Histoires de lames
Styles asiatiques
(Ordre chronologique de sortie)
Orochi (1925)
1 h 14 min. Sortie : 1925 (Japon). Arts martiaux, Drame, Muet
Film de Buntarô Futagawa
Lilange a mis 7/10.
Annotation :
Sur les traces historiques du chanbara.
Les malheurs d'un samouraï ou comment le monde peut changer un homme en serpent. Un des premiers chanbara qui met déjà en scène le Ronin hors la loi (malgré lui) et son regard pessimiste, ainsi que l'importance des apparences dans le royaume du bushido. Et puis en apothéose, une scène finale de fight incroyable digne d'un Baby Cart. Tout cela narré par un benshi, ce qui déstabilise un peu au début mais qui devient assez agréable, comme si on nous contait cette histoire d'Orochi (incarné par un acteur fameux du genre: Tsumasaburo Bando).
"There is no justice in this world."
Les Quarante-sept Rōnin (1928)
Chûkon giretsu - Jitsuroku Chûshingura (実録忠臣蔵)
1 h 05 min. Sortie : 14 mars 1928 (Japon). Muet, Drame, Action
Film de Shôzô Makino
Lilange a mis 7/10.
Annotation :
L'une des premières adaptations de l'épopée légendaire des 47 Rōnin par celui qui est considéré comme le père du cinéma japonais. Une lecture courte et rythmée, surtout accompagnée de la narration benshi, avec des moyens qui ont l'air assez importants pour l'époque. C'est toujours intéressant de découvrir une autre version de cette histoire de vengeance et de loyauté au temps des samouraïs, et celle-ci ne dure pas 3 heures :)
Sazen Tange, le pot d'un million de ryôs (1935)
Tange Sazen yowa : Hyakuman ryô no tsubo
1 h 32 min. Sortie : 15 juin 1935 (Japon). Aventure, Comédie
Film de Sadao Yamanaka
Lilange a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Quel bon moment passé devant ce pot ! Il vaut bien son million. Avec ses quiproquos à gogo, ses petits gags rigolos, ses personnages sympathiques et leurs chamailleries délicieuses (pur régal entre Sazen et Ofuji ^^), ce film est un plaisir complet qui laisse nos lèvres courbées vers le haut. Le film évoque aussi plein de petites choses de la vie tout en gardant sa légèreté (les bonheurs simples, les différences de classes, la lâcheté des hommes, l'avidité et la manipulation,...) et il faut aussi souligner la place qui y est donnée aux femmes (Miss Ofuji rocks !).
La Vengeance des 47 rônin (1941)
Genroku chushingura
3 h 33 min. Sortie : 8 décembre 1941 (Japon). Drame, Historique
Film de Kenji Mizoguchi
Lilange a mis 8/10.
Annotation :
La légendaire loyauté des 47 rōnin parfaitement mise en scène par Mizoguchi-sensei comme commande de film de propagande morale pour booster le nationalisme japonais pendant la guerre. Mais ne réduisons pas ce film à cela car c’est avant tout un superbe tableau historique à la reconstitution épatante. La camera aérienne suit les défilés cérémonieux et se balade entre les panneaux de résidences labyrinthiques avec une élégante fluidité. La vengeance est indubitablement un plat qui se mange froid dans la complexité du code du Bushido. Devant la lenteur des évènements, qu’on ne voit parfois même pas, l’attention reste intacte et le cœur se serre aux lectures de missives diverses. Une plongée profonde dans l'esprit (un peu délirant) du samouraï.
Rashōmon (1950)
1 h 28 min. Sortie : 18 avril 1952 (France). Policier, Drame
Film de Akira Kurosawa
Lilange a mis 9/10.
Annotation :
Réalités multiples et l'art de la narration convergeant vers la vilenie de l'Homme. Pourtant l'espoir existe au delà de la pluie infinie.
La Légende de Musashi (1954)
Miyamoto Musashi
1 h 34 min. Sortie : 4 août 1993 (France). Aventure, Action, Drame
Film de Hiroshi Inagaki
Lilange a mis 7/10.
Annotation :
Au commencement de la légende épique de Miyamoto Musashi. Je me lance enfin avec le premier volet de la trilogie de Hiroshi Inagaki consacrée à ce maître sabreur renommé sous les traits d'un Toshiro Mifune à l'énergie folle. Le film raconte donc les péripéties de l'homme avant de devenir la légende, et malgré la beauté des paysages colorés et la force du grand et "sauvage" Mifune-san, le tout manque un peu de souffle pour que ce soit vraiment épique. C'est aussi dommage que la partie du changement soit ainsi omise, ça aurait rajouté un peu de profondeur au récit. On ne boudera pourtant pas son plaisir en se lançant sur les traces de Musashi et on aura hâte de continuer l'aventure !
Les Sept Samouraïs (1954)
Shichinin no samurai
3 h 27 min. Sortie : 30 novembre 1955 (France). Arts martiaux, Aventure, Drame
Film de Akira Kurosawa
Lilange a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Le gros morceau du sensei Kuro
Le Mont Fuji et la Lance ensanglantée (1955)
Chiyari Fuji
1 h 34 min. Sortie : 27 février 1955 (Japon). Aventure, Drame
Film de Tomu Uchida
Lilange a mis 7/10.
Annotation :
Sous ses faux airs de chanbara, ce Chiyari Fuji est avant tout une satire sociale. Film chorale qui accompagne différents personnages sur la route d'Edo tout en s'amusant à dénoncer le non sens des castes dominantes et leur emprise sur la population, tout cela avec des moments assez comiques (la cérémonie du thé devant le mon Fuji est un bel exemple). Il en transpire un humanisme certain et le final offrira une revanche un peu inutile mais salutaire :). Je ne m'attendais pas du tout à cela vu le titre et l'affiche (trompeurs) et c'est une assez jolie surprise.
"Sophistication takes precedence."
Duel à Ichijoji (1955)
Zoku Miyamoto Musashi: Ichijoji no ketto
1 h 43 min. Sortie : 4 août 1993 (France). Aventure, Action, Drame
Film de Hiroshi Inagaki
Lilange a mis 7/10.
Annotation :
Musashi, bretteur et bourreau des coeurs. Le samuraï en devenir poursuit sa quête de duel en duel, parfois seul devant une horde de guerriers en embuscade. Musashi devient ainsi plus sage et réfléchi, laissant derrières lui un parterre de corps et une flopée de femmes aux amours contrariés.
La Voie de la lumière (1956)
Miyamoto Musashi kanketsuhen: kettō Ganryūjima
1 h 45 min. Sortie : 4 août 1993 (France). Aventure, Action, Drame
Film de Hiroshi Inagaki
Lilange a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
La Promesse de l'Aube. Le duel tant attendu entre Musashi et Kojiro du 2e opus se fait bien attendre à la clôture de cette trilogie. Heureusement, après une petite escapade paysane, un fight contre des bandits sans scrupules style 7 samurais mais tout seul, et le triangle amoureux qui prend enfin fin, le beau duel arrive comme une promesse d'amour, sur la plage, à l'aube, pour un face à face splendide. En tout cas, la trilogie est une réussite qui fait honneur à ce samurai de légende, sous les traits de Toshiro Mifune-san qui incarne parfaitement le bougre devenu samouraï taiseux et handicapé affectif, le tout bien mis en scène dans de beaux décors de couleurs.
Le Château de l'araignée (1957)
Kumonosu-jô
1 h 50 min. Sortie : 27 avril 1966 (France). Drame
Film de Akira Kurosawa
Lilange a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
The Loyal 47 Ronin (1958)
Chûshingura
2 h 44 min. Sortie : 1 avril 1958 (Japon). Drame
Film de Kunio Watanabe
Lilange a mis 7/10.
Annotation :
Après ces près de 3h, je ne dirai plus larmes de crocodile mais larmes de samouraïs... Une version des 47 Ronin qui apporte de la couleur à cette histoire de vengeance qui me fascine toujours, pourtant encore assez longue et lente, et qui montre toute l'absurdité de certaines règles et protocoles tout en mettant en valeur une loyauté qui force l'admiration, malgré tout.
La Forteresse cachée (1958)
Kakushi-toride no san-akunin
2 h 19 min. Sortie : 17 juin 1964 (France). Aventure, Drame
Film de Akira Kurosawa
Lilange a mis 8/10.
Annotation :
Une allure de conte d'aventure.
Le Passage du Grand Bouddha (1960)
Daibosatsu tôge
1 h 46 min. Sortie : 18 octobre 1960 (Japon). Action
Film de Kenji Misumi
Lilange a mis 7/10.
Annotation :
Avant Le Sabre du Mal, il y'avait cette adapatation colorée du même récit par Misumi-sensei. On y retrouve le nihilisme, la froideur et la folie parfaitement incarnées ici par Raizô Ichikawa. La narration s'éparpille peut-être un peu mais le cinéaste maîtrise son cadre et les scènes d'action, et les images aux couleurs sombres gagnent en intensité offrant quelques beaux tableaux de cinéma. La dernière séquence brumeuse est superbe et clot en cliffhanger ce premier opus de la trilogie.
Le Garde du corps (1961)
Yojimbo
1 h 50 min. Sortie : 25 avril 1961 (Japon). Arts martiaux, Aventure, Drame
Film de Akira Kurosawa
Lilange a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Sanjuro (1962)
Tsubaki Sanjûrô
1 h 36 min. Sortie : 7 juin 1972 (France). Arts martiaux
Film de Akira Kurosawa
Lilange a mis 8/10.
Annotation :
Sanjuro the loner revient mettre son grain de sel avec humour et nonchalance.
La Légende de Zatoichi : Le Masseur aveugle (1962)
Zatōichi monogatari
1 h 32 min. Sortie : 1 juin 2004 (France). Action, Arts martiaux, Aventure
Film de Kenji Misumi
Lilange a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Ichi le roublard et les 40 yakuzas. La naissance d'un personnage qui promet de belles aventures.
Tuer ! (1962)
Kiru
1 h 11 min. Sortie : 24 septembre 2025 (France). Drame, Action
Film de Kenji Misumi
Lilange a mis 7/10.
Annotation :
Chanbara tragique de Kenji Misumi, écrit par Kaneto Shindō, où la narration se fait par l'image pour raconter un destin baigné dans le sang, par un sabre nihiliste à souhait. Une histoire simple pour un film court mais intense, tout en ellipses, avec une mise en scène impeccable qui donne des plans beaux et parlants. Premier volet de la Trilogie du sabre de Misumi-sensei.
Harakiri (1962)
Seppuku
2 h 13 min. Sortie : 24 juillet 1963 (France). Drame
Film de Masaki Kobayashi
Lilange a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Chef d'oeuvre dans le fond comme dans la forme !
Contes cruels du Bushido (1963)
Bushidô zankoku monogatari
2 h 02 min. Sortie : 20 septembre 2022 (France). Action, Drame
Film de Tadashi Imai
Lilange a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Loyauté aveugle pour honneur futile. Un poids lourd sur des génerations qui répètent les mêmes schémas de sacrifices et parfois de lâcheté déguisée, pour le compte de maîtres à la forme changeante. Une manière intéressante de critiquer le code du Bushido, comme Hara-kiri l'a fait un an plus tôt (de manière plus concise et plus belle), avec ici des chroniques ambitieuses à différentes périodes de l'Histoire du Japon, marquées par la persitance d'une loyauté funeste. On gardera en tête quelques scènes marquantes et "les performances" de Kinnosuke Nakamura.
"The lives of samurai do not belong to the samurai. They belong to their Lord. Know that it is an honor to die for yoyr Lord... To die in service of your Lord; that is the beginning of loyalty."
Les Treize Tueurs (1963)
Jûsan-nin no shikaku
2 h 01 min. Sortie : 7 décembre 1963 (Japon). Action, Aventure
Film de Eiichi Kudō
Lilange a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Jeu de Go du Bushido. Emportée par la mise en scène des ces 13 Assassins par Eiichi Kudō, et malgré la confusion initiale, l'échiquier se met vite en place. Le Samouraï sera prêt, des deux côté, à donner sa vie pour son honneur, sa patrie et ce qu'il pense être le mieux. Le piège se met en place et les pions avancent, tout cela magnifiquement encadré pour donner vie à certaines superbes images. Ainsi, les quelques petites longueurs seront vite oubliées pour laisser place à la voie du Jidaigeki.
"They say a man’s life is unpredictable, but not a warrior’s life. When he fights aiming to die, he lives. When he fights aiming to live, he dies. I’m telling myself right now how truthful I’ve been to the way of the warrior."
Les Trois Samouraïs hors-la-loi (1964)
Sanbiki no samurai
1 h 35 min. Sortie : 13 mai 1964 (Japon). Drame, Action
Film de Hideo Gosha
Lilange a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Le beau, le bon et le parasite au temps révolu des samouraïs. Oui c'est plutôt le désenchantement que Hideo Gosha met en scène dans Three Outlaw Samurais. Un premier film prenant et superbement pessimiste. Vivement la suite !
Samurai from Nowhere (1964)
Dojo yaburi
1 h 33 min. Sortie : 20 mai 1964 (Japon). Action, Aventure
Film de Seiichirô Uchikawa
Lilange a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Adaptation plus ancienne de l'histoire d'Après la pluie (Ame agaru, 1999), ce Samurai from nowhere est une très belle réussite. La réalisation est impeccable, l'histoire est bien rythmée avec une intrigue plus riche. On retrouve aussi Isamu Nagato et Tetsurō Tamba qui partageaient déjà l'affiche des Trois samouraï hors-la-loi de Gosha la même année. L'un avec sa bouille sympathique qui incarne parfaitement le samouraï au cœur d'or, et l'autre plus brutal et mystérieux. Un film drôle et touchant, avec son lot d'affrontements exaltants, qui parle des difficultés de la vie tout en redonnant de l'espoir à tout le monde :)
Kwaïdan (1964)
Kaidan
3 h 03 min. Sortie : 28 juillet 1965 (France). Épouvante-Horreur, Fantastique, Sketches
Film de Masaki Kobayashi
Lilange a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Japanese ghost stories. Superbe
Samouraï (1965)
Samurai
2 h 03 min. Sortie : 3 janvier 1965 (Japon). Arts martiaux
Film de Kihachi Okamoto
Lilange a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Destin terrible! Quelle narration de l'histoire et de tout ce qui conduit à cette fin grandiose et cynique...
Le Sabre de la bête (1965)
Kedamono no ken
1 h 25 min. Sortie : 18 septembre 1965 (Japon). Action, Drame, Arts martiaux
Film de Hideo Gosha
Lilange a mis 8/10.
Annotation :
La même noirceur que dans Sanbiki no samurai, des thématiques qui reviennent comme la fin de l'ère du samouraï et les clans injustes. Avec un rōnin qui se veut bête (et non bête :p) alors qu'il prouve le contraire par ses actes. Un peu moins intense que son aîné mais tout de même encore un très bon film de Gosha.
La Lame diabolique (1965)
Ken ki
1 h 23 min. Sortie : 24 septembre 2025 (France). Action, Drame
Film de Kenji Misumi
Lilange a mis 7/10.
Annotation :
Sabre maudit et parterre de fleurs. Dans ce dernier volet de la Trilogie du Sabre de Misumi-sensei, c'est la lame fascinante qui pervertit son porteur. Avec un Raizo Ichikawa (impeccable en genre de Forrest Gump féodal) qui se laisse entrainer par la violence du sabre pour tenter de trouver une place dans la société, à l'instar du personnage principal du premier opus de la trilogie (Tuer!). Mais voilà, les coeurs purs ne sortent pas indemnes de la voie du sabre ! Kenji Misumi nous le montre assez joliment au long de ces trois métrages.
"An evil sword brings bad luck."
L'Hirondelle d'or (1966)
Da zui xia
1 h 33 min. Sortie : 28 janvier 2004 (France). Arts martiaux
Film de King Hu
Lilange a mis 6/10.
Annotation :
Hong Kong
Le Maître Wuxia ou le Chat Bourré. Tout dans ĺe style, le film installe son décors, nous fait plaisir avec une scène d'auberge intense et tout en légèreté, arrive à bien monter nos attentes, malgré quelques longueurs et non-sens, pendant presque toute la première heure, pour ensuite tout précipiter dans la dernière demi heure. L'art du soufflé martial tombe un peu à plat. Tout ça n'empêche pas de prendre du plaisir devant cette Hirondelle d'or.
Le Sabre du mal (1966)
Dai-bosatsu tôge
2 h. Sortie : 25 février 1966 (Japon). Drame, Aventure, Arts martiaux
Film de Kihachi Okamoto
Lilange a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Evil soul. Evil sword... Le sabre fou de Nakadai
Kiba, le loup enragé (1966)
Kiba Ôkaminosuke
1 h 15 min. Sortie : 19 novembre 1966 (Japon). Drame, Action
Film de Hideo Gosha
Lilange a mis 7/10.
Annotation :
Kiba, western nouilles par excellence de Hideo Gosha, sur les traces de Yojimbo avec des airs de Leone (l'ambiance musicale est étonnante). Un film assez court, le premier d'un dyptique, au rythme soutenu et à l'histoire assez basique, avec une galerie de personnages pas très approfondis, ce qui le rend moins fascinant dans la filmographie de Gosha-sensei. On y retrouve des thématiques chères au cinéaste: la vilénie de l'Homme, la violence dans tous ses états... Ça gicle du sang dans un très beau noir et blanc, et les trouvailles esthétiques rendent le moment encore plus agréable devant ce loup enragé au cœur tendre.

































