film qui manque de panache et de regard, mais pas de pertinence dans sa dénonciation du harcèlement en entreprise, et qui est joliment servi par une ambiance aussi glaciale que ses acteurs sont au diapason. On pense en premier lieu à Céline Sallette qui, comme à son habitude, met la pression sur le spectateur avec son regard électrique de nana dont la vie semble conçue pour la tragédie. Il fait un peu penser au Up in the air de Jason Reitman pour sa protagoniste initialement pièce de la mécanique déshumanisante avant d'ouvrir les yeux, ainsi que pour son sujet (les RH dans ce qu'elles ont de plus sardonique), ce qui n'est pas mauvais du tout. Et on aime beaucoup l'inconnue (ou presque) Violaine Fumeau dans le rôle de l'inspectrice du travail-redresseuse de torts acharnée, et pas seulement pour ce qu'elle fait avec ses jeans moulants : à travers ce personnage très humain, le film pose limpidement son éloge du droit du travail face à l'ennemi, l'univers corporatiste qui fantasme un monde où toutes ces règles superflues empêchent de faire du business. On sera un peu moins convaincu, en revanche, par le dénouement à coup d'enregistrement audio incriminant, figure archi-éculée et donc archi-prévisible... qui, au passage, et de manière assez amusante, rappelle un autre film très sérieux avec George Clooney, Michael Clayton, dont cette partie de l'histoire n'était pas le point fort. Enfin, le film marche quand même un minimum. Sa seule vraie limite est sa frilosité. Eut-il exploré plus aventureusement la lutte intérieure de l'héroïne, développé un peu les tourments de l'employé-victime (au final, on n'en sait pas assez sur les circonstances du harcèlement moral), et arrêté quelques instants son regard sur quelques personnages secondaires pour donner une image plus authentique et moins caricaturale de la machine, on aurait été prêt à faire l'impasse sur sa mise en scène affreusement téléfilmesque qui se repose sur les acteurs et les dialogues. Là, ça fait bien trop pour s'enthousiasmer.