Films vus en 2026
2026 l'année du chaos, je sens qu'il va y avoir encore moins de films tristement cette année ci. Puisse cette liste me motiver à continuer de découvrir de nouvelles facettes du septième art !
L'Affaire Bojarski (2025)
2 h 08 min. Sortie : 14 janvier 2026. Drame, Biopic
Film de Jean-Paul Salomé
Tomega a mis 2/10.
Annotation :
Pas d'accrochage du tout pour moi avec ce film de faussaire. Parce que c'est un thème assez éculé dans le cinéma déjà, le très bon film de Spielberg déjà pose un standard assez élevé pour disqualifier la concurrence. Et surtout à cause d'une myriade de détails qui pourraient paraître comme insignifiant pour le spectateur moyen mais qui me font réaliser que je suis vraiment intransigeant en terme de cinéma. Pour commencer par le plus insignifiant, le fait qu'on voit bien que l'acteur principal ne parle absolument pas polonais, qu'il parle avec un faux accent au début mis en valeur par son ami qui lui a un véritable accent. J'apprécie l'idée de lui faire perdre son accent après quelques années en France, mais pourquoi ne pas avoir directement pris un vrai polonais quitte à prendre un acteur non professionnel plutôt qu'une sûrement déjà superstar française ? Personne ne prononce les villes de son pays d'origine avec l'accent du pays actuel, ça n'existe pas, donc c'est stupide mais quand il dit Dantzig je sors du film. Quand tu veux présenter un récit, des personnages et une période historique "inspirées de faits réels" désolé mais ça demande une certaine exigence sur l'authenticité et les détails selon moi. Donc quand tu vois des scènes atroces, irréalistes, ultra spectaculaires et grandiloquentes comme celle où Bojarski parle directement à l'enquêteur, à qui il a parlé quelques jours avant au téléphone donc il est censé connaître sa voix, qu'il lui redit la même réplique que la veille, et qu'en plus il donne son vrai nom de famille à l'hôtel donc qu'il pourrait se faire retrouver ultra facilement quand le flic voit son portrait robot... Je ne me sens vraiment pas respecté en tant que spectateur. Comment tu veux que je crois à quoi que ce soit dans ton film quand tu ponds une scène qui crie à ce point à "ON EST DU CINÉMA, rien de ce qu'on montre n'est réel, on est là pour faire du spectacle qui fasse frémir le spectateur !". Minable et chute sous la moyenne obligatoire ! J'avais vraiment du mal à croire aux inventions anachroniques présentées dans le film mais bon, d'après une interview lue en ligne elles sont toutes réelles... Mais que croire quand le film fait autant d'écarts ? L'unique point positif pour sauver cette horreur c'est les acteurs - actrices qui effectivement sont vraiment très bons, justes et authentiques. Mais c'est bien la seule chose authentique et pertinente dans l'affaire Bojarski. Dommage car 2 petites scènes surnagent du lot et prouvent
La dialectique peut-elle casser des briques ? (1973)
1 h 26 min. Sortie : 8 mars 1973. Comédie, Expérimental, Arts martiaux
Film de René Viénet et Tu Kuang-Chi
Tomega a mis 6/10.
Annotation :
C’est assez fou de se retrouver à enfin regarder ce film cette année, dont le public cible est pour rappel les personnes curieuses des idées révolutionnaires du courant situationniste des années 70, également amatrices de nanars de kung fu au mixage son non restauré et à la qualité vidéo misérable. Autant dire que l’échantillon de spectateur potentiel est assez limité (malgré sa gratuité sur Youtube, une caractéristique essentielle pour garantir son accès au prolétariat), et en même temps pourquoi se priver ? Ce détournement est déjà forcément mieux que le film hong-kongais original, vu le comique fou qu’il insuffle à des dialogues et à une intrigue qui devaient être inintéressante au possible à la base. C’est d’ailleurs un vrai concept de prendre tel-quel un film totalement vide d’intrigue et d’essayer de lui faire dire quelque chose. Le The Clash original prouve que tous les hongkongais ne sont pas Tsui Hark, la caméra est statique sur chaque scène d’action, le rythme se traîne et les décors sont sous-exploités au maximum, inexistants, ça pourrait se passer sur des fonds blancs que ça ne changerait rien niveau ressenti. Heureusement donc qu’on rigole pas mal en écoutant les diatribes révolutionnaires parfois incluses de manière plutôt efficaces, dans un build-up par exemple où tous les combattants se préparent et un grand discours mondialiste est déclamé, ça rend très bien. Et ça rend aussi parfois moins bien quand c’est simplement des citations décontextualisées de livres, parfois littérales genre “Manuel édition Champs Libre Page 37”. On en vient à douter sur la véritable nature du film à l’époque, projet à volonté hyper intellectuelle de sensibilisation des masses à la littérature situationniste, ou alors vrai projet de cinéma destiné à véhiculer des idées et réflexions telles quelles ? J’ai l’impression que les idées “marxistes” (extrême-gauche égalitariste) de l’époque manquaient parfois de “vulgarisation” (les discours ressemblent parfois à “est-ce que tu as lu tel livre, est-ce que tu as lu tel auteur, pourquoi une volonté de boulimie culturelle, synthétise moi directement leurs propositions et idées). C’est l’impression que ça donne en 2026 en tout cas même si j’imagine que la culture a beaucoup bougé en 56 ans (maintenant c’est 67 sur Tiktok). Reste que La dialectique peut-elle casser des briques est un nanar globalement hyper fun et conceptuellement culte dont il est bon de connaître l’existence.
The Substance (2024)
2 h 20 min. Sortie : 6 novembre 2024 (France). Drame, Épouvante-Horreur
Film de Coralie Fargeat
Tomega a mis 9/10.
Annotation :
Alerte énorme coup de cœur. Je peux imaginer les critiques que les gens ont à faire à The Substance (évidemment tel un véritable journaliste je n’ai pas vérifié), mais là où certains parleront d’excès voir de vulgarité je parlerai d’une extrême et infinie générosité. L’érotisme du film fait partie de ces points abusés, mais comme il est confronté à la purulence et aux prothèses immondes les plus grotesques, j’ai envie de dire que la balance est respectée dans la volonté de montrer les aspects les plus lisses et putrides du corps humain. Dire que c’est justement cette imagerie érotique qui m’avait convaincu de regarder le premier film de la réalisatrice, si mon moi de 19 ans à son pic d’hormone était tombé sur le trailer de The Substance il aurait probablement fait un infarctus. J’aime d’ailleurs beaucoup le cynisme comique du film à ce sujet avec cette émission d’aérobic tellement décadente qu’on pourrait presque l’imaginer si le puritanisme n’était pas en train de faire son retour aux États-Unis et en France pays également grand parangon de la censure. J’ai adoré les thèmes de fond du film, on peut y voir plein de choses en fait même au-delà de la jeunesse, des exigences d’apparence et de la chirurgie esthétique. Car il y a du coup dans ce concept de double un vrai côté moi intérieur / moi social, qui reflète bien comme on peut être engagé dans une vie sociale mais en vérité être à l’intérieur un espèce d’aigri mangeur de carcasse de poulet dans une chambre calfeutrée. Et quoi de mieux pour offrir une métaphore aux possibilités d’appropriation vaste que du body horror et des fesses ? En plus du fond, la forme est absolument irréprochable. Je respecte tellement Coralie Fargeat et je la considère maintenant comme sûrement la réalisatrice francophone la plus déterminée. La séquence d’intro d’une simplicité et d’une efficacité redoutable, le sound-design ultra impactant et surdoué avec un violon tout le long d’un travelling vers le bas par exemple, pas un seul plan qui semble composé différemment qu’avec un dessin de storyboard sur-réfléchi et qui ne file pas la métaphore de l’échange de corps. C’est ça le cinéma que j’adore, un cinéma où chaque plan est une œuvre en soi et qui me libère une dopamine d’analyse technique dans le cerveau en plus de la dopamine de la scène en tant que telle. Un film leçon vers lequel revenir pour s’inspirer encore une fois. Et aux critiques qui disent que certaines des scènes sont “déjà vues”, surtout vu les influences assez évi
Huit et demi (1963)
Otto e mezzo
2 h 18 min. Sortie : 29 mai 1963 (France). Drame
Film de Federico Fellini
Tomega a mis 6/10.
Annotation :
Pas mal ce petit film finalement. Assez ambivalent : tantôt daté, tantôt grandiose et pionnier. Tantôt sincère, personnel et pertinent, tantôt autocentré, énervant et bruyant. Reste qu’il me paraît difficile de regarder Huit et demi sans passer par une myriade d'émotions, et n’est-ce pas ce pour quoi le cinéma a été conçu ? Le mise en scène du film est sûrement son point le plus remarquable, la cinématographie est dynamique, les mouvements de caméras foisonnent et sont bien composés, il y a une myriade de décors et de masse de figurants très bien mis en valeur, l’esthétique du projet flatte l’oeil et ce n’est pas étonnant que Tarantino ait repris la pureté du plan de danse et lui ai donné ses lettres de noblesse dans Pulp Fiction. J’aime pas mal des idées du film et leur concrétisation, le fait de faire un film sur la vieillesse extrêmement festif justement c’est original et fonctionnel, le rythme est globalement très bon, merci aux morceaux de musique classique, intemporelle, qui accompagnent beaucoup des scènes les plus marquantes. La myriade d’acteurs, très renommés de l’époque il me semble, font correctement le boulot. Ce qui fait que je n’ai pas non plus envie de porter le film aux nues c’est que autant je trouve qu’il met d’excellents thèmes et sujets sur le tapis (le rêve, la création et l’ambition artistique, la vieillesse, la tromperie, la morale et la censure), autant je n’étais que rarement convaincu par le traitement et la conclusion qu’en offre chaque scène. Dans tout son cinéma, il me semble que Fellini offre une portée plus psychologique, métaphorique, instinctive, mais pour qu’une séquence surréaliste soit intéressante encore faut-elle qu’elle résonne avec tout un chacun et qu’elle offre quelque chose de vraiment pertinent, fin, subtil, authentique. Et tout ce qui est présenté dans Huit et demi ne m’a pas non plus retourné la tête. Alors c’est sûrement un film important, pionnier, original, film somme de la carrière d’un grand metteur en scène du cinéma italien et par extension européen. Mais contrairement aux projets de Welles par exemple, qui eux aussi avaient ce grandiose, je m’y suis moins retrouvé niveau émotion.
Le Pensionnat des jeunes filles perverses (1973)
Kyōfu joshikōkō: bōkō rinchi kyōshitsu
1 h 28 min. Sortie : 10 décembre 1974 (France). Action, Érotique
Film de Norifumi Suzuki
Tomega a mis 6/10.
Annotation :
Mon visionnage aura été une expérience assez marquante par forcément par le film en tant que tel, bien que ce soit mon premier contact avec le courant des pink eiga qui représentent quand même un morceau d’histoire important de l’histoire cinématographique japonaise (et par extension, mondiale). Non, c’est plutôt la seule copie sur laquelle j’ai réussi à mettre la main qui a transformé l’expérience : une obscure version commentée par un conservateur de cinémathèque américaine. Et j’ai beau adorer les DVD et leurs bonus, j’avoue que je ne regarde quasiment jamais les making of ou même pire les versions commentées. Et c’est quelque chose d’assez unique de découvrir un film pour la première fois, particulièrement aussi niche et mystérieux, appartenant à un courant cinématographique atypique avec un discours complémentaire d’américain à la voix blasée par dessus. Une expérience qui vaut vraiment le coup, qui m’a remotivé à lire rapidement Pale Fire dont j’imagine le ressenti à la lecture similaire, et qui donne vraiment envie de faire un court ou long métrage autour de ce concept, celui du commentaire audio qui transforme l’expérience ! En attendant que j’ajoute ce concept sur ma liste à idées jamais concrétisées qui fait plus de 15 pages, je reviens rapidement sur le film en tant que tel. C’est vraiment le genre d’expérience à remettre dans son contexte, comme le dit le conservateur il faut imaginer la jeunesse aller voir ça et vibrer face à autant de subversion niveau message avec une satire critique des forces au pouvoir et niveau visuel avec du sexe et de la violence softs mais présentes. On imagine bien des cinémas très libérés comme ceux de Miike ou Sion possibles grâce à l’existence de ce genre de mouvements dans les années 70. Ca me rend curieux de voir un peu plus de films du genre, car même si c’est pas forcément l’éclate totale à voir de nos jours, ça reste agréable à regarder, surprenant et je sens que si les réalisateurs font preuve d’un peu plus de dérision (ce qui semble ne jamais être le cas pour Suzuki d’après le conservateur ??), ça peut être un vrai plaisir coupable à regarder.
Love & Pop (1998)
1 h 50 min. Sortie : 9 janvier 1998 (Japon). Drame
Film de Hideaki Anno
Tomega a mis 7/10.
Annotation :
Un projet chaotique et jusqu’au boutiste, un peu comme toutes les créations de Anno. Chaotique car le film offre deux parties assez distinctes, la première très frénétique autour du quotidien de ces quatres lycéennes produit de leur époque, époque d’une sexualité et d’un érotisme instrumentalisé, fantasmé et capitalisé (heureusement que c’est uniquement au Japon que c’est comme ça, haha ☺ Tout va bien en république de France). La seconde concentrée sur le parcours perturbant de l’une d’entre elles, confrontée à des situations d’une brutalité et d’une crudité que Larry Clark n’aurait pas renié, et quand on voit que les actrices avaient réellement 16 ans au moment du tournage ce n’est là que pour me glacer le sang un peu plus (heureusement c’est beaucoup moins explicite en visuel et en performance que le foutoir américain susnommé). Reste que Anno s’est engagé dans une restitution choc du sujet de société des relations monnayées / terekura bizarres qui pullulaient à l’époque au Japon (heureusement à l’époque uniquement parce qu’encore une fois ça a disparu aujourd’hui, haha ☺ Tout va bien au Royaume du Japon). Et c’est plutôt réussi, je me demande ce que donnait le roman original de Ryu Murakami, comment et pourquoi est-ce que l’adaptation est tombée dans les mains de Anno (une vidéo Youtube en parle je crois), à quel point est-ce que c’est véritablement authentique. Car autant ça m’a rendu un peu circonspect de voir une lycéenne dire que son plus grand rêve est d’agrandir ses seins, possible mais me laisse dubitatif, ça m’a gonflé de voir le groupe hurler dans les galeries commerçantes car il me semble qu’on est loin de cette énergie même chez les jeunes les plus excentriques en 2026, et par contre ça m’a bien plus la discussion finale sur le Clair de lune de Debussy, en même temps tout est plaisant sur cette mélodie des dieux. Le point à retenir du projet était évidemment la mise en scène, hallucinante et hallucinée, probablement entièrement en camescope DV d’après mon expertise de cinéphile du PMU, avec des angles tout le temps extraordinaires (particulièrement en première partie). Caméra plongeante sous la jupe, caméra au fond d’une bière qui se vide, il y a une bible d’idée à retirer de cette expérimentation et ça démontre toute la folie créative d’un animateur qui passe au format live-action. On peut dire ce qu’on veut sur Hideaki Anno, mais ce qui est indiscutable c’est le renouvellement créatif dont il fait preuve, capable d’offrir quelque chose de d
Volver (2006)
2 h 01 min. Sortie : 19 mai 2006 (France). Comédie dramatique
Film de Pedro Almodóvar
Tomega a mis 4/10.
Annotation :
Très déçu, car après bien deux heures entières d’images qui défilent sous mes yeux, sur l’un de ses projets les plus célèbres, et pour la première fois avec ce réalisateur, j’ai l’impression que je n’ai rien à dire et quasiment rien retiré de ce film de Almodovar. Certes il est agréable de voir une histoire centrée sur des parcours féminins (bien que écrit par un homme, bon, on repassera pour la meilleure authenticité), Penelope Cruz est comme toujours sur le podium des femmes les plus sublimes des deux derniers siècles, et l’irruption du petit élément fantastique (le fantôme de la madre) donne un léger supplément de charme et de poésie à l’histoire, façon Amélie Poulain (mais sans la mise en scène ultra graphique de Jeunet). Mais maintenant, où est le sel qui fait un bon film marquant et touchant ? Où sont les couleurs pétantes d’Almodovar, ses minorités rarement représentées à l’écran, ses personnages cyniques confrontés à des fatalités inévitables ? Rien n’impacte vraiment dans ce film, les problèmes des personnages sont globalement réglés en trois coups de cuillère à pot, se débarrasser d’un cadavre et relancer un business de restaurant se font avec la même facilité alors que dieu qu’il s’agit normalement de deux tâches assez ardues. Qu’est-ce qu’il y a à retenir de Volver sans rigoler ? Et souvent je sentais sur les films d’Almodovar qu’on était sur la pente de l’oubliable, mais toujours il parvenait à insuffler soit des thèmes vraiment atypiques et une esthétique qui lui était propre. Ici rien, rien qui ne me restera sur les années à venir, rien qui me semble décisif et marquant pour le cinéma. Il faudrait limite que je me penche sur ce qui fait la renommée de Volver en particulier, mais quand je vois que les premières critiques positives parlent d’un film hitchcockien (??? wtf) ou d’un film authentique qui rappelle la vraie vie (j’ai la chance de n’avoir ni fille violée, ni repas de 30 personnes à préparer, et j’espère que jamais ces thèmes ne m’évoqueront une projection avec ma vie personnelle), je ne suis pas sûr qu’il y ai grand chose à comprendre. Je vois sur Wikipedia que ça s’inspire du néoréalisme italien, c’est exactement l’ambiance molle et non impactante que je redoutais pour ce genre… Et pour un film de 2006, ça fait pas plutôt vibe de film des années 60-70 ? Mes souvenirs de l’époque ressemblent plus à des sessions Worms 3D sur Windows XP à l’époque plutôt qu’à cette Espagne désertique… M’enfin, je dois vivre dans un monde plus proche du
Le Couvent de la bête sacrée (1974)
Seijû gakuen
1 h 31 min. Sortie : 16 février 1974 (Japon). Drame, Thriller, Érotique
Film de Norifumi Suzuki
Tomega a mis 8/10.
Annotation :
Incroyable ce film. Ce n’est pas étonnant que des mecs comme Tarantino tombent sur des trucs comme ça puis que ça devienne des références dans leur future carrière de metteur en scène. Le premier film de Suzuki ne m’avait pas choqué plus que ça (en même temps j’étais concentré sur autre chose avec ce commentaire culte). Mais là, quelle efficacité indiscutable, tout en simplicité, sans fioriture, une maîtrise absolue et directe de tous les codes de la mise en scène. Suzuki semble (comme d’autres probablement) être un artiste maudit, quelqu’un qui avait les capacités techniques d’être parmi les plus grands si il avait pu mener des projets plus mainstream mais qui s’est retrouvé à être cantonné au cinéma bis d’exploitation. Depuis cette intro, démonstration d’efficacité qui pourrait être étudiée en école de cinéma comme celle de Là Haut (la scène de sexe freinant sûrement son entrée au programme). L’utilisation excellente de la musique, le contexte des décors et des costumes religieux propice au grandiose, sublimés par des mouvements de caméras parfaits, dynamiques, très signifiants et marquants visuellement de part leurs cadrages, leurs compositions, leur impulsions. Niveau fond, c’est sûr que c’est du cinéma B très débile, qui force les scènes de fétichismes (sans les bacler, les scènes urologiques de ce film et du précédent sont très bien foutues en terme de suspens intenable, bien plus Hitchcockien que Volver), et le Japon est capable de bien mieux, notamment avec Love Exposure que je trouve hyper efficace sur cette dualité ascétisme - péché. Il y a malgré quelques éclairs de génie genre cette scène où une sœur hésite à pousser la protagoniste d’une falaise et semble saisie par une espèce de “force divine”, qu’elle renvoie simplement par la fermeté de son expression. J’aime aussi que dans les deux films on découvre seulement bien avancé dans l’intrigue la raison de la présence ici du perso principal, ça maintient un peu de mystère sur le début, et j’aime aussi pas mal le côté vengeance très déter, au plan presque digne de Old Boy et le parallèle final avec l’attente de Dieu du vilain prêtre. Malgré cette vibe film fétichiste il y a de vrais éclairs de génie. Et ce surtout au niveau de la forme, comme je l’ai écrit plus haut le contexte est vraiment sublimé et je ne sais pas si j’ai vu un film religieux plus monumental que ça depuis Benedetta. Peut être que je dis ça car je n’en regarde aucun, il faudrait que je creuse un peu pour comparer ou que je revois
Ni juge, ni soumise (2017)
1 h 39 min. Sortie : 7 février 2018 (France). Société
Documentaire de Yves Hinant et Jean Libon
Tomega a mis 8/10.
Annotation :
Tellement bon, il faut vraiment que je prenne l’habitude de voir plus de reportages, et plus particulièrement que je rattrape tout Strip Tease. Car j’accroche tellement à leur projet, proche du micro-trottoir finalement, qui consiste à montrer le réel, brut de décoffrage, dans tout ce qu’il a d’hallucinant et d’absurde. La juge Gruwez paraît irréaliste, un personnage de film avec ses punchlines de légende, mais combien de gens tout aussi allumés (et je n’emploie pas forcément ce terme dans le mauvais sens) vous avez croisé dans votre quotidien, car personnellement c’est très fréquent. On s’est tous déjà posé des questions vis-à-vis de la justice, de la personnalité qu’il faut avoir pour être capable de l’impartialité requise en tant que juge, et je pense que ce film peut apporter quelques éléments de réponse… Est-ce qu’on ne serait pas d’ailleurs sur un projet objectivement beaucoup plus pertinent que Volver d’Almodovar pour montrer des profils authentiques de femmes fortes et atypiques face à l’adversité ? Je suis infiniment plus choqué par la scène de discussion entre la juge et la prostituée BDSM que par n’importe quelle séquence un peu tire-larme de Volver. La juge Gruwez est montrée autant dans ses aspects les plus polémiques que dans ses plus grands éclairs d’empathie, et j’apprécie tout ce que ça montre de l’humain, capable du meilleur et du pire, souvent en alternance. C’est suffisamment bien filmé (et monté) pour que jamais on ne décroche pendant les 1h30, et moult passages sont très marquants (par exemple celui de l’infanticide qui fixe la caméra). Marquants comme tous ces instants qu’on vit chaque jour, qui pourraient passer pour insignifiants chez les gens déconcentrés mais qui sont un véritable florilège de moments cultes, qui motivent à se lever chaque jour, pour un nouveau rire, une nouvelle performance, une nouvelle découverte.
Les Valseuses (1974)
1 h 57 min. Sortie : 20 mars 1974. Comédie dramatique, Road movie
Film de Bertrand Blier
Tomega a mis 7/10.
Annotation :
“Pas de doute, on est bien en France”. Cette douce maxime me reste en tête et d’un côté, décrit bien certains aspects du film. La France, le pays des agresseurs, des agresseurs qu’on regarde en face. Les valseuses c’est un peu comme la première partie d’Orange mécanique étendue sur un film entier, sans que jamais “la morale ne soit restaurée” comme dirait Le soupir des marges. Et même si j’aurais aimé justement un peu plus de questionnements moraux, une écriture plus pertinente pour les personnages féminins parce que là je ne comprend ni le personnage de Jeanne Moreau, ni l’évolution sexuelle de celui de Miou Miou… Mais ça reste fou de voir un film qui met des thèmes aussi difficiles sur la table, sur les relations hommes femmes détraquées, la frustration sexuelle, la misère… C’est aussi un excellent exercice de suivre tout le long du film les “méchants”. Je regrette un peu que l’idée que l’un des deux protagonistes ait pris une balle dans les valseuses justement ne soit filée tout le long du film car ça accentuait encore plus ce thème de la frustration. On aurait pu imaginer une évolution du personnage dans ce sens, n’arrivant plus à satisfaire bêtement ses pulsions, et devant partir sur autre chose… Une actualisation de ce projet en 2026 serait fou car les sujets sont toujours d’actualité, mais leur traitement, même de façon subversive pourrait être tellement différent… Les dialogues sont toujours aussi savoureux, entre rebondissements bien sentis, jeux de mots et punchlines chocs comme toujours chez Blier. On sent que c’est l’un de ses premiers films car le rythme est assez lent, ce qui est bien pour faire durer le malaise insoutenable de certaines séquences, mais qui de l’autre rend le film un peu moins efficace. Qu’on adhère ou non à ces scénarios extrêmement immoraux et challengeants émotionnellement, je pense qu’il est indiscutable qu’il y a quelque chose de très fort dans le cinéma de Blier (et qui personnellement me plaît beaucoup).
Calmos (1976)
1 h 47 min. Sortie : 11 février 1976. Comédie
Film de Bertrand Blier
Tomega a mis 7/10.
Annotation :
Je ne sais pas trop quoi penser d’une expérience aussi barrée et variée. Je m’étais dit en regardant les valseuses hier qu’il y avait finalement quelque chose de très sensoriel (presque Lynchien) dans le cinéma de Bertrand Blier, mais c’est quelque chose qui n’est plus à remettre en doute quand on voit Calmos. Expérience définitivement surréaliste, assez multiple, globalement divisée en 3 parties : le début comme film de retraite entre amis, puis on comprend qu’il s’agit d’une métaphore inverse sur la place de soumission / dominée des femmes dans la société, pour au final terminer sur un délire clairement visuel et sensoriel sur ce rapport de domination dans les relations humaines. Et ça donne de très jolis plans sur de grands ensembles de figurants, toute la partie sur la guerre homme-femme est très sympathique. Maintenant je rencontre le même problème qu’avec les valseuses, j’apprécie grandement l’ambition et la profondeur du sujet mis sur la table, je trouve le travail visuel et thématique très réussi (la campagne agit, même sur le spectateur, comme véritable lieu de plénitude libérateur). Mais malgré les dialogues toujours très travaillés de Blier, je ne peux pas m’empêcher de trouver le traitement de tout ça un peu superficiel, pas non plus trépidant, ça ne retourne pas la tête et ça ne débloque pas de nouvelles réflexions à aucun niveau. Peut-être que dans les années 70 c’était le genre de film qui faisait du bien vu le niveau global d’oppression de la société mais en 2026 je n’ai pas l’impression qu’il y ai toujours grand chose d’hyper juste et résonnant à en tirer, il faudrait peut-être actualiser tout ça. Mais j’ai l’impression que c’est le genre de projet d’auteur dont on s’autorise de moins en moins les libertés en France, même si il faudrait que je creuse un peu ma culture de la comédie noire du coup, Blier ayant quand même laissé ses héritiers évidents, Dupieux, Noé. Ses films restent toujours importants à voir pour moi, ce n’est pas des séances qu’on oublie, ça reste des projets artistiques vraiment riches, et dont on ne ressort pas indifférent.
Une chambre en ville (1982)
1 h 34 min. Sortie : 27 octobre 1982 (France). Drame, Comédie musicale
Film de Jacques Demy
Tomega a mis 9/10.
Annotation :
La bonne grosse claque, qui me donne limite envie de revoir pour éventuellement changer mon regard sur les films musicaux de Jacques Demy ! Que j’avais déjà adorés à l’époque, mais là, wow, c’est quelque chose. Même sans la musique de Legrand, qui a pourtant une puissance et une profondeur si particulière, et un titre aussi insignifiant que “Une chambre en ville”... Le film est un gros choc émotionnel, pour qui est sensible aux comédies musicales j’imagine mais j’en fais vraiment partie. Il y a quelque chose de fabuleux à voir ces gens se disputer et s’insulter en musique, ces confrontations entre manifestants et CRS sur de la grosse symphonie orchestrale. La toile de fond politique donne au projet une force que n’avaient pas (de souvenir) les autres projets de Demy, dire que d’après Wikipédia Legrand lui a tourné le dos à cause de ça, quelle indignité… Tout le récit a la puissance d’une tragédie grecque, de Sophocle ou d’Euripide, avec son lot de confrontations frictionnantes, de séparations tragiques, de chassés croisés insolubles et surtout son final fataliste. Ce scénario a sincèrement eu le même impact sur moi que les grandes pièces grecques ou Shakespeariennes. C’est génial, c’est bien joué, c’est bien chanté, certaines envolées musicales font vraiment mouche, c’est drôle, c’est romantique, c’est tragique, c’est coloré, bien mis en scène sur les moments clés, l’apogée de tout le travail de Demy pour moi, c’est marrant que le film n’ait pas eu plus de retentissement, sûrement arrivé trop tard dans la carrière de l’artiste.
Sex and Fury (1973)
Furyō anego den: Inoshika o-Chō
1 h 28 min. Sortie : 17 février 1973 (Japon). Action, Érotique
Film de Norifumi Suzuki
Tomega a mis 9/10.
Annotation :
Après avoir vu l’introduction et le générique d’une qualité irréprochable, j’ai cru que Suzuki allait pondre ici son premier film “sérieux”, un peu hors de la mouvance pink eiga (aberrant vu le titre Sex and Fury). Heureusement que très rapidement après on part sur une nana qui se bat dans un ralenti extrême au katana entièrement nu, sinon on aurait pu penser à une sortie de parcours ! Et malgré ce scénario prétexte assez nanardesque, avec ses twists sortis du chapeau magique extrêmement absurde (notamment le tatouage sur la mère à la fin), je pose la question : Sex and Fury n’est-il pas parmi les films les mieux réalisés du cinéma japonais ? C’est aberrant de dire ça pour un projet pareil, bourré de scènes érotiques pour satisfaire le spectateur lubrique dans des séances de cinéma dont j’ai du mal à imaginer le public et l’odeur, mais je parle sérieusement. Peu de films ont cette maîtrise de la composition de plan, cette gestion de la tension toute en simplicité (scène du poker), cette ambition dans les décors, les couleurs, les costumes, les figurants, les chorégraphies de combat (grande maîtrise dans les escaliers). Pourquoi est-ce qu’un (soft) porno est aussi bien réalisé, pourquoi est-ce que je me sens plus respecté par la technicité de ce film que par les grands blockbusters modernes qui ont des millions de dollars du budget, ou même par les pseudos films art et essais minimalistes qui font finalement peu d’efforts de générosité en restant rachitiques et minimalistes ? Quand je vois les efforts, l’amour, la force qui se dégage d’une scène toute bête comme la scène de danse lors de la présentation de Christina, où ils ont fait l’effort de prendre des figurants étrangers, de prendre cette magnifique salle et de faire ce beau travelling arrière avec lumière pour iconiser le personnage, je ne peux pas me prendre autre chose qu’une énorme claque dans la gueule. Tous les ingrédients du septième art sont maîtrisés à la perfection par le réalisateur, et je défie quiconque en regardant Sex and Fury de ne pas passer un excellent moment à chaque seconde. Il n’y a pas un seul moment d’ennui, la générosité est absolue et la démonstration de savoir-faire totale autant pour des scènes de tensions, des scènes de fantasme érotique, des scènes d’action, des scènes de beauté graphique. Masterclass, sommet de Suzuki pour moi jusqu’ici mais je reste tellement curieux du reste de sa filmo. Incroyable de passer du Pensionnat des jeunes filles perverses avec son lycée kitsc
Ed Wood (1994)
2 h 07 min. Sortie : 21 juin 1995 (France). Biopic, Comédie, Drame
Film de Tim Burton
Tomega a mis 8/10.
Annotation :
Super film, j’ai du mal à croire que j’en ai repoussé le visionnage pendant aussi longtemps. Un film d’un Tim Burton au sommet dans les années 90, qui me rend un peu nostalgique. Un Burton qui revendiquait les mêmes valeurs que Ed Wood, celles de l’intégrité artistique, de la sincérité, de la générosité, un Burton qui tournait en décor réel, qui savait écrire des relations de personnages diablement attachantes et touchantes dans des contextes parfois assez glauques. J’aime sincèrement ce que le personnage de Lugosi démontre sur la vieillesse, j’adore les relations entre Wood et ses femmes. Je ne sais pas jusque dans quelle mesure ce film relate des faits réels vu son contenu hallucinant, mais pourtant les films d’Ed Wood sont bien là, Plan 9 existe bel et bien. L’histoire d’Ed Wood est encore une fois très encourageante vis-à-vis de la création artistique, prouvant que s’investir dans une démarche sincère permet souvent de laisser un résultat avec beaucoup plus d’amour et d’impact que des productions insipides, formatées, à objectif rentabiliste et capitaliste qui finiront effacées dans la masse de leurs congénères. L’esthétique du film est aussi vraiment top, c’est un peu triste de voir que Burton est autant capable de faire un travail aussi léché du noir et blanc que de se vautrer dans les décors en bouillie numérique des années plus tard. A connaître !
Father Mother Sister Brother (2025)
1 h 50 min. Sortie : 7 janvier 2026 (France). Comédie dramatique, Sketches
Film de Jim Jarmusch
Tomega a mis 4/10.
Annotation :
Un film extrêmement mineur, tant dans la carrière de son réalisateur que pour le cinéma en général. C'est complètement oubliable sans être fondamentalement mauvais. Les deux premiers segments sont sympathiques, j'apprécie le fait que Jarmusch ait pris la peine de faire de longues séquences étendues au delà du raisonnable pour véritablement créer le malaise chez le spectateur. Les relations familiales méritent sans problème cette satire, qui est loin d'être méchante puisqu'une vraie tendresse émerge des profondeurs de cette froideur gênante. Le troisième sketch m'a par contre pas mal déçu, je ne pense qu'une succession se passe ne serais-ce qu'un chouilla comme ça, avec ses personnages qui pleurent, se roulent en boule sur la table de la cuisine, ça fait un peu trop grosse ficelle émotionnelle. Sans compter que c'est le segment qui semble le plus forcer l'application des "motifs récurrents" du film, motif a l'intérêt que je n'ai vraiment pas saisi, qui paraissent vraiment forcés là sans aucune cohérence pour pouvoir dire "Regarde, les intrigues sont liées dans mon film a sketch". Sauf que ça n'a ni intérêt ni cohérence a part créer des titres de critiques "Une fausse Rolex, des skaters et une expression anglophone inconnue". La mise en scène est potable, j'ai apprécié l'ambiance musicale même si j'ai eu la sensation que tout le film était susurré par les acteurs avec une diction difficilement intelligible (juste un problème de surdité de ma part peut être).
La Vérité (1960)
2 h 10 min. Sortie : 2 novembre 1960. Drame
Film de Henri-Georges Clouzot
Tomega a mis 9/10.
Annotation :
Anatomie d’une chute adorerait être ce film. Un film de procès qui est celui non pas seulement de personnages et d’une affaire de moeurs, mais bien de l’amour en général, de la place de la femme dans la société (dans les années 60 mais qui a plus subi un déplacement qu’une amélioration 66 ans plus tard) et même du système judiciaire en général. La mise en scène toujours impactante et très graphique (ou picturale ?), le jeu d’acteur très sincère de la part de tout le monde, l’iconisation des dialogues et des moments clés du scénario, comme la confrontation entre les deux soeurs devant l’assemblée qui déchirera pour sûr le coeur de tous les spectateurs, ou bien les ultimes retrouvailles entre Bardot et son mec, notamment celle où elle réalise qu’elle ne l’aime plus sont des moments absolument fous, qui m’ont fait tirer ce visage : 🤨 comme ça ne m’était quasiment jamais arrivé au cinéma. Du grand Clouzot tout simplement, de la perfection, du travail d’orfèvre, une bible de référence à tous les niveaux de réalisation technique dans le septième art, le film de procès, le film de morale, le film de drame romantique, c’est ça, tout simplement. Pas une minute en trop, pas une fausse note, pas un élément de mauvais goût (à part éventuellement la répétition du procédé de flashback, mais bon, à aucun moment ceux-ci ne se positionne comme “La vérité”). Un fond d’une modernité folle sur la responsabilité dans les drames amoureux et sur la justice dans un monde où plus d’un demi-siècle plus tard les féminicides et crimes passionnels se multiplient. Et toujours cette ridiculisation du système de “justice” qui me fait tant plaisir, décidément une énième partie de ce “contrat social” ridicule et hypocrite que l’humain a stupidement décidé d’établir pour créer une société où toutes ces institutions politiques, judiciaires, économiques et tutti quanti ne sont bons qu’à être des outils d’oppression et de déshumanisation. J’aime tellement ces scènes qui pourraient passer pour des petits détails mais qui donnent au film toute sa puissance : les premiers plans sur le tribunal avec les petites phrases cinglantes de chacun, le dessin de l’araignée dans la toile, ou même la dernière phrase que s’échange les deux partis opposés juste avant la fin. Un monument, une référence, un bouleversement émotionnel qui exploite à plein régime tous les outils offerts par son média, un œuvre qui change la vie et devient l’événement d’une journée, La vérité.
Masculin féminin (1966)
1 h 50 min. Sortie : 22 mars 1966 (France). Drame, Romance
Film de Jean-Luc Godard
Tomega a mis 4/10.
Annotation :
Un Godard de milieu de gamme je dirais. Mes souvenirs d’A bout de souffle commencent à être lointains mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que certains de ces films étaient quand même dotés de réflexions beaucoup plus intéressantes et pertinentes que celles présentes ici. Masculin féminin est un projet étrange où des passages de romance / séduction plutôt réussis et authentiques côtoient des séquences d’interview très gênantes car elles semblent “réelles” et sont réalisées dans le but d’humilier les personnes interrogées (discussion avec un produit de consommation). Je trouve ça assez déplacé, méchant (et l’absence de concession dont Godard fait preuve résulte souvent en de la pure méchanceté), particulièrement dans un film qui entend présenter du “Féminin”. Visionné juste après La Vérité de Clouzot, qui lui pour le coup présentait véritablement des thèmes féministes, modernes et progressistes, Godard paraît vraiment réactionnaire dans son écriture et c’est particulièrement hypocrite de voir qu’il se moque justement d’une fille vis-à-vis de ce mot dans l’une des interviews. Le discours politique est semblable à ses autres films, c'est-à-dire extrêmement mal intégré, et oscille entre la connerie et les combats pertinents de l’époque. Jacques Demy, même en faisant des comédies musicales, a réussi à mieux intégrer la politique dans Une chambre en ville. En bref ce n’est vraiment pas un film à retenir de ce réalisateur, bien qu’il comporte son lot d’image choc et d’expérimentations comme toujours, il y a vraiment beaucoup mieux à bouffer dans sa cinématographie et à moins d’être profondément fan de certaines personnalités impliquées comme Chantal Goya, il n’y a pas grand chose de fou à bouffer là-dedans à part quelques séquences de drague sympathiques.
Dracula (1992)
Bram Stoker's Dracula
2 h 08 min. Sortie : 13 janvier 1993 (France). Drame, Fantastique, Épouvante-Horreur
Film de Francis Ford Coppola
Tomega a mis 2/10.
Annotation :
Très mauvais moment devant ce film. Je vais finir par croire que je n’ai aucun intérêt pour les histoires de vampire puisque je m’étais également ennuyé ferme devant le Nosferatu original. Et ici, c’est exactement l’image que j’avais du Nosferatu de Eggers en 2024, mais avec des effets spéciaux rétro et d’autres acteurs… Je ne comprends même pas de quoi les vampires et leurs attaques sont censés être la métaphore, avec toute cette sexualité bizarre, ces histoires d’infidélités et de dévotion, pourtant je viens de regarder deux films sur des thèmes similaires juste avant mais là, je ne comprends pas. Et j’avoue que la qualité générale du projet, son rythme, ses scènes fantastiques trop grandiloquentes avec des gens qui crient, des effets spéciaux qui suintent, de grands gémissements, ne me donnent vraiment pas envie de lire 20 pages d’analyse pour comprendre une histoire qui passe son temps à me crier dessus, à être très agitée pour pas grand chose à part une transformation en rats assez sympathique… Tout le monde est en retrait, tout fusionne mal que ce soit la mise en scène en hommage à Murnau avec ses ombres et surimpressions mais qui ne brillent jamais, ces décors hallucinés comme l’asile à l’ambiance The Evil Within mais où il ne se passera jamais rien ou ces gens qui crèvent en plan moyen-large et dont la disparition n’aura jamais trop d’importance. Rien ne ressort de ce Dracula sans grande âme, j’ai vraiment du mal à comprendre ce qui a donné à ce film sa réputation mis à part le nom de Coppola et peut-être sa fraîcheur à sa sortie, et encore j’ai l’impression que Carpenter ou De Palma avaient emmené du (bon) fantastique bien plus tôt à Hollywood. Sitôt vu, sitôt oublié.
Aucun autre choix (2025)
Eojjeolsugaeobsda
2 h 19 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Thriller, Comédie dramatique, Policier
Film de Park Chan-Wook
Tomega a mis 1/10.
Annotation :
La vanité absolue sur grand écran. Je n’ai trouvé absolument rien à retirer de ce film, je n’ai pas eu un gramme d’intérêt pour ce que Park Chan-Wook a pondu et j’ai envie de dire “encore une fois”, c’est peut-être la fin pour moi avec ce cinéaste. Ce qui m’attriste le plus c’est de voir la salle quasi pleine et de me dire, parmi tout ça combien de gens seront motivés à aller découvrir l’original de Costa-Gavras, qui lui pour le coup était un authentique super film… Il y a tellement de choses complètement inutiles dans ce film, par exemple le truc de la gamine autiste (déjà le cliché est insupportable tellement il coche tous les poncifs du manuel du petit autiste en fiction) qui répète les phrases qu’on lui dit, bon tu vois directement venir gros comme une maison qu’elle va répéter une phrase compromettante que le père va lui dire, c’est absolument énorme. Et au final, ça sert à quoi ? Pourquoi est-ce qu’on passe autant de temps à nous montrer ça, à s’appesantir dessus, même à directement le faire mentionner par des personnages ? Absolument rien ! Aucun payoff, aucune utilisation, le néant, c’est une scène coupée ou quoi ? C’est lunaire et le film est bourré d’éléments inexploités comme ça. Les parallèles avec le film de Costa-Gavras le desservent aussi tellement, par exemple cette scène absolument culte du couperet où les flics débarquent à la maison à cause du fils qui a volé des téléphones. Une pépite de tension et d’humour chez CG, avec la gamine de 10 ans qui descend en sous-vêtement pour faire diversion et les flics qui tapent le manteau qui contient de Lüger, je me rappelle encore point par point de la scène des mois plus tard. Ici les mecs débarquent, micro-blague du père qui se dénonce, et hop plan suivant hop hop hop on passe à la suite ! La scène de l’entretien aussi qui m’avait fasciné chez CG est tellement random ici… Le Couperet était une métaphore extrêmement jouissive sur le monde du travail, une farce noire à l’humour très sincère et un film-essai sur plusieurs setups de meurtre au cinéma. Aucun autre choix est un drame familial quasi mélodramatique, complètement innocent sur la présentation du méchant monde du travail, bien propre sur lui, avec une présentation pseudo-réaliste de meurtre et de la bonne blague potache à la coréenne. Ca aussi, vouloir faire un héros volontairement plus pourri, qui galère énormément à tuer plutôt que le vaisseau sans trop d’émotion manifeste de Gavras c’est un parti-pris, mais si c’est pour qu’au final les m
Arco (2025)
1 h 28 min. Sortie : 22 octobre 2025. Animation, Aventure, Science-fiction
Long-métrage d'animation de Ugo Bienvenu
Tomega a mis 4/10.
Annotation :
Arco n’est pas un mauvais film du tout, il se regarde et se digère plutôt correctement, avec en plus comme bénéfice d’être accessible à tout âge je pense. Ses plus grandes qualités étant sa direction artistique, proche de la bande dessinée à la ligne claire ce qui fait toujours très plaisir de voir animé, sa bande-son de très bon goût et certaines séquences précises qui montrent le potentiel du réalisateur comme la poursuite dans les salles de classe qui contiennent toutes un environnement différent, ou encore les arcs en ciels qui fendent le ciel, ça a une certaine classe et c’est dommage que tout le film ne soit pas à ce niveau-là d’impact. Car Arco, c’est avant tout un projet extrêmement classique, innocent et très peu impactant. Encore une fois je suis le même homme au début et à la fin du visionnage, rien n’a changé chez moi, et non un ami qui tombe du ciel et qui doit retourner dans le futur n’a jamais été une problématique de ma vie en 2026 et n’appelle à absolument aucune émotion et dilemme de mon quotidien. Arco c’est du pur fantastique, on est extrêmement loin de Mars Express, qui peut-être pour certain pouvait manquer de subtilité dans sa métaphore avec ses robots discriminés mais qui au moins lui avait le mérite de raconter quelque chose plutôt que rien du tout. Je suis assez désappointé de voir ce film gagner le César de l’animation quand Amélie était présente en face et brillait autant sur le plan de la forme que sur le fond avec la succulente écriture et le regard unique et atypique de Nothomb. Ni mon cerveau saturé d’information ni l’histoire ne retiendra Arco à mon avis, qui tombera dans les limbes de l’oubli des films d’animation qui n’ont rien de spécial à proposer. Maintenant on sent que le réalisateur débute et je suis curieux de voir ce qu’il fera par la suite, permis notamment grâce au succès de ce film. Mais c’est sûr que par rapport à la métaphysique des tubes, Linda veut du poulet ou même Mars Express, je pense que la différence est assez facilement captable sur ce qui sépare une claque cinématographique et un “moment 🫥”.
Snake Eyes (1998)
1 h 38 min. Sortie : 10 novembre 1998 (France). Policier, Thriller, Drame
Film de Brian De Palma
Tomega a mis 7/10.
Annotation :
J’ai lu dans un avis Senscritique l’expression “film théorique”. Et c’est vrai que la réalisation de Brian De Palma atteint un tel niveau de perfection, de technique, de haute volée dans ce projet qu’il paraît pertinent de l’employer. Il y a tellement de moment de pure virtuosité cinématographique sur ces 1h30, le plan séquence du bazar initial évidemment, le genre de prouesse sans lesquels on aurait jamais eu des projets comme Birdman j’imagine tellement la démonstration de stress filé et de surcharge sensorielle par la mise en scène est réussie. La seconde scène excellente est celle où on voit l’intérieur de toutes les chambres d’hôtel en zénithal, le split-screen est aussi très bien exécuté. J’aime aussi énormément retrouver les ingrédients habituels qui habitent le cinéma de De Palma, sexe et violence, le gore exagéré du final ou bien la présence de magnifiques créatures à l’image. Il y a aussi la présence de personnages barrés, Nicolas Cage a beau violemment caboter il est excellent, j’aime ses dilemmes moraux de mec éclaté et évidemment son éloquence de hurleur irréprochable. L’unité de temps et de lieu est parfaitement respectée tout le long de l’histoire, ça m’a rappelé le très sympathique film The setup. Je trouve aussi que les scènes pivot clé fonctionnent bien émotionnellement, on sent vraiment le doute envahir et briser les personnages. Maintenant c’est vrai qu’il manque peut-être un microscopique supplément d’âme, une sincérité ou un brin de folie qui transparaissait parfois plus dans d’autres projets de De Palma, sûrement plus personnels ou plus fous. Je trouve aussi le final un peu en retrait, pas aussi explosif que le reste ou que ce qu’il devrait être, Cage avance vraiment d’une manière ridicule et golémique jusqu’à qu’un deus ex machina miraculeux viennent sauver les personnages censés être coincés dans une situation fatidique. Je n’appelle pas ça du suspens satisfaisant quand le scénario s’auto-résout de manière complètement artificielle et arbitraire. Reste que De Palma est définitivement à introniser dans mon top personnel des réalisateurs américains les plus doués, dont il faut connaître la cinématographie à tout prix. Un peu dommage aussi que ce ne soit pas le compositeur habituel, pareil la B.O. manque un peu d’âme à mon goût !
La Maison du docteur Edwardes (1945)
Spellbound
1 h 51 min. Sortie : 19 mars 1948 (France). Policier, Romance, Thriller
Film de Alfred Hitchcock
Tomega a mis 8/10.
Annotation :
Succulent projet, en même temps qu’est ce qui pourrait mal se passer sur un crossover aussi légendaire que Hitchcock x Dali sur une intrigue psychanalytique ? La mise en scène est toujours aussi efficace et novatrice sur les scènes clés, celle du rasoir, celle de la confrontation finale, les fondus qui superposent visages et décors associés à leurs émotions. Ingrid Bergman est l’une des plus belles femmes qui ait parcouru la planète Terre mais je suis quasiment sûr d’avoir déjà écrit ça, les scènes de romance fonctionnent donc à merveille, ce film me fait encore réaliser que plus que le suspens, c’est véritablement la romance qui est au coeur de la majorité des films d’Hitchcock. Ce que j’aime particulièrement ici c’est que ce sont justement les aspects les plus toxiques, névrotiques, psychologiquement torturés et les relations de dépendance hyperfixatrices bizarres qui sont mises à jour. J’aime au plus haut point la confrontation entre Bergman et son ancien psy, qui met en lumière à quel point c’est stupide de s’enticher de quelqu’un d’aussi dangereux, mauvais, inintéressant, et pourtant, comme énormément de femmes que je constate dans mon entourage, Bergman ne semble pas pouvoir échapper à cette attirance que toutes les lois de la logique défient. Pas grand chose à dire de plus, un film d’Hitchcock est toujours un rayon de soleil dans une journée, une expérience qui nous traverse l’esprit et dont on ne ressort jamais indemne, un bonbon à savourer sans conditions et sans se prendre la tête sur un avis précédent, il faut se confronter à ces expériences qui sont parmi les meilleures de l’histoire du septième art.
Marsupilami (2026)
1 h 39 min. Sortie : 4 février 2026. Comédie, Aventure
Film de Philippe Lacheau
Tomega a mis 3/10.
Annotation :
Avec ce film, je commence à voir les limites de la formule Lacheau, et il m’en aura fallu des blagues pipi-caca-cul avant d’arriver à saturation puisque j’étais sorti plutôt positif de pratiquement tous les précédents. Il y a évidemment du bon, notamment les références que je trouve toutes bien exploitées, les scènes d’actions qui sont dans le haut du panier absolu de la production cinématographique française (voir même mondiale vu l’hyperactivité imbitable de ce qui sort aujourd’hui). Et évidemment certaines blagues qui font mouche (logique vu la quantité et le rythme déployé), le style gag visuel de dessin animé avec des énormes coups et projection et slapstick sied très bien avec la nature bande dessinée du Marsupilami, c’est une plutôt bonne idée. Maintenant, surtout quand on voit ce film qui de par sa licence était forcément destiné à un public jeunesse, on se demande, est-ce que c’est vraiment nécessaire d’être aussi stupide, régressif, trash ? Et je ne dis pas ça par “puritanisme” ou volonté de morale, au contraire c’est jouissif de voir un film, assez “grand public” en plus être aussi impitoyable avec les enfants et autres publics “sensibles” dans la tête des gens. Surtout que là tout le monde riait bien dans la salle notamment les enfants donc 0 trauma à l’horizon. Mais certaines blagues relèvent de la pure connerie, de la stupidité, et c’est bête car justement à côté il y en a certaines que je trouve hyper intelligentes genre celle de l’amant qui était en fait le cambrioleur, ou même un bon savoir-faire dans la mise en scène, est-ce qu’il ne serait pas bon de faire preuve de la même “exigence” et de la même “finition” au niveau du choix de blagues. Les Monty Python par exemple sont pour moi l’exemple même d’un humour absurde et régressif mais présenté de manière tellement réfléchie, intelligente et travaillée. Parfois ça passe avec Lacheau, parfois ça casse, et ici je dirais qu’on est plutôt du mauvais côté de la balance. Je sentais littéralement la sueur dans mon dos en voyant le Marsupilami faire l’hélicobite ou alors prendre du viagra, c’est tellement interdit et après je tremblais chaque fois que je voyais sa queue approcher le pantalon d’un personnage. J’adore Lacheau mais ne fais pas des trucs comme ça par pitié, Franquin est en tremblement dans sa tombe.
La Main au collet (1955)
To Catch a Thief
1 h 46 min. Sortie : 23 décembre 1955 (France). Romance, Thriller
Film de Alfred Hitchcock
Tomega a mis 7/10.
Annotation :
Le grand spectacle ! Quelle débauche de costumes et de décors ! Ça met toujours le cafard de voir qu’un film de 1955 terrasse les productions françaises modernes en termes de mise en scène sur leur propre territoire, la côte d’azur… Hitchcock fait ici un travail absolument irréprochable d’iconisation, sur les lieux et surtout sur les acteurs notamment la jeune française chapardeuse. C’est très drôle de voir la scène de course-poursuite sur la fameuse route de montagne que GMK aime arpenter en 2026. Tellement de scènes sont de franches réussites, genre la rencontre entre Grace Kelly et la française est très drôle. Ce n’est pas le cas en revanche de ce final qui n’est franchement pas le meilleur climax de la cinématographie d’Alfred. Je trouve également un peu dommage le développement des mystères du scénario, je pensais au début que ce serait Grace Kelly la voleuse justement, et que ça rendrait son processus “d’enfermement” du protagoniste encore plus intéressant, ce n’est finalement pas génialissime qu’il y ai un complot autour de la française à mon goût, après tous les films d’Hitchcock ne peuvent pas être des pièges de manipulation psychologiques diaboliques, il faut aussi des comédies romantiques plus premier degré comme ici. Magnifique film dans les hauts standards du septième art comme toujours, à regarder sans modération.
Les 39 Marches (1935)
The 39 Steps
1 h 21 min. Sortie : 30 octobre 1935 (France). Thriller
Film de Alfred Hitchcock
Tomega a mis 5/10.
Annotation :
Il n’y a pas grand chose à retenir de ce petit Hitchcock, qui comme beaucoup de films de sa période anglaise, doit être l’un des moins marquants de sa prolifique carrière ! Le scénario suit son cours sans grand enjeu ou grand rebondissement, il n’y a pas vraiment de séquence qui reste en tête par une mise en scène inoubliable. On ne s’ennuie pas, et les rencontres détonantes entre le protagoniste et les diverses femmes de l’intrigue ont leurs petits aspects romantiques, mais il n’y a vraiment pas grand chose de spécial à signaler. Les 39 marches c’est un film comique - romantique - vaguement aventure, bâti sur une intrigue d’espionnage sans grande saveur… Le maître du suspens a des projets bien plus attrayants dans son catalogue, mais il faut bien faire ses armes quelque part et ce n’est pas non plus désagréable à regarder.
Jumpers (2026)
Hoppers
1 h 44 min. Sortie : 4 mars 2026 (France). Animation, Aventure, Comédie
Long-métrage d'animation de Daniel Chong
Tomega a mis 2/10.
Annotation :
Mes attentes devaient être trop hautes. Pixar semblait être dans une bonne période de film, un peu plus mature et profonde, j’avais un excellent souvenir de Soul dernièrement. J’avais vu que Jumpers était réalisé par Daniel Chong, qui semblait faire partie de cette vague de “cartoon avec de la personnalité” (Adventure Time, Regular Show, Gravity Falls…) avec We Bare Bears. Et surtout j’avais vu que ça ralait sur Twitter, car à priori le film n’avait pas une morale manichéenne, présentait des blagues un peu cruelles envers les animaux, des moments un peu angoissants pour le jeune public. Et en fait, pas du tout, on est sur le parfait petit prototype de film pour enfant bien sage. Avec sa patte graphique lisse et sans aucun moment de bravoure. Ses blagues innocentes et jamais éclatantes. Son scénario bien débile et régressif, à des années lumières de l’hyper fine représentation de la nature par Miyazaki (qui est justement cité en influence), où le film semble montrer qu’on peut collaborer avec des ours (???) et que les requins sont des super prédateurs… Ok… Le tout dans une parfaite innocence de fond politique, puisque tout le monde sera beau et gentil à la fin, on trouvera un accord entre politiques et militants ce qui est exactement ce qui se passe en ce moment en France et surtout aux États-Unis hihi, vous reprendrez bien un peu de ICE dans votre Coca-Cola monsieur ? Dommage car justement à un moment le film mettait sur le tapis le sujet de la sensation d’être sans impact, un grain de sable dans une machine sociétale qu’on nous vend comme étant un cadre dans lequel on est actif (démocratie) mais où on est en fait qu’un pion ponctionné au bénéfice des puissants et décideurs de ce monde. Ce qui est quelque chose que je ressens et que j’aurais aimé voir creusé pour le coup. Mais qui ne le sera pas, comme quoi que ce soit dans ce film insipide qui n’a rien à se proposer pour se distinguer de la masse de films d’animation jeunesse impliquant des animaux. C’est vraiment Pompoko, en moins subtil et en plus moche, rien de plus du tout…
Projet dernière chance (2026)
Project Hail Mary
2 h 36 min. Sortie : 18 mars 2026 (France). Aventure, Drame, Science-fiction
Film de Phil Lord et Christopher Miller
Tomega a mis 2/10.
Annotation :
Project Hail Mary est un film de SF qui, à mon goût, ne parvient vraiment pas à se détacher de ses influences. Il y a la lenteur, la contemplation de 2001 mais il n’y a pas sa poésie ou sa beauté visuelle. Il y a le côté alien original / imagination d’une créature au fonctionnement différent du nôtre mais il n’y a pas la créativité stupéfiante de Scavengers Reign ou le côté vraiment perturbant et ahurissant de Premier Contact. Surtout que pour un film de Lord et Miller… purée mais le rythme traîiiiiine vraiment les pieds. Alors je veux bien qu’on se la joue grand film dans l’espace contemplatif à la Kubrick, mais purée, des scènes de plusieurs dizaines de minutes pour des trucs ultra basiques genre un personnage qui traverse un tunnel et qui comprend qu’il y a de l’oxygène dedans alors que le spectateur a bien capté depuis plus d’un quart d’heure que c’était le cas, c’est juste insupportable et soporifique. Et aucune musique de Daniel Pemberton ne pourra changer ça… Les flashbacks ne vont venir que rajouter du diluant à tout ça, en brisant en plus l’immersion isolante qui tente d’être installée dans le huis-clos de ce vaisseau. Et en même temps ce sont eux qui renferme les meilleures séquences du film je pense, notamment celle de Sandra Hüller qui chante au karaoké, que j’ai vu mentionné dans un autre avis Senscritique comme quoi elle est vraiment choquante. C’est le seul moment de sincérité, le seul moment de pertinence du projet, et pour plus de 2h30 de durée c’est quand même très faiblard. Surtout qu’au final, malgré la beauté de cette séquence et du lien invisible qui apparaît entre les personnages à ce moment-là, ça ne débouche sur absolument rien derrière, voire même sur une trahison plutôt sale. Le fond du film quand à lui n’a vraiment rien d’intéressant, c’est le vide spatial, la conclusion à toute cette aventure ultra classique étant la blagounette “les vie humaine est tellement cool qu’on préfère rester dans un monde extraterrestre, ouin ouin”, ce qui est en quelque sorte l’opposé de la morale de Haruhi Suzumiya ou de Tatami Galaxy et donc l’exact antagoniste de ma propre philosophie de vie et de ce qui me fait personnellement vibrer. Un film vraiment pas dingue donc, à aucun niveau, à l’histoire parfaitement innocente et inintéressante, à la mise en scène pas à la hauteur de réalisateurs pourtant d’habitude iconoclastes, et aux visuels sans la moindre originalité et nouvelle proposition à ajouter dans un genre assez galvaudé. Si vous avez passé
Crimes sexuels contemporains - Les confessions d'un démoniaque (1969)
Gendai sei hanzai ankokuhen: aru torima no kokuhaku
1 h 12 min. Sortie : 1 juillet 1969 (Japon). Drame, Érotique
Film de Kôji Wakamatsu
Tomega a mis 7/10.
Annotation :
Faire un film comme ça dans les années 70 paraît proprement hallucinant. C’est difficile pour un occidental d’imaginer le contexte de cette période “pink eiga” des décennies plus tard, dans un monde de production cinématographique très différent. Mais quelle radicalité. Il y a du Haneke dans cette froideur, et du Noé dans cette longueur de scènes de torture (des décennies en avance encore une fois !). Le projet est simple et efficace, et je ne vais pas m'étendre trop longtemps dessus puisque tout ce que j’écris ici sera probablement retenu contre moi au tribunal pour dresser mon profil d’instabilité psychologique dans quelques années. Mais c’est difficile de faire plus direct et maîtrisé dans un film avec pour sujet le viol, l’immersion dans l’esprit d’un psychopathe criminel. J’apprécie grandement les cadres, la musique, les idées folles de mise en scène comme l’incursion des scènes en couleur ou la soirée en boîte de nuit avec les hallucinations. Je suis en recherche de films qui ne laissent pas indifférent, et Wakamatsu a l'air indubitablement d’être un réalisateur capable d’en proposer à la pelle. Hâte de creuser un peu plus son œuvre.
Orwell: 2+2=5 (2025)
1 h 59 min. Sortie : 25 février 2026. Portrait, Littérature, Société
Documentaire de Raoul Peck
Tomega a mis 7/10.
Annotation :
En tant qu’objet de travail artistique et créatif, Orwell 2+2 = 5 est à des années lumières d’être l'œuvre la plus intéressante de 2026. Pour rappel, il s’agit d’une lecture des correspondances d’Orwell, et d’extraits de ses ouvrages les plus (re)connus, sur laquelle on plaque des images de l’actualité et des adaptations cinématographiques précédentes qui font toujours diablement bien écho aux propos mentionnés. Et je dois dire qu’en tant que mec qui n’a pas non plus mis 1984 sur un piédestal (la ferme des animaux était encore mieux pour moi), prendre connaissance des correspondances de l’auteur me “réhabilite” un peu Orwell, me le remonte vachement dans mon estime quoi comme dirait Kundera. C’est effectivement un très bon analyste politique, un sublime manipulateur des mots et un humain au parcours très atypique. Ca me réhabilite aussi les adaptations de 1984 d’ailleurs, dont on ne lisait que du mal sur internet il me semble qui ont vraiment un truc sympa, toutes autant qu’elles sont, notamment celle de 84 avec ces magnifiques scènes où les deux personnages sont nus, ça a vraiment un style dans ces décors délavés. Maintenant, ce qui est plutôt raté dans ce documentaire pour le mentionner de suite, c’est le côté “fouilli”, pas clair, embrouillé de ses réflexions. Le film aurait pu suivre l’ordre chronologique des correspondances, ou bien les ordonner par thème, mais ce n’est pas vraiment le cas, on va en avant, en arrière, en 46, 48 puis re-46. Et surtout l’évolution de l’état de santé d’Orwell est également intercalée au milieu de cette organisation, avec des détails sur son séjour à l'hôpital. Je suis désolé mais ça n’a quasi aucun intérêt et ça sort complètement de toutes les réflexions politiques très intéressantes qui étaient développées juste avant. Il suffisait de dire au début que 1984 avait été écrit sous maladie (ce qui m’explique mieux son ambiance et sa forme) et lire pourquoi pas à la fin la dernière lettre d’Orwell, mais il n’y avait vraiment pas besoin d’embrouiller davantage un documentaire déjà très dense en contenu. J’ai l’impression que j’aurais préféré lire toutes les sources, lire toutes les correspondances et voir tous les films / extraits vidéos présentés ici plutôt que d’en regarder ce montage-là précisément. Ce qui est un peu un échec d’exécution du documentaire, et en même temps. C’est tellement jouissif et intéressant de voir tous ces rappels à la réalité qu’on entend si peu aujourd’hui, toutes ces réflexions importantes que le c
Une femme disparaît (1938)
The Lady Vanishes
1 h 36 min. Sortie : 26 mars 1952 (France). Thriller
Film de Alfred Hitchcock
Tomega a mis 7/10.
Annotation :
La première partie dans l’hôtel est assez bordélique, je n’en suis pas fan du tout même pour introduire les personnages, j’ai cru que ça allait encore être un Hitchcock assez bancal, sans superbe. Mais que nenni, à partir du train c’est vraiment génial avec effectivement un beau côté Sherlock Holmes ou Agatha Christie dans cette intrigue de huis-clos très bien maîtrisée. La situation centrale est vraiment mystérieuse, la galerie de personnages bariolée est vraiment bien mise à profit et surtout très bien incarnée par les acteurs. Impossible de ne pas sourire devant la conclusion des fans de cricket. Je trouve que la vision que Hitchcock offre du “pacifisme” est aussi assez délicieuse avec ce qui arrive au personnage du mari trompeur. Le film regorge de petites astuces de mise en scène qui le rendent très dynamique et agréable, particulièrement pour un film de 1938. La scène avec les accessoires du magicien, la scène des verres drogués démontre toute la maîtrise du maître du suspens, même en début de carrière. Les scènes d’action aussi sont surprenamment efficaces, la baston entre le magicien et le clarinettiste est vraiment drôle et la fusillade de fin assez oppressante. On a au final ici un très bon film d’Alfred à ne surtout pas rater pour un excellent moment de divertissement, riche en action, mystère et jeu d’acteur authentique. Un bon plaisir.

































