Irak - Iran - Kurdistan
Films qui se déroulent en Irak, Iran ou Kurdistan
Les films sont classés par date de sortie.
J'inclus uniquement les films que j'ai notés
Où est la maison de mon ami ? (1987)
Khane-ye doust kodjast?
1 h 23 min. Sortie : 21 mars 1990 (France). Drame
Film de Abbas Kiarostami
abscondita a mis 8/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Ce film a été tourné dans le nord de l’Iran dans la région de Gilan. Il nous promène en compagnie du petit Ahmed à travers les petits villages ruraux iraniens.
Il est le premier volet de la trilogie de Kokek, du nom du village iranien où habite Ahmed.
Et la vie continue (1992)
Zendegi va digar hich
1 h 35 min. Sortie : 21 octobre 1992 (France). Drame, Road movie
Film de Abbas Kiarostami
abscondita a mis 6/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
2e volet de la trilogie de Kokek, village du nord de l'Iran.
Au travers des oliviers (1994)
Zire darakhatan zeyton
1 h 43 min. Sortie : 25 janvier 1995 (France). Comédie dramatique
Film de Abbas Kiarostami
abscondita a mis 7/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
3e volet de la trilogie de Kokek, village du nord de l'Iran.
Kilomètre zéro (2005)
1 h 36 min. Sortie : 14 septembre 2005 (France). Drame
Film de Hiner Saleem
abscondita a mis 6/10.
Annotation :
La question kurde réside au coeur de l'oeuvre de Hiner Saleem, un cinéaste né au Kurdistan irakien en 1964 et qui a fui son pays pour échapper à la dictature.
L'idée du film est venue à l'esprit de Hiner Saleem à l'annonce de la chute du dictateur irakien Saddam Hussein. Alors sur le tournage de Vodka lemon, le réalisateur n'avait qu'une seule envie: : "Etre là-bas, avec eux. Aussitôt rentré en France, j'ai décidé de partir pour l'Irak et de tourner au Kurdistan. J'en ai parlé autour de moi. Tout le monde trouvait le projet très séduisant. Alors, j'y suis allé, sans attendre d'avoir rassemblé le financement. Je suis parti sans savoir si j'y passerai deux ou huit semaines. J'y suis resté quatre mois."
Quant à l'histoire de cet homme qui part au front, elle s'inspire de celle de son frère qui a déserté l'armée irakienne. Parti de l'idée de ce soldat malgré lui, Hiner Saleem a développé le scénario au fur et à mesure du tournage.
"Kilomètre zéro dit que nous en sommes toujours au même point : l'Irak a été inventé il y a 80 ans, et depuis, le pays n'a pas fait un seul pas en avant. Ca peut être une raison de désespérer. Ou d'espérer, si l'on préfère. Quand on part de zéro, on ne peut qu'avancer." (Hiner Saleem)
Le cinéaste a opté pour un traitement humoristique: : "J'ai peut-être hérité de l'humour de mon grand-père. Il disait : "Notre passé est triste, notre présent est tragique, mais heureusement nous n'avons pas d'avenir." Dans les moments les plus tragiques, nous trouvons toujours un détail burlesque, une situation absurde. Les Kurdes, comme tous les peuples qui ont beaucoup souffert, ont appris à les voir. C'est aussi cet humour qui nous aide à survivre." (Hiner Saleem)
Pour les besoins du film, Hiner Saleem a fait faire une statue à l'effigie de Saddam Hussein. Tous les sculpteurs kurdes ont refusé de donner suite à sa demande. Il lui a donc fallu convaincre un sculpteur arabe. "On a mis quinze jours pour en trouver un qui accepte. Pour des raisons de sécurité évidentes, il était impensable de faire traverser tout le pays à une statue géante de Saddam, nous avons donc décidé de déplacer l'atelier du sculpteur. Il s'est installé dans une maison au Kurdistan et a travaillé dans le jardin. Quand la statue a commencé à prendre sa dimension réelle, sa tête a dépassé du mur, et la sécurité a immédiatement débarqué. "Notre Saddam" a été confisqué et le sculpteur mis en prison. Il a fallu que j'aille m'expliquer avec les autorités pour le faire sortir."
Démineurs (2008)
The Hurt Locker
2 h 11 min. Sortie : 23 septembre 2009 (France). Guerre, Drame, Thriller
Film de Kathryn Bigelow
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Kathryn Bigelow précise son intention : "La peur a mauvaise réputation, mais je pense que ce n'est pas justifié. La peur permet de clarifier les choses car elle vous oblige à vous focaliser sur ce qui est important, en laissant de côté ce qui est accessoire. Lorsque Mark Boal, le scénariste, est rentré d'un reportage en Irak, il m'a parlé de ces soldats qui désamorcent des bombes en pleine zone de combat – ce qui, de toute évidence, est une mission réservée aux hommes les plus qualifiés qui s'en acquittent au péril de leur vie. Quand il m'a raconté qu'ils étaient totalement exposés et qu'ils n'utilisaient rien d'autre que des pinces pour désamorcer une bombe suffisamment puissante pour faire des victimes à 300 mètres à la ronde, j'ai été sonnée... Lorsque j'ai découvert que ces hommes se portent volontaires pour ce type de mission extrêmement dangereuse, et qu'ils y prennent tellement goût qu'ils ne pourraient pas concevoir de faire autre chose, j'ai compris que je tenais là le sujet de mon nouveau film."
Green Zone (2010)
1 h 55 min. Sortie : 14 avril 2010 (France). Action, Drame, Thriller
Film de Paul Greengrass
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Green Zone est adapté du livre de Rajiv Chandrasekaran intitulé Dans la zone verte : les américains à Bagdad. L'auteur a été journaliste pour le célèbre Washington Post (notamment pour ses enquêtes d’investigations et les révélations qui s’en sont suivies lors de l’affaire du Watergate). Il est en particulier chargé de couvrir la guerre en Afghanistan, ou encore la reconstruction de l’Irak. Il est dépêché sur place en tant qu’envoyé spécial et responsable du bureau du Post à Bagdad entre avril 2003 et octobre 2004. Arrivé six mois avant la guerre, il écrit également sur les processus d’inspections des Nations Unies en matière d’armement et sur la montée du conflit. Un an et demi d’enquête sur le terrain lui donne ainsi la matière nécessaire et il se met à rédiger son livre qui décrit le quotidien des américains chargés de la reconstruction en Irak. Son ouvrage a par ailleurs reçu de nombreuses récompenses.
Argo (2012)
2 h. Sortie : 7 novembre 2012 (France). Biopic, Drame, Historique
Film de Ben Affleck
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Argo est tiré d'une histoire vraie qui a bien failli virer au drame. En 1979, une douzaine d'Américains avaient été pris en otages dans leur ambassade en Iran. Six d'entre eux étaient parvenus à s'échapper et à se cacher auprès de l'ambassadeur canadien Ken Taylor à Téhéran. La CIA a alors tout mis en œuvre pour les ramener chez eux. Anecdote étonnante, dans l'équipe de sauvetage se trouvait John Chambers, qui a reçu un Oscar spécial pour son travail de maquilleur sur le film La Planète des singes, et qui prêtait alors son atelier à des espions américains !
Le réalisateur Ben Affleck tenait à ce que les six acteurs ne se contentent pas seulement de jouer leurs rôles, mais plutôt qu'ils revivent ce que leurs personnages avaient vécu. Avant le début du tournage, il les a donc enfermés pendant une semaine dans la maison qui allait représenter la propriété de l'ambassadeur. La maison a été redécorée dans le style de l'époque et les comédiens ont dû porter leurs costumes pendant toute la semaine. Le réalisateur les a également coupés du monde, en les privant de téléphone portable, d’ordinateur et de tout appareil dont le nom commence par un "i".
Tony Mendez, l'ex-agent de la CIA et cerveau de l'opération "Argo" explique : "Je ne pense pas que ce soit rare d'associer Hollywood et CIA, notamment parce que l'espionnage se prête, de toute évidence, à un dispositif scénique". Le producteur du film Grant Heslov ajoute : "C'est tout à fait logique. Ce sont deux univers où l'on doit imaginer des situations fictives et utiliser des déguisements pour concevoir des scénarios convaincants."
My Sweet Pepper Land (2013)
1 h 40 min. Sortie : 9 avril 2014 (France). Drame
Film de Hiner Saleem
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Questionné à propos de son film et du fait qu'il se rapproche des western américains, le metteur en scène Hiner Saleem répond : "La toute première séquence, surexposée et filmée en gros plans, est un hommage direct au western (...) Je crois que le Kurdistan d’aujourd’hui ressemble à l’Amérique de l’époque du western : on y découvrait le pétrole, on y construisait des routes, des écoles et des infrastructures, et on tentait d’y faire appliquer la loi."
En dehors des quatre personnages principaux de My Sweet Pepperland, l'ensemble du casting est composé de comédiens non-professionnels, le réalisateur Hiner Saleem souhaitant engager des personnes natives de la région du Kurdistan. C'est ainsi que parmi les combattantes du film, certaines avaient réellement pris le maquis pour la cause kurde en Irak.
American Sniper (2014)
2 h 12 min. Sortie : 18 février 2015 (France). Biopic, Guerre
Film de Clint Eastwood
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
American Sniper s'inspire de la vie et du livre autobiographique de Chris Kyle, sous-officier de la marine américaine et redoutable tireur d'élite qui aurait tué plus de deux cents personnes (un record dans l'histoire militaire des USA) au cours de la Guerre d'Irak. De retour du champ de bataille, ce personnage atypique ouvrit un centre de formation pour apprentis tireurs d'élite dans son Texas natal et publia un roman (ici adapté), dans lequel il confesse ne regretter aucun de ses actes. Ses convictions finirent par avoir raison de lui : il meurt assassiné le 2 février 2013, tué par un ex-marine de 25 ans.
Un homme intègre (2017)
Lerd
1 h 57 min. Sortie : 6 décembre 2017. Drame
Film de Mohammad Rasoulof
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Un homme intègre (2017) s’inscrit dans le contexte d’un Iran où la corruption systémique gangrène l’économie, la justice et les institutions locales. Mohammad Rasoulof y dénonce le pouvoir tentaculaire de réseaux liés à l’État et aux compagnies privées, capables de broyer un individu isolé. Le film met en lumière la difficulté, voire l’impossibilité, de rester honnête dans un système où pots-de-vin et clientélisme conditionnent toute survie. Son propos résonne fortement avec la situation réelle de l’Iran, où les atteintes à la liberté d’expression et les pressions sur les opposants sont constantes. Rasoulof lui-même a été interdit de quitter le pays et de filmer, ce qui confère à l’œuvre une portée à la fois politique et existentielle.
La Loi de Téhéran (2019)
Metri Shesh Va Nim
2 h 11 min. Sortie : 28 juillet 2021 (France). Policier, Drame, Action
Film de Saeed Roustaee
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Le phénomène de l'addiction au crack en Iran, au centre de La Loi de Téhéran, est très peu connu du public occidental. Le réalisateur Saeed Roustayi explique : "Ces dernières années, la toxicomanie a changé de visage en Iran. Elle est sortie de la clandestinité pour se révéler au grand jour. De plus en plus de toxicomanes sont visibles dans la rue. Leur dépendance à une nouvelle substance, le crack, les a mis à la rue de façon beaucoup plus massive et plus rapide que ne le faisaient les autres drogues. A force de voir ces personnes, j'ai eu l'idée de tourner un documentaire sur elles et j'ai entrepris des recherches. Finalement, ce documentaire-là ne s'est jamais tourné, mais cela a influencé mes films de fiction."
Pour commencer sa recherche, Saeed Roustayi a passé plusieurs jours à la brigade des stupéfiants, puis en prison et au tribunal. Une immersion qui a permis au metteur en scène de mieux comprendre la situation des toxicomanes inculpés, mais aussi de rencontrer des policiers et un juge dont les conseils ont été précieux. "Cette recherche a duré presque un an, car je voulais être au plus près de la réalité des faits que je décrivais dans mon film", se rappelle-t-il.
La Loi de Téhéran est devenu un des plus gros succès populaires en Iran. Saeed Roustayi explique ce succès de part le réalisme de son film : "Je considère que certains des films qui sont tournés avec une prétention sociale ne contiennent aucune vérité sur la société. (...) Pour ma part, je connais vraiment les groupes que je donne à voir, j'ai fait des recherches et réalisé des documentaires sur eux. Il me semble que lorsqu'un spectateur perçoit une proximité avec la réalité dans un film, il incite les autres à aller le voir. La meilleure publicité pour un film en Iran est le bouche-à-oreille. Ce n'est pas tant la télévision qui incite les gens à aller voir un film que l'avis de leur entourage. Le succès de mon film vient donc de sa véracité, et du processus d'identification qu'il suscite auprès du public."
Yalda, la nuit du pardon (2020)
Yalda
1 h 29 min. Sortie : 7 octobre 2020 (France). Drame, Thriller
Film de Massoud Bakhshi
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
En Iran, Maryam est condamnée à mort pour avoir tué – accidentellement, selon elle – son vieux et riche mari, Nasser, 65 ans, dont elle fut d’abord la domestique. Le seul moyen pour cette jeune fille de 22 ans d’échapper à l’exécution est d’obtenir le pardon de Mona, la fille du défunt, en vertu d'un système judiciaire qui intègre la loi du talion, et accorde aux victimes, ou à leurs familles, un droit de regard sur la peine prononcée. Les deux femmes acceptent de participer à une célèbre émission de téléréalité, où les tractations vont se dérouler en direct devant des millions de spectateurs, eux-mêmes invités à donner leur sentence par SMS. En ce soir de Yalda, fête du solstice d’hiver marquant la plus longue nuit de l’année, débute un face-à-face entre deux femmes, dont l’une a sur l’autre un pouvoir de vie ou de mort.
Cette émission grand public, où le destin des accusés se débattent sur un plateau, a bel et bien existé en Iran pendant une dizaine d’années.
Mosul (2020)
1 h 41 min. Sortie : 26 novembre 2020 (France). Action, Drame, Guerre
Film de Matthew Michael Carnahan
abscondita a mis 8/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Le film est basé sur la bataille de Mossoul en 2016, qui a vu les forces gouvernementales irakiennes et leurs alliés de la coalition vaincre l'Etat islamique qui contrôlait la ville depuis juin 2014.
Leila et ses frères (2022)
Leila's Brothers
2 h 39 min. Sortie : 24 août 2022 (France). Drame
Film de Saeed Roustaee
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Ces dernières décennies, une classe moyenne s'est développée en Iran, y compris dans des petites villes de province où les familles commençaient à atteindre un certain confort de vie. Mais, à partir de la présidence d’Ahmadinejad, cette structure a été totalement bouleversée...
"Cette classe moyenne a disparu au profit d’une fracture de plus en plus grande et d’un appauvrissement massif. A Téhéran, les gens qui vivaient dans des quartiers de moyenne gamme, sont partis dans les périphéries, et par effet mécanique, ceux très pauvres se sont retrouvés dans des endroits proches de bidonvilles. Seules une petite catégorie de personnes ont réussi à s’enrichir" (Saeed Roustaee)
Aucun ours (2022)
Khers nist
1 h 46 min. Sortie : 23 novembre 2022 (France). Drame
Film de Jafar Panahi
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
En détention depuis le 11 juillet 2022, Jafar Panahi n'a pas pu se rendre au Festival de Venise où Aucun ours était sélectionné. Il a toutefois adressé une lettre ouverte aux organisateurs, qu'il a co-signée avec son confrère Mohammad Rasoulof, lui aussi détenu depuis le 8 juillet. Voici le contenu de cette lettre : « Nous sommes des cinéastes. Nous faisons partie du cinéma indépendant iranien. Pour nous, vivre c'est créer. Nous créons des œuvres qui ne sont pas des commandes, c'est pourquoi ceux qui sont au pouvoir nous voient comme des criminels. Le cinéma indépendant reflète son époque. Il s'inspire de la société. Et il ne peut y être indifférent. L'histoire du cinéma iranien témoigne de la présence constante et active de réalisateurs indépendants qui ont lutté pour repousser la censure et garantir la survie de cet art. Pendant que certains se voient interdire de tourner des films, d'autres sont contraints à l'exil ou réduits à l'isolement. Et pourtant, l'espoir de créer à nouveau est notre raison d'être. Peu importe où, quand et dans quelles circonstances, un cinéaste indépendant crée ou pense à la création. Nous sommes des cinéastes indépendants ».
Une manifestation de soutien s'est tenue sur le tapis rouge du festival, juste avant la projection officielle du film.
Jafar Panahi n'a plus l'autorisation de tourner depuis 2010. Tous ses films se font désormais de manière clandestine, en équipe réduite. Pour Aucun ours, il a effectué un long travail de repérage pendant trois mois et a trouvé le décor de son film dans un village près de Tabriz, à proximité des frontières de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie. Mais la présence de l'équipe a été dénoncée auprès des autorités, la forçant à fuir pour poursuivre le tournage dans d’autres villages alentour.
Les Nuits de Mashhad (2022)
Holy Spider
1 h 56 min. Sortie : 13 juillet 2022 (France). Thriller, Drame, Policier
Film de Ali Abbasi
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Ali Abbasi est né en Iran et a vécu l’époque de la folie meurtrière de Saeed Hanaei et son arrestation en 2001. Le metteur en scène se rappelle :
"J’avais encore des attaches en Iran, mais en 2001 j’étais en train de m’installer en Europe pour y faire mes études. Et puis, il y a eu les attentats du 11 septembre et, auparavant, la folie meurtrière et l’arrestation de Saeed."
"Je n’étais pas tellement intéressé par l’affaire des meurtres qui s’étaient produits un an plus tôt car le phénomène des tueurs en série n’est pas rare en Iran."
"J’ai commencé à m’intéresser à l’affaire lorsqu’on s’est mis à considérer Saeed comme un héros – et qu’on a raconté qu’il accomplissait son devoir religieux en assassinant des prostituées dans les rues de Mashhad."
La ville de Mashhad, la deuxième plus peuplée d'Iran, est un personnage à part entière du film. Il s'agit d'un des lieux les plus saints pour les musulmans chiites. C’est aussi une métropole riche, située près de la frontière afghane, et très cosmopolite, comme elle est visitée par des pèlerins du monde entier. Ali Abbasi précise toutefois :
"Mais elle se trouve aussi sur la route de la drogue, entre l’Afghanistan et l’Europe. Ces deux faits ne sont pas directement liés. C’est donc une métropole industrielle, avec une part d’ombre, mais qui s’avère aussi être un célèbre site religieux."
"La prostitution y est endémique : il est inutile de se rendre dans un quartier en particulier, les prostituées s’affichent partout, aux yeux de tous, y compris près de la mosquée. Je pense que la prostitution est tolérée parce qu’il s’agit d’un secteur économique, qui fait partie de l’activité « touristique » de la ville. Du coup, la police ferme les yeux sur ce phénomène."
Tatami (2024)
1 h 45 min. Sortie : 4 septembre 2024 (France). Drame, Thriller
Film de Zar Amir Ebrahimi et Guy Nattiv
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
Ce long métrage porté par un noir et blanc raconte le combat d'une JUDOKA iranienne, Leila : alors qu'elle se voit déjà décrocher la médaille d'or, pendant des championnats du monde en Géorgie, celle-ci refuse de se plier à l'oukase de son gouvernement lui intimant d'abandonner le tournoi pour ne pas avoir à affronter une athlète israélienne. Son entraîneuse, l'ancienne championne Maryam, elle-même bouleversée par ce type de diktats qu'elle a connu par le passé, a du mal à raisonner sa judoka. L'impossilité, pour une athlète iranienne, d'envisager un combat contre une athlète israélienne s'explique dans la logique du régime des mollahs : "J'ai appris à l'école qu'Israël n'existe pas. Donc nous ne sommes pas autorisés à travailler ensemble, à nous rencontrer, à nous lier d'amitié ou à affronter en compétition cet ennemi imaginaire." (Zar Amir, actrice iranienne et coréalisatrice du film).
Guy Nattiv et Elham Erfani ont écrit le scénario de Tatami avant la révolte des femmes en Iran, en s'inspirant de plusieurs athlètes iraniennes ayant accompli l’impossible. Parmi elles : Sadaf Khadem, la première femme boxeuse iranienne qui s’est réfugiée en France et qui est devenue une porte-parole des droits des femmes. Le premier précise : "Elle a affronté de nombreux obstacles tout en se focalisant sur sa discipline. La grimpeuse Elnaz Rekabi est une autre athlète iranienne héroïque qui a pratiqué sa discipline sans porter son hijab, consciente qu’elle risquait la peine de mort en rentrant au pays, et Kimia Alizadeh a été l’enfant chérie du taekwondo iranien à l’époque des JO de Rio, puis a décidé de fuir le pays avec son mari parce qu’elle était menacée par le régime. Avec Zar, on s’est donc inspirés de personnes réelles, mais jamais, au grand jamais, on n’aurait pu imaginer que la révolte des femmes prendrait une telle ampleur."
Les Graines du figuier sauvage (2024)
Daneh Anjeer Moghadas
2 h 46 min. Sortie : 18 septembre 2024 (France). Drame
Film de Mohammad Rasoulof
abscondita a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Dès sa libération, Mohammad Rasoulof a voulu réaliser un nouveau film pour contribuer à cet effort. Mais il n’est pas simple de rassembler des personnes prêtes à endosser les risques d’un tel projet. Il a ainsi fallu au réalisateur plusieurs mois pour réunir les acteurs et l’équipe technique. "La peur d’être identifié et arrêté jette une ombre sur tout. Mais des solutions peuvent toujours être trouvées. Nous avions une équipe restreinte et un équipement technique minimal, mais la compétence du chef opérateur et de ses assistants a su en compenser les limites."
Le choix des acteurs a été compliqué. Mohammad Rasoulof ne pouvait pas procéder à un casting large, car cela aurait impliqué d’informer de nombreuses personnes de la mise en chantier d'un film : "Nous avons donc contacté les personnes une à une. Nous devions deviner qui, en plus de ses capacités artistiques, aurait la volonté et le courage de jouer dans un tel film. Il est délicat de savoir qui approcher, et cela demande beaucoup de confiance de toutes parts. Pour les deux acteurs qui incarnent les parents, cela fut relativement simple. En plus d’être une excellente actrice, Soheila Golestani (Najmeh) a pris une position politique et sociale claire en faveur du mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Elle a été emprisonnée mais cela ne l’a pas empêchée de persister dans ses positions. Quant à Missagh Zareh (Iman), j’avais travaillé avec lui pour mon film Un homme intègre, et depuis nous attendions l’occasion de collaborer à nouveau. "Je savais qu’il avait longtemps refusé de travailler pour le cinéma officiel iranien en protestation contre la censure."
Concernant les filles, les choses ont été plus complexes. Mohammad Rasoulof ne voulait pas faire appel à des adolescentes qu'il aurait pu mettre en danger sans qu’elles soient vraiment conscientes des enjeux. Il confie : "Je voulais des actrices intellectuellement matures et qui connaissent la pression exercée par les services de renseignements. Setareh Maleki (Sana) et Mahsa Rostami (Revzan) sont relativement éloignées du rôle qu’elles interprètent en termes d’âge, mais leur capacité à se mettre dans la peau d’une adolescente est étonnante. J’ai adoré travaillé avec elles."
Lire Lolita à Téhéran (2024)
Leggere Lolita a Teheran
1 h 48 min. Sortie : 26 mars 2025 (France). Drame, Biopic, Historique
Film de Eran Riklis
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Le tournage s’est déroulé en Italie parce que c’est dans ce pays qu’a été produit le film. Il a fallu reconstituer le Téhéran des années 80-90 et Eran Riklis a fait appel à des experts iraniens pour des soucis d’authenticité, comme il l’explique : "Tout ce qui était capté par la caméra. J’ai aussi fait en sorte que tous les sons – les dialogues, les bruits de la rue, la musique – soit d’un réalisme total. Je crois qu’on peut affirmer qu’on a réussi à reconstituer Téhéran à Rome."
Le tournage s’est fait en farsi, alors que le réalisateur est israélien. Pour cela, il a sollicité l’aide d’interprètes, de répétiteurs et des acteurs qui parlaient la langue.
La musique du film a été composée par le fils du réalisateur, Yonatan Riklis, avec qui il a collaboré quatre fois. Pour Lire Lolita à Téhéran, il a rendu hommage à la culture iranienne, en la mélangeant avec les sonorités occidentales.
Un simple accident (2025)
Yek tasadef sadeh
1 h 42 min. Sortie : 1 octobre 2025 (France). Thriller, Drame
Film de Jafar Panahi
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Un simple accident a été réalisé sans autorisation officielle de tournage de la part des autorités iraniennes.
Le film est directement né de la deuxième expérience carcérale de Jafar Panahi, entre juillet 2022 et février 2023. À la différence de sa première peine en 2010 au cours de laquelle il avait connu un quasi-isolement, il a cette fois-ci été amené à côtoyer de nombreux autres prisonniers. En sortant, après huit mois de détention, l’idée de faire un film pour ceux qu’il avait rencontrés en cellule est devenue une nécessité.
À l’origine du film, Jafar Panahi avait une question en tête, qui consistait à se demander ce qui se passerait si l’un de ses codétenus en prison, une fois libéré, réussissait à mettre la main sur son ancien bourreau, qui lui avait fait subir tortures et humiliations. Dans Un simple accident, cela se traduit par la quête de vengeance de Vahid qui croit reconnaître son ancien tortionnaire et décide de se venger.
Sur Un simple accident, Jafar Panahi s’est entouré de deux amis scénaristes. En outre, il a également fait appel à un homme qui a fait beaucoup de prison en Iran, Mehdi Mahmoudian. Ce dernier l’a d’ailleurs aidé pour les dialogues en s’inspirant de ce qui se passe dans les prisons et des manières, différentes les unes des autres, qu’ont ceux qui sont sortis d’en parler.
Comme ce fut le cas pour ses précédents films, Jafar Panahi a dû tourner de manière clandestine. Malgré tout, le réalisateur a eu maille à partir avec les autorités iraniennes. En effet, peu avant la fin du tournage, des policiers en civil sont intervenus et ont ordonné d’avoir les rushes du film. Devant le refus du réalisateur, les autorités ont menacé d’arrêter toute l’équipe et de bloquer le tournage. Malgré une suspension momentanée du travail, le tournage a finalement repris et s’est déroulé sans encombres jusqu’à la fin.
Contrairement à de nombreux films qui critiquent le régime iranien et qui ne montrent pas le nom des acteurs et des techniciens au générique, Jafar Panahi a fait figurer ceux de ses différents collaborateurs. Tous désiraient que leur nom apparaisse à l’écran et plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs accompagné le réalisateur au Festival de Cannes pour défendre le film.
Au pays de nos frères (2024)
In the Land of Brothers
1 h 35 min. Sortie : 2 avril 2025 (France). Drame
Film de Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi
abscondita a mis 7/10.
Annotation :
Réfugiés Afghans en IRAN
Le Gâteau du Président (2025)
Mamlaket Al-Qasab
1 h 45 min. Sortie : 4 février 2026 (France). Drame
Film de Hasan Hadi
abscondita a mis 8/10.
Annotation :
IRAK : L’idée du scénario remonte aux souvenirs d’enfance de Hasan Hadi, en Irak, sous le régime de Saddam Hussein. Chaque année, son instituteur entrait en classe avec un bol et demandait à ses élèves d’y mettre leurs noms. Il en tirait ensuite un au sort : l’élève choisi devait préparer le gâteau d’anniversaire du Président. Le cinéaste se rappelle : "D’autres élèves étaient ensuite désignés pour s’occuper des fruits, des décorations, des produits d’entretien, des fleurs… "Une année, c’est moi qui ai été désigné pour apporter les fleurs. Je crois que j’ai encore quelque part dans ma bibliothèque une photo de moi tenant le bouquet, et je me souviens du soulagement de ma famille : je n’avais que les fleurs à trouver. Bien entendu, à l’époque, à force de sanctions, la corruption était devenue omniprésente. Il suffisait de rendre un service à l’enseignant – réparer son vélo, lui couper les cheveux – pour échapper au tirage au sort. Et alors, on survivait."
Tourner intégralement en Irak des scènes se déroulant dans les années 1990 a nécessité un travail de reconstitution méticuleux. Chaque "détail visuel et sonore a été étudié avec soin", permettant de recréer fidèlement l'époque. Cela a impliqué non seulement de restaurer certains lieux mais aussi d'en créer de nouveaux pour restituer l'authenticité visuelle de l'Irak de cette période.
"Nous avons testé aussi bien la pellicule que le numérique en conditions réelles pour trouver laque le numérique en conditions réelles pour trouver la palette de couleurs idéale. Pour réduire les coûts du tournage et de la direction artistique, nous avons aussi dû construire certains décors, comme le supermarché, à partir de photos et d’archives de l’époque." (Hasan Hadi)
























