Cover Hal Ashby - Commentaires

Hal Ashby - Commentaires

Peintre d’une certaine Amérique faussement triomphante, satiriste tendre qui refuse de compromettre son éthique humaniste dans les enjolivements d’une mise en scène clinquante et sophistiquée, Hal Ashby, s’il est curieusement oublié lorsque l’on cite les représentants du Nouvel Hollwyood, est ...

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6 films

créée il y a plus de 12 ans · modifiée il y a plus de 7 ans
Harold et Maude
7.5

Harold et Maude (1971)

Harold and Maude

1 h 31 min. Sortie : 23 août 1972 (France). Comédie, Drame, Romance

Film de Hal Ashby

Thaddeus a mis 7/10.

Annotation :

Un garçon de bonne famille met un disque, allume des bougies, et se pend. Sa mère entre dans la chambre, l’aperçoit au bout de la corde puis, peu concernée, lui indique l’heure du dîner. Ces suicides burlesques épicent la tendresse d’une love story iconoclaste, seule thérapeutique possible là où les forces conjuguées de la nation américaine échouent. Car la rencontre avec la quasi-octogénaire dingue de chant de culture et de cabriole, qui considère chaque jour comme une nouvelle entreprise, témoigne d’un ton légèrement anarchiste, en rupture avec le courant dominant d’une société qui venait d’élire Nixon comme président. Harold et Maude, ce sont tous ceux qui se sentent à l’étroit dans le carcan des conventions héritées du passé – comme Cat Stevens le chante, "If you want to be free, be free."

La Dernière Corvée
7.3

La Dernière Corvée (1973)

The Last Detail

1 h 44 min. Sortie : 11 mai 1974 (France). Comédie dramatique

Film de Hal Ashby

Thaddeus a mis 8/10.

Annotation :

Visage poupin, air mutique et docile, nez baissé dans une peur permanente : pas possible de laisser ce jeune mataf de Norfolk purger huit ans à la prison navale de Portsmouth sans lui offrir auparavant quelques jours de bonheur et une meilleure confiance en lui. Voilà ce à quoi vont s’employer ses deux escorteurs, sous-officiers forts en gueule mais avec le cœur sur la main, qui dissimulent une générosité sans calcul derrière un langage de poète charretier. La dernière corvée devient alors l’ultime virée, la traversée d’une Amérique marginale, la nouba de la conjuration et de l’affranchissement pour ce trio, rétif à l’autorité et à la loi du plus fort. Pétri d’humour et d’humanité, le film fait acte de foi envers les vertus de l’amitié, exhalant un parfum poignant de revendication et d’affirmation de soi.

Shampoo
6.3

Shampoo (1975)

1 h 49 min. Sortie : 23 juillet 1975 (France). Comédie, Drame

Film de Hal Ashby

Thaddeus a mis 5/10.

Annotation :

En racontant, la veille de l’élection de Nixon en 1968, les tribulations d’un grand saint-bernard du sexe qui accumule les conquêtes féminines, Ashby et son acteur-scénariste-producteur Warren Beatty visaient sans doute un portrait au vitriol d’une Californie argentée, une sorte de mini-"Nashville" explorant les liens érotiques et financiers, les alliances transitoires entre le monde de la politique et celui du glamour, les salons de coiffure de Beverly Hills jouant le rôle de plaques tournantes où les images se confortent, se vendent et s’achètent. Mais la satire sociale se perd dans les rouages un peu mous du vaudeville et, tel un simple effet de garniture, semble ménager un semblant de mondanité perverse sans renoncer aux ficelles du boulevard. En résulte un décevant sentiment de confusion et d’inachevé.

En route pour la gloire
7.5

En route pour la gloire (1976)

Bound for Glory

2 h 27 min. Sortie : 5 décembre 1976 (États-Unis). Drame, Biopic

Film de Hal Ashby

Thaddeus a mis 6/10.

Annotation :

On a tous, caché en notre for intérieur, un petit coin aux cieux, un lieu où l’on garde bien au chaud les "portiers du paradis", ces êtres qui nous font avancer dans une vie qu’on a parfois une envie folle de quitter. Le cinéaste dépeint l’itinéraire de l’un d’entre eux : Woody Guthrie, frère spirituel de London et de Kerouac qui dans les années trente parcourut les routes encombrées et poussiéreuses à pied, en car ou en train, et dont les chansons-brûlots révélèrent la face cachée de la Dépression, l’Amérique du "hobo" et du "tramp". Or, pour susciter une franche adhésion, il aurait fallu ne pas rester à la surface des choses, ne pas hésiter entre le paysage d’une époque et les anecdotes de l’aventure, dépasser l’image léchée d’Épinal qui alourdit souvent ce film ni raté ni déshonorant, mais tissé de conventions.

Le Retour
7.4

Le Retour (1978)

Coming Home

2 h 06 min. Sortie : 14 juin 1978 (France). Drame, Romance, Guerre

Film de Hal Ashby

Thaddeus a mis 8/10.

Annotation :

En 1978 le cinéma américain exhibe les cicatrices que le Viêt-Nam a laissées sur les corps et les âmes désillusionnées de ceux qui y ont fait la guerre. Cimino en a tiré un chef-d’œuvre, et Ashby ce film en tout point remarquable, tant par sa manière de se détourner de la représentation directe du conflit que par son registre retenu, intériorisé, travaillé par les chansons des Stones, de Dylan, Joplin ou Jefferson Airplane. Profondément engagé dans son pacifisme protestataire, il éclaire la prise de conscience tardive d’une réalité où les mots patrie et honneur sont devenus vides de sens. Jon Voight et Jane Fonda mènent avec force le jeu de la révolte contre le désespoir, Bruce Dern s’engloutit dans le néant, et le cinéaste exprime leur désarroi avec une pudeur qui tempère la passion sans l’éteindre.

Bienvenue Mister Chance
7.3

Bienvenue Mister Chance (1979)

Being There

2 h 10 min. Sortie : 13 août 1980 (France). Comédie dramatique

Film de Hal Ashby

Thaddeus a mis 6/10.

Annotation :

Dans un monde où la candeur passe pour de la sagesse, les simples d’esprit n’ont qu’à sourire pour que les puissants en fassent leurs nouveaux guides spirituels. Ce monde est celui des industriels et des politiques, des journalistes et des commentateurs publics, épinglés le long d’une satire lumineuse et élégante par un cinéaste qui emprunte à Capra l’humanisme sans calcul et la générosité piquante de la fable. Incapable de malice et de rancune sournoise, benêt infiniment candide soudain confronté à une réalité extérieure qu’il ne connaît que par le filtre de la télévision, mister Chance, l’idiot devenu prophète, cultive le calme et le stoïcisme comme un art de vivre. C’est un peu le défaut de ce périple sans illusion dans les arcanes du pouvoir, subtil mais bien trop consensuel pour pleinement convaincre.

Thaddeus

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