Films découverts en 2026
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créée il y a 3 mois · modifiée il y a environ 3 heuresAvatar - De Feu et de Cendres (2025)
Avatar: Fire and Ash
3 h 15 min. Sortie : 17 décembre 2025 (France). Action, Aventure, Science-fiction
Film de James Cameron
Alfred Tordu a mis 5/10.
Annotation :
J’ai l’impression de m’être gâché le film en allant le voir en 3D normale. Même en voyant les éléments sortir de l’écran, il subsiste toujours une énorme distance entre le film et le spectateur par rapport à une projection Imax, dont la disposition de la salle et de l’écran ; nous immerge complètement dans l’univers de Pandora. Je garde un vif souvenir de ma séance d’Avatar 2 en Imax 3D et je trouve regrettable d’être obligé de payer une blinde pour réellement profiter de l’expérience qu’un film a à m’offrir. Sans Imax, la 3D et les variations de framerate étaient plus désagréables qu’autre chose. C’est là qu’on voit que, privé de ses artifices technologiques, la licence n’a plus grand-chose pour elle.
Reste un blockbuster très bien réalisé (surtout par rapport à la concurrence), aux effets spéciaux irréprochables et devant lequel on ne voit pas le temps passé, mais que l’on oublie presque instantanément une fois les lumières rallumées. Au moins ici, Cameron ne met pas le récit en pause pour développer les arcs narratifs de ses personnages fonctions, comme il avait pu le faire dans le précèdent volet. Le développement des protagonistes se fait heureusement de manière plus organique, au cours d’une aventure riche en péripéties, rebondissements et actions en tout genre ; même si il s’avère encore très programmatique.
Intéressant de confronter les héros à une nouvelle civilisation na’vi ayant rejeté l’autorité d’Eywa et préféré s’allier à l’homme blanc, même si c’est fait encore une fois avec de gros sabots. Le peuple en question n’ayant évidemment pas d’autre projet que de réduire la planète en feu et en cendres, comme les mauvais sauvages qu’ils sont. L’évolution de Quarriche à leurs côtés, apporte au moins un chouia de profondeur à personnage, même si là aussi, le traitement reste assez superficiel.
Je suis en revanche beaucoup plus client de ce que devient Spider dans ce troisième volet. Sa place particulière au sein de la famille Sully et les sentiments contrastés qu’il semblait inspirer à ses parents dans le second volet, sont enfin exploités à leur plein potentiel ; faisant de cet arc narratif, le seul qui m’ait un tant soit peu ému dans ces 3h17 de bastonnade.
Dommage que le dernier tiers s’enlise dans une énième bataille finale opposant tous les na’vis et leurs alliés contre les méchants humains. Au bout de la troisième fois, ça commence à devenir redondant et on sent même poindre une certaine lassitude de la part de Cameron.
28 ans plus tard - Le Temple des Morts (2026)
28 Years Later: The Bone Temple
1 h 49 min. Sortie : 14 janvier 2026 (France). Épouvante-Horreur, Thriller
Film de Nia DaCosta
Alfred Tordu a mis 3/10.
Annotation :
Nia DaCosta se contente de singer grossièrement la mise en scène de Boyle, sans y apporter sa propre singularité, et avec un rythme beaucoup plus lent que celui du premier film. Sans doute pour compenser le vide abyssal d’un scénario qui tiendrait facilement dans un comics de 30 pages.
28 Ans Plus Tard établissait une nette démarcation entre l’île sur laquelle une civilisation s’était reconstituée à l’écart des infectés ; et cet immense no man’s land britannique, où ne subsistait qu’une poignée d’illuminés vivant parmi les zombis. Je m’attendais donc à explorer un vaste univers madmaxien, peuplé de petites tribus se raccrochant chacune à une mythologie farfelue, à l’image de ce gang aperçut en fin de film et ayant visiblement grandi dans le culte des Teletubbies. Or, à part ces huluberlus, les autres personnages croisés sur le continent vivent pépèrement leur existence comme si de rien n’était. A se demander pourquoi ils déménagent pas sur l’île fortifiée. Ils pourraient y retrouver tous les avantages de la civilisation, tout en étant protégés des infestés. Pourquoi restent-ils ici ? Comment vivent-ils et surtout, en quoi croient-ils ? Tant de questions qui ne seront même pas évoquées au cours de l’intrigue, alors qu’elles étaient centrales dans le premier opus.
Pour revenir à nos neo-teletubbies, on n’apprendra pas grand-chose de plus sur eux. Tout avait déjà été montré lors de leur furtive apparition dans le film précédent. Aucune plu-value à les revoir ici et encore moins à leur consacrer un film entier.
Il en va de même pour le Dr Kelson, prenant sous son aile un zombi alpha dont il parviendra à soigner l’infection. Ce n’est pas dénué d’intérêts et le personnage de Fiennes nous offre sans conteste les meilleures séquences du long-métrage, mais l’intrigue est trop faible par rapport à la place démesurée qu’elle occupe dans le récit. D’autant que l’idée selon laquelle les zombis pourraient être guéris et redevenir normaux, me semble en contradiction avec le premier volet qui montrait les infectés comme une civilisation à part entière, capable de s’organiser, d’interagir et de se produire entre eux, comme n’importe quelle autre espèce.
Bref, en plus d’étaler son maigre scénario sur 2h de film, occasion moult longueurs et baisses de rythme, cette suite n’apporte strictement rien à la saga et vient même abîmé un élément important de sa mythologie. Il est complètement dispensable et on se demande si ils savent où aller avec leur trilogie.
Hamnet (2025)
2 h 05 min. Sortie : 21 janvier 2026 (France). Biopic, Drame, Historique
Film de Chloé Zhao
Alfred Tordu a mis 3/10.
Annotation :
Hamnet a beau se cacher derrière des apparats auteurisants, il n’en reste pas moins un film à oscar comme les autres, autant sur le fond que sur la forme.
C’est facile de faire chialer dans les chaumières en montrant l’agonie d’un enfant entrain de clamser et la tristesse d’une mère durant plus d’une heure. Surtout quand c’est fait de manière aussi poussive et larmoyante. 90% du métrage tient là-dessus, vu que notre cher Shakespeare se révèle plus intéressé par sa vie de saltimbanque à Londres que par les malheurs de sa famille, laissant le soin à sa pauvre épouse de porter seule le poids de ce fardeau. Cela aurait pu être un beau sujet, mais non, puisque le propos du film est ailleurs.
Monsieur Shakespeare est un artiste avec un grand A. Par conséquent, il ne pouvait exprimer son chagrin que par une pièce de théâtre reprenant à une lettre près le prénom de son fils et évoquant sa souffrance avec des allégories que seule sa femme pourra percevoir. C’est l’art qui rejoint la vie qui rejoint l’art qui rejoint la vie. Thématique maintes fois traitée depuis la nuit des temps, encore tout récemment dans Valeur Sentimental, mais qui ici ne sera que furtivement abordé dans les dernières minutes du film, et de façon extrêmement grossière.
Comme pour apporter un chouia de profondeur à ce qui n’était jusque-là (et demeure majoritairement) un tire larme facile, convenu et, en définitif, très pauvre sur le plan cinématographique.
Sinners (2025)
2 h 17 min. Sortie : 16 avril 2025 (France). Drame, Épouvante-Horreur, Thriller
Film de Ryan Coogler
Alfred Tordu a mis 3/10.
Annotation :
Avec son exposition interminable et sa seconde partie très décevante par rapport à tout le build up mit en place, Sinners n’a cessé de me rappeler le tout aussi surestimé Get Out.
Et à l’instar du film de Jordan Peel, je ne le trouve ni très fun, ni angoissant, ni vraiment prenant. Il faut attendre 1h10 avant que l’intrigue ne décolle réellement. 1h10 à présenter des persos inintéressants qui mettront beaucoup moins de temps à crever, sans que l’on s’y soit attaché une seule seconde. Et même cette deuxième partie plus mouvementée se révèle assez frustrante. Les vampires passent plus de temps à négocier pour rentrer dans le bar qu’à buter ses clients. Résultat, l’action n’est vraiment pas le point fort du métrage, et celle-ci est d’ailleurs mal servie par une mise en scène assez générique.
En tant que pur film de genre, il est donc très mauvais. Mais tout comme Get Out, The Substance ou autres biseries auteurisantes ; le projet tient avant tout sur sa portée métaphorique. Sinners se veut être un vibrant hommage à l’histoire et à la culture des noirs-americains, à travers la trajectoire de deux frères ayant pactisé avec l’homme blanc pour amasser leur fortune ; espérant ainsi s’en affranchir pour de bon, même si la suite leur montrera que non.
Je suis en revanche plus perplexe sur le rôle des vampires, à la fois symbole d’appropriation culturelle, perçue négativement par le reste des personnages ; et en même temps porteur d’une utopie universaliste traitée positivement par le scénario. Franchement, de ce qu’on en voit, y a aucune raison de ne pas devenir un vampire et du coup, j’ai eu du mal à comprendre où était réellement l’enjeu du récit.
Reste néanmoins une chouette direction artistique ; une superbe bande-son ; l’exceptionnel Jack O Connell, parfait en méchant vampire ; ainsi que cette formidable séquence étonnamment poétique, mettant à l’honneur des siècles de musiques afro-américaines liées les unes aux autres, dans un maelström musicale de toute beauté. Par contre les gars, quitte à utiliser l’Imax, pourquoi ne pas avoir tout filmer ? Le 2.76 qu’on se tape pendant la majorité du film ne met vraiment pas en valeur ses magnifiques décors.
L'Inconnu de la Grande Arche (2025)
1 h 46 min. Sortie : 5 novembre 2025. Comédie dramatique, Historique
Film de Stéphane Demoustier
Alfred Tordu a mis 7/10.
Annotation :
Je m’attendais à du wkipedia illustré et en fait, c’est un très beau film sur l’idéalisme d’un artiste confronté à la réalité de production. Il parle beaucoup mieux de création artistique que le récent Nouvelle Vague de Linklater ou, dans un sujet similaire, le déjà oublié The Brutalist sorti l’année dernière.
Car si l’on compatit à la détresse de Spreckelsen, dont la création se voit dénaturer par toutes sortes de contraintes matérielles et bureaucratiques ; quiconque ayant déjà mener un projet artistique à bien, sait pertinemment qu’il ne verra jamais sa vision pleinement aboutir et qu’il devra forcement composer avec toutes les contraintes qui se trouveront sur son chemin.
Le long-métrage évite ainsi toute forme de manichéisme et donne même presque raison aux collaborateurs de l’architecte, présentés comme de bons artisans ayant à cœur de finaliser le projet, tout en respectant au mieux la vision de son concepteur.
Aucun autre choix (2025)
Eojjeolsugaeobsda
2 h 19 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Thriller, Comédie dramatique, Policier
Film de Park Chan-Wook
Alfred Tordu a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Si Park Chan-Wook reste fidèle à la trame d’origine et à son concept de mec lambda transformé en tueur en série à cause d’un chômage de longue durée, le réalisateur se réapproprie complètement l’œuvre de Donald Westlake et en tire une farce macabre et excessivement gore, comme les coréens savent si bien en faire. D’aucuns pourraient pester contre cette adaptation too much, mais personnellement, j’avoue en être très client.
Surtout que, contrairement au film de Gavras, l’absence de voix off apporte également une nouvelle dynamique, permettant à Chan-Wook de déployer tout son savoir-faire, afin de raconter par l’image ce qui était narré dans le bouquin, comme dans sa première adaptation française.
En découle une hilarante comédie noire prenante et magnifiquement réalisée, restituant à merveille la verve satirique du Couperet et son propos sur le monde du travail, malheureusement toujours pertinent quelle que soit l’époque ou le pays.
Send Help (2025)
1 h 53 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Épouvante-Horreur, Comédie
Film de Sam Raimi
Alfred Tordu a mis 4/10.
Annotation :
Littéralement la dernière partie de Sans Filtre en plus longuet et lourdaud. Au moins on n’est pas sur un divertissement insipide. Le film a des partis pris radicaux et nous gratifie de quelques moments assez savoureux, mais j’ai quand même trouvé l’histoire trop poussive pour y croire et pas assez folle pour accrocher au délire. Les personnages sont détestables, on ne croit ni à leur fausse romance, ni au revirement encore plus ridicule du PDG à la moitié du métrage.
Côté mise en scène on peine sérieusement à retrouver l’inventivité habituelle de Sam Raimi. Send Help paraît plus cheap que le premier Evil Dead pourtant réalisé avec 100 fois moins de budget. Puis esthétiquement, le film est au mieux très fade, au pire très moche, avec ses CGI complètement foirés.
Nino (2025)
1 h 36 min. Sortie : 17 septembre 2025. Drame
Film de Pauline Loquès
Alfred Tordu a mis 7/10.
Annotation :
En tant que solitaire hypocondriaque de 29 ans traînant un mal de gorge depuis 2 jours, j’étais déjà en crise de panique au bout de 5 minutes.
C’est rare de voir un film sur la maladie ne s’intéresser qu’à la courte période suivant son annonce. Ce moment où le patient doit encaisser cette terrible nouvelle qu’il n’avait pas vu venir, l’annoncer à ses proches et se préparer mentalement au combat qui l’attend. Sujet o combien casse gueule mais traiter ici avec une grande justesse d’écriture et d’interprétation, le tout sans aucun misérabilisme.
Pauline Loquès donne ainsi naissance à un beau film introspectif sur un milenial confronté pour la première fois au spectre de la faucheuse, et dont le rapport à la vie ne cessera d’évoluer au fil d’échanges et de rencontres pleines d’authenticité.
L'Épreuve du feu (2025)
1 h 45 min. Sortie : 13 août 2025. Drame
Film de Aurélien Peyre
Alfred Tordu a mis 7/10.
Annotation :
Aurélien Peyre revisite le trope de la “Lolita malgré elle”, à travers ce beau film de vacances, centré sur Hugo, un ex petit gros renouant avec ses anciens bullies.
Peyre fait le choix de nous présenter le personnage après sa transformation, sous les traits d’un jeune acteur qu’on identifie déjà comme un BG depuis Eté 85 de François Ozon. C’est donc une vraie surprise de lui découvrir un passé d’obèse et d’imaginer ce qu’il pouvait être avant, à partir de maigres infos récoltées ça et là.
Félix Lefebvre incarne parfaitement cette ancienne tête de truc encore bien timide et mal dans sa peau malgré son nouveau corps d’apollon. On le verra alors prendre peu à peu conscience de son apparence et de la nouvelle image qu’elle lui confère. Le tout grâce à une finesse d’écriture, rendant le cheminement intérieur d’Hugo incroyablement juste et touchant.
Beaucoup de choses sont ainsi exprimées par jeux de regard, des silences explicites ou des conversations d’apparence anodines, mais qui en disent toujours énormément sur les personnages et la nature de leurs relations. A l’image de Queen, la petite amie d’Hugo, perçue d’abord positivement pour ses qualités plastiques, avant que ses manières de cagole ne finissent par exaspérer la bande de petits bobos que son copain cherche tant à intégrer.
Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan (2025)
1 h 42 min. Sortie : 19 mars 2025. Comédie dramatique
Film de Ken Scott
Alfred Tordu a mis 3/10.
Annotation :
C’est le film le plus validiste que j’ai jamais vu alors qu’il date de 2025 bordel ! Rendez-vous compte, cette daronne ne peut tellement pas accepter l’handicap de son fils, qu’elle lui vole littéralement les sept premières années de sa vie, pour un traitement bancal, qui n’aura pas plus de résultats qu’un vrai appareillage et ne fera jamais disparaître une infirmité qu’il devra dissimuler pour le restant de ses jours.
Y a rien qui va et pourtant le film lui donne raison. Les souffrances du fiston sont traitées à la rigolade et même si la daronne est régulièrement moquée pour ses excentricités, le réalisateur la présente malgré tout comme une mère aimante, s’étant dressée contre un système éducatif trop rigide, afin d’offrir à son enfant une bien meilleure vie que celle qui lui était destinée. Alors que d’une, rien ne nous dit qu’il n’aurait pas pu vivre la même chose avec un appareillage et de deux, le jeu en valait-il vraiment la chandelle ?
Même à l’âge adulte, la madone ne lâche pas son bambin. Sauf que là encore, on va la dépeindre comme collante mais, toujours là pour son fils à qui elle aura apporter beaucoup plus de bien que de mal. Mais c’est facile de retenir après coup le positif, en ignorant toutes les problématiques engendrées par une relation aussi toxique.
Désolé mais comme cette fable repose exclusivement sur notre empathie pour la madre, vous comprendrez que ça n’a pas fonctionner sur moi. Reste la bonne tenue du casting, Leila Bekti en tête, même si elle m’a semblé tombé un peu plus dans le stéréotype de la mamie pied noir, à chaque couche de maquillage supplémentaire. Et ne parlons pas de cette tentative désastreuse de de-aging sur Sylvie Vartan. Le résultat est aussi probant sur dans Rogue One.
Marty Supreme (2025)
2 h 29 min. Sortie : 18 février 2026 (France). Drame, Biopic, Sport
Film de Josh Safdie
Alfred Tordu a mis 8/10.
Annotation :
Encore un film qui n’a rien à voir avec sa bande-annonce, à croire qu’ils le font exprès ! J’imagine ceux qui viennent voir un biopic à oscars avec l’acteur hype du moment et tombe sur ce thriller anxiogène, enterrant définitivement le mythe du rêve américain et de sa méritocratie.
Ce con de Chamalet n’a pas à se forcer pour incarner un jeune rookie encore plus mégalo que lui; et c’est un plaisir de voir cet avorton s’en prendre plein la gueule durant tout le film. Marty Reisman a très vite compris que son talent ne suffirait pas à lancer sa carrière et en bon self-made man individualiste, il est prêt à toutes les bassesses possibles pour réaliser son rêve, oubliant que son “ascension sociale” ne repose que sur des fondations bancales, susceptibles de s’effondrer au moindre coup de vent. A l’image de cette baignoire, dont Marty néglige la fragilité et finissant par s’écrouler sous le poids de sa vanité.
Josh Safdie continue d’affiner son style : Image crade, caméra épaule et plans serrés sur des comédiens à l’énergie débordante ; le tout porté par un montage effréné mais toujours parfaitement lisible. Si le réalisateur sait mettre en valeur les diatribes de Marty toujours prêt à embobiner son auditoire, la nervosité de sa mise en scène illustre surtout la perte de contrôle de son anti-héros, se retrouvant dépasser par un chaos qu’il a lui-même engendré.
L’histoire nous trimballe de surprises en surprises, enchaînant les rebondissements et les péripéties ubuesques, tout en restant d’une cohérence à toute épreuve. Ca en devient jouissif de voir comment chaque détail du script, chaque petit problème négligé par Marty, finit irrémédiablement par se retourner contre lui. Obligeant le rookie à reconnaître qu’il n’a aucune carte en mains, ravaler sa fierté et ramper vers ses mécènes, les seuls à pouvoir lui assurer une carrière.
Teddy (2020)
1 h 28 min. Sortie : 30 juin 2021. Comédie dramatique, Fantastique, Épouvante-Horreur
Film de Ludovic Boukherma et Zoran Boukherma
Alfred Tordu a mis 5/10.
Annotation :
Heureusement qu’Anthony Bajon et Noemie Lvovsky sont là, parce que pour ce qui est des rôles secondaires, on est sur ce niveau d’acting https://www.youtube.com/watch?v=Izcg1R49tXY
Et pourtant, le mauvais jeu des acteurs participe complètement à l’humour très décalé du long-métrage. J’avoue m’être vraiment bien marré devant Teddy, même si je ne suis pas sûr que c’était toujours le but recherché.
Plus le film avance, plus il semble se prendre au sérieux. Espérant sincèrement nous faire frissonner avec la transformation de son héros et nous émouvoir par sa fin tragique. Alors que, soyons honnêtes. L’ambiance horrifique ne prend pas du tout et fait plus sourire qu’autre chose. C’est couillu de vouloir immiscer de l’horreur dans un cadre aussi inapproprié que celui-ci, mais il ne suffit pas de plonger ses plans dans la pénombre et de foutre une random musique effrayante trouvée sur une bande libre de droits pour créer une atmosphère. C’est tellement fait avec de gros sabots qu’on ne peut pas y croire une seconde.
Les Zoukerman n’ont clairement ni le talent, ni les moyens de leurs ambitions. Et c’est peut-être ce qui rend leur projet si attachant. Un peu comme ces courts-métrages d’étudiants amateurs dont on perçoit le potentiel, malgré leurs défauts.
Dumb & Dumber (1994)
Dumb and Dumber
1 h 47 min. Sortie : 14 juin 1995 (France). Comédie
Film de Peter Farrelly et Bobby Farrelly
Alfred Tordu a mis 3/10.
Annotation :
J’ai eu l’impression de voir une version foireuse de La Tour Infernale de Montparnasse, alors que c’est justement ce film qui a inspiré la comédie culte d’Eric et Ramzy (ainsi que le reste de leur carrière).
Pourtant le film est trois fois trop long, ses quelques bons gags se comptent sur les doigts d’une main et le duo d’abrutis ne fonctionne pas vraiment. Jeff Daniels n’est pas du tout à l’aise dans ce registre et il n’a aucune complicité avec son partenaire Jim Carrey (qu’on a connu beaucoup plus extravagant et inventif ailleurs).
A noter que les Farrelly ont insisté pour porter eux-mêmes leur script à l’écran, sans avoir aucune connaissance dans la réalisation. D’où un résultat suintant l’amateurisme, avec son rythme boiteux, sa mise en scène inexistante et ses multiples faux raccords. Mais paradoxalement, cela lui confère aussi une certaine fraîcheur, au même titre que son humour régressif, encore inédit pour l’époque. Je comprends les raisons de son succès, sauf que pour une fois, j’avoue préférer les copies à la version d’origine.
Le Grinch (2000)
Dr. Seuss' How the Grinch Stole Christmas
1 h 44 min. Sortie : 6 décembre 2000 (France). Comédie, Fantastique, Jeunesse
Film de Ron Howard
Alfred Tordu a mis 6/10.
Annotation :
Un gentil conte de Noël anti-consumériste qui laisse le champ libre à Jim Carrey pour un quasi one man show d’anthologie. Malgré son imposant maquillage, le comédien reste d’une remarquable expressivité et son interprétation donne du relief à un personnage plutôt sommaire, à l’image du scénario. Ceci dit, la musique, la somptueuse DA et quelques partis pris de réa à la Terry Gilliam ; apportent un charme particulier à ce divertissement familial qui régalera tous ceux ayant conservé leur âme d’enfant des années 2000.
La Femme la plus riche du monde (2025)
2 h 02 min. Sortie : 29 octobre 2025. Comédie dramatique
Film de Thierry Klifa
Alfred Tordu a mis 3/10.
Annotation :
On tient notre House of Gucci français avec cette embrouille familiale de richous, à l“académisme ronflant et au point de vue inexistant.
J“ai été plus ému devant la série Netflix sur l“affaire Betancourt. Elle au moins, faisait le choix de se concentrer sur le délitement d’une femme de pouvoir, victime de démence comme tant d’autres femmes de son âge, et dont le généreux patrimoine, loin de l’avoir préserver de la maladie, lui aura surtout attiré la convoitise de tous les charognards possibles.
A contrario, il sera très peu question de la maladie dans le film de Thierry Klifa, reléguée au rang de simple hypothèse. Dès lors, on se demande ce qu’il veut bien nous raconter. Peut-être la bouffé d’air frais que représente l’irrévérence d’un photographe homosexuel pour une vielle milliardaire enfermée dans son confort bourgeois depuis toujours, au point de le chérir, plus que sa propre famille, même en sachant pertinemment que la relation n’est pas désintéressée. En somme, une version misanthrope d’Intouchables.
Or, le personnage de Fantin est tellement insupportable agaçant qu’on ne saisis vraiment pas ce que mamie zinzin peut bien lui trouver. Et cela n’est franchement pas aidé par le jeu exubérant (pour ne pas dire caricatural) de Laurent Laffite. Le film n’étant en plus pas très bien écrit et spécialement bien réalisé ; on ne ressent jamais vraiment la progression de cette relation et ses conséquences de plus en plus désastreuses pour la matriarche. D’où une énorme apathie pour les personnages et leur devenir.
The Bride! (2026)
2 h 06 min. Sortie : 4 mars 2026 (France). Drame, Fantastique, Romance
Film de Maggie Gyllenhaal
Alfred Tordu a mis 3/10.
Annotation :
Encore un film d’horreur arty se contentant de régurgiter ses références stylistiques et de tout miser sur son propos politique, au détriment de ses personnages, de son histoire ou de sa dramaturgie. Mais cette fois, le public ne s’est pas laissé avoir. En même temps, qui pourrait trouver son compte devant un étron aussi criard et prétentieux ?
N’en déplaise à Maggie Gyllenhaal, il ne suffit pas de faire beugler ses personnages comme des veaux pour en faire des marginaux iconiques et touchants. Ni d’intégrer le fantôme de Marry Shelley au récit pour instaurer un dialogue entre le film et l’origine de sa mythologie.
The Bride a tout du film de poseur, dont les excentricités formelles comme scénaristiques, font office de cache misère pour une histoire finalement convenue et prévisible.
La Personne aux deux personnes (2008)
1 h 27 min. Sortie : 18 juin 2008. Comédie, Fantastique, Musique
Film de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine
Alfred Tordu a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Nicolas et Bruno exploitent leur concept farfelu à son plein potentiel, tout en rendant touchante la quête d’identité de ce salaryman et ce, sans jamais prendre leur histoire trop au sérieux ou tomber dans le pathos comme bon nombre de comédies françaises.
Les réactions de Chabat sont à chaque fois hilarantes. Il a toujours le ton et la phrase justes pour commenter avec ironie l’incongruité de sa situation. On s’identifie donc pleinement à sa détresse et au regard narcois qu’il porte sur la terne vie de son comparse.
Le tandem entre ce musicien libre à l’assurance démesurée et ce timide employé à l’esprit étriqué, fonctionne du feu de dieu et c’est un plaisir de voir Auteuil laisser peu à peu s’exprimer la personne qu’il a toujours eu au fond lui, mais qui n’avait jamais pu éclore dans la froideur déshumanisante de son entreprise.
Le Menu (2022)
The Menu
1 h 46 min. Sortie : 23 novembre 2022 (France). Drame, Thriller, Comédie
Film de Mark Mylod
Alfred Tordu a mis 6/10.
Annotation :
Ne sachant rien sur le déroulé du film, j’ai été agréablement surpris de voir cette satire à la Ruben Oslund, réunissant tous les profils de bourges amateurs d’expériences artistiques onéreuses ; basculer progressivement vers le thriller horrifique. Chaque chapitre du menu visant à pointer une dérive de la création culinaire (et du monde de l’art en général), afin de questionner en sous texte la responsabilité de chacun dans ce dévoiement.
Je trouve le propos assez juste par certains endroits, voyant dans ces plats hyper conceptuels, tous ces films de genre arty encensés pour leurs intentions auteurisantes, et non pour les émotions brutes qu’ils sont incapables de véhiculer. Mais je trouve tout de même cela un peu démago. C’est facile d’opposer la bouffe sophistiquée au bon vieux cheeseburger dégoulinant de gras, comme si il n’y avait rien entre les deux et que toute recherche d’innovation, aboutissait forcément à des œuvres sans âmes, destinées à une élite d’initiées.
Le film reste néanmoins suffisamment drôle, prenant et bien écrit pour valoir le coup d’œil, en plus d’offrir un rôle en or à Anya-Taylor Joy et Ralph Fiennes.
Alter Ego (2025)
1 h 44 min. Sortie : 4 mars 2026. Comédie
Film de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine
Alfred Tordu a mis 7/10.
Annotation :
Deuxième film du Cogip Cinematic Universe, dans lequel l’entreprise s’adapte à l’ère des open spaces et de leur horizontalité de façade. On a beau abattre les murs des bureaux, la concurrence entre les employés elle demeure et peut même s’amplifier, à force d’observer son voisin toute la journée et de le voir réussir là où l’on a toujours échoué.
L’histoire d’Alex en est l’illustration la plus littérale. Lui qui s’était habitué à sa petite vie de salaryman, voit démarquer en face de sa maison un certain Axel, son sosie en tous points, mais avec toujours un petit quelque chose de plus par rapport à son double. Un concept tout con que Nicolas et Bruno gèrent parfaitement sur la longueur, en montant peu à peu l’absurdité des situations jusqu’à un final jubilatoire.
On regrettera peut-être une mise en place un poil longuette, ainsi qu’une intrigue un peu plan-plan qui s’accélère subitement au dernier tiers et se finit en queue de poisson par un cliffanger hilarant, mais qui m’a laissé sur ma faim. Ça n’en reste pas moins une des meilleures comédies françaises de ces dernières années. Laffite se donne tellement bien la réplique, qu’on en oublierait presque que c’est le même acteur qui joue les deux rôles principaux.
Jumpers (2026)
Hoppers
1 h 45 min. Sortie : 4 mars 2026 (France). Animation, Aventure, Comédie
Long-métrage d'animation de Daniel Chong
Alfred Tordu a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Encore une création originale de Pixar sabotée par la promo catastrophique de Disney. On commence à y être habitué, sauf que contrairement à Elio, celui-ci vaut vraiment le coup d’œil.
Les problèmes narratifs du film sont dus au choix de faire tenir l’histoire sur deux petits jours, alors qu’il lui aurait fallut beaucoup plus de temps pour poser son univers et développer correctement ses personnages. Résultat, bon nombre d’éléments sont ainsi vite expédiés à coup de longs dialogues explicatifs, ce qui est particulièrement dommageable, surtout pour l’évolution de Mabel et sa première prise de conscience, bien trop mal amenée pour nous toucher.
Heureusement, le film ne perd jamais de vue son propos de fond. J’en ai vu certains lui reprocher un manque de radicalité dans son positionnement écolo, mais le message ne porte pas tant sur l’écologie que sur le vivre ensemble.
Les personnages de Jumpers sont dans un dialogue de sourd permanent. Ils ne s’écoutent pas et n’ont aucune considération envers leurs opposants. Cela vaut autant pour Jerry, ne voyant les animaux que comme des obstacles à la réussite de sa rocade ; pour Mabel qui fait de leur défense une affaire personnelle et les utilise sans respecter leur point de vue ; ou pour les souverains du règne animal qui rentrent immédiatement dans une guerre génocidaire contre l’espèce humaine.
On comprend alors mieux la double animation des animaux, bestialisés quand ils sont vus par des humains et humanisés lorsque les deux espèces parviennent à communiquer. L’objectif étant le même que dans Frères des Ours, qui utilisait également cette double animation : dépasser la vision primaire de l’autre, le considérer comme un égal et respecter ses besoins pour vivre en harmonie avec lui.
Cela peut sembler naïf dit comme ça, mais dans une époque aussi conflictuelle que la nôtre, ça fait du bien de tomber sur un film entièrement pacifiste, qui plus est lorsque son message prend corps au sein d’une désopilante aventure, fourmillant de péripéties ubuesques et de scènes d’action à couper le souffle.
Jumpers est loin du film fade que vous décrivent les critiques. Il porte l’humour et l’excentricité créative de son réalisateur Daniel Chong (papa de la série We Bare Bears) et n’a rien à envier au Robot Sauvage qu’il surpasse d’ailleurs sur tous les plans.
Projet dernière chance (2026)
Project Hail Mary
2 h 36 min. Sortie : 18 mars 2026 (France). Aventure, Drame, Science-fiction
Film de Phil Lord et Christopher Miller
Alfred Tordu a mis 8/10.
Annotation :
Projet Dernière Chance est clairement le bon cheeseburger vantait par Le Menu de Mark Mylod. A contre-courant de tous les films de genre ricains d’aujourd’hui, ne croyant plus en ce qu’ils racontent et reposant entièrement sur du fan-service, des effets de style putassiers ou des intentions auteurisantes.
Phil Lord et Chris Miller eux, croient à fond en leur histoire, aussi simple et prévisible qu’elle puisse être. Et pour lui donner toute sa consistance, ils font ce que la concurrence ne s’autorise plus : prendre le temps nécessaire pour développer leur récit et ses personnages.
C’est parce qu’on prend le temps de faire connaissance avec notre astronaute amnésique, seul au milieu du vide spatial et se remémorant au compte goutte les moments de sa vie sur terre; que l’on rentre en empathie pour sa personne. C’est parce que l’on détaille minutieusement toutes les étapes de sa relation avec l’extraterrestre Rocky ; du premier contact laborieux au sacrifice mutuel, en passant par le stress de la découverte et les moyens de communication s’affinant fil du temps ; qu’on s’attache follement à cette improbable bromance que rien dans la promotion ne laissait présager.
Idem pour la mise en scène qui prend le temps d’instaurer une ambiance et de faire vivre ses situations à l’écran, bien aidé par la belle photographie de Greg Fraiser, ainsi que la sublime musique de Daniel Pemberton, contribuant énormément à la portée émotionnelle du film. Les décors et les effets spéciaux ne sont pas non plus en reste, apportant de la crédibilité à l’univers et prouvant aux gros studios que l’on peut utiliser à bon escient, leur fameux décor numérique tournant sur 360°.
Pas besoin de créer artificiellement du conflit ou des scènes d’action abracadabrantes pour captiver le public. Ici, Lord et Miller mettent tous les moyens d’un blockbuster au service d’un huis clos intimiste, ce qui représente une sacrée anomalie dans le Hollywood de 2026. Alors que même les gros films à grand spectacle ne tournent qu’une poignée de plans en Imax, ici ce sont TOUTES les séquences dans l’espace qui sont tournées ainsi, quand bien même le film ne compte qu’une seule scène d’action en tout et pour tout.
C’est ce soin si minutieux accordé à tous les aspects du long-métrage qui fait du Projet Dernière Chance, un Buddy-Movie drôle et émouvant comme on en avait plus revu depuis longtemps.
Punishment Park (1971)
1 h 31 min. Sortie : 4 juillet 2007 (France). Drame, Thriller, Science-fiction
Film de Peter Watkins
Alfred Tordu a mis 5/10.
Annotation :
Film d’anticipation dystopique tourné comme un faux documentaire, mais avec de vrais militants (conservateurs ou révolutionnaires) dans leurs propres rôles.
Punishment Park est le témoin des tensions sociétales qui traversait les États-Unis à l’aube des années 70, entre les émeutes raciales, la chasse aux communistes, la guerre du Vietnam et toutes les violentes répressions policières ou étatiques qui en découlèrent.
L’authenticité du casting donne de la crédibilité aux échanges entre les personnages, majoritairement improvisés sur le tournage. En revanche, certaines représentations m’ont parut ridiculement caricaturales, à l’image de ces flics débiles, obsédés par les armes à feu et justifiant toutes leurs bavures avec une mauvaise fois absolue. C’est peut-être là, la limite du dispositif. Il offre un terrain de jeu tellement plaisant à ces militants, qu’ils peuvent avoir envie de performer leurs rôles, au point d’aller dans des extrêmes qu’ils n’auraient pas empruntés en temps normal. Loin de moi l’idée de nier les violences policières. Mais je préfère les voir aborder de manière plus matérialistes, comme dans le récent Dossier 137.
Pour le reste, le montage non linéaire, alternant constamment scènes de procès, interviews des activistes et séquences au Punishment Park ; apporte peut-être du dynamisme à la narration, mais la rend surtout très chaotique. Il n’est pas toujours évident de suivre ce flot aléatoire de discours complexes et animés, surtout sur une durée aussi courte.
Enfin, connaissant un peu le taff de Peter Watkins, je m’étonne que l’aspect faux documentaire, ne débouche pas sur une critique des médias et du traitement partiel de l’information, ce qui sera visiblement plus le cas dans son film suivant consacré à La Commune.
Knock (1951)
1 h 38 min. Sortie : 21 mars 1951. Comédie
Film de Guy Lefranc
Alfred Tordu a mis 4/10.
Annotation :
On peut pas trouver meilleur exemple pour illustrer la notion de théâtre filmé. Dommage car à travers ce toubib charlatan transformant sa noble profession en business lucratif, l’histoire interroge notre rapport à ces figures d’autorité, auxquelles on se réfère naturellement, sans questionner la légitimité de leur statut. Knock faisant ainsi figure de faux prophète, asservissant ses adeptes par des injonctions médicales arbitraires. Hélas, la mise en scène plan-plan et l’interprétation poussive, ruinent tout le potentiel comique et émotionnel de la pièce originale. Les comédiens veulent tellement déclamer leurs lignes avec intensité, qu’ils en oublient de vivre la situation comme si ils y étaient. Résultat, non seulement on s’emmerde, mais en plus tout sonne faux, donc on ne croit à rien.
The Drama (2026)
1 h 45 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Drame, Romance
Film de Kristoffer Borgli
Alfred Tordu a mis 7/10.
Annotation :
Je vous conseille de ne pas lire mon avis avant d’avoir vu le film. Il serait dommage de vous gâcher la révélation tant teasée par la bande-annonce.
C’était clairement le meilleur secret à refiler au personnage de Zendaya. A la fois suffisamment compréhensible pour ne pas condamnée trop sévèrement la future mariée, mais assez grave pour comprendre les réactions horrifiées de son entourage.
Car si l’on peut pardonner à une ado harcelée et mal dans sa peau d’avoir pu SONGER à commettre une tuerie de masse dans son collège. On peut entendre que cela ne laisse pas ses proches indifférents, au point de remettre en question l’image qu’ils avaient jusqu’ici de leur amie. A l’instar du futur époux qui, piégé par l’échéance de son mariage, essaye de boucler les préparatifs comme si de rien n’était, alors que le passé de Zendaya ne cesse de parasiter ses pensées. A ce titre, le montage exprime très bien les angoisses du personnage, avec ces images délirantes surgissant sans crier gare, prêtant toujours les plus sombres intentions à son amoureuse et imaginant toujours le pire pour la suite de leur relation.
Comme pour Jumpers, j’en vois certains lui reprocher de ne pas traiter ce qui n’est pourtant pas son sujet, à savoir les tueries dans les écoles ricaines. “ Le Drama” du film n’est pas dans ce projet d’attentat avorté, mais dans ce qu’il a fissuré chez le jeune couple et qui finira par tomber en morceau le jour du mariage. Morceaux que tenteront de recoller les deux amants, en repartant sur de nouvelles bases qu’ils savent pourtant tout aussi fausses que les précédentes. Comme si la réussite d’une relation amoureuse impliquait nécessairement une part de secrets et de faux semblants.
Une vision très amère du couple que je suis loin de partager. Pattinson ferait mieux d’accepter une bonne fois pour toute le passé de sa promise, et se demander si il peut faire confiance quelle est devenue depuis et pour qui il est sincèrement tombé amoureux. Mais force est de constater que ce propos s’incarne parfaitement, et avec une étonnante légèreté dans cette comédie acide, très bien écrite et interprétée.
La Meilleure Façon de marcher (1976)
1 h 22 min. Sortie : 3 mars 1976. Drame, Romance
Film de Claude Miller
Alfred Tordu a mis 8/10.
Annotation :
Jamais je n’ai vu une représentation aussi juste du harcèlement scolaire. Que ce soit celui perpétré sur ce pauvre Raoul, cliché du gringalet chétif sans caractère ; ou celui plus sournois de Marc à l’encontre de Philippe, le fils du directeur dont il a découvert l’inavouable secret. Et c’est d’autant plus remarquable que ce ne sont pas les enfants de la colonie, mais leurs moniteurs, figures d’autorité, qui reproduisent ici ces mécaniques d’harcèlements infantiles.
La tension du long-métrage repose sur le caractère insaisissable de Marc et de sa relation ambiguë avec Philippe. Bien aidé par la jovialité de Patrick Dewaere, le personnage semble si sympathique que, tout comme Marc, nous avons du mal à distinguer la taquinerie amicale de l’humiliation ou autres menaces indirectes. C’est un harcèlement qui ne dit pas son nom, où le bourreau fait mine d’être copain avec son souffre douleur, tout en lui rappelant qu’il peut détruire sa vie à n’importe quel moment ; obligeant la victime à vivre constamment dans la peur d’hypothétiques représailles.
Claude Miller est décidément le roi des récits intimistes, dans lesquels rien n’est clairement explicité, mais où tout se devine par sous-entendus, jeux de regard et non-dits entre les protagonistes. Son style colle à merveille à cette sournoise relation toxique, comme aux tabous sociétaux qui la sous-tendent.
Mortelle randonnée (1983)
2 h. Sortie : 9 mars 1983 (France). Drame, Thriller, Road movie
Film de Claude Miller
Alfred Tordu a mis 6/10.
Annotation :
On peine à reconnaître le style de Claude Miller dans la quête identitaire de cette orpheline tueuse, rebootant indéfiniment sa vie aux quatre coins du globe, et poursuivie par un détective dépressif, qui projette sur elle le souvenir de sa fille disparue. J’y retrouve un peu les défauts habituels de Jacques Audiard (scénariste du film) : un postulat intéressant, gâché par un récit longuet et une fin brutale, dont on ressort en se demandant si tout cela valait bien la peine d’être raconté.
Mais il y a quand même quelque chose d’émouvant à voir ce pauvre homme suivre Adjani jusqu'au bout du monde, jouant le père protecteur d’une fille qu’il sait pourtant ne pas être la sienne, et qu’il se contentera d’observer de loin, sans presque jamais influer sur le cours de son existence. Surtout quand on sait que Serrault avait lui-même perdu son enfant peu de temps avant le tournage, tout comme le père Audiard (dialoguiste du film). Chaque réplique du personnage porte en elle la souffrance réelle de son auteur.
Que ce soit l’orpheline privé de modèle parental ou le père privé d’un enfant à aimer, les deux personnages ne font que fuir une réalité qui leur ait insupportable, apportant ainsi une dimension tragique à la vacuité de leur road trip. C’est ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas malgré la redondance du scénario et ses nombreuses digressions pas toujours très utiles. Ça et la mise en scène de Miller, insufflant une ambiance presque onirique au long-métrage.
Good Luck Have Fun Don't Die (2025)
2 h 14 min. Sortie : 15 avril 2026 (France). Aventure, Comédie, Science-fiction
Film de Gore Verbinski
Alfred Tordu a mis 5/10.
Annotation :
Le film démarre très mal avec son armée de jeunes littéralement zombifiés par leurs téléphones. Autant je peux adhérer à des délires de boomers si ils sont justement assez délirants, mais quand la blague ne repose que sur l’idée reçue que la gen Z serait lobotomisée par les écrans, difficile d’y rigoler en ayant moins de 65 ans. Et même si la suite tournera davantage en dérision notre servitude volontaire au confort faussement idyllique de la technologie, la critique reste en surface, met un peu tout dans le même panier et ne se défait jamais de ce mépris générationnel exécrable.
Pour le reste, on est sur une bonne série B plutôt bien foutue. Le film est assez généreux en péripéties et son faible budget ne se fait pas trop sentir, même si il paraît un peu limité dans ses scènes d’action qui ne sont jamais particulièrement prenantes ou bien filmées. Malgré la bonne tenue du film, on sent qu’il aurait pu aller beaucoup plus loin dans son délire, comme dans sa mise en scène.
Finalement, ses meilleurs moments seront plutôt les segments annexes, écrits comme des épisodes de Black Mirror et visant à présenter individuellement les personnages de l’équipe. D’ailleurs le deuxième segment reprend trait pour trait un concept de Black Mirror, en le mêlant à la thématique des school shooting qui est décidément un fléau beaucoup plus récurrent que je ne l’aurais cru.
Verbinski fait donc son retour par la petite porte avec ce petit film de genre divertissant mais oubliable, surtout si on le compare à d’autres comédies SF sur le même sujet.
Les Rayons et les Ombres (2026)
3 h 15 min. Sortie : 18 mars 2026. Drame, Historique, Biopic
Film de Xavier Giannoli
Alfred Tordu a mis 5/10.
Annotation :
Dans la lignée d’Illusions Perdues, Giannoli livre une nouvelle fresque historique bavarde et académique, heureusement rattrapée par l’efficacité de son montage, de sa narration et de son excellent casting.
Le réalisateur traite son collabo comme une victime indirecte de l’occupation allemande. Un bourgeois sans conviction qui, au nom d’un pacifisme convenu, fait le choix de servir l’occupant pour continuer sa petite vie de privilégié. Se retrouvant malgré lui complice d’une politique qui le débecte, mais avec laquelle il est obligé de dealer chaque jour pour sa survie et celle de son entourage.
Le film utilise ainsi la maladie de Luchaire (atteint de tuberculose) comme le reflet de sa corruption morale. Un mal qui le ronge de l’intérieur et l’empêche de profiter pleinement des nombreux avantages offerts par le régime nazi. Mais ces rappels constants à la maladie servent surtout à renforcer notre empathie pour le traître, comme pour sa fille Corinne, dont on sera également enclin à excuser la collaboration passive du fait de son jeune âge et de sa vie de privilégiée, l’empêchant de voir les horreurs de l’occupation.
Aussi, il n’est pas étonnant que le long-métrage fasse autant polémique. Non seulement Giannoli transforme les Luchaire en victimes du nazisme, mais en plus, il omet soigneusement leur responsabilité dans cette collaboration avec l’ennemi. Car contrairement à ce que laisse entendre le film, ils n’ont pas été condamnés pour s’être compromis, mais pour les funestes conséquences de leurs actes. Conséquences qui ne seront jamais traitées au sein du récit.
Et le choix du réalisateur est encore plus discutable lorsqu’on s’intéresse au vrai Jean Luchaire qui, si l’on en croit les historiens, ne s’est pas contenté de cautionner passivement la politique des nazis, mais aurait activement participé à sa promotion. Vers la fin du régime, il en serait même devenu l’un de ses plus farouches adeptes, au même titre que “les ”mauvais” collabos idéologues Céline et Doriot que l’on aperçoit dans le film. Ok, je ne suis pas opposé à ce qu’on transforme un personnage historique à des fins narratives, mais pourquoi le prendre lui si c’était pour s’intéresser à un tout autre type de collabo ? Et si il n’y avait vraiment aucun autre exemple sous la main, alors on peut s’interroger sur la pertinence de ce traitement.
Yellow Letters (2025)
Gelbe Briefe
2 h 09 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Drame
Film de İlker Çatak
Alfred Tordu a mis 5/10.
Annotation :
Avec son couple d’artistes engagés voyant leur position sociale menacée par l’arrivée d’un régime autoritaire, le film de Ilkler Catak offre un parfait complément à celui de Giannoli sur la collaboration française. Yellow Letters met ainsi en évidence la censure insidieuse que peut exercer un État contre le monde du spectacle et de l’éducation national, ainsi que le prix à payer pour ceux qui choisissent de rester fidèle à leurs idéaux, rendant alors très compréhensibles la tentation de se compromettre avec le pouvoir pour garder la tête hors de l’eau. C’est un peu l’antithèse des Rayons et des Ombres. Plus pertinent sur le fond mais beaucoup moins intéressant sur la forme. Soit un film à thèse plan-plan et affreusement longuet que l’on suit plus pour son sujet que pour le sort de ses personnages.
Dream Scenario (2023)
1 h 41 min. Sortie : 27 décembre 2023 (France). Comédie, Fantastique
Film de Kristoffer Borgli
Alfred Tordu a mis 6/10.
Annotation :
Imaginez que le monde entier se mette à rêver toutes les nuits du même vieux gars insignifiant ? Un postulat digne d’un film de Quentin Dupieux, que le norvégien Kristoffer Borgli utilise ici pour aborder les aléas de la notoriété médiatique.
Évidemment, ce simple prof d’université qui n’a jamais été reconnu pour son travail, accueille à bras ouverts cette soudaine notoriété et espère bien en tirer profit. Il en va de même pour cette agence de communication dirigée par Michael Cera, voyant là une occasion en or pour vendre du Sprite à toute la planète, en investissant directement le subconscient de leurs consommateurs. Mais bien sûr, ce n’est pas vraiment Paul que les gens voient dans leurs rêves, plutôt une projection de sa personne, qui varie d’ailleurs énormément selon la manière dont il se voit : Inactif lorsqu il se trouve inexistant ; attirant quand il est reconnu par le monde entier ; repoussant après avoir échoué à réaliser le rêve d’une admiratrice.
Comme Zendaya dans The Drama, le problème ne vient pas du personnage, mais de ce que les autres projettent sur lui. Paul devenant objet de tous les fantasmes. A l’image de cette admiratrice rêvant toutes les nuits d’une nuit torride avec le professeur, ce que ce vieil éjaculateur précoce sera incapable de lui offrir. Puis vient le moment où Paul se transforme en objet de cauchemars ; devenant du jour au lendemain, un pestiféré haie de tous.
Le parallèle avec la cancel culture est assez explicite et c’est à partir de là que le film me perd. Car dans les faits, le scénar prend le parti de son héros, en le présentant comme la pauvre victime d’une masse uniforme qui encense et cancel le premier venu, juste parce qu’ils prennent littéralement leurs rêves pour la réalité. Une vision presque exclusivement partagée par des gens ayant vraiment commis des actes répréhensibles, ou des chouineurs ayant subis une shitstorm pendant 2, 3 semaines, avant de reprendre leurs carrières comme si de rien n’était. Il y a un vrai sujet sur la distorsion du réel et l’emballement médiatique qu’elle engendre ; mais Borgli préfère réduire le problème à l’idée reçue selon laquelle la vindicte populaire détruirait injustement des carrières.
Le réal n’a presque rien à dire sur la cancel culture et pourtant celle-ci prend une place démesurée. Résultat les scènes se répètent et le film s’enlise dans un ventre mou, avant de s’achever sur un épilogue certes cohérent avec le cheminement de Paul, mais pas spécialement mémorable.































