Captations
Dans l'esprit des listes de pièces vues lors d'une saison théâtrale, ici les captations qui me sont passées sous les yeux, avec leur oeuvre correspondante, et un commentaire/billet d'humeur/note de parcours/mini-critique pour éviter que la petite note que je mettrai vous semblera surfaite. Les captations permettent aux représentations et à la conjugaison des arts qui les composent d'atteindre une part plus "intemporelle", défiance de la faiblesse (et de la force) des spectacles vivants, puisque pouvant être vues et revues à l'envi. C'est une expérience de rattrapage avant tout, qui n'aura jamais l'étincelle de la pièce "réelle", mais toujours opportune. Si cette démarche de liste vous surprend, explications en détail par ici : http://bit.ly/18pBdat
Pièces sans texte édité : (de = auteur ou concepteur ; par = mise en scène ou équivalent)
"La Symphonie du Hanneton", de et par James Thiérrée, au Théâtre du Rond-Point en 2005 : 8/10
7 livres
créée il y a plus de 12 ans · modifiée il y a plus de 12 ansUn fil à la patte (1894)
Sortie : 1894 (France). Théâtre
livre de Georges Feydeau
Aloysius a mis 8/10.
Annotation :
Comédie-Française, 1970
Mise en scène de Jacques Charon (8/10)
http://youtu.be/jQpZ_92ukew
Feydeau. J'ai beaucoup trop d'amour pour ce bonhomme pour être objectif, ça m'ennuie vraiment mais j'aime l'aimer. Ajoutez Jean Piat et Robert Hirsch, et oui, je suis conquis. Pourtant, en 70, il y plein de "petites choses" irritantes (ARRÊTEZ D'APPLAUDIR !), mais le talent et le professionnalisme sont là (le plus grand danger d'une mise en scène de Feydeau est l'amateurisme, ça peut très vite tourner à quelque chose de ridicule, comme disait Murat "il faut monter Feydeau très sérieusement"), la complicité est exemplaire, le clownesque s'immisce avec grâce (Hirsch immortalisé), le texte glisse et on s'autorise de très belles choses. À voir aussi, la mise en scène de Deschamps de 2010 avec Christian Hecq, toute aussi risquée. Le risque est de mise chez Feydeau, le spectateur peut vite soupçonner une complaisance dans le comique, surtout si on est peu friand de vaudeville ou de comique en général. Le travail de Charon est en cela renversant, puisqu'il n'a presque pas vieilli, et donne le meilleur que peut donner la Comédie-Française - quelle belle troupe que celle de ce Fil ! - qui sait aussi très bien se louper (elle est parfois industrieuse, à produire et reproduire ses classiques, avouons-le).
Rhinocéros (1959)
Sortie : 1959 (France). Théâtre
livre de Eugène Ionesco
Aloysius a mis 8/10.
Annotation :
Théâtre de la Ville, 2006
Mise en scène d'Emmanuel Demarcy-Mota (7/10)
Le Roi Lear (1606)
(traduction Jean-Michel Déprats)
King Lear
Sortie : 13 mai 2021 (France). Théâtre
livre de William Shakespeare
Annotation :
Odéon-Théâtre de l'Europe, 2007
Mise en scène d'André Engel (7/10)
Rêves d'automne • Violet • Vivre dans le secret
Sortie : septembre 2005 (France). Théâtre
livre de Jon Fosse
Annotation :
Théâtre National de Bretagne, 2011
Mise en scène de Patrice Chéreau (8/10)
Roméo et Juliette (1597)
(traduction Yves Bonnefoy)
Romeo and Juliet
Sortie : 3 juin 2020 (France). Théâtre
livre de William Shakespeare
Aloysius a mis 8/10.
Annotation :
Odéon-Théâtre de l'Europe, 2012
Mise en scène d'Olivier Py (7/10)
(En vrai c'est mieux; c'est 8)
Chez Py, ça saute, ça remue. L'écume des mots shakespeariens est ici complètement offerte à la jeunesse, puisque Roméo et Juliette parle avant tout de jeunesse (et après d'amour, ça me semble indéniable, inutile de chercher une lecture plus littéraire ou ésotérique), et Py l'a très bien compris, dans sa traduction génialement odieuse (et pourtant, oui, fidèle) comme dans son boulot avec le scénographe Pierre-André Weitz qui roule des espaces géométriques, angulaires, verticaux, horizontaux, diagonaux. On provoque les nouveaux nobles, les nouveaux occupants des balcons de nos nouveaux théâtres du Globe, on ne ramène pas des entrailles sur scène mais, littéralement, les attributs assimilés à la hardiesse, allègrement posés sur la table, venus secouer l'assistance, dans une bonne humeur et un élancement qui aident énormément au drame de la seconde partie. Drame parfois un rien maladroit, (que veut-on, ça a 4 siècles, même si c'est intemporel) toujours entier et traité au plus profond (Philippe Girard, le frère Laurent qu'on veut voir).
L'Orestie (-458)
Orésteia
Théâtre
livre de Eschyle
Annotation :
Odéon-Théâtre de l'Europe, 2007
Mise en scène d'Olivier Py (6/10)
6 surtout pour Agamemon, avec une première moitié de pièce d'une qualité renversante, notamment esthétique (chez Py, c'est souvent impeccable de ce côté, car il fait du beau dans le laid, du sublime dans le grotesque et inversement #Hugo) mais beaucoup de déception sur la suite de la pièce, répétitive et mal rythmée, défauts retrouvés dès le début des Choéphores qui m'a spolié l'envie de voir le cycle en entier et de tenter, devant mon écran, l'aventure du public de l'Odéon de vivre L'Orestie d'Eschyle en une journée. Au théâtre peut-être cela aurait gagné (ne le nions pas, ça gagne toujours). Le mysticisme était là, le texte du chœur chanté en grec (bordel ça fait du bien) d'une grande beauté, les jeux de (non-)couleurs et de matière puissants, mais Dieu que c'est long, on prend un temps fou pas toujours pertinent et on perd un public pourtant patient. L'actrice de Clytemnestre ne tient pas son texte, Egisthe est immonde et tant mieux mais un peu caricatural, seul le Coryphée, le Choeur et Agamemnon se dégagent de tout ça et nous captivent. Peut-être que ça lorgnait trop vers l'opéra (que Py adore), chose très risquée au théâtre, car limité en musique...
Partage de midi (1905)
Sortie : 1905 (France). Théâtre
livre de Paul Claudel
Aloysius a mis 8/10.
Annotation :
Comédie-Française, 1976
Mise en scène d'Antoine Vitez (7/10)
Vitez ne laisse aucun répit : des figures mondaines qui se mordillent, le pont d'un bateau de croisière, la sueur latente des visages, un plateau presque nu loin des scénographies oversubventionnées, une Chine tout juste suggérée, une maison de campagne, un fusil ; le texte de Claudel est respecté comme rarement (comprendre : exploité à fond), on joue sur ses versets, les pauses, les regards, l'étrangeté, et on donne un mystère moderne à ce texte occulte. Les acteurs ne flanchent jamais, et s'ils tremblent, ils en deviennent d'autant plus beaux... leur travail est monstrueux. Peut-être ce que pourrait être une mise en scène idéale du Partage (bien que l'enregistrement soit incomplet) ; a le génie du moins de donner très envie d'en voir une mise en scène aujourd'hui. Le plus : on comprend le topo, ce qui n'est pas toujours donné chez l'auteur.










