David Lynch
Né en 1946 dans une famille presbytérienne, le jeune David Lynch étudie les arts plastiques et la peinture. Après une série de courts-métrages, il réalise un premier film auto-produit "Eraserhead". Un premier film expérimental en Noir et Blanc qui était déjà marqué d'une empreinte ...
Afficher plus10 films
créée il y a plus de 10 ans · modifiée il y a plus de 10 ansElephant Man (1980)
The Elephant Man
2 h 04 min. Sortie : 8 avril 1981 (France). Biopic, Drame
Film de David Lynch
SpaceTiger7 a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Le film débute par un plan sur un visage pur et innocent avant une vision cauchemardesque et malsaine d'une femme attaquée par un éléphant. Tout le contraste de ce film repose déjà dans cette scène. Lynch dans un très beau noir et blanc, met en scène l'un des plus beaux films sur la tolérance et l'acceptation mais aussi l'un des plus cruels sur la nature humaine. Elephant Man, c'est la peinture de la nature humaine sous toutes ses formes. Hopkins est finalement le plus proche du spectateur, effrayé, fasciné puis attendri, lui le scientifique ira au-delà de ses aprioris pour comprendre l'éléphant au-delà de sa fascination pour ce corps difforme. Il ira au-delà de sa curiosité presque malsaine, de son attrait pour "le phénomène" pour comprendre l'Homme, le vrai. A l'inverse, on retrouve aussi la peinture de la cruauté de l'homme, le vice, la curiosité malsaine, la cupidité, la peur des hommes, l'incompréhension face à l'inconcevable...
Elephant Man n'est au final qu'une attraction qui ne sera percée que par la comédienne (et Hopkins) qui ira elle aussi au-delà de ses préjugés dans une très belle scène.
Elephant Man c'est aussi le parcours d'un homme qui essaie lui-même de s'accepter, qui tente de comprendre et qui se retrouve démuni par le rejet. C'est finalement en se faisant accepter pour ce qu'il est vraiment (un être différent mais vivant et sensible ) qu'il comprendra et qu'il trouvera la paix et le repos...
Beaucoup d'autres choses à dire (le monde fantasmé, le château, la scène du théâtre qui met en scène ce fantasme) enfin bref un magnifique film bien plus fort que bien des discours sur la tolérance...
Mulholland Drive (2001)
Mulholland Dr.
2 h 26 min. Sortie : 21 novembre 2001 (France). Drame, Thriller, Romance
Film de David Lynch
SpaceTiger7 a mis 9/10.
Annotation :
Encore une fois, Lynch crée un véritable labyrinthe dans les méandres de la folie...Mulholland Drive, c'est un thriller erotico-psycho-violent qui se présente comme une charge au système Hollywoodien. Mais au-delà de la critique très symbolique (les vieux, le sac pourri, les planches, etc), on tient surtout un film démentiel. Lynch fait du Lynch : déconstruction narrative, mystère et symbolisme nébuleux, perversion, sadisme, cruauté. Car ici, on assiste bel et bien à une perversion du rêve Hollywoodien tant les personnages ont tous de profondes tares, et tant le film se dévoile comme une plongée en Enfer, une cruelle désillusion qui se manifeste sous de nombreuses formes (les fameuses dissonances sonores, la photo qui s'assombrit, etc). Un peu difficile d'y voir clair et beaucoup d'autres choses à dire mais l'essentiel est là : "Mulholland Drive" est un grand film.
Twin Peaks - Les 7 derniers jours de Laura Palmer (1992)
Twin Peaks: Fire Walk with Me
2 h 15 min. Sortie : 3 juin 1992. Fantastique, Épouvante-Horreur, Policier
Film de David Lynch
SpaceTiger7 a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Le film débute par un écran télé qui éclate, Lynch veut et va briser le miroir en nous immergeant dans un fascinant cauchemar.Le film débute dans un cadre bucolique par une enquête classique mais évidemment à la source de tout. Plusieurs séquences purement envoûtantes comme celles du bar avec Irene puis un mystère qui grandit...
Et puis Laura Palmer. Fragile, déboussolée, méprisante, dépravée, pitoyable, perturbée, inconsciente. Sheryl Lee livre une performance hallucinante. Un personnage insaisissable et tout le film tourne autour de cela. Le monde fantasmé crée par Lynch et entrevu dans la série est ici partout.
Le cinéaste mélange les genres avec un brio hallucinant. Son film dresse une satire du puritanisme américain comme dans Blue Velvet et Sailor et Lula.
La perversion de l'innocence, la vulgarisation du sexe et des relations homme-femmes sont traités.
C'est aussi un film d'une richesse visuelle et sonore époustouflantes (la Bande son de Badalamaneti est une merveille), le montage est brillant, épuisant et déroutant, la représentation des rêves totalement baroque est magistrale et fait un peu penser au "Dracula" de Coppola dans son esthétique.
Enfin, le film tire toute sa force de l’ambiguïté des personnages. Leland est schizophrène, habité, il est l'élément perturbateur et incontrôlable qui pousse la folie à son paroxysme. Ray Wise est incroyable, tous ses regards sont proprement terrifiants.
Bon, je vais abréger en terminant que ce film est aussi une magnifique oeuvre mélancolique sur l'amour, la famille et la mort...C'est un film qui se ressent avant tout et qui est plus vivant que jamais, et pourtant vie et mort n'ont jamais été aussi proches, comme si un fil rouge ( La Black Lodge) était un pont entre les deux...
PS1 : Mon p'tit Dale n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent.
PS2 : Kiefer Sutherland a une tête qui me fait et me fera toujours marrer.
PS3 : Ma critique de la série (10/10) : http://www.senscritique.com/serie/Twin_Peaks/critique/38123502
Une histoire vraie (1999)
The Straight Story
1 h 52 min. Sortie : 3 novembre 1999 (France). Drame, Road movie
Film de David Lynch
SpaceTiger7 a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Lynch signe avant Mullholland Drive un film magnifique.
Road-movie plein de mélancolie et de nostalgie à travers l'Amérique, des champs de l'Iowa aux plaines du Wisconsin, Alvin et sa tondeuse se baladent. Une série de rencontres, de tranches de vie, de paysages, c'est un film d'une émouvante simplicité qui célèbre la vie sans le moindre cynisme,c'est simplement beau et pur. Filmé avec une superbe retenue par Lynch et porté par la sublime B.O de Badalamenti, c'est un voyage à travers la vie, ses joies, ses peines, l'espoir et le désespoir...Un film simple mais beau qui nous invite à profiter de chaque instant, avec une émouvante sincérité...
Blue Velvet (1986)
2 h. Sortie : 21 janvier 1987 (France). Drame, Thriller, Film noir
Film de David Lynch
SpaceTiger7 a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Un grand film signé Lynch. Une plongée dans une banlieue résidentielle proprette américaine. A travers les yeux de Maclachlan, il opère une plongée pleine d'érotisme, de sensualité, de violence dans une sorte de monde fantasmé. Une enquête pleine de mystère, fascinante, envoûtante, crue et dérangeante. Lynch s'amuse à démonter le confort et l'innocence de la jeunesse superficielle américaine en la confrontant à la violence, la sexualité exacerbée, la perte de la virginité, etc. Le contraste entre les deux mondes est saisissant et il se manifeste sous toutes les formes : du "blue velvet" de Vinton à la partition Twinpeaksienne de Badalamenti, de l'opposition entre lotissements proprets et immeubles sales et désaffectés, etc...Son film est donc plein d'ironie dans sa peinture quasi idyllique d'un monde lisse et superficiel opposé à ce monde fantasmé, caché dans lequel entre et sort Machlachlan comme s'il se trouvait dans un rêve. Des deux côtés, tout est exacerbé des couleurs aux personnages, le contraste est donc très frappant.
Un film passionnant, fascinant qui nous transporte dans un univers indescriptible par la force de la musique et des images composées par Lynch.
Lost Highway (1997)
2 h 14 min. Sortie : 15 janvier 1997. Drame, Thriller, Film noir
Film de David Lynch
SpaceTiger7 a mis 8/10.
Annotation :
Difficile d'en parler à chaud tant le film est énigmatique, indéchiffrable et étrange. Lynch étale ici toute sa folie créative pour nous immerger dans un monde de fantasmes, de vices, de folies. Je pense que le film forme une sorte de boucle temporelle qui se répète indéfiniment comme cette route qui n'en finit jamais...
Le film est clairement scindé en deux parties qui tourne autour des mêmes personnages, dans deux mondes différents. Je vois ça comme la séparation entre un monde d'artifices, complètement fantasmé par Fred qui déforme littéralement la réalité et ses propres souvenirs...Lynch crée comme d'habitude une symbolique forte avec la récurrence de certains éléments (le chien, les rideaux rouges, la cassette VHS, etc...).
Lost Highway, c'est aussi un film qui travaille la question du voyeurisme en mettant le spectateur dans une position malsaine et dérangeante, Lynch nous immisce dans un monde fantasmagorique empreint d'érotisme, de violence, de vitesse.
Un film de malade tout simplement !
Sailor & Lula (1990)
Wild at Heart
2 h 05 min. Sortie : 24 octobre 1990 (France). Road movie, Romance, Film noir
Film de David Lynch
SpaceTiger7 a mis 7/10.
Annotation :
On retrouve plus ou moins les mêmes thématiques que dans Blue Velvet. La perversion de l'innocence, la société puritaine tournée en dérision et qui éclate ici devant les effusions de violence, de débauche et de sexe tout au long du film. Le road-movie est ici libérateur des vices du puritanisme, de son côté malsain et aliénant. Il est aussi initiatique d'une love story empreinte de débauche, de sexe et de violence. Lula se libère des chaînes de sa mère et brûle les conventions avec lesquelles elle a été éduquées, le montage alterné dans la première partie est très réussi. Le film part cependant un peu dans tout les sens (logique au vu de la vie de Sailor et Lula) mais je trouve que le rythme retombe drôlement à partir de l'arrivée à Big Tuna. Au-delà des thèmes, on retrouve toujours ces obsessions Lynchéenes : les délires sous acides, le monde des rêves sous toutes ses formes, etc...
Beaucoup de références (le rêve, le lion) au Magicien d'Oz assez subtiles et intelligentes.
Donc voilà un vrai bon film (à noter un excellent Nicolas Cage aujourd'hui porté disparu) encore une fois.
Eraserhead (1977)
1 h 29 min. Sortie : 17 décembre 1980 (France). Épouvante-Horreur, Fantastique, Expérimental
Film de David Lynch
SpaceTiger7 a mis 7/10.
Annotation :
Premier film de David Lynch, Eraserhead est avant tout un film surréaliste digne de Bunuel. Ce qui est intéressant, c'est que Lynch ancre son film et ses personnages dans un contexte réaliste (Henry est ouvrier, en couple, invité chez les parents de sa copine) et assez déprimant. La dégradation physique du "bébé" (une sorte d'E.T en version plus gerbante et moins rectangulaire) est liée à la souffrance d'Henry qui s'amplifie crescendo et à ses délires, ses cauchemars malsains, surréalistes mais aussi plein d'espoirs (la chanteuse par ex.). Le parallèle entre ce contexte réaliste et les délires surréalistes d'Henry est habile et intelligent. Sinon, c'est complètement dérangé, très malsain (la fin est atroce), assez gerbant mais Lynch réussit à instaurer une sorte de fascination et à créer une ambiance inquiétante et intrigante pour son film grâce à sa mise en scène très particulière et à son imagination débordante, fruit d'un esprit dérangé faut bien l'avouer.
Bon, sinon ça ne sert pas à grand-chose d'analyser ce film (ce que j'ai un peu fait) parce que ça reste un trip, un délire surréaliste et dérangé qui reste avant tout une expérience pure.
Très prometteur pour un premier film (mais avec Twin Peaks, j'ai déjà compris que Lynch est un grand cinéaste cela dit).
Inland Empire (2006)
3 h. Sortie : 7 février 2007 (France). Drame, Fantastique, Thriller
Film de David Lynch
SpaceTiger7 a mis 5/10.
Annotation :
Lynch synthétise ses obsessions que l'on retrouvait déjà dans "Lost Highway" et "Mulholland Drive" : voyeurisme, perversion du rêve américain, etc...Tout est là et en plus extrême. Les personnages se multiplient dans divers réalités, même si tout tourne autour de Susan et de sa descente aux enfers. Film démoniaque (une obsession lynchéenne) c'est un film de tarés, un véritable OFNI. J'y vois une certaine obsession pour les miroirs comme si Lynch parlait de l'impact du regard et des écrans, d'un voyeurisme permanent qui détruirait toute forme d'intimité. Le film m'a malheureusement installé dans une certaine torpeur tout en me tenant éveillé grâce à des séquences impressionnantes de maîtrise. Mais je trouve qu'ici Lynch perd en clarté, en émotion,en force, en voulant toujours aller plus loin il m'a perdu. J'ai également moins apprécié la forme : la photo est assez laide, et certains passages n'ont pas l'onirisme et la beauté des rêves de "Twin Peaks" ou "Lost Highway". Un film tellement démonstratif et excessif qu'il en devient lassant mais je me refuse à mettre moins de la moyenne pour Laura Dern,pour cette fin explosive et pour quelques scènes qui m'ont rappelé les grands films du maître.
Dune (1984)
2 h 17 min. Sortie : 6 février 1985 (France). Fantastique, Science-fiction
Film de David Lynch
SpaceTiger7 a mis 5/10.
Annotation :
Un projet assez démesuré mais qui malheureusement échoue sur de nombreux points. Lynch arrive certes à recréer un univers assez foisonnant, mais les enjeux du film manquent d’intérêt, le rythme est assez lent. Le film a en plus mal vieilli ce qui n'aide pas les acteurs notamment un Kyle MachLachlan en petite forme. C'est un film qui part un peu dans tout les sens sans vraiment convaincre la faute également à de nombreux clichés et à un scénario sans grandes surprises. A noter une très bonne B.O de Toto et quelques passages assez inspirés.
Pas inintéressant mais guère passionnant...