Palmarés des films 2012

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20 films

par Patrick Braganti

La fin d'année approche et avec elle, l'heure des bilans, idéale pour passer en revue les 150 et quelques films vus cette année, histoire d'affirmer ou d'infirmer, de corriger ou de revoir des avis parfois rapidement attribués sur le coup de la pression médiatique - à laquelle il est parfois difficile de se soustraire - ou plus sûrement de l'émotion. On ne laisse pas son vécu, sa propre histoire à l'entrée de la salle et il faut reconnaitre que cela peut altérer ou influencer le jugement critique. Il ne semble pas se dégager une thématique particulière pour 2012, hormis à considérer de façon un peu simpliste que le cinéma demeure le territoire du rapport au monde, attestant par là-même de l'état de la société. Les crises tant économiques qu'existentielles, donc aussi bien collectives qu'individuelles, sont toujours présentes au cœur des œuvres sorties cette année. Take Shelter de l'américain Jeff Nichols et Oslo, 31 août du norvégien Joachim Trier ont mis en scène deux personnages en proie à leurs démons intérieurs : l'un victime d'une paranoïa apocalyptique dont on sait qu'elle a contaminé les États-Unis depuis longtemps, renforcée depuis septembre 2011 ; et l'autre incapable de faire face à sa soif d'absolu. Au-delà de ces thèmes qu'on s'attend dorénavant à retrouver en toute logique, la bonne surprise du millésime est de voir, de temps à autre, surgir des œuvres radicales et novatrices, croyant encore au miracle de la création, à la magie du septième art, ainsi qu'à l'intelligence et à la curiosité du spectateur. Dans cette compétition où, somme toute, les participants ne sont pas si nombreux, le tiercé est remporté par le portugais Miguel Gomes (Tabou), le français Leos Carax (Holy Motors) et les italiens Taviani (César doit mourir). Ils ont livré des films si stupéfiants et ébouriffants qu'ils se sont inscrits durablement dans notre mémoire. Plus que jamais, les films du monde entier nous parviennent, attestant cette année du renouveau du cinéma russe (Elena, Portrait au crépuscule), de l'activité toujours vive et salutaire du cinéma iranien (Une seconde femme, Les Enfants de Belle Ville). Enfin, souvent décrié et moqué, le cinéma français reste, me semble-t-il, un cinéma de création où s'expriment des talents singuliers qui s'emparent du réel pour mieux le malaxer. Noémie Lvovsky nous a enchantés avec Camille redouble, film léger et grave, audacieux et brillant, drôle et profond. Benoît Jacquot nous est revenu très en forme avec le très beau Les Adieux à la Reine, tout comme François Ozon a livré son meilleur film depuis longtemps (Dans la maison), tandis que les plus confidentiels A moi seule et A perdre la raison tissaient des trajectoires complexes et tragiques. La Palme d'Or de Cannes 2012 a beaucoup divisé, mais Amour fait exactement partie de la catégorie des films qui interagissent avec le parcours, la vie du spectateur. Je continue à prétendre que ce film, parfaitement en phase dans toute la filmographie de son auteur, est particulièrement juste et tenu, sobre et émouvant, sans jamais chercher l'émotion facile. Signalons pour finir que le dernier trimestre nous a permis de voir deux magnifiques documentaires : Traviata et nous, et Les Invisibles. Hormis leurs qualités intrinsèques, ces deux films nous ont permis de fréquenter pendant quelques heures des personnes magnifiques qui nous ont réconcilié avec le genre humain. Après tout, comme le disait François Truffaut, la vie est bien plus belle au cinéma. Pourvu donc qu'il en soit toujours de même en 2013.

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