Cover Filmographie de Bourvil

Filmographie de Bourvil

Bourvil (André Raimbourg, 1917-1970) fut un acteur et chanteur français apprécié pour sa bonhomie, sa tendresse et son humour. D’abord remarqué dans des rôles comiques de naïfs au grand cœur, il sut aussi s’imposer dans des registres plus dramatiques, notamment dans La Traversée de Paris (1956). Populaire sur plusieurs générations, il mena de front cinéma, théâtre et chanson, marquant la culture française par son humanité et sa simplicité.

" Des Bourvil, il y en a plein. Le truc, c’est que personne ne s’en rend compte." (Bourvil)

Liste de

21 films

créée il y a 8 mois · modifiée il y a 7 mois
Si Versailles m'était conté
6.7

Si Versailles m'était conté (1954)

2 h 45 min. Sortie : 15 février 1954. Comédie dramatique, Historique

Film de Sacha Guitry

abscondita a mis 7/10.

La Traversée de Paris
7.4

La Traversée de Paris (1956)

1 h 20 min. Sortie : 26 octobre 1956. Comédie dramatique, Historique

Film de Claude Autant-Lara

abscondita a mis 8/10.

Annotation :

Le film est directement adapté d’une nouvelle de Marcel Aymé intitulée Traversée de Paris, parue en 1947 dans le recueil Le Vin de Paris.

Le réalisateur, Autant-Lara, obtient la participation de Gabin en tête d'affiche et tient absolument à avoir Bourvil. Il sait que ce ne sera pas facile car Marcel Aymé ne s'est pas privé de critiquer ouvertement Bourvil lors d’une précédente adaptation d’un de ses textes, Le Passe-muraille. Il écrit une lettre cinglante au réalisateur :
— Vous savez aussi bien que moi que Bourvil est à l’opposé du rôle et je ne dis rien de ses qualités d’acteur. J’entends bien qu’il s’agit de faire commercial à tout prix et de tourner la chose en grosse guignolade, mais je ne crois pas que ce soit là un bon calcul. Bourvil pourra y aller de toutes ses bonnes ficelles dans le rôle de Martin, il ne sera qu’insignifiant. Il va sans dire que mon nom ne paraîtra pas au générique. En outre, je me réserve de dire dans la presse ce que je pense de cette petite mésaventure dont vous serez la victime aussi bien que moi.
Mais Autant-Lara décide de tenir bon et de rester fidèle à son choix premier. La suite lui donnera raison.

Les Misérables
7.1

Les Misérables (1958)

3 h 37 min. Sortie : 12 mars 1958 (France). Drame

Film de Jean-Paul Le Chanois

abscondita a mis 8/10.

Annotation :

C'est Gabin qui aurait proposé son ami Bourvil pour ce rôle.

" C’est le seul rôle de méchant que j’ai consenti à jouer dans ma carrière. Durant le tournage, un soir, un machiniste me frappe sur l’épaule et me dit : « Ce n’est pas un rôle pour toi, Bourvil, on n’y croit pas, tu es trop bon. »" (Bourvil)

Il dira de son personnage : "C’est la misère qui l’a fait ce qu’il est. S’il n’avait pas connu cette pauvreté atroce et cette malchance persistante, l’homme aurait été différent."

Bourvil prend son rôle tellement à cœur que, lors d’une scène où il fait face à Gabin, le menaçant d’un tisonnier, Gain lui lance : — André, fais pas le con, c’est que du cinéma !

Le Miroir à deux faces
7

Le Miroir à deux faces (1958)

1 h 36 min. Sortie : 15 octobre 1958. Drame

Film de André Cayatte

abscondita a mis 7/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Michèle Morgan racontera dans ses mémoires un épisode particulièrement marquant du tournage. Il s’agit en fait de la dernière scène du film, où Bourvil rentre chez lui ivre et donne un spectacle pathétique. La scène est très difficile à jouer.
— Il va interpréter sa grande scène d’ivresse. Cayatte vient de lui indiquer « ses places », elles sont compliquées : l’instituteur est soûl de chagrin et d’alcool, la beauté de sa femme a brisé leur couple. Il lui en veut, la hait et l’aime. Bourvil doit se cogner contre les meubles, un circuit précis et complexe, insulter Marie-José, pleurer et faire rire à la fois. L’extraordinaire clavier dont dispose le comédien lui permet tout. Mais pour ceux qui connaissent les difficultés mécaniques du cinéma, ce genre de scène est un exploit. Sur le plateau règne un silence religieux. Du machino au producteur, tous sont conscients de la difficulté, de la concentration qu’exige ce plan. « Moteur. » La scène n’aura besoin que d’une seule prise. « Coupez », ordonne Cayatte. Alors, fait exceptionnel, du haut des passerelles, du fin fond du plateau, des applaudissements jaillissent, crépitants, chaleureux. Bourvil rit, salue, puis, pirouettant d’une voix de fausset, entonne la naïve chanson qu’il adore : C’est nous qui sommes les abeilles, bzzzz, bzzzz... C’est irrésistible et surréaliste, comme la danse dans laquelle il m’entraîne, mi-valse, mi-bourrée...

Bourvil confiera : —  J’ai surtout travaillé la scène de la soûlographie !

Et, rendant hommage à Michèle Morgan, il ajoutera : — Dans le drame, j’ai besoin de sentir ma partenaire, bien plus que dans le comique où, là, je peux faire, si vous voulez, mon numéro...

Le Chemin des écoliers
6.9

Le Chemin des écoliers (1959)

1 h 30 min. Sortie : 23 septembre 1959. Drame

Film de Michel Boisrond

abscondita a mis 7/10.

Le Bossu
6.7

Le Bossu (1959)

1 h 45 min. Sortie : 13 janvier 1960 (France). Action, Aventure

Film de André Hunebelle

abscondita a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Fortunat
7.3

Fortunat (1960)

2 h 01 min. Sortie : 16 novembre 1960. Comédie dramatique, Guerre

Film de Alex Joffé

abscondita a mis 7/10.

Annotation :

"J’ai fait ce film parce que Bourvil existe. Oui, sans lui, il n’aurait pas vu le jour. Il vient d’interpréter des rôles de composition étonnants, mais j’affirme que l’on ne connaît pas Bourvil tant que l’on n’a pas vu Fortunat." (Alex Joffé)

Le Capitan
6.3

Le Capitan (1960)

1 h 51 min. Sortie : 5 octobre 1960 (France). Action, Aventure

Film de André Hunebelle

abscondita a mis 7/10.

Les Culottes rouges
6.9

Les Culottes rouges (1962)

1 h 44 min. Sortie : 19 décembre 1962 (France). Comédie

Film de Alex Joffé

abscondita a mis 7/10.

Les Bonnes causes
7.5

Les Bonnes causes (1963)

2 h. Sortie : 17 avril 1963. Drame, Policier

Film de Christian-Jaque

abscondita a mis 7/10.

Un drôle de paroissien
7.2

Un drôle de paroissien (1963)

1 h 24 min. Sortie : 28 août 1963. Comédie

Film de Jean-Pierre Mocky

abscondita a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Le Corniaud
7.1

Le Corniaud (1965)

1 h 51 min. Sortie : 24 mars 1965 (France). Comédie, Policier, Road movie

Film de Gérard Oury

abscondita a mis 8/10.

Annotation :

" C’est Louis de Funès, qui jouait la seule scène comique de mon film Le Crime ne paie pas, qui m’a décidé à tourner Le Corniaud. J’ai raconté mon scénario à Louis et André, et ils ont tous deux signé sans avoir rien lu." (Oury)

La Cité de l'indicible peur
6.8

La Cité de l'indicible peur (1964)

1 h 35 min. Sortie : 28 octobre 1964. Comédie, Policier, Épouvante-Horreur

Film de Jean-Pierre Mocky

abscondita a mis 8/10 et a écrit une critique.

La Grosse Caisse
6.6

La Grosse Caisse (1965)

1 h 45 min. Sortie : 9 juillet 1965 (France). Comédie, Thriller

Film de Alex Joffé

abscondita a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Les Grandes Gueules
7.3

Les Grandes Gueules (1965)

2 h 08 min. Sortie : 22 octobre 1965 (France). Comédie dramatique, Aventure, Policier

Film de Robert Enrico

abscondita a mis 7/10.

La Grande Vadrouille
7.4

La Grande Vadrouille (1966)

2 h 04 min. Sortie : 8 décembre 1966 (France). Comédie, Guerre

Film de Gérard Oury

abscondita a mis 9/10.

Annotation :

Danièle Thompson, co-scénariste de La Grande vadrouille a expliqué que le tournage a été difficile car Bourvil et Funès avaient un rythme différent. « Bourvil était en grande possession de ses moyens et ça partait d’un coup« , alors que Louis de Funès avait besoin de se chauffer progressivement. « Le grain de folie se mettait en route après plusieurs prises. Donc ça obligeait Bourvil à faire d’autres prises alors qu’il les avait formidablement bien réussies tout de suite. Sur le tournage, c’était compliqué.«
« quand Bourvil avançait dans son rôle, où il était excellent au début, il se détériorait à mesure que De Funès se perfectionnait. » Bourvil était donc excellent immédiatement, alors que de Funès l’était un peu moins. Cette dynamique différente a donc ralenti le tournage du film, puisque les deux personnages partageaient presque toutes les scènes à l’écran. Les scénaristes ont voulu faire en sorte que les deux acteurs soient ensemble et que ces deux personnages, qui n’avaient rien à voir l’un avec l’autre, soient collés pendant tout le voyage. Ces différences de jeu obligé Bourvil, à répéter de nouvelles scènes qu’il avait parfaitement exécutées la première fois.

La Grande Lessive (!)
6.2

La Grande Lessive (!) (1968)

1 h 34 min. Sortie : 15 novembre 1968. Comédie

Film de Jean-Pierre Mocky

abscondita a mis 6/10.

Annotation :

À une époque où la télévision est entrée dans tous les foyers, où elle ne fait l’objet de pratiquement aucune attaque puisqu’elle est un phénomène encore récent et que par conséquent la critique à son égard a eu relativement peu le temps de se développer, Mocky en fait une critique virulente, l’accuse d’abrutir la population. L’histoire est simple:
Le professeur Saint-Just (Bourvil) voit chaque matin ses élèves s’endormir sur leur pupitre. La raison ? Ils regardent tous les soirs la télévision et sont le lendemain matin totalement épuisés et abrutis. Saint-Just, aidé de deux amis (Jean Tissier et Roland Dubillard), décide de prendre les choses en main. Le soir venu, il monte sur les toits des immeubles et asperge les antennes télé d’un produit qui les rend inopérantes.

D’abord déclaré hors-la-loi, Saint-Just se verra finalement approuvé par les pouvoirs publics. Le film sort et ne marche que très moyennement. Les spectateurs n’étaient sans doute pas encore prêts pour ce type de film. Désagréable de payer son billet de cinéma pour se faire traiter de veau.

L’accord de Mocky avec la Gaumont stipulait que le film devait être exploité durant vingt et un jours et serait retiré de l’affiche s’il n’avait pas atteint un certain nombre d’entrées.
Or, malgré tout, cahin-caha, le film fait quelques entrées. Au point que le seuil qui lui permettrait de rester à l’affiche est sur le point d’être dépassé au bout des trois semaines prévues. Panique à la Gaumont qui s’est engagée à projeter une nouvelle production la semaine suivante, ses décideurs n’ayant pas imaginé un instant que le film de Mocky pourrait dépasser le palier prévu.

Aussi, pour éviter de se trouver dans l’embarras, le Gaumont Ambassade ferme ses caisses le dimanche à 18 heures, privant ainsi le film d’entrées supplémentaires. Un coup bas qui aurait pu passer inaperçu. Cependant, un ami de Bourvil vient justement voir le film ce jour-là. Il alerte le comédien, qui alerte le réalisateur qui décide de faire faire un constat d’huissier. Jean-Pierre Mocky attaque la Gaumont en justice, courageusement soutenu par Bourvil. Il lui rendra hommage plus tard en disant : — Bourvil était très proche de Gaumont. C’était son principal employeur. Mais là, il a estimé que j’avais raison. Au lieu de se tirer pour son intérêt personnel, il s’est mis avec moi, contre la profession. Vous voyez le courage de ce type.

Bourvil épaule son ami Mocky. Le procès dure, et Bourvil reste aux côtés de Mocky. En première instance, l

Le Cerveau
6.7

Le Cerveau (1969)

1 h 55 min. Sortie : 7 mars 1969 (France). Comédie, Policier

Film de Gérard Oury

abscondita a mis 8/10.

Annotation :

Le scénario du Cerveau, co-écrit par Gérard Oury, Danièle Thompson et Marcel Jullian, s'appuie sur deux événements réels, l'attaque du train postal Glasgow-Londres, d'une part, et le déménagement de l'OTAN à la suite de la sortie de la France de l'organisation, d'autre part. Selon Oury, « L'idée de base était d'intégrer deux nigauds dans un remake du vol du train postal fait par des spécialistes. ».

« Quand j’étais encore inconnu, j’avais rencontré Bourvil sur Un drôle de dimanche où je devais jouer de la trompette, et comme je n’ai aucun sens de la musique, ça l’amusait beaucoup de me voir m’embrouiller les doigts sur cette pauvre trompette. Sur le Cerveau, Bourvil adorait raconter des blagues idiotes avec ce rire formidable... Plus les blagues étaient énormes, plus il se roulait par terre ! C’était un acteur complet qui adorait déconner. » Quelques mois plus tard, Belmondo reconnaîtra pourtant que le Cerveau avait été « une expérience de superproduction [...] et que sur le plan du plaisir de l’acteur, ce n’[était] pas tellement passionnant. On se sent en effet un peu trop au service de la mécanique, du gag visuel, et les acteurs sont étouffés par l’énorme budget. [...] Je préfère les films où les personnages doivent exister vraiment. » Et d’évoquer son personnage dans l’Homme de Rio, « auquel le spectateur pouvait s’attacher ».

'Il n’y a jamais d’histoires avec Belmondo, il est toujours de bonne humeur. C’est agréable." (Bourvil)

L'Arbre de Noël
6.8

L'Arbre de Noël (1969)

1 h 50 min. Sortie : 15 octobre 1969. Drame

Film de Terence Young

abscondita a mis 7/10.

Annotation :

Alors que des rumeurs sur sa santé circulent, Bourvil raconte dans une interview:
"— J’ai fait une mauvaise chute en tournant L’Arbre de Noël [son film suivant]. J’ai eu mal sur le coup. J’ai lâché un juron bien senti et je n’ai plus pensé à cette péripétie. Hélas ! Quelques jours après, je ne pouvais plus bouger. J’ai consulté des médecins. Selon eux, je souffre d’un début de décalcification de la colonne vertébrale. C’est tout ce que je sais. À tel point que j’ai dû interrompre le tournage de mon film. Et croyez-moi, pour que Bourvil fasse faux bond à un metteur en scène, il faut qu’il soit sérieusement malade."

L’histoire est basée sur un terrifiant fait divers. Quelques années plus tôt, en Espagne, des enfants confrontés à des déchets radioactifs ont développé un cancer et en sont morts.
C'est émouvant d'entendre le personnage de Bourvil dire certaines répliques alors que lui-même n'a même plus une année à vivre : "— Tout le monde peut être malade, très malade. Mais aujourd’hui on peut tout guérir. Enfin... presque tout."

Le Cercle rouge
7.7

Le Cercle rouge (1970)

2 h 20 min. Sortie : 20 octobre 1970 (France). Policier, Thriller, Drame

Film de Jean-Pierre Melville

abscondita a mis 8/10.

Annotation :

"Il apporte à mon histoire un élément d’humanité que je n’avais pas imaginé." (Melville)

"Je n’aurais jamais eu l’âme d’un commissaire. C’est un métier que je n’aurais pas aimé faire !" (Bourvil)

Atteint d'un cancer, Bourvil continue de suivre son traitement. Les rayons au cobalt l’épuisent, mais il tâche de faire bonne figure. De temps à autre, Jean-Pierre Melville, lui lance un petit : « Ça va ? » auquel Bourvil répond invariablement : « Je suis en pleine forme. »

Le film sortira un mois après la mort de l'acteur. Comme un hommage Jean-Pierre Melville demande à ce que sur le générique apparaisse le nom « André Bourvil ». Un prénom qui sonne comme un anoblissement. Le Nouvel Observateur écrira : — Bourvil est excellent. Melville le « bleuit » alors qu’on a trop souvent fait de ce comédien un acteur rougeaud.

Le Mur de l'Atlantique
6.1

Le Mur de l'Atlantique (1970)

1 h 47 min. Sortie : 14 octobre 1970. Comédie, Guerre

Film de Marcel Camus

abscondita a mis 4/10.

Annotation :

Dernier tournage de Bourvil. Le film sortira quelques semaines après le décès de l'acteur.

"Il ne se plaignait jamais, même quand il avait mal. Il nous cachait sa fatigue et n’a pas voulu être doublé dans une scène de bagarre. Or, ce jour-là, il avait très mal à la jambe, car il venait de subir plusieurs piqûres. En cachette, il se mettait des compresses. Mais aucun de nous ne pouvait deviner l’issue si proche qui le guettait." (Marcel Camus)*

"C’était la première fois que je travaillais avec lui. Sa conduite a été absolument admirable. Il était plutôt timide, réservé, amical. Il avait sa gamelle préparée par son habilleuse. Sur sa maladie, sur le plateau, il ne laissait rien transparaître de tout ça. Mais il devait souffrir le martyre, car il subissait des piqûres plusieurs fois par jour. Sur son jeu d’acteur, il arrivait et savait s’adapter d’instinct à la prise de vue. Une connaissance non intellectuelle du cinéma qui m’a bluffé. Une magie incroyable se dégageait de ce bonhomme." (Alain Corneau, assistant réalisateur sur le film)

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